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Ouagadougou : La flambée du prix du charbon asphyxie vendeuses et ménages

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 14/01/2026 - 23:13

Dans les marchés de Kalgondin et de Patte d'Oie, à Ouagadougou, les étals de charbon se font de plus en plus rares. Depuis le mois de novembre, la pénurie de charbon de bois conjuguée à une hausse vertigineuse des prix met à rude épreuve des vendeuses et des ménages déjà fragilisés par la vie chère et la pénurie de gaz domestique.

Vendeuse de charbon depuis cinq ans au marché de Kalgondin, Alimata Drabo vit aujourd'hui une situation qu'elle qualifie de « très difficile ». Avant, le sac de charbon de 100 kg s'achetait entre 4 250 et 5 500 francs CFA. « Actuellement, le prix varie entre 9 750 et 11 000 francs CFA. Et si tu ne connais pas quelqu'un, tu ne peux même pas avoir du charbon », confie-t-elle.

Le charbon contenu dans le sceau est à 500 francs CFA

Face à cette situation, la vendeuse de charbon explique être contrainte de réduire la quantité de charbon vendue pour 100 francs CFA afin de limiter les pertes. « Moi, je continue de vendre à 100 francs CFA, mais beaucoup ont augmenté à 200 francs. Malgré ça, on vend souvent à perte », déplore-t-elle. Certains jours, elle n'a même rien à proposer à ses clients. « J'ai passé des jours sans avoir de quoi vendre. Ce n'est que le samedi que j'ai pu avoir quelques sacs », raconte-t-elle.

Le charbon de chaque boîte à 200 francs CFA

Mère de six enfants, Alimata dit n'avoir aucune autre source de revenus. « Si je ne vends pas, je ne peux pas nourrir mes enfants. Mon mari ne s'en sort vraiment pas », ajoute-t-elle. Elle évoque même une perte récente sur un sac de charbon : « Quand j'ai fini de vendre, il manquait 750 francs. Donc sur le sac, j'ai perdu environ 750 francs CFA. »

Alimata Drabo, vendeuse de charbon

La situation est similaire au marché du 15, à la Patte d'Oie, où Salimata Ouédraogo, également vendeuse de charbon, assure être restée inactive durant tout le mois de décembre. « Je n'ai pas vendu pendant les fêtes. Il n'y avait pas de charbon. J'étais à la maison », témoigne-t-elle. Selon elle, plusieurs raisons expliquent cette pénurie. « Les grossistes disent que l'insécurité fait que les populations rurales ne peuvent plus aller en brousse. Il y a aussi les Eaux et forêts qui interdisent la coupe des arbres. Tout cela fait que le charbon devient de plus en plus difficile à avoir », explique Salimata. Quand elle parvient à s'approvisionner, les prix restent élevés. « J'ai acheté chaque sac à 10 000 francs CFA. Pour faire un bénéfice, je suis obligée de réduire la quantité de ce que je vends, comme les autres vendeuses », précise-t-elle. Face aux plaintes des clients, elle se défend : « Les ménages se plaignent, mais ce n'est pas de notre faute. Si on n'augmente pas, on vend à perte. »

Salimata Ouédraogo, vendeuse de charbon

Cette flambée du charbon pèse lourdement sur les ménages. Bibata Ouédraogo, cliente régulière d'Alimata Drabo, explique dépenser désormais 800 francs CFA par jour uniquement pour le charbon. « Mon mari me donne 1 500 francs CFA par jour pour la popote. Depuis décembre, j'achète pour 800 francs de charbon chaque jour », confie-t-elle. Une situation qu'elle juge intenable, d'autant plus que le gaz domestique est quasiment introuvable. « On sillonne les points de vente et de recharge, mais zéro. Il n'y a pas de gaz. Nous sommes obligées d'acheter du charbon cher pour cuisiner », regrette-t-elle. En cette période d'harmattan, les dépenses augmentent encore. « Il faut chauffer l'eau pour les enfants et pour soi-même. C'est vraiment difficile à supporter », ajoute-t-elle.

Bibata Ouédraogo, cliente de Alimata Drabo

Même constat chez Rokiatou Sawadogo, une autre cliente rencontrée au marché de Kalgondin. « Je viens d'acheter du charbon pour 500 francs CFA, mais ça ne va pas suffire. Le soir, je vais encore en acheter », explique-t-elle. Selon elle, le gaz reste la solution la plus pratique, mais son indisponibilité complique le quotidien. « Il faut souffrir pour avoir le gaz. L'argent de popote n'augmente pas, mais les dépenses augmentent », s'inquiète-t-elle.

Dans des marchés de Ouagadougou, vendeuses et clientes partagent ainsi la même inquiétude : comment continuer à subvenir aux besoins des familles si la pénurie de charbon et de gaz persiste, alors que les prix ne cessent de grimper ?

Rama Diallo
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Burkina Faso : La loi sur les mécanismes traditionnels de règlement des différends « Faso Bu Kãooré » adoptée

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 14/01/2026 - 23:10

Réunis en séance plénière ce mercredi 14 janvier 2026 à Ouagadougou, les députés de l'Assemblée législative de transition (ALT) ont examiné et adopté le projet de loi portant organisation et fonctionnement des mécanismes traditionnels de règlement des différends, dénommés « Faso Bu Kãooré ». Les 71 députés présents ont adopté à l'unanimité ce texte, qui vise « à renforcer la justice de proximité, la rendre plus performante et plus accessible, afin de mieux répondre aux attentes des populations », selon le gouvernement.

Dans sa mise en œuvre, cette loi institue des instances de règlement des différends en premier ressort au niveau des villages et des secteurs des villes. Elle prévoit également la mise en place d'instances de recours contre les décisions rendues en premier ressort.

Au niveau des villages et des secteurs urbains, explique l'exécutif, l'instance de règlement des différends est composée de l'autorité traditionnellement ou coutumièrement reconnue dans la localité, qui en assure la présidence, assistée de deux membres.

En revanche, dans les localités où il n'existe pas d'instances de recours conformément aux us et coutumes, l'instance de recours est composée d'un représentant de la chefferie coutumière ou traditionnelle, qui la préside, d'un juge de paix, en qualité de vice-président, et d'un membre.

Le ministre de la justice, Edasso Rodrigue Bayala, a rassuré que les deux modèles de justice fonctionneront sans créer de conflit

Le gouvernement a précisé que le juge de paix n'est pas un magistrat, mais un acteur chargé d'accompagner le processus dans un esprit de conciliation et d'équité.

Selon les explications de l'exécutif, ces instances ne seront pas tenues de fonder leurs décisions sur le droit moderne. Elles pourront statuer en équité, en s'appuyant sur les règles et mécanismes traditionnellement reconnus dans les différentes communautés.

Toutefois, leurs compétences sont clairement encadrées : elles ne procéderont à aucune interpellation et ne prononceront ni peine d'emprisonnement ni amende, a rassuré le gouvernement.

Pour le ministre de la justice, Edasso Rodrigue Bayala, ce modèle de justice traditionnelle permettra d'améliorer l'accès à la justice et de désengorger le contentieux au niveau des juridictions.

La séance a été présidée par le président de l'ALT, le Dr Ousmane Bougouma

Pour lui, 95% des contentieux se résolvent sans recourir à la justice classique. « Il ne s'agit pas de créer, mais il s'agit de constater ce qui existe et qui marche et d'essayer d'encadrer au maximum », a-t-il indiqué, relevant que le rayon d'accès à une juridiction classique est de 58 km en moyenne au Burkina. Avec cette nouvelle loi, les juridictions seront plus proches des justiciables, a-t-il ajouté.

Garantir la complémentarité entre les deux modèles

Pour le ministre de la justice, les deux modèles de justices vont fonctionner sans conflit. « Dès que ces instances locales sont saisies d'un dossier, elles sont exclusivement compétentes pour donner suite. Deuxième niveau pour aplanir le risque de différend entre les deux, c'est que les juridictions classiques que nous avons, si elles se rendent compte qu'un dossier peut comporter un risque qui peut fragiliser la cohésion sociale, la juridiction classique peut décider de renvoyer ce dossier au niveau des instances traditionnelles », a expliqué le ministre Bayala.

Le ministre a rappelé que le vote de cette loi répond à la vision du président du Faso qui, dit-il, à plusieurs occasions, a rappelé la nécessité et l'urgence de recourir aux instances traditionnelles ou coutumières pour les règlements des différends.

Serge Ika Ki
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Burkina : L'ALT adopte le projet de loi portant statut de la chefferie coutumière et traditionnelle

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 14/01/2026 - 23:07

L'Assemblée legislative de transition était réunie ce mercredi 14 janvier 2025, à l'effet d'examiner le projet de loi portant statut de la chefferie coutumière et traditionnelle. Pour défendre ce texte, était face aux députés, le ministre d'Etat, ministre en charge de l'administration territoriale, Emile Zerbo. La loi est composée de 6 chapitres répartis en 43 articles. Dans le présent article, nous revenons sur les deux premiers chapitres, relatifs aux dispositions générales, à leurs attributions, leur organisation et à leur fonctionnement.

Au sens de la présente loi adoptée à l'ALT, on entend par autorité coutumière ou traditionnelle, "pouvoir de gestion de cultes et spiritualités ancestrales et de gouvernance politique, judiciaire, sociale et économique d'une communauté sur un territoire selon les coutumes et traditions ou la personne investie de ce pouvoir." Ainsi, sont reconnus chefs coutumiers ou traditionnels : les rois et leurs ministres, les émirs, les chefs de cantons, les chefs de villages, les chefs de terre et les chefs cultuels, précise l'article 3 du texte adopté par les 71 votants.

Ainsi, la chefferie traditionnelle et coutumière contribue en matière sociale et communautaire à la promotion de la culture du maintien et du renforcement de la paix ; à la prévention et à la gestion des crises humanitaires et sociales ; à la prévention et à la gestion des conflits communautaires. Sur le plan culturel, elle contribue entre autres à la sauvegarde et à la promotion des savoirs, savoirs faire et des savoirs être endogènes ; à la défense et à la préservation des coutumes, des traditions et des valeurs fondatrices des communautés en ce qu'elles ne sont pas contraires aux dispositions constitutionnelles, légales et réglementaires.

En matière politique et sécuritaire, elle travaille à la promotion des valeurs de la République ; à la promotion des emblèmes nationaux ; à l'élaboration, à la mise en oeuvre et à l'évaluation des politiques publiques ; à la mobilisation des communautés dans le processus de formulation et de mise en œuvre des politiques, programmes, projets et plans de développement. En matière économique, à la promotion de l'économie sociale solidaire et de l'inclusion financière ; à la promotion de I'artisanat ; à la promotion de l'agriculture et de l'élevage ; à la préservation de l'environnement et du cadre de vie.

En matière judiciaire, elle oeuvre à la mise en œuvre des mécanismes endogènes de gestion des conflits ; à la détermination et à la mise en œuvre des modes traditionnels de règlement des différends en soutien au pouvoir judiciaire. Pour ce qui est de leur organisation, on retient que chacune d'elle est organisée selon ses propres us et coutumes, cela, dans le respect des lois et règlements. Idem pour ce qui est du mode de fonctionnement. Par ailleurs, il est créé une structure de coordination de la chefferie traditionnelle et coutumière, mais aussi, institué un registre des chefs coutumiers et traditionnels.

Plus de détails à venir.

Erwan Compaoré
Lefaso.net

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Innovation : Fatouma Harber, une sentinelle de la valorisation du patrimoine culturel à Tombouctou

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 14/01/2026 - 23:04

‎Psychologue de formation, enseignante, bloggeuse et web activiste, Fatouma Harber est une voix malienne qui s'impose à Tombouctou au nord du Mali. À l'initiative de Sankorélab, un tech hub social implanté au cœur du désert, elle œuvre depuis plus d'une décennie à réconcilier patrimoine, numérique et résilience.

‎Le regard de Fatoumata Harber est celui de ceux et celles qui savent ce que signifie défendre une cause dans un contexte hostile. Fatouma Harber se définit elle-même comme une "sentinelle". Le mot n'est pas anodin pour elle. « Je suis défenseure de la culture, une sorte de sentinelle qui veille à la protection et à la promotion du patrimoine culturel de ma ville natale, Tombouctou », dit-elle, posément. Une posture qui s'est construite dans l'urgence, au cœur de la crise sécuritaire de 2012.

‎2012, le déclic de Fatoumata

‎Lorsque les groupes armés occupent le nord du Mali, Tombouctou se retrouve en partie coupée du monde. Les médias désertent, les mausolées sont détruits, le patrimoine millénaire vacille. Pour Fatouma Harber, c'est un choc, mais aussi une révélation. « J'ai compris que si nous ne documentions pas ce qui se passait, notre histoire serait racontée par d'autres, ou pire, effacée », explique la Tombouctienne. À défaut de micros et de caméras au début, elle s'empare du blogging et des réseaux sociaux. Le numérique devient alors un outil de survie. « Le clavier est devenu pour moi une arme. Une manière de dire : ne nous abandonnez pas. Nous sommes là. Dans un contexte où l'information locale est quasi inexistante, ses publications deviennent un lien simple mais vital entre Tombouctou et le reste du monde . »

‎De cette expérience naît donc Sankorélab. Officiellement reconnu en 2016, le projet prend racine dès 2014, au lendemain du retour de la stabilité progressive dans la ville. À l'origine, un centre de formation numérique destiné aux femmes : le centre FLAG. « Le nord du Mali était numériquement désertique. Pourtant, les jeunes avaient du talent. Il fallait juste un espace, une connexion, une opportunité. » Avec l'appui de ses partenaires, plus de 200 femmes sont formées aux outils numériques. Très vite, l'initiative évolue. Sankorélab devient un "tiers-lieu", un "incubateur social", un espace d'innovation communautaire.

‎ « Le numérique n'est plus seulement un outil de communication, c'est un outil de survie », insiste-t-elle. ‎ Pour les femmes, l'enjeu est double, indique Fatoumata : autonomie économique et espace sécurisé. « Il fallait créer un cadre où elles peuvent innover sans subir le poids des barrières sociales et des traditions. » À Sankorélab, on apprend à coder, à cartographier, à raconter sa ville, mais aussi à croire en ses propres capacités.

« Le numérique n'est plus seulement un outil de communication, c'est un outil de survie »


« Avant, on nous faisait comprendre que la valorisation du patrimoine était l'affaire des experts »

‎Reprendre la main sur l'histoire. C'est dans cette logique qu'émerge le projet "Mon Patrimoine". Une initiative à la fois simple et révolutionnaire : permettre aux habitants de Tombouctou de documenter eux-mêmes leur patrimoine à travers le numérique. « Avant, on nous faisait comprendre que la valorisation du patrimoine était l'affaire des experts et des institutions. Les populations elles-mêmes ne savaient pas qu'elles détenaient un trésor », déplore Fatouma Harber. Cuisine, tresses, chants, danses, architecture, manuscrits, lieux de mémoire… Tombouctou est une mosaïque culturelle souvent réduite à quelques clichés. Le constat est alarmant car sur les cartes numériques, de nombreux sites n'existent tout simplement pas. « Parfois, on trouvait même la photo de la mosquée de Djenné à la place d'une mosquée de Tombouctou. »‎‎ Avec monpatrimoine.ml, les jeunes deviennent producteurs de données. Les lieux sont géo localisés, décrits, racontés par ceux qui y vivent. « Ce ne sont plus des étrangers qui viennent raconter notre histoire. Ce sont nos propres enfants. » Le numérique transforme profondément la manière dont l'histoire de Tombouctou est racontée. « Il a démocratisé le récit », affirme-t-elle. Grâce à la géolocalisation, la ville cesse d'être une abstraction lointaine. Elle devient cliquable, accessible, réelle.

‎ « Nous avons fait passer le patrimoine du statut de figé à celui de donnée vivante. » ‎ Ce choix de passer par Google Maps n'est pas anodin. « C'est là que les gens vont chercher l'information. Il fallait être là où le monde regarde. » Une stratégie pragmatique, à l'image de son engagement.

‎Au-delà du patrimoine, Fatouma Harber s'attaque au chantier de la reconstruction de l'image de Tombouctou. Trop souvent réduite à la guerre ou à une nostalgie médiévale, la ville est présentée comme figée dans le passé. « Mon travail consiste à montrer la résilience », dit-elle. Elle documente des festivals locaux, des rues animées, des projets de jeunes entrepreneurs. “ C'est montrer que la vie continue, que Tombouctou n'est pas une ville morte. « Malgré une insécurité persistante, les habitants s'adaptent, créent, innovent. Nous sommes des créateurs de solutions », explique-t-elle.

‎Être femme dans une société patriarcale mais défendre le patrimoine

‎Ce combat de Fatoumata n'est pas sans obstacles. Dans un milieu culturel largement dominé par les hommes, la voix d'une femme dérange. « Une femme qui parle de patrimoine, ce n'est pas très accepté dans nos traditions. » Fatouma Harber en fait néanmoins une force. Elle fédère, forme, ouvre la voie à d'autres. Elle se souvient notamment d'un long bras de fer autour d'un cimetière de la zone, occupé illégalement pendant des années. « On est allé jusqu'à dire que c'était mon cimetière. » Les pressions étaient fortes, y compris familiales, mais sa réponse était : « Une femme, quand elle meurt, on l'enterre au ciel ? » Pour cette militante de la préservation de l'histoire, l'avenir du patrimoine repose sur la jeunesse. « Les jeunes sont les nouveaux gardiens des manuscrits, mais leurs outils sont les smartphones et les réseaux sociaux », affirme-t-elle. Sans appropriation numérique, le patrimoine est condamné à disparaître. “Mon Patrimoine”, son site internet, permet justement de recréer ce lien rompu entre les jeunes et leur histoire. « Il y a une immense fierté locale. À l'extérieur, cela a humanisé la ville. » Lors de la dernière biennale artistique et culturelle, la consultation des sites a connu un pic significatif.

‎Une voix reconnue au-delà des frontières‎

‎Engagée au sein de la Communauté d'Afrique francophone des données ouvertes (CAFDO), Fatouma Harber milite pour considérer les données culturelles comme un bien commun. « Les défis de Tombouctou résonnent partout en Afrique. Il faut mutualiser nos outils. » ‎ Son activisme en ligne, souvent critique sur la gouvernance, la corruption ou les droits des femmes, lui vaut une reconnaissance internationale, mais aussi une exposition aux risques. En 2022, elle reçoit le Prix international de la liberté de la presse pour les femmes journalistes, saluant son courage. ‎ L'ambition de Fatouma Harber dépasse Tombouctou. « Je rêve que Sankorélab devienne un pôle d'excellence où l'on apprend à marier technologie et tradition. » Son combat est aussi féministe. « Les femmes ne doivent pas être seulement consommatrices de technologie. » Elle croit profondément à leur potentiel. « Chaque fille de Tombouctou, de Gao ou de Ménaka doit savoir qu'elle peut coder l'avenir de son pays depuis son ordinateur. »

‎Farida Thiombiano
‎Lefaso.net

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Chirurgie laparoscopique : « Ce n'est pas une technique futuriste, c'est vraiment l'actualité, et tout le monde devrait s'y mettre », Pr Gilbert Bonkoungou

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 14/01/2026 - 23:02

La chirurgie laparoscopique est une chirurgie qui permet de réaliser des interventions abdominales, avec une petite ouverture de l'abdomen. Elle permet au chirurgien, à travers une petite incision, d'introduire une caméra dans l'abdomen et, grâce aux images retransmises sur un écran, de procéder à l'intervention. Ce type de chirurgie présente beaucoup d'avantages pour le patient, mais reste cependant peu pratiquée au Burkina Faso. Dans cette interview, Pr Gilbert Bonkoungou, maître de conférences agrégé en chirurgie générale, spécialiste en chirurgie laparoscopique, thoracique et vasculaire, nous parle des avantages de la chirurgie laparoscopique et de l'état de sa pratique au Burkina Faso.

Lefaso.net : Dans quels cas de pathologies peut-on pratiquer la chirurgie laparoscopique ?

Pr Gilbert Bonkoungou : Il faut savoir que la chirurgie laparoscopique est une approche qui existe depuis les années 1987 avec une chirurgie limitée à la vésicule biliaire. Puis progressivement, la plupart des interventions concernant presque tous les organes ont été développées. De nos jours, que ce soit le rectum, que ce soit le colon, l'intestin grêle, la vésicule biliaire, le foie et même le pancréas, peuvent bénéficier de ce type d'intervention chirurgicale. Donc, ça s'adresse à la plupart des interventions de chirurgie abdominale classique.
Toutes les interventions concernant tous les organes peuvent bénéficier de ce type d'approche.

La chirurgie laparoscopique se situe dans un domaine plus grand qui est la chirurgie mini-invasive. De nos jours, toutes les spécialités bénéficient donc de cette approche mini-invasive parce qu'elle permet de réaliser les interventions chirurgicales avec de petites incisions. Ce qui fait que dans certains centres spécialisés, on peut même enlever la glande thyroïde avec une petite incision. On parle donc en ce moment de vidéo-chirurgie. Cette vidéo-chirurgie peut être aussi faite au niveau du thorax. Elle permet de faire des interventions thoraciques et même d'enlever une partie du poumon, voire tout un poumon, avec des petites incisions. C'est pareil pour l'urologie et pour la chirurgie pédiatrique. Les neurochirurgiens aussi bénéficient de cette approche mini-invasive.

Parlant de la chirurgie laparoscopique, quels sont ses avantages pour le patient ?

Les avantages par rapport à la chirurgie classique sont nombreux. Tout d'abord, il y a la diminution du séjour hospitalier. Lorsqu'on fait une intervention en ouvrant grandement le ventre, en règle générale, le patient va rester au minimum 3, voire 4 jours et parfois un peu plus. Lorsqu'on fait la chirurgie mini-invasive avec des petites incisions, le patient rentre chez lui le lendemain ou le surlendemain de l'opération.

Le deuxième avantage concerne la gestion de la douleur. Quand vous prenez des interventions où on ouvre grandement le ventre, c'est naturellement plus douloureux que lorsque l'ouverture est limitée à des petits points. Donc, ça fait moins mal. Et comme ça fait moins mal et que le patient retourne à la maison rapidement, cela signifie qu'il va pouvoir reprendre ses activités professionnelles assez rapidement.

L'autre avantage, c'est qu'il y a moins de complications de cette chirurgie laparoscopique par rapport à l'intervention ouverte. Pour ne citer que quelques complications, vous avez ce que nous appelons les éventrations. Quand on ouvre grandement le ventre, puisqu'il faut suturer, il arrive que la suture à l'intérieur lâche alors que la peau tient. En ce moment, le patient est cicatrisé, mais il se rend compte que les organes poussent à travers la peau. Ça s'appelle l'éventration. Dans la chirurgie laparoscopique, le risque d'éventration est vraiment minime, sinon quasiment inexistant.

D'autre part, il y a ce que nous appelons parfois les brides. En fait, ce sont les accolements entre les intestins, entre les organes intra-abdominaux qui sont favorisés par les interventions ouvertes. Puisqu'on va utiliser des compresses, on va utiliser les mains dans le ventre, ça favorise donc les adhérences, alors que dans la chirurgie laparoscopique, le chirurgien ne met pas la main dans le ventre, il ne met quasiment pas de compresses dans le ventre, donc cela évite en fait les accolements entre les intestins. Voilà quelques avantages procurés par la chirurgie laparoscopique.

Est-ce qu'il existe des risques ou des inconvénients à ce type de chirurgie ?

Je pense qu'il faut surtout insister sur les avantages. Il n'y a pas d'opération chirurgicale avec zéro risque. Mais il faut savoir que plus on pratique la chirurgie laparoscopique, et moins il y a de risques.

Est-ce que la pratique de la chirurgie laparoscopique est assez répandue au Burkina ?

Il faut rappeler que nous avons commencé cette chirurgie laparoscopique en 2005, et en ce moment nous n'étions que deux à la pratiquer.

Mais progressivement, les confrères, que ce soit les gynécologues ou les chirurgiens viscéraux, se sont progressivement formés, ce qui fait qu'il y a plus d'une vingtaine de chirurgiens et de gynécologues qui pratiquent ce type d'intervention chirurgicale à l'heure actuelle, de façon régulière. Vous avez beaucoup de centres de santé, qu'il s'agisse du public ou du privé, qui pratiquent cette intervention chirurgicale, mais jusqu'à présent, ce n'est pas une technique qui est bien diffusée dans tous les centres. Nous avons mis en place une société savante qui s'appelle la Société burkinabè de chirurgie endoscopique dont l'objectif, entre autres, c'est de permettre une meilleure diffusion de cette technique.

L'État burkinabè, à travers le ministère de la Santé, a pu acheter plusieurs colonnes d'endoscopie. Il me semble que c'est une bonne quinzaine de colonnes d'endoscopie qui ont été achetées et qui vont être données au niveau des CHU et des CHR.

Cela va permettre une meilleure diffusion de cette technique. Et notre société est là pour accompagner la diffusion de cette technique au niveau des CHR pour être encore plus proche des patients. Ainsi, le patient ne sera pas obligé de venir dans les grandes villes pour pouvoir bénéficier de ce type d'intervention chirurgicale.

Au regard des nombreux avantages que ce type de chirurgie présente, qu'est-ce qui explique le fait que, jusqu'à présent, la diffusion ne soit pas à un niveau assez important ?

Je crois qu'il y a plusieurs causes qui peuvent expliquer la faible diffusion de cette technique. D'abord, il faut savoir qu'au départ, beaucoup de chirurgiens étaient un peu hésitants parce que c'était une technique tout à fait nouvelle, mais qui a fait ses preuves ailleurs. Chez nous, comme je l'ai dit tantôt, ça fait presque 20 ans que nous pratiquons ce type d'intervention chirurgicale. Donc, cela a permis quand même à ceux qui étaient hésitants de comprendre que c'est une technique qu'il faut s'approprier. Donc, ça c'est le premier point.

Deuxième point, c'est la nécessité de formation. En effet, pour pratiquer cette intervention, il faut être formé, et il faut être aussi coaché. Il faut avoir un mentor qui va vous épauler, qui va vous aider pour les premiers pas.

Et enfin, il faut avoir l'équipement. Donc, tous ces éléments font que la diffusion était quand même timide au départ, mais de plus en plus, les chirurgiens se sont formés. La preuve, il existe au Burkina le diplôme universitaire de chirurgie laparoscopique à l'université et qui permet de former régulièrement les chirurgiens. Chaque année, il y a environ une vingtaine, voire une trentaine de jeunes chirurgiens qui s'inscrivent pour pouvoir maîtriser cette technique. Donc, de plus en plus, je crois que les chirurgiens sont intéressés par cette technique. Ce qui fait que d'ici quelques années, on aura encore plus de personnes suffisamment formées pour mener ce type d'intervention comme il le faut.

Mais est-ce que déjà dans les régions, la chirurgie laparoscopique est pratiquée avec le renforcement des capacités des chirurgiens ?

En dehors des grandes villes comme Ouagadougou et Bobo-Dioulasso où la technique est quand même suffisamment implantée, au niveau des régions, comme je l'ai dit, il y a quelques chirurgiens qui ont été formés, mais malheureusement, ils n'ont pas encore l'équipement pour pouvoir exercer. Et je crois que, grâce à l'effort du ministère de la Santé d'équiper ces centres en colonnes de cœlioscopie, et je l'ai dit tantôt aussi, nous allons pouvoir les accompagner pour implémenter cette technique et faire en sorte que ça soit le quotidien de leurs exercices dans ces régions.

Parce qu'il y a un certain nombre d'interventions qui devraient être pratiquées par voie laparoscopique. Pour regarder les trompes d'une femme, on n'a plus besoin d'aller ouvrir grandement. Pour enlever, traiter une grossesse extra-utérine, on n'a plus besoin d'aller ouvrir grandement le ventre d'une femme. L'intervention se fait en une heure et le problème est réglé, et dès le lendemain, la personne rentre à la maison, et au bout d'une semaine elle va pouvoir reprendre son activité. Pour traiter un kyste de l'ovaire, on n'a plus besoin d'aller ouvrir le ventre, comme on le fait pour une césarienne. Et nous encourageons les gynécologues et les chirurgiens à s'approprier cette technique parce que c'est l'actualité. Ce n'est pas une technique futuriste, c'est vraiment l'actualité, et tout le monde devrait s'y mettre.

Et quand on parle un peu de coût, est-ce que ce type de chirurgie-là est assez accessible au grand nombre ?

Au regard des avantages, le coût est vite éclipsé. Quand vous considérez la diminution des douleurs, le fait que le patient va rentrer rapidement chez lui, la reprise rapide des activités professionnelles, vous vous rendez compte que lorsqu'on compare les deux types d'intervention, c'est-à-dire l'opération ouverte et l'opération laparoscopique, la différence n'est pas énorme en termes de coût.

Comment se déroule la formation des chirurgiens qui désirent se spécialiser dans la chirurgie laparoscopique ?

La formation chirurgicale, telle qu'elle est faite partout dans le monde, et même chez nous, à travers le diplôme universitaire de laparoscopie, comprend deux volets. Il y a d'abord un volet théorique. Et ce volet théorique-là, on va apprendre aux jeunes chirurgiens ou aux chirurgiens en formation comment travailler avec les instruments sans toucher, sans utiliser, sans que la main soit au contact de l'organe. Je veux dire, on va apprendre à ce jeune chirurgien la vision en deux dimensions et la notion de profondeur.

Mais à côté de cette formation théorique, il y a une formation pratique. Cette formation pratique-là commence déjà avec du matériel que nous appelons un « Pelvi Trainer ». C'est une espèce de boîte où le chirurgien va apprendre à se familiariser avec l'équipement, avec la caméra, avec la télé, la notion de profondeur.

Il va apprendre à faire des petites sutures, à faire des petits gestes. Ça, on n'est pas encore chez l'homme. Il est prévu aussi un travail sur l'animal, notamment le porc, dont l'anatomie est très proche de celle de l'homme. Il y a quelques séances de porc qui sont prévues avant de commencer les interventions chirurgicales sur l'homme proprement dit. Et au cours de ces interventions chirurgicales, ils ne sont pas laissés à eux-mêmes. Donc, on les encadre. D'abord, au cours de la formation, ils vont participer à des interventions chirurgicales avec les chirurgiens séniors. Mais au-delà de ça, lorsqu'ils vont commencer leurs premiers pas, nous allons également les encadrer et les appuyer pendant un certain temps, afin qu'ils soient autonomes, avant qu'on ne puisse les laisser continuer. Mais à chaque nouvelle procédure, les chirurgiens séniors sont là et les apprenants peuvent toujours leur faire appel pour qu'ils puissent les aider. Donc, voilà comment l'encadrement est fait. Elle est théorique et pratique. Et c'est tout ça qui va permettre aux chirurgiens d'être aguerris pour pouvoir mener à bien ces interventions.

Un dernier mot ?

Une invite à la population. Je pense que beaucoup de personnes sont hésitantes quand on leur parle de chirurgie laparoscopique. Ils ont peur parce que c'est une approche qu'ils ne connaissent pas. De temps en temps, ils vont regarder un peu sur Internet, ils ont des bribes d'informations, mais parfois, ils sont paniqués. Je pense qu'il faut savoir que ceux qui proposent ce type d'intervention sont des spécialistes qui ont une formation assez solide, tant théorique que pratique. Et si cette approche est proposée par un chirurgien, c'est que, naturellement, la personne maîtrise la technique et qu'il y a énormément d'avantages.

Il faut donc avoir confiance aux chirurgiens du pays parce que beaucoup ont été formés dans de grandes écoles. Il faut aussi rappeler qu'il y en a qui préfèrent aller se soigner à l'extérieur, ils n'ont pas confiance au plateau technique. Ils peuvent être rassurés, c'est parce qu'on a le plateau technique qu'on veut faire ce type d'intervention chirurgicale.

Nous avons des plateaux techniques qui sont relevés. Et je crois que ceux qui décident d'aller se faire opérer à l'extérieur ne connaissent pas les compétences réelles des spécialistes qui vont les opérer.

Au Burkina, la plupart des plateaux techniques des structures de santé sont d'un très bon niveau, que ce soit au plan anesthésique, que ce soit au plan chirurgical. Les chirurgiens aussi ont été formés et continuent de se former parce que nous avons l'obligation de faire une formation continue. Parce que si vous ne la faites pas, vous devenez un danger pour le malade. Donc cette formation continue passe par la participation aux colloques, par la participation aux conférences, par les diplômes que chaque chirurgien a l'obligation d'obtenir à travers des formations.

Donc je peux dire qu'il faut que la population ait de plus en plus confiance aux spécialistes que nous sommes, parce que ces spécialistes ont été formés dans de très bonnes écoles, donc il n'y a pas de doute sur leurs compétences. Quand on regarde un peu dans la sous-région, on se rend compte que quand on parle de chirurgies laparoscopiques, nous sommes cités aussi comme référence parce qu'on fait énormément de choses.

Propos recueillis par Armelle Ouédraogo
Lefaso.net

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Ajoie – Tigers 2:1 n.P.: Frechdachs Salzgeber schlägt mit «Buebetrickli» zu

Blick.ch - mer, 14/01/2026 - 23:00
In Zusammenarbeit mit MySports präsentiert dir Blick die Highlights der Partie HC Ajoie – SCL Tigers (2:1 n.P.).
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Participation du Burkina à la CAN 2025 : Brama Traoré et son staff remerciés pour résultats insuffisants

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 14/01/2026 - 23:00

La Fédération burkinabè de Football (FBF) a décidé de mettre un terme au contrat de Brama Traoré, responsable de l'encadrement technique des Étalons, à l'issue de la CAN 2025 au Maroc. La Fédération estime que les résultats obtenus sont largement en deçà des ambitions fixées pour cette compétition continentale majeure.

Dans un communiqué officiel publié ce 14 janvier 2026, la FBF annonce ainsi la fin de sa collaboration avec le sélectionneur national, ainsi qu'avec l'ensemble de son staff technique composé d'Issa Balboné, Pierre Bazié, Mohamed Kaboré et Wilfried Da.

Cette décision intervient, selon le communiqué, après une analyse approfondie de la participation du Burkina Faso à la CAN 2025.

Pour rappel, la sélection burkinabè avait terminé deuxième de son groupe lors de la phase de poules, avant de voir son parcours s'arrêter prématurément en huitièmes de finale, à la suite d'une défaite (3-0).

Ci-dessous le communiqué.

Lefaso.net

Sœurce : Fédération burkinabè de football

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Will Iran Execute Protesters Despite U.S. Intervention Threats?

Foreign Policy - mer, 14/01/2026 - 22:59
As the death toll climbs, it remains unclear whether Tehran will bow to the White House’s warnings.

CAN-2025 : Sadio Mané envoie le Sénégal en finale, aux dépens de l'Egypte

France24 / Afrique - mer, 14/01/2026 - 22:58
Le Sénégal s'est qualifié pour la finale de la Coupe d'Afrique des nations après sa victoire contre l'Egypte (1-0) en demi-finale. Sadio Mané a libéré les Lions de la Teranga (78e) dans les dernières minutes d'un match tendu. "Je suis très heureux de pouvoir jouer pour ma toute dernière CAN, une finale avec les Lions. J'espère la remporter et amener le trophée à Dakar", a t-il annoncé . Les Sénégalais joueront donc la finale dimanche avec l'objectif de remporter la CAN pour la seconde fois.
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Mane destroys Salah's Afcon dream again - will he get another chance?

BBC Africa - mer, 14/01/2026 - 22:56
Mohamed Salah's Afcon dream was ended by Sadio Mane and Senegal on Wednesday night - but how many more chances will the Liverpool forward have to win the competition?
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Burkina : Moumouni Zoungrana installé dans ses nouvelles fonctions de ministre de l'enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 14/01/2026 - 22:55

Nommé à la faveur du remaniement ministériel du lundi 12 janvier 2026, Moumouni Zoungrana, nouveau ministre de l'enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique, a été installé dans ses fonctions en cet après-midi du mercredi 14 janvier 2026 par le secrétaire général du gouvernement et du conseil des ministres Ousmane Ouattara. Il remplace Boubacar Savadogo qui aura passé 17 mois à ce poste.

C'est en présence de son prédécesseur et de plusieurs ministres et personnalités que le nouveau ministre de l'enseignement secondaire Moumouni Zoungrana a été installé. En procédant au cérémonial d'installation, le secrétaire général du gouvernement, Ousmane Ouattara, lui a adressé les vives félicitations du chef de l'État et du Premier ministre, tout en lui rappelant la confiance placée en sa personne.

Moumouni Zoungrana, ministre entrant, compte poursuivre les chantiers entamés par son prédécesseur

Avant sa nomination, Moumouni Zoungrana occupait le poste de directeur de l'Assurance qualité de l'enseignement supérieur. Prenant la parole, il a traduit toute sa reconnaissance au chef de l'État et au chef du gouvernement pour le choix porté sur sa personne pour diriger le ministère de l'Enseignement secondaire. Le nouveau ministre a aussi félicité son prédécesseur pour le travail abattu et les nombreux résultats engrangés. Il est celui qui a balisé le terrain, car le ministère n'existait pas, dit-il. Il s'est engagé à poursuivre les chantiers entamés.

Moumouni Zoungrana dit compter sur l'accompagnement de ses collaborateurs, afin de mener à bien la mission à lui confiée. « Je suis en mission dans ce ministère et lorsque vous êtes en mission, vous partez en rangs serrés. Une seule personne, quelle que soit sa compétence, ne peut pas relever ce défi. La différence entre nous et les autres est que nous travaillons avec et sur les hommes, nous sommes des constructeurs d'hommes. Par conséquent nous n'avons pas droit à l'erreur. Je sollicite vraiment votre accompagnement pour que nous puissions relever ce défi au profit du Burkina Faso », a-t-il lancé à l'endroit de ses collaborateurs.

Boubacar Savadogo (à droite), ministre sortant, s'est réjoui des résultats enregistrés sous son magistère

Le secrétaire général du gouvernement a traduit au ministre sortant Boubacar Savadogo les félicitations du chef de l'État pour les bons résultats obtenus durant son magistère. Celui-ci s'est dit honoré de l'honneur qui lui a été fait de diriger ce ministère stratégique alors qu'il venait d'être nouvellement créé. « Nous avons travaillé à maintenir la continuité du service public de l'éducation, à préserver l'accès des jeunes à l'enseignement secondaire et à reconditionner la formation professionnelle et technique comme un outil central de la refondation de notre État. Les actions engagées ont visé à consolider les acquis, à adapter l'offre de formation aux besoins réels de l'économie nationale et à renforcer le lien entre formation, production et employabilité, conformément à la vision des plus hautes autorités », a-t-il laissé entendre.

Photo de famille

À son successeur, Boubacar Savadogo a lancé une invitation à saisir les opportunités, malgré les défis qui se présentent dans ce secteur clé. « J'ai hérité de ce département comme un champ vierge. Avec mes collaborateurs, nous avons défriché, labouré et semé et nous vous laissons le champ pour l'entretenir, le remodeler, le nourrir et y cueillir des fruits », a-t-il lancé.

Armelle Ouédraogo
Lefaso.net

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Lausanne HC – Servette 0:3: LHC nach Bullygewinn von Ignatavicius überfallen

Blick.ch - mer, 14/01/2026 - 22:52
In Zusammenarbeit mit MySports präsentiert dir Blick die Highlights der Partie Lausanne HC – Genève-Servette (0:3).
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CAN 2025 : Sénégal–Maroc, l'affiche royale de la finale

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 14/01/2026 - 22:50

La CAN 2025 tient sa finale, et elle promet un choc de haut niveau entre deux géants du football africain. Le Sénégal et le Maroc se sont qualifiés au terme de demi-finales âprement disputées, confirmant leur statut de prétendants sérieux au sacre continental.

À Tanger, le Sénégal a frappé au moment décisif. Opposés à une Égypte solide et expérimentée, les Lions de la Teranga ont longtemps buté sur le bloc des Pharaons avant de faire la différence grâce à une inspiration géniale de Sadio Mané, auteur de l'unique but de la rencontre. Une victoire précieuse qui propulse le tenant du titre en finale, avec l'ambition claire de décrocher un deuxième sacre continental.

De son côté, le Maroc a dû puiser dans ses ressources mentales. Après un match tendu face au Nigeria, les Lions de l'Atlas ont arraché leur qualification à l'issue de la séance des tirs aux buts, éliminant des Super Eagles combatifs et déterminés.

Dimanche 18 janvier 2026, à 20 heures, Sénégal et Maroc se disputeront le trophée continental, au terme d'un parcours marqué par la rigueur tactique, la maîtrise collective et des individualités décisives. À noter que l'Égypte, victime du Sénégal en demi-finale, avait auparavant éliminé la Côte d'Ivoire en quarts de finale, confirmant la densité du tableau final.

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Sports, jeunesse et emploi : Annick Lydie Djouma Pikbougoum/Zingue Ouattara veut en faire des leviers du développement national

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 14/01/2026 - 22:50

Annick Lydie Djouma Pikbougoum/Zingue Ouattara, nommée au cours du remaniement ministériel du lundi 12 janvier 2026, a été installée dans ses nouvelles fonctions de ministre des sports, de la jeunesse et de l'emploi. L'installation a été faite ce mercredi 14 janvier 2026 au siège dudit ministère à Ouagadougou, par le secrétaire général du gouvernement et du conseil des ministres. Elle a connu la présence de quelques membres du gouvernement.

Annick Lydie Djouma Pikbougoum/Zingue Ouattara, nommée à la tête du ministère des Sports, de la jeunesse et de l'emploi lors du remaniement du 12 janvier, a officiellement été installée dans ses fonctions par le ministre secrétaire général du gouvernement et du conseil des ministres. Elle remplace à ce poste Roland Somda, en poste depuis août 2024.

Au cours de la cérémonie de passation de charges, les collaborateurs de Roland Somda lui ont offert un présent

Dans son allocution, la nouvelle ministre s'engage à faire du sport et de la jeunesse des piliers du développement national tout en cultivant la pratique du sport chez les jeunes et en développant une industrie sportive au Burkina Faso dans un esprit de totale inclusion. « C'est avec une profonde humilité et un sens élevé du devoir que je prends la parole aujourd'hui à l'occasion de ma prise de fonction à la suite de ma nomination en qualité de ministre des sports, de la jeunesse et de l'emploi », a déclaré Mme Annick Lydie Djouma Pikbougoum/Zingue Ouattara.

Elle a confié qu'elle mesure la confiance que le président du Faso et le chef du gouvernement ont placée en sa personne. « Je voudrais également, en cet instant solennel, rendre un hommage à mon prédécesseur et frère, M. Roland Somda, dont l'engagement et les réalisations constituent un socle sur lequel nous allons continuer le travail de construction de notre maison et le ministère des Sports, de la jeunesse et de l'emploi, et partant de l'innovation », a-t-elle laissé entendre.

La nouvelle ministre s'engage à faire du sport et de la jeunesse des piliers du développement national

Parlant de la jeunesse, la nouvelle ministre a fait savoir qu'il faudra lui offrir des perspectives d'avenir et aussi promouvoir l'emploi car selon elle, les défis sont immenses mais porteurs d'opportunités.
Tout en adressant ses remerciements aux autorités, le ministre sortant a appelé à la consolidation des fondations afin d'assurer la pérennité de l'action publique.

« Je quitte le département en étant rassuré que la dynamique engagée pourra se poursuivre et encore de la plus belle manière parce que celle qui arrive a l'avantage d'être un produit de la maison », s'est rassuré le ministre sortant, Roland Somda.

L'installation a connu la présence de quelques membres du gouvernement

Au cours de la cérémonie de passation de charges, les collaborateurs du ministre des sports, de la jeunesse et de l'emploi sortant lui ont offert un présent.

Jean Elysée Nikiéma (stagiaire)
Lefaso.net

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Municipales : Grégoire accuse Dati de vouloir transformer Paris en «labo facho»

Le Figaro / Politique - mer, 14/01/2026 - 22:49
Lors de son premier meeting de campagne, le socialiste à la tête d’une liste d’union de la gauche a voulu démontrer que sa rivale de LR se rapprochait de «l’extrême droite».

Coopération : La ville de Ouagadougou et celle de Novossibirsk en Russie concrétisent leur jumelage

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 14/01/2026 - 22:45

Après un accord de jumelage scellé le 11 novembre 2025, la commune de Ouagadougou a reçu, le 13 janvier 2026, une délégation russe conduite par Natalia Krasovskaïa, directrice exécutive du Centre de la diplomatie publique de la Fédération de Russie. Cette rencontre marque une étape décisive dans la mise en œuvre concrète du partenariat entre les deux villes, notamment dans les domaines culturels, éducatif et scientifique.

La coopération décentralisée entre le Burkina Faso et la Fédération de Russie poursuit sa dynamique. Officialisé en novembre 2025, le jumelage entre Ouagadougou et la ville russe de Novossibirsk entre désormais dans une phase opérationnelle, avec des projets déjà visibles et des perspectives de collaboration élargies. La rencontre tenue à la mairie centrale de Ouagadougou a permis de faire le point des acquis et de tracer les prochaines orientations de ce partenariat.

Selon Natalia Krasovskaïa, les premiers résultats du jumelage sont encourageants. « Nous avons commencé notre partenariat avec des projets culturels et des formations », a-t-elle indiqué. À ce titre, elle a mis en avant l'exposition de bronzes du Burkina Faso récemment ouverte à Novossibirsk, en Sibérie occidentale. L'événement connaît un succès notable, avec plus de 10 000 visiteurs enregistrés, témoignant de l'intérêt du public russe pour le patrimoine culturel burkinabè. Pour la responsable du Centre de la diplomatie publique, cette exposition constitue une véritable passerelle culturelle entre les deux peuples.

Natalia Krasovskaïa, directrice exécutive du Centre de la diplomatie publique de la Fédération de Russie

Au-delà de la culture, la coopération éducative s'affirme comme l'un des piliers du jumelage. Quatorze étudiants burkinabè poursuivent actuellement leurs études à Novossibirsk, une ville présentée comme un important centre de formation et de recherche scientifique en Russie. Pour Natalia Krasovskaïa, ces échanges académiques jettent les bases d'une coopération scientifique durable. Elle s'est dit convaincue que ces étudiants retourneront au Burkina Faso à l'issue de leur formation pour contribuer activement au développement du pays.

Le président de la délégation spéciale de la commune de Ouagadougou, Maurice Konaté, a salué une coopération fondée sur des réalités partagées. « Les différentes villes du monde ont les mêmes préoccupations et c'est ensemble que nous pouvons partager nos expériences pour relever les défis », a-t-il déclaré. Selon lui, Ouagadougou et Novossibirsk présentent de nombreux points de convergence, susceptibles d'améliorer le bien-être des populations à travers des échanges d'expertises et de bonnes pratiques.

La délégation russe a été chaleureusement reçue à l'hôtel de ville de Ouagadougou

Le président de la délégation spéciale a également souligné les opportunités offertes par ce jumelage dans des secteurs stratégiques tels que la mobilité urbaine, l'assainissement, les infrastructures et l'habitat. Il a insisté sur l'importance de la formation, évoquant notamment les filières pointues dans lesquelles évoluent certains étudiants burkinabè en Russie, comme l'aéronautique. « À la fin de leurs études, ce sont des compétences qui serviront directement le pays », a-t-il affirmé, illustrant ainsi l'impact concret attendu de cette coopération.

Maurice Konaté n'a pas manqué d'exprimer sa reconnaissance aux autorités diplomatiques et politiques ayant œuvré à la concrétisation de ce jumelage. Il a salué l'engagement de l'ambassade du Burkina Faso en Russie, tout en rendant hommage aux plus hautes autorités des deux pays pour leur volonté de renforcer les liens entre les collectivités locales burkinabè et russes. Il a par ailleurs formulé le souhait de voir d'autres communes burkinabè emboîter le pas à Ouagadougou, afin de tisser un réseau de coopérations décentralisées avec des villes russes, au service d'un développement endogène.

« Dans un proche avenir, nous aurons plus d'une dizaine de villes du Burkina qui seront jumelées à celles de la Russie », Ludovic Tapsoba, ambassadeur du Burkina en Russie

Présent à la rencontre, l'ambassadeur du Burkina Faso en Russie, Ludovic Tapsoba, a mis en lumière le rôle central de la diplomatie dans l'aboutissement de ce partenariat. Il a rappelé que ce jumelage s'inscrit dans une vision plus large de rapprochement entre les deux pays, et a indiqué que d'autres initiatives similaires pourraient voir le jour à l'avenir.

Capitale administrative de l'oblast de Novossibirsk, la ville de Novossibirsk, littéralement « Nouvelle-Sibérie », est la troisième plus grande ville de Russie. Elle se positionne comme un pôle majeur de culture, de science et de formation. À travers ce jumelage, Ouagadougou et Novossibirsk entendent ainsi poser les bases d'une coopération culturelle, scientifique, économique et sociale mutuellement bénéfique, fondée sur des actions concrètes et des échanges durables.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

Catégories: Afrique

‘Fundamental disagreement’: Annexation row deepens after US-Denmark-Greenland talks

Euractiv.com - mer, 14/01/2026 - 22:44
Despite the impasse, Danish and Greenlandic officials agreed to establish a high-level working group with the US to explore a possible way forward
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EV Zug – HC Lugano 2:3: Nach Lugano-Tor – Rauferei statt Jubel hinter EVZ-Gehäuse

Blick.ch - mer, 14/01/2026 - 22:43
In Zusammenarbeit mit MySports präsentiert dir Blick die Highlights der Partie EV Zug – HC Lugano (2:3).
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U.S. Suspends Immigrant Visa Processing for 75 Countries

Foreign Policy - mer, 14/01/2026 - 22:42
Trump is escalating his immigration crackdown as he gears up for a second year back in office.

Migration et réfugiés : Le Comité spécialisé de l'Union parlementaire des États membres de l'OCI adopte la Déclaration de Ouagadougou

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 14/01/2026 - 22:42

Ouverte le 13 janvier 2026, la réunion du Comité spécialisé permanent des affaires politiques et des relations extérieures de l'Union parlementaire des États membres de l'OCI (UPCI) a refermé ses portes ce 14 janvier 2026 à Ouagadougou.

Cette deuxième réunion du comité s'est inscrite dans le cadre des statuts et règlements de l'UPCI, ainsi que dans la dynamique de consolidation de ses actions et de revitalisation de son rôle face aux défis contemporains qui touchent le monde islamique.

Placée sous le thème « Migration et réfugiés », la rencontre a permis aux parlementaires des États membres de l'UPCI d'examiner une problématique devenue de plus en plus complexe, notamment en raison des conflits armés, du terrorisme, du changement climatique, du chômage massif des jeunes et des violations persistantes des droits humains.

À l'issue des travaux, les participants ont adopté le Projet de déclaration de Ouagadougou, qui réaffirme la nécessité pour l'UPCI d'accorder une attention prioritaire aux migrants, aux réfugiés et aux personnes déplacées internes, compte tenu de l'impact de ces phénomènes sur les populations des États membres.

Les participants ont remercié l'Assemblée législative de transition du Burkina Faso pour avoir abrité cette réunion

Dans cette déclaration, le Comité appelle notamment au respect du cadre juridique international, en particulier le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, dit Pacte de Marrakech.

Les participants ont également insisté sur la coordination des efforts humanitaires et caritatifs dans l'espace islamique et ont exhorté les États et les donateurs à faire des migrants et des déplacés internes une priorité, tout en soutenant les pays d'origine afin de faciliter la réintégration des migrants dans des conditions de vie dignes.

« Nous, les participants à la réunion du Comité des affaires politiques et des relations extérieures de l'Union parlementaire des États membres de l'OCI, réunis à Ouagadougou, au Burkina Faso, les 13 et 14 janvier 2026, condamnons fermement toute forme d'expulsion des migrants, qu'il s'agisse de personnes résidant dans les pays d'accueil sans base légale valable, ou de refoulements opérés aux frontières en violation des procédures légales et des garanties prévues par le droit international et régional des droits humains. Nous appelons à garantir la liberté de circulation des réfugiés et leur garantir le droit à l'emploi », a aussi déclaré le député Sankaré.

Cette deuxième réunion du comité s'est inscrite dans le cadre des statuts et règlements de l'UPCI

Une attention particulière a été accordée à la situation du Sahel, où, selon l'OCHA, 29 millions de personnes avaient besoin d'aide humanitaire et de protection en juin 2025.

Les membres du Comité ont insisté sur le fait que l'intégration économique entre les pays islamiques constitue un levier essentiel pour relever les défis liés à la migration et aux réfugiés, notamment à travers le renforcement des échanges commerciaux et de la coopération technologique.

Le Comité a aussi exprimé sa solidarité avec le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad, tant dans leur lutte contre le terrorisme que dans l'accueil des réfugiés.

« Après deux jours d'échanges, nous avons adopté une résolution et la déclaration de Burkina Faso. De retour dans nos pays respectifs, nous allons distribuer ces recommandations à travers nos différents parlements. Nous allons travailler avec chaque gouvernement de chaque pays pour essayer de trouver une solution pour notre jeunesse qui meurt chaque semaine, chaque jour, chaque fin du mois. Il y a beaucoup de jeunes qui perdent la vie et si cela continue, peut-être nous allons perdre beaucoup de nos enfants. Il faut travailler rapidement avec le gouvernement et les bailleurs de fonds qui veulent soutenir le monde islamique et l'Afrique pour éviter cette catastrophe qui arrive chaque jour. J'espère qu'en retour, chaque parlementaire va travailler avec son gouvernement pour étudier ce document, l'adopter et travailler ensuite pour trouver des solutions pour notre jeunesse. Nous savons tous que, dans le monde islamique, le chômage est à 70 % parmi les jeunes avec un total de 2,5 milliards de musulmans dans le monde. C'est pour cela que nous tenons beaucoup dans cette réunion et ces résolutions-là pour trouver des solutions au futur pour notre jeunesse », a expliqué le secrétaire général de l'UPCI, Mouhamed Khouraichi Niass.

« Beaucoup de jeunes perdent la vie donc il faut travailler rapidement avec le gouvernement et les bailleurs de fonds qui veulent soutenir le monde islamique et l'Afrique pour éviter cette catastrophe qui arrive chaque jour », a souligné le secrétaire général de l'UPCI, Mouhamed Khouraichi Niass

Pour finir, les participants ont remercié l'Assemblée législative de transition du Burkina Faso pour avoir abrité cette réunion.

Hanifa Koussoubé
Crédit photo : Auguste Paré
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