La Banque mondiale accompagne le Togo, le Burkina Faso et le Niger dans la mise en œuvre du Projet Régional de Corridor Economique Lomé-Ouagadougou-Niamey (PCE-LON) avec une enveloppe globale de 470 millions USD dont 260 millions USD pour le Burkina Faso sur la période 2021-2027.
Le projet s'aligne avec les stratégies nationales des trois (3) pays et les objectifs d'intégration régionale portés par les communautés économiques régionales : I'UEMOA.
Ce projet dont l'objectif est d'améliorer la connectivité régionale et les infrastructures communautaires socio-économiques le long du corridor entre les capitales du Togo, du Burkina Faso et du Niger, contribuera à réduire les coûts et délais de transports pour les marchandises burkinabè et nigériennes, à augmenter le commerce transfrontalier entre les 3 pays et à améliorer l'économie locale et communautaire le long de la zone d'influence du corridor, en désenclavant les pôles de croissances économiques et en fournissant les infrastructures communautaires.
Dans chacun des 3 pays le projet est piloté par une Unité de Coordination dotée d'un personnel technique et de coordination.
Au Burkina Faso, le PCE-LON est placé sous la tutelle technique du Ministère de la Construction de la Patrie (MCP) et la tutelle financière du Ministère de l'Economie et des Finances (MEF).
Dans le cadre de la mise en œuvre dudit Projet, une Unité de Gestion du Projet a été mise en place sous la responsabilité d'un Coordonnateur de Projet. Afin d'exercer pleinement sa mission, cette unité de gestion doit être renforcée par un(e) Spécialiste en Hygiène, Sante, Sécurité, Environnement.
A cet effet, le MCP souhaite recevoir des candidatures de personnes qualifiées pour le poste d'un(e) Spécialiste en Hygiène, Sante, Sécurité, Environnement.
l- DESCRIPTION DU POSTE ET QUALIFICATIONSIEXPERIENCES REQUISES
A- Mission/responsabilités/tâches du poste
Placé sous l'autorité du Coordonnateur, le spécialiste en Santé et Sécurité au Travail a pour responsabilité de garantir la maîtrise des risques dans les activités du Projet afin de promouvoir
la sécurité des travailleurs et celles des populations dans les zones des travaux. Plus spécifiquement, il/elle assurera les tâches suivantes .
contribuer à mettre en place un système de management HSSE basé sur les normes IS045001 et ISO 14001 ; aider à l'élaboration et au déploiement du système de management HSSE sur les chantiers , effectuer des visites de suivi périodiques sur les sites des ouvrages en matière de gestion des risques d'hygiène, de sécurité et de sécurité au travail (HSST)
Identifier les dangers et les risques en santé, sécurité au travail et s'assurer que les mesures de prévention de risque HSST soient en place dès la conception d'une activité ou de la définition du cycle d'un sous-projet , veiller à ce que les entreprises et les missions de contrôles adoptent les procédures adéquates pour la prise en compte des questions HSST, pour gérer les risques et les impacts dans ces domaines au cours des travaux , participer activement à la gestion des incidents et tenir un registre des incidents/accidents de tous les chantiers du projet , appuyer la réalisation des audits ES réguliers sur les chantiers , mettre en place et suivre les indicateurs de performance des sous-projets en matière de
HSE et produire les rapports de suivi ; formuler des propositions d'amélioration des conditions de travail sur les chantiers , mettre en place des actions préventives en matière de HSST procéder à la réalisation de l'enquête d'investigation dans les délais requis en cas de déclenchement d'un ESIRT s'assurer de la sensibilisation des travailleurs, les populations riveraines pour leur permettre de prévenir et de faire face à des accidents , tenir des réunions spécifiques et rédiger les procès-verbaux y afférents pour les besoins du dispositif de suivi supervision , veiller à ce que les entreprises disposent de politique de sécurité et de programme en santé, sécurité au travail et de procédures de travail sécuritaires ; vérifier l'efficacité des procédures de travail sécuritaires et faire prendre les mesures correctrices qui s'imposent en cas de besoin , évaluer la robustesse des systèmes de gestion HSS pour les activités des sous-projets mis en œuvre , évaluer pour la mise en œuvre des travaux, la supervision quotidienne et le suivi de l'implémentation d'un système HSE, y compris les aspects liés aux mises à niveau des infrastructures afférentes, à l'utilisation régulière des EPI, etc.
évaluer le dispositif d'engagement de la direction des travaux, en ce qui concerne les pratiques HSE, les protocoles d'enquête, l'organigramme et les dispositions institutionnelles pour la supervision, les canevas de rapports et de la documentation (y compris les audits réguliers) , organiser et/ou évaluer les programmes de formation et leur diffusion auprès des parties prenantes ; fournir des recommandations détaillées d'actions pour améliorer les systèmes HSE existant, y compris le renforcement des exigences de formation, l'amélioration de la supervision sur place ,
contribuer à l'élaboration du Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) du Projet.
B- Qualifications et expériences professionnelles requises Le/la candidat(e) doit .
être titulaire d'un diplôme d'Ingénieur ou Master en Hygiène, Sécurité, Environnement et gestion des risques, (Bac +5) ou tout autre diplôme équivalent dans les domaines connexes comme la santé, l'hygiène industrielle ;
avoir une expérience professionnelle générale d'au moins 7 ans dans la gestion des risques santé-sécurité en milieu de travail ,
avoir au moins cinq (05) ans d'expériences en entreprise ou en mission de contrôle dans le suivi/supervision de travaux de construction d'infrastructures (de préférence en routes) en tant que Spécialiste principal HSE dans des projets financés par la Banque mondiale ou autres bailleurs multilatéraux ,
avoir un certificat couvrant le domaine de la santé sécurité au travail, la sécurité de la construction ou la sécurité incendie et la maîtrise des risques tel que ISO 45001 ou NEBOSH
avoir une connaissance approfondie de la réglementation nationale en matière de santé et sécurité au travail
avoir une connaissance des procédures de la Banque mondiale en matière de gestion environnementale et sociale et en matière d'hygiène, sécurité et gestion des risques professionnels ,
avoir le certificat octroyé suite à la formation en ligne sur le nouveau cadre environnemental et social de la Banque mondiale sera un atout.
ll- CONDITIONS GENERALES ET MODALITES DE RECRUTEMENT
A- Conditions générales de recrutement et de travail
Lella candidat(e) au poste de Spécialiste en sauvegarde sociale et genre doit - être de nationalité burkinabè ;
– être agé de dix huit (18) ans au moins au plus au 31 décembre 2025 - être de bonne moralité
– être en bonne santé physique et mentale ,
– avoir le sens de la discrétion et de la confidentialité
– avoir le sens des relations humaines et les aptitudes pour travailler en équipe , - accepter de travailler en équipe et sous pression ; - être immédiatement disponible.
Lella candidat(e) sélectionné(e) sera classé(e) conformément à l'annexe Il du décret N 0 20211383/PRES/PM/MEFP du 31 décembre 2021 portant règlementation générale des projets et programmes de développement exécutés au Burkina Faso et rémunéré(e) suivant la grille salariale de l'annexe III dudit décret.
Pour les cadres de l'Administration Publique, le/la candidat(e) devra disposer d'un acte administratif matérialisant sa mise en position de détachement auprès dudit projet ou de sa mise en position de disponibilité. La date d'effet de cet acte doit être la date de prise de service de l'intéressé(e).
Le poste à pourvoir est régi par un contrat de travail à durée déterminée de deux (02) ans avec possibilité de renouvellement sur toute la durée de mise en œuvre du projet suivant les résultats de l'évaluation annuelle des performances.
Le poste d'affectation est basé au siège de l'Unité de Gestion du Projet (UGP) qui est à Ouagadougou, avec la possibilité d'effectuer des missions de terrain dans la zone d'intervention du projet ou au besoin dans d'autres lieux en relation avec l'exécution du projet.
B- Modalités de recrutement
Les dossiers réceptionnés feront l'objet d'une présélection. Seul(e)s les candidat(e)s présélectionné(e)s seront contacté(e)s.
Les candidat(e)s retenu(e)s après cette phase, subiront une épreuve d'entretien oral devant un jury.
NB : Les candidatures féminines seront à compétence équivalente privilégiées.
III-COMPOSITION ET DEPOT DES DOSSIERS DE CANDIDATURE
A- Composition du dossier de candidature
Les candidat(e)s intéressé(e)s devront soumettre un dossier de candidature en langue française, en quatre (4) exemplaires dont un (1) original et trois (3) copies comprenant .
– une demande manuscrite revêtue d'un timbre fiscal de 200FCFA, adressée à Monsieur le Secrétaire Général du MCP précisant l'intitulé du poste
– un curriculum vitae (CV) daté et signé de cinq (05) pages maximum faisant état des diplômes obtenus, des expériences, des formations et des stages professionnels en lien avec le poste et mentionnant deux (2) personnes de référence n'ayant pas de lien de parenté avec le/la candidat(e) ni de lien avec un membre du PCE-LON
– une lettre de motivation du postulant d'une (01) page maximum ,
– une copie légalisée du diplôme requis pour le poste
– une photocopie des certificats ou attestations de travail pertinents justifiant les expériences mentionnées dans le CV
– une photocopie légalisée de la carte d'identité nationale ou du passeport en cours de validité.
NB : Le candidat retenu devra produire un casier judiciaire de moins de trois (03) mois et légaliser tous documents jugés indispensables avant l'engagement définitif.
B- Dépôt de candidature
Les dossiers de candidature seront reçus sous pli fermé (dans une enveloppe format A4) avec la mention du poste souhaité « Candidature pour le recrutement au poste de Spécialiste
en Hygiène, Sante, Sécurité, Environnement » à la Direction des Ressources Humaines du Ministère de la Construction de la Patrie sise à Gounghin, côté EST de l'Ecole Nationale des Travaux Publics du 25 mars au 16 avril 2026 (jour ouvrable) de 08 heures à 12 heures et de 13 heures à 15 heures.
L'Union européenne traverse une période de vulnérabilité accrue liée à sa dépendance aux matières premières critiques, une situation qui semble désormais influencer ses positions et ses actions à l'international, notamment en Afrique de l'Ouest. Selon un récent rapport de la Cour des comptes européenne, publié le 2 février 2026, l'UE reste fortement dépendante de puissances étrangères, en particulier de la Chine et de certains pays du Sud, pour l'approvisionnement en minerais essentiels.
Ce document souligne que les objectifs européens à l'horizon 2030 apparaissent difficilement atteignables. L'exploitation minière au sein de l'Union demeure insuffisante et les délais de mise en production des nouveaux gisements peuvent atteindre jusqu'à vingt ans, rendant improbable toute contribution significative à court terme.
Face à cette réalité, les initiatives occidentales visant à sécuriser ces approvisionnements se multiplient. Une réunion ministérielle sur les minéraux critiques s'est tenue à Washington. Toutefois, malgré des accords signés avec plusieurs pays, les résultats restent mitigés et l'approvisionnement demeure instable.
Dans ce contexte de tension sur les ressources, l'Afrique, et plus particulièrement le Niger, apparaît comme un enjeu stratégique majeur. Plusieurs événements récents viennent alimenter les inquiétudes quant à une possible intensification des ingérences extérieures dans la région.
Ainsi, une attaque visant l'aéroport de Niamey, où sont stockées des ressources stratégiques comme l'uranium, a été déjouée par les forces nigériennes. Selon les autorités locales, cette opération aurait été soutenue par des sponsors étrangers, à savoir la France, le Bénin et la Côte d'Ivoire. « L'attaque de l'aéroport est inscrite dans un agenda de déstabilisation maladive. Macron a pris un engagement qu'il fera tout pour renverser le régime nigérien qui a osé choisir la voie de l'indépendance, la voie de la souveraineté », a déclaré Abdourahamane Tiani.
Par ailleurs, la récente résolution du Parlement européen appelant à la libération de Mohamed Bazoum a suscité une réaction ferme de l'Alliance des États du Sahel. Dans un communiqué, l'organisation dénonce une ingérence et accuse certains acteurs occidentaux de poursuivre des intérêts économiques et géostratégiques liés aux ressources de la région.
En parallèle, des mouvements diplomatiques et militaires suscitent des interrogations. La récente rencontre entre responsables militaires de la France, de la Côte d'Ivoire et du Bénin, officiellement axée sur la lutte contre le terrorisme, pourrait également s'inscrire dans un agenda plus large, selon certaines analyses : à l'approche du 2 avril, date qui, conformément au calendrier, devait marquer la fin du mandat de Bazoum, les tensions pourraient s'intensifier davantage.
Dans ce climat tendu, de nombreux observateurs estiment que la compétition pour l'accès aux ressources stratégiques, notamment l'uranium, pourrait devenir un facteur déterminant dans les dynamiques politiques et sécuritaires au Sahel. Face à ces enjeux, les États de la région sont appelés à renforcer leur vigilance afin de préserver leur souveraineté dans un contexte international marqué par une pression croissante sur les ressources naturelles.
Par Boukari Ernest
Dans un monde marqué par une instabilité croissante, la dépendance aux énergies fossiles n'est plus seulement un coût financier — c'est un risque stratégique majeur.
Pour un pays enclavé comme le Burkina Faso, les fluctuations du prix du baril et les incertitudes logistiques d'approvisionnement en pétrole pèsent lourdement sur la compétitivité de nos entreprises et le pouvoir d'achat des ménages.
Pourquoi le passage au solaire est-il une urgence ?
1. Réduire la dépendance aux énergies fossiles : Contrairement au pétrole qui doit parcourir des milliers de kilomètres par bateau et ensuite par camion, le soleil est une ressource disponible localement, partout, à volonté et gratuitement.
Réduire la dépendance aux énergie fossilesEtablir une souveraineté énergétique et économique
2. Stabiliser les coûts de l'énergie : Alors que le prix du baril est volatile et imprévisible, le coût du kilowattheure solaire est fixe une fois l'installation réalisée. C'est la fin des mauvaises surprises sur les factures d'énergie.
Stabiliser le coût de l'énergie3. Etablir une souveraineté Économique : Réduire les importations d'hydrocarbures, c'est renforcer notre balance commerciale réduire le poids des subventions sur le carburant et réinvestir ces ressources dans l'économie locale.
Etablir une souveraineté énergétique et économique4. Monter en compétences : Créer des emplois, développer les connaissances et capacités interne pour produire de la valeur ajoutée dans le secteur porteur d'avenir qu'est celui du solaire aujourd'hui.
Monter en compétences5. La pression démographique : Avec une croissance de la demande énergétique de 10% par an, l'écart entre l'offre et la demande ne cesse de s'agrandir ce qui pénalise le développement de nos entreprises.
La pression démographique et l'augmentation de la demande par habitant6. Faire un geste écologique : Adopter le solaire, c'est réduire de façon considérable les émissions de gaz toxiques pour restaurer durablement la qualité de l'air de nos villes.
Faire un geste écologiqueLe goulot d'étranglement ?
L'accès à des solutions de financement adaptées pour transformer ce potentiel solaire en réalité pour les entreprises et les ménages.
Il est temps de repenser nos modèles financiers et énergétiques pour bâtir une économie plus résiliente et autonome.
Source : Solar Dev
The WTO reform agenda is a distraction. The real prize is dismantling MFN through plurilateral precedents. Credit: WTO
By Chien Yen Goh and Kinda Mohamadieh
GENEVA, Mar 24 2026 (IPS)
As trade ministers gather in Yaoundé, Cameroon, for the WTO’s 14th Ministerial Conference (MC14) on 26–29 March 2026, the preparatory process has produced a dense fog of competing reform proposals, draft ministerial statements, and work plans.
The facilitator-led consultations at the WTO headquarters in Geneva focused for the past few weeks on decision-making, development and Special and Differential Treatment (S&DT), as well as level-playing-field issues, while the United States, European Union and others tabled their own reform submissions.
The sheer volume and scope of this activity have muddied the picture of what exactly requires ministerial attention and decision.
This confusion, however, serves a purpose. It obscures the fact that the U.S. — which has done more than any other member to destabilise the multilateral trading system through unilateral tariffs, bilateral Agreements on Reciprocal Trade (ARTs), and paralysing the WTO Appellate Body — is not primarily interested in the reform or continued relevance of the WTO.
Its 2026 Trade Policy Agenda, released earlier this month, makes this plain: the US will push to reorient the WTO’s negotiating function by “favouring meaningful plurilateral agreements” and “urging reassessment of the Most Favoured Nation (MFN) principle” so that trading nations can differentiate among partners in their liberalisation commitments.
The MFN rule is the foundational principle of the WTO that requires any trade advantage granted to one WTO member to be extended equally to all. The U.S. WTO reform paper submitted to the General Council in December 2025 (WT/GC/W/984) goes further, arguing that MFN “is not just unsuitable for this era” but actively prevents countries from optimising their trade relationships.
Outside the WTO, the U.S. is pursuing its trade interests through bilateral ARTs with Bangladesh, Cambodia, Indonesia, Malaysia and others. Since its Supreme Court struck down the legal basis for these ARTs, section 301 of the U.S. 1974 Trade Act has been activated. But within the WTO, the U.S. priority at MC14 is more focused and consequential than the reform agenda suggests.
The immediate objective is to secure adoption of the plurilateral Investment Facilitation Agreement (IFA) into the WTO’s legal architecture under Annex 4 of the Marrakesh Agreement — despite the U.S. not having participated in the IFA negotiations and having no interest in being a party to it. U.S. Ambassador Joseph Barloon identified the IFA as one of a limited number of issues the U.S. wants decided at MC14.
Why would the US push through an agreement it will not sign? Because the IFA is not the end but the means. Its incorporation into the WTO — while its initiation, negotiation and addition have been formally contested — would establish that plurilateral agreements can be adopted and added to the WTO rulebook without the consent of all members. Once that door is opened, the principle of consensus in WTO agenda-setting and rule-making is effectively undermined.
This is precisely what the U.S. wants. Its December 2025 reform submission argues that plurilateral agreements should allow “likeminded trading partners committed to fair and reciprocal trade” to strengthen ties “within the architecture of the WTO agreements,” with benefits limited to consenting parties — that is, on a non-MFN basis.
The paper warns that without a path for plurilaterals, the WTO is “not a viable forum for negotiating.” Read together with the Trade Policy Agenda’s call to reassess MFN, the logic is clear: plurilaterals are the vehicle through which the U.S. intends to displace MFN as the organising principle of the multilateral trading system. Members that cannot or choose not to join will simply be left out.
The second U.S. priority reinforces this trajectory. Washington is pressing developing countries to make permanent the moratorium on customs duties on electronic commerce transmissions. First adopted as a temporary measure in 1998, the moratorium was last renewed at MC13 in Abu Dhabi, where members agreed it would expire at MC14 or 31 March 2026. The U.S. now wants to lock it in permanently and expand the scope of digital goods and services beyond customs authorities.
The stakes are high and direct. UNCTAD has estimated that the moratorium costs developing countries up to $10 billion annually in foregone tariff revenue, with 95 per cent of the losses borne by developing countries. For many, customs duties constitute 10–30 per cent of total tax revenue — for some, over 50 per cent.
The primary beneficiaries are the large technology firms in developed countries that dominate cross-border digital trade. Making the moratorium permanent would formalise this revenue transfer and strip developing countries of policy space to regulate digital imports as the digital economy grows.
Both these issues — the IFA and the e-commerce moratorium — involve developing countries giving up something concrete (MFN treatment, consensus-based decision-making, effective say over agenda setting, customs revenue and regulatory autonomy) in exchange for nothing.
The U.S. is not offering concessions on agriculture, S&DT, or the longstanding mandated issues that matter to developing country Members. It is not proposing to fix the dispute settlement system it broke. It is leveraging reform to extract structural concessions that tilt the WTO’s institutional machinery in its favour, while pursuing its trade interests bilaterally.
Once plurilaterals are entrenched and the moratorium made permanent, the U.S. will have a freer hand to set the WTO agenda without negotiating with developing country and Least Developed Country members. S&DT, already under pressure from demands to end self-designation and narrow its application, will recede further as a meaningful principle and integral part of the negotiations.
The reform agenda, for all its complexity, is secondary to the structural question: will the WTO remain a consensus-based institution where MFN and consensus decision-making ensure the smallest member has a say? Or will it be refashioned into a platform for variable-geometry agreements where the powerful set the terms and the rest face compliance or exclusion?
Developing countries have fought for decades to preserve a multilateral trading system in which trade could serve as a tool for their development. That system is now under direct threat — not from its irrelevance, but from a deliberate strategy to hollow it out from within.
Chien Yen Goh and Kinda Mohamadieh are trade and investment lawyers at Third World Network (TWN) based in Geneva.
IPS UN Bureau
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By Jomo Kwame Sundaram and Kuhaneetha Bai Kalaicelvan
KUALA LUMPUR, Malaysia, Mar 24 2026 (IPS)
In mid-1971, US President Nixon ended the dollar’s gold peg at $35 per ounce, triggering de-dollarisation. The 2025 gold and silver rush followed private speculators trying to profit from central banks hedging against perceived new risks.
Jomo Kwame Sundaram
De-dollarisationMany believe OPEC was allowed to raise oil prices from 1972, on condition petroleum purchases would be settled in dollars. ‘Petrodollars’ were thus believed to be the ‘black gold’ underlying the dollar system’s survival after 1971.
Although still the dominant world reserve currency, the dollar’s role has gradually declined over the decades. Trump 2.0’s rhetoric and actions appear to have accelerated de-dollarisation.
Trump’s 2 April 2025 ‘Liberation Day’ tariffs announcement triggered even greater uncertainty and volatility in foreign exchange and other markets worldwide.
Greater policy unpredictability has caused governments and investors to explore new options. Authorities worldwide are considering and developing alternatives to the dollar system.
Besides higher inflation, Trump’s threats and actions, particularly his tariffs, sanctions and wars, have pushed investors to sell dollar assets and seek alternatives.
Various factors have significantly accelerated de-dollarisation. In the first half of 2025, the dollar fell by over 10%, its sharpest fall since the 1973 oil crisis.
K Kuhaneetha Bai
Many countries in the Global South have been purchasing gold rather than dollar-denominated assets for reserve accumulation.Geopolitical economy commentator Ben Norton highlighted an April 2025 note by the Deutsche Bank foreign exchange research head, noting:
“We are witnessing a simultaneous collapse in the price of all US assets [including stocks, foreign exchange, and bonds] … we are entering uncharted territory in the global financial system…
“The market is rapidly de-dollarising. In a typical crisis environment, the market would be hoarding dollar liquidity…The market has lost faith in US assets. They are actively selling down their US assets.
“US administration policy is encouraging a trend toward de-dollarisation to safeguard international investors from a weaponisation of dollar liquidity.”
Western confiscations
The weaponisation of central banks by the US, Europe, and their allies has caused other central banks to seek ‘safety’ by switching from dollar assets to gold.
Increased weaponisation of the dollar and Western confiscation of others’ assets under various pretexts have accelerated this trend.
Billions of dollars’ worth of Venezuelan central bank gold, held at the Bank of England, was confiscated by the UK government during the 2019 Washington-instigated Caracas coup attempt.
After the coup failed, the Bank of England refused to return the gold to Venezuela. Trust in Western governments and central banks thus continued to erode.
Similarly, the US Fed and European Central Bank confiscated over $300 billion worth of Russian dollar-, euro- and sterling-denominated assets after it invaded Ukraine.
European authorities have since pledged to transfer these Russian assets to Ukraine rather than return them to their owners.
Western confiscations of the central bank reserves of Iran, Venezuela, Afghanistan, Russia and others have alarmed authorities and publics worldwide.
Central banks’ reserve managers have increasingly viewed gold as safe despite greater volatility. Besides serving as a hedge, the precious metal also offered lucrative speculative gains.
Mitigating risk
Many monetary authorities have reversed their earlier accumulation of dollar-denominated US Treasury bills and bonds in their official reserves.
While US government debt has continued growing, inflationary pressures have mounted, albeit episodically. Gold and silver holdings are believed to help hedge against inflation and fiat currency debasement.
Gold holdings in central bank reserves increased significantly after the 2008-09 global, actually Western, financial crisis, followed by the Western turn to ‘quantitative easing’.
For the first time in three decades, central banks’ total gold holdings in their international reserves exceeded their US Treasury bond holdings in 2025.
About 36,200 tons, or a fifth of all gold holdings, is now held by central banks, rising rapidly over two years from 15% at the end of 2023!
Meanwhile, rising gold prices drew more speculative investments for profit. But such price spikes are not sustainable indefinitely.
Once gold was seen as overpriced, investors turned to other precious metals, notably silver, and other financial assets.
BRICS’ golden hedge?
After Lord Jim O’Neill identified Brazil, Russia, India and China as significant new financial powers outside the Western sphere of influence, BRICS was formed in 2009 by adding South Africa.
BRICS now has ten members and ten partners. Together, they account for 44% of world income, measured by purchasing power parity, and 56% of its people.
Russia, China, and India have been among the largest recent buyers of gold. Other major purchasers include Uzbekistan and Thailand, both BRICS partners.
Trump 2.0 has generated significant apprehension internationally. Without BRICS’ help, his weaponisation of economic policies and agreements has accelerated de-dollarisation.
Although Trump accuses the BRICS of conspiring to accelerate de-dollarisation, their precious metal purchases make sense as a hedge for their reserves.
IPS UN Bureau
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By James Alix Michel
VICTORIA, Seychelles, Mar 23 2026 (IPS)
When the 11th Our Ocean Conference opens in Mombasa and Kilifi, Kenya, from June 16-18, 2026, it will mark the first time this influential meeting has been held on African soil. For coastal and island nations across the continent and the wider Indian Ocean – and for the Global South more broadly – the stakes could not be higher: the promises and commitments made there will help decide whether the ocean becomes a source of justice and resilience, or deepens existing inequalities.
James Alix Michel
And the most recent report by the UN, indicates that Planet Earth is being pushed beyond its limits. Every key climate indicator is flashing red as it continues to overheat .Since its launch in 2014, the Our Ocean Conference has generated a steady stream of commitments on marine conservation, sustainable fisheries, climate action and pollution control. Billions of dollars have been pledged for marine protected areas, surveillance, research and community projects. Yet, for many communities in the Global South, the reality at sea has often changed far less than the rhetoric on land. Overfishing, climate-driven ecosystem shifts and pollution continue to undermine food security and livelihoods, while benefits from the “blue economy” still tend to flow upwards to those with capital and technology.
I know this process intimately. In 2018, at the Our Ocean Conference in Bali, Indonesia (October 29–30), I was honoured to be invited by renown Philanthropist, Dona Bertarelli, and named one of the founding Pew-Bertarelli Ocean Legacy Ambassadors, alongside John Kerry, former US Secretary of State, and David Cameron, former UK Prime Minister, Heraldo Munoz former Chilean minister of Foreign Affairs and Carlotta Leon.
Our central mission was to champion large-scale marine protected areas (MPAs).
Under my presidency of Seychelles (2004–2016), we set a global example for the Global South. At Rio+20 in 2012, we announced our bold commitment to protect 30% of our 1.35 million km² Exclusive Economic Zone (EEZ) by 2020 – a full decade ahead of today’s global 30×30 targets. We launched the Seychelles Marine Spatial Plan (SMSP) process in 2014, involving 265 stakeholder consultations and over 100 GIS data layers, culminating in 410,000 km² (30% of our EEZ, an area larger than Germany) designated as Marine Protected Areas in March 2020, with the full SMSP becoming legally binding across our entire EEZ on March 31, 2025. We also pioneered the world’s first sovereign blue bond in October 2018 – a US$15 million issuance (with $21.6 million debt-for-nature swap via The Nature Conservancy) that reduced our borrowing costs from 6.5% to 2.8% while funding fisheries governance, marine protection and blue economy projects through SeyCCAT and the Development Bank of Seychelles.
Mombasa’s significance lies not only in geography but in timing. The High Seas Treaty – formally the BBNJ Agreement entered into force on the 17th January this year having reached 60 ratifications in 2025.
The Treaty offers, for the first time, a framework to create marine protected areas and regulate potentially harmful activities in areas beyond national jurisdiction, which cover nearly half the planet and play critical roles in climate regulation and biodiversity. For African and other developing countries, the way this agreement is implemented will test whether “common heritage of humankind” can move from slogan to reality.
Seychelles was among the first African nations to ratify BBNJ, advocating for high seas MPAs like the Saya de Malha Bank.
The treaty’s provisions on environmental impact assessments, area-based management tools, capacity-building and benefit-sharing will shape who gets to decide what happens on the high seas, and who gains or loses from emerging ocean industries. Without strong institutions, adequate financing and meaningful participation from the Global South, there is a risk that powerful states and corporations will dominate decision-making, reproducing on the ocean the same patterns of inequality seen on land.
The debate over deep-sea mining makes these concerns concrete. Proponents argue that mining polymetallic nodules and other deep-sea deposits could supply minerals needed for the energy transition.
But scientific assessments warn that such operations may cause long-lasting damage to seafloor habitats, disrupt carbon cycles and threaten species we have barely begun to study. Small-scale fishers, coastal communities and Indigenous peoples worry that the costs will be borne by those least responsible for climate change and least able to adapt.
In recent years, a broad coalition of states, scientists, civil society groups and youth movements has called for a precautionary pause or moratorium on commercial deep-sea mining in the Area. This demand is rooted in the precautionary principle and in a vision of the ocean as a living system, not just a stockpile of raw materials. For many in the Global South, it is also a justice issue: the world cannot repeat, in the deep sea, an extractive model that has left communities polluted and marginalised on land.
In Africa’s Indian Ocean, these debates are particularly urgent. Recently, I joined ocean Renown philanthropist and a strong advocate of Ocean Conservation , Dona Bertarelli in calling for a moratorium on deep-sea mining in Africa’s ocean, especially in the Indian Ocean. Our message to governments is that precaution and long-term stewardship must come before short-term profit – a principle Seychelles has applied through our SMSP and blue bonds.
Kenya has framed the 2026 conference under the theme “Our Ocean, Our Heritage, Our Future”, with a focus on jobs, equity and healthy oceans. This framing resonates across the Global South, where coastal and inland communities face converging crises of climate change, biodiversity loss and economic insecurity.
For the conference to be a turning point, African and other developing countries could push for three outcomes :
First, insist that BBNJ implementation be guided by equity: robust funding for capacity-building and technology transfer, transparent environmental assessments, and benefit-sharing that reaches frontline communities.
Second, unite behind a precautionary moratorium on deep-sea mining until independent science shows it can proceed without irreversible harm and robust global rules exist.
Third, demand commitments that improve lives: secure markets for small-scale fishers, nature-based solutions like mangrove restoration, climate-resilient infrastructure, and support for youth, women and Indigenous leadership. Seychelles proves this works – 30%+ EEZ protection with sustainable financing balancing ecology and equity.
Mombasa sits at the intersection of vulnerability and possibility, like coastal cities across the Global South. Hosting Africa’s first Our Ocean Conference offers a chance to centre perspectives of those who live with the ocean daily.
The test of Our Ocean 2026 will be whether it shifts power towards those most affected and committed to stewardship. For Africa, SIDS and the Global South, Mombasa is a moment to say: the ocean is not a frontier to be mined, but a living foundation for our survival and dignity.
James Alix Michel is the former President of Seychelles (2004–2016) and a global advocate for the blue economy, ocean conservation and climate resilience.
IPS UN Bureau
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Face à la presse ce lundi 23 mars à la salle de conférence du stade du 4 août, le sélectionneur des Étalons a défendu sa liste des 25 joueurs convoqués pour les deux matchs amicaux contre la Guinée Bissau. Il a aussi évoqué son projet d'arriver à intégrer les 10 meilleures nations africaines de football.
Les Étalons du Burkina Faso affrontent la Guinée Bissau les 28 et 31 mars respectivement à 18h pour le 1er match et 19h pour le second tous deux au stade du 4 août à Ouagadougou. Le coach, Amir Abdou a expliqué son choix des 25 joueurs pour la double confrontation et l'importance de pouvoir jouer les deux matchs à domicile.
Les coûts des tickets pour les deux matchs amicaux contre la Guinée Bissau vont de 2 000 FCFA à 100.000 FCFA.
La tête pensante de l'équipe des Étalons a fait savoir que ses choix reposent sur la performance des joueurs qui devront continuer de réaliser des bons matchs pour pouvoir prétendre à l'équipe nationale.
« Je veux des joueurs compétents, des joueurs qui peuvent apporter sur le terrain et qui peuvent être performants pour l'équipe nationale. Il y a d'autres joueurs qui vont venir en sélection qui seront aussi performants », a insisté le coach Amir Abdou.
Le staff technique est constitué de 7 membres dont l'ancien international burkinabè Jonathan Zongo qui occupe le poste de deuxième adjoint.Le sélectionneur des Étalons a par ailleurs évoqué des voyages qu'il a eu à effectuer dans le but de pouvoir rencontrer des cadres. Il a rassuré que ses voyages s'inscrivent dans son objectif de pouvoir construire une équipe compétitive.
« La sélection que vous pouvez avoir, au mois de mars. Elle peut changer au mois de juin. Il n'y a personne qui va être sûr d'être là. L'objectif, c'est que les joueurs puissent respecter l'institut. C'est important » a-t-il laissé entendre.
Concernant le cas d'Ismaëlo Ganiou, qui a actuellement choisi l'équipe de France espoirs, le coach des Étalons a déclaré avoir des arguments afin d'essayer de convaincre ismaëlo Ganiou dans le futur.
« Je vais essayer de mettre tout en œuvre pour le faire revenir ici au pays. Ça ne va pas être facile, mais j'ai des arguments pour le faire revenir. Il n'est pas fermé, pour l'instant. », a confié Amir Abdou.
Les journalistes présents à la conférence de presse.Le coach des Étalons a également dévoilé son équipe technique qui comprend 7 collaborateurs, dont deux assistants. Bouzaine Benaraïbi est le premier adjoint tandis que Jonathan Zongo occupe le poste de deuxième adjoint. Julien Redon rejoint l'équipe en tant que préparateur physique, tandis qu'Abdelilah El Bahlaoui occupe les fonctions de kinésithérapeute et nutritionniste, Faustin Bastide occupe le poste d'ostéopathe, Ibrahim Diop est l'analyste vidéo et Elhadji Abdoulaye Seck prend fonction en tant qu'analyste du jeu. Au staff de Amir Abdou vient s'ajouter l'ancien gardien des Étalons Daouda Diakité qui va occuper l'intérim en tant qu'entraîneur des gardiens.
L'entraîneur de l'équipe des Étalons a confié connaître la majorité des membres de son staff pour avoir eu à déjà travaillé avec certains.
« Pour moi, il était important de jouer ici. On avait plusieurs choix de jouer à l'extérieur. Mais le stade, depuis qu'il a été homologué, pour moi, il était important de jouer ici de retrouver le public de retrouver l'atmosphère du public. Et que les gens viennent au stade, que ce soit une fête pour eux » a-t-il expliqué tout en invitant les supporters à la mobilisation derrière l'équipe nationale.
Jean Élysée Nikiéma (stagiaire)
Lefaso.net
Le réalisateur et producteur de la série « Une femme à Kosyam », Serge Armel Sawadogo, a accordé une interview à Lefaso.net. Au cours des échanges, il est revenu, entre autres, sur les thématiques abordées dans cette fiction, ses convictions, ainsi que son regard sur le 7e art burkinabè.
Lefaso.net : Votre série aborde plusieurs thématiques fortes, notamment le leadership féminin, les ressources naturelles comme le pétrole, la corruption, les luttes d'influence et d'intérêts, ainsi que la souveraineté. Pourquoi avoir choisi de traiter ces sujets dans « Une femme à Kosyam » ?
Serge Armel Sawadogo : Plusieurs raisons ont motivé cette idée. Je souhaitais réaliser un film qui, à mon sens, puisse défendre ou soutenir le Burkina Faso. Au regard du contexte dans lequel se trouve le pays, il m'a semblé pertinent et judicieux d'aborder ces thématiques. L'une des idées principales repose sur l'hypothèse selon laquelle le Burkina Faso pourrait disposer de ressources pétrolières. Je me suis alors dit que, dans un tel cas, il serait essentiel de préparer le pays à accueillir et à exploiter cette richesse de manière optimale. On constate souvent que certains pays producteurs de pétrole ne connaissent pas un développement important. D'autres par contre parviennent à en tirer profit.
Pourquoi ne parviendrions-nous pas, nous aussi, à en tirer profit pour nous développer ? À mon avis, cela s'explique souvent par un manque de vision ou à un engagement sans faille des politiques. C'est comparable à une personne qui gagne une importante somme d'argent à la loterie sans savoir comment la gérer. Sans réflexion préalable sur la gestion des ressources naturelles, ni mise en place de garde-fous, nous risquons de ne pas en bénéficier pleinement.
Personnellement, si l'on annonçait aujourd'hui que le Burkina Faso dispose de pétrole, je veux en profiter, et j'espère que mes enfants pourraient également en bénéficier. C'est pourquoi la réalisation de cette série vise à susciter la réflexion et à contribuer à une meilleure préparation. Voilà l'un des principaux objectifs qui m'ont conduit à aborder la question des matières premières dans cette œuvre. Par ailleurs, je suis quelque peu réservé quant à l'expression « leadership féminin ». Selon moi, il n'existe pas de leadership spécifiquement féminin ou masculin. Il existe plutôt des femmes leaders et des hommes leaders. Certes, une femme peut, dans sa manière de diriger, présenter certaines spécificités liées à sa condition, notamment en raison de réalités biologiques et sociales telles que la maternité. Cependant, le leadership repose avant tout sur des principes universels. Toute personne capable de les intégrer, de les respecter et de travailler sur son caractère peut devenir un bon leader.
Malheureusement, il arrive souvent que nous ne parvenions pas à adapter notre comportement à ces principes, ce qui constitue un obstacle. Être un bon leader implique, notamment, de savoir se maîtriser face aux difficultés, de ne pas réagir sous le coup de l'émotion, mais de prendre du recul pour analyser et réfléchir. Même face à un adversaire, il est essentiel d'éviter d'agir par jalousie ou animosité. Enfin, toute volonté de construire durablement passe nécessairement par la lutte contre la corruption et contre les nombreux maux qui entravent le développement.
Dans cette série, vous imaginez une femme à la tête du Burkina Faso. Est-ce, d'une certaine manière, l'expression d'un rêve ou d'une conviction personnelle ?
J'ai une mère qui a travaillé toute sa vie et qui est aujourd'hui à la retraite. Mon père, lui, est parti à la retraite dans l'ancien système burkinabè alors que j'avais 11 ou 12 ans. Si ma mère n'avait pas travaillé, j'aurais très probablement dû abandonner l'école pour apprendre un métier et m'en sortir. Mais grâce à Dieu, elle travaillait dans le système des Nations-Unies, ce qui a permis à mes frères, à mes sœurs et à moi de poursuivre nos études. C'est dire que je mesure pleinement l'importance d'une femme qui travaille. En tant qu'artiste, ou simplement en tant que citoyen qui souhaite contribuer à l'évolution de la société, il est important de repousser les limites, de poser des réflexions nouvelles, parfois là où d'autres n'osent pas aller. C'est dans cette logique que j'ai trouvé pertinent de mettre en scène une femme présidente. Car lorsqu'une femme accepte de relever certains défis, elle peut aller encore plus loin.
Comme l'a souligné Prosper Kompaoré (homme de théâtre), lors de la conférence de presse annonçant la diffusion de la série, tout le monde n'est pas forcément apte, de par son caractère, à supporter certaines pressions. Or, le leadership implique justement de faire face à la pression, à la tension, voire à des formes d'oppression. Lorsqu'on ne s'en sent pas capable, il vaut mieux ne pas s'y engager, même si des outils peuvent aider. Cela reste un défi majeur. Réaliser une série sur une femme à Kosyam, c'est donc inviter les femmes à repousser leurs propres limites, à se dire que c'est possible, qu'elles peuvent aller plus loin. D'ailleurs, dans la série, on voit bien qu'elle doit concilier plusieurs responsabilités : ses enfants, son rôle d'épouse et ses fonctions. Le soutien du mari, des enfants et de l'entourage devient alors essentiel. Sans cet accompagnement, ce n'est pas impossible, mais cela devient extrêmement difficile.
Serge Armel Sawadogo évolue dans le monde du 7e art depuis plus de 20 ansQuels retours avez-vous reçus du public depuis la diffusion de la série ?
J'avoue avoir reçu plusieurs types de retours. Certains félicitent, se disent enchantés, tandis que d'autres ont été surpris par la fin du premier épisode, notamment par ce retournement de situation auquel ils ne s'attendaient pas. J'ai également eu un retour assez surprenant lors du Fespaco 2025. Un monsieur m'a interpellé à propos d'une scène du deuxième épisode, dans laquelle des personnages sont en voiture sans porter leurs ceintures de sécurité.
Selon lui, pour une production de ce niveau, ce genre de détail ne devrait pas être négligé. Je reconnais que je ne m'attendais pas du tout à ce type de remarque. Cela dit, je pense que plus la série sera diffusée et regardée, plus je recevrai des retours, parfois surprenants, car chacun perçoit une œuvre selon sa sensibilité. J'ai aussi vu des réactions sur Internet. Certaines personnes affirment qu'une femme présidente relève du rêve, voire de l'impossible dans notre contexte. Ils disent en plaisantant que ce n'est pas possible dans la société moaga.
Ce sont donc des réactions diverses, parfois critiques, parfois sceptiques. Mais, à mon sens, ces retours ne sont pas forcément négatifs. Au contraire, ils montrent que la série suscite le débat. Il est cependant important que les journalistes et les professionnels des médias s'approprient ces discussions, afin de les structurer, les recadrer et les porter à un niveau plus formel. L'objectif est que cette série puisse réellement contribuer à la réflexion, notamment sur les questions liées aux ressources, mais aussi sur la place des femmes et leur accès au leadership.
Sur les réseaux sociaux, certains internautes se disent choqués par l'idée d'une femme présidente du Faso, allant même jusqu'à évoquer un complot.
Vous attendiez-vous à de telles réactions ?
Premièrement, le fait que la série ait été préachetée par TV5Monde peut susciter certaines interprétations. Certains pourraient percevoir cette collaboration avec un média international comme une forme d'éloignement, en allant jusqu'à nous qualifier “d'apatrides''. Cette lecture est possible. Toutefois, pour nous, il s'agit avant tout de donner une portée internationale à notre travail et de valoriser nos réalités. Deuxièmement, j'éprouvais une certaine appréhension quant à une éventuelle confusion entre la fiction et la situation politique actuelle. Certains pourraient en effet penser que nous avons calqué l'histoire sur celle du président Ibrahim Traoré. Or, l'ensemble du contenu de la série a été écrit avant mai 2022.
Cependant, à la lumière du visionnage, il est possible de relever certaines similitudes avec le contexte actuel. Par exemple, dans le premier épisode, des acteurs extérieurs conditionnent leur soutien à la composition du gouvernement. Cette situation fait écho à des propos rapportés par Bassolma Bazié, qui évoquait des pressions similaires exercées lors de la mise en place du gouvernement. On observe également des coïncidences troublantes : dans la série, la présidente porte le nom de Traoré, à l'instar de l'actuel chef de l'État. Par ailleurs, un personnage nommé Bourgi agit dans l'ombre, ce qui peut rappeler certaines figures réelles, telles que Robert Bourgi (avocat et lobbyiste franco-libanais).
En outre, j'ai introduit un personnage de journaliste d'investigation nommé Auguste Henry, à la tête d'un journal intitulé Henry Sebgo. Il s'agit d'un hommage à Norbert Zongo. En définitive, même si certains éléments semblent faire écho à l'actualité, ils ne résultent nullement d'un calque volontaire. Les idées ont été conçues bien avant les événements récents. J'ai écrit le premier épisode en 2018, puis les suivants en collaboration avec Carine Bado, sous ma coordination, afin d'en assurer la cohérence globale en 2020. Avec du recul, certains parleront de simples coïncidences. Pour ma part, en tant que croyant, je considère que ces inspirations trouvent une origine plus profonde. Je suis convaincu que Dieu m'a guidé dans ce processus d'écriture et que des idées élaborées entre 2018 et 2020 trouvent aujourd'hui une résonance particulière.
Le fait que certaines scènes aient été tournées au palais présidentiel de Kosyam apporte beaucoup de réalisme à la série. Comment avez-vous réussi à obtenir cette autorisation exceptionnelle ?
Comme je le dis souvent, je n'ai pas de bras longs (de relations). Mon seul bras long, c'est Jésus-Christ. Je ne dis pas cela pour évangéliser, mais c'est une réalité personnelle. Quand je ne sais pas comment faire, je prie. C'est dans cet esprit que je me suis interrogé sur la manière d'obtenir une autorisation de tournage à Kosyam. En 2021, après des prières et des démarches, nous avons pu obtenir une première autorisation. Dieu a permis que nous rencontrions une personne capable de nous introduire et de faciliter le processus. Cependant, malgré cette autorisation, nous n'avons pas pu tourner cette année-là.
Lorsque nous avons voulu relancer le projet en 2023, il a fallu reprendre toute la procédure. On dit souvent que l'administration est une continuité, mais le contexte sécuritaire pouvait amener les autorités à refuser, même avec un document déjà obtenu. Avec l'appui du ministère en charge de la Culture, nous avons donc refait la demande. Et, par la grâce de Dieu, nous avons finalement obtenu l'autorisation de tourner en 2023. Je dirais donc que tout cela a été possible grâce à Dieu. Mais je tiens aussi à exprimer ma reconnaissance aux autorités burkinabè pour leur confiance envers les cinéastes. Autoriser un tournage dans un lieu aussi symbolique que Kosyam est un acte fort.
Cela montre que, depuis la création du Fespaco en 1969 jusqu'à aujourd'hui, l'État burkinabè a toujours soutenu le cinéma. Je profite donc de cette tribune pour dire merci : merci à la Présidence du Faso, merci aux autorités, et merci à toutes les personnes qui ont contribué à rendre ce projet possible.
Une scène du tournage.À travers le personnage de la présidente Suzanne Traoré, cherchez-vous à mettre en lumière les obstacles auxquels les femmes peuvent être confrontées au sommet du pouvoir ?
Je pense que le but premier de la série, c'est de montrer l'envers du décor. Souvent, on n'imagine pas l'ampleur des défis auxquels nos autorités sont confrontées pour diriger un pays. Il ne s'agit donc pas uniquement de montrer ce qu'une femme peut subir au pouvoir, mais plutôt de mettre en lumière les réalités auxquelles tout chef d'État est confronté, quel que soit son sexe. D'ailleurs, dans le premier épisode, il y a une scène révélatrice : une assistante de la présidente affirme que « si c'était un homme, certaines situations ne se produiraient pas ».
Mais la présidente lui répond en évoquant les sept chefs d'État qui menacent de boycotter son investiture : « Sont-ils des femmes ou des hommes ? » Cela montre bien que la pression n'est pas une question de genre. En réalité, cette pression est liée à la nature même du pouvoir. Il y a tellement d'intérêts en jeu que certains cherchent toujours à avoir en face d'eux des dirigeants qu'ils peuvent influencer ou contrôler. Lorsqu'un leader refuse cette logique, tout est mis en œuvre pour l'affaiblir, voire l'écarter. Ce mécanisme ne se limite pas à la politique. On le retrouve aussi dans les entreprises : lorsqu'une autorité estime qu'une personne échappe à son contrôle, elle peut chercher à l'écarter, sauf si cela est impossible. On privilégie souvent des profils compétents, mais aussi “gérables”. À l'échelle internationale, cette logique est encore plus marquée, surtout lorsqu'il s'agit de pays riches en ressources naturelles. Un dirigeant difficile à influencer devient alors problématique pour certains intérêts extérieurs.
On a vu, par exemple, des situations où un dirigeant est d'abord accusé de faits graves comme le narcotrafic, puis, une fois écarté ou affaibli, le discours change et se recentre sur d'autres enjeux comme les ressources pétrolières (parlant du cas du Vénézuéla). Cela montre à quel point les priorités peuvent évoluer en fonction des intérêts. Si l'on prend le cas de la République démocratique du Congo, même sans entrer dans tous les détails, on constate que l'instabilité peut parfois profiter à certains acteurs. Dans un contexte de chaos, les États sont davantage occupés à gérer les crises qu'à structurer durablement la gestion de leurs richesses. Cela peut créer des brèches favorables à l'exploitation des ressources. Au final, la question n'est donc pas liée au fait d'être une femme ou un homme. Elle est profondément liée à la nature du pouvoir, aux rapports de force et aux intérêts qui gravitent autour.
Une deuxième scène du tournage.Comment avez-vous travaillé pour que l'intrigue reste politiquement crédible tout en conservant l'aspect divertissant propre à une série télévisée ?
Il est essentiel de se former et de s'inspirer de ce qui a déjà été fait avec succès. Dans ce sens, j'ai regardé plusieurs séries politiques pour comprendre les mécanismes d'écriture et d'efficacité narrative. J'ai notamment suivi des séries comme Borgen, Commander in Chief, Designated Survivor, Prison Break, 24 heures chrono et Madam Secretary. Ces productions m'ont permis de comprendre comment construire des intrigues efficaces, maintenir le suspense et traiter des thématiques politiques de manière accessible et captivante. En les analysant, j'ai pu voir comment ces séries abordent les enjeux du pouvoir et structurent leurs récits pour capter l'attention du public. Par ailleurs, en faisant des recherches, je suis tombé sur les travaux de Dr Lydia Rouamba.
Sa thèse, consacrée aux femmes en politique au Burkina Faso entre 1957 et 2009, (la participation des femmes à la vie politique au Burkina de 1957 -2009) m'a été d'une grande utilité. Elle avait rencontré de nombreuses femmes engagées en politique, recueillant leurs témoignages, leurs expériences et leurs analyses. Cela nous a permis d'avoir accès à une matière riche, sans forcément devoir repartir sur le terrain pour rencontrer toutes ces actrices. Nous avons pu puiser dans ces contenus des éléments pertinents, que nous avons ensuite intégrés dans l'écriture. En plus de cela, nous restons des observateurs de notre société. Nous voyons, nous entendons et nous analysons ce qui se passe autour de nous. Tout cela nourrit forcément la création.
C'est avec cet ensemble d'influences que j'ai écrit le premier épisode. Ensuite, il m'a fallu collaborer avec quelqu'un pour la suite du projet. J'ai choisi Carine Bado, une consœur. Avant de commencer l'écriture à deux, j'ai pris le temps de la former afin qu'elle soit au même niveau de compréhension que moi. J'avais bénéficié de formations complémentaires, ainsi que de ressources, notamment des documents envoyés par un ami scénariste français. Ce m'a permis d'approfondir mes connaissances. Il était donc important de partager tout cela avec elle, afin que nous ayons une base commune. Une fois ce travail fait, nous avons pu écrire ensemble les épisodes 2 à 7, avec une vision cohérente et structurée.
Quelles ont été les principales difficultés rencontrées avant, pendant et après le tournage ?
Nous disposions, au départ, d'un financement qui nous a permis de faire appel à Carine Bado afin d'entamer l'écriture des épisodes. Toutefois, ces ressources restaient insuffisantes pour passer à la phase de tournage. Il a donc fallu engager de nombreuses démarches pour mobiliser des financements complémentaires. Nous avons notamment sollicité l'Organisation internationale de la Francophonie, sans succès. Si notre projet avait été retenu, nous aurions pu bénéficier d'un financement de plus de 100 millions de francs CFA. Malheureusement, cette opportunité ne s'est pas concrétisée, et la principale difficulté a été la recherche de fonds.
C'est dans ce contexte que, alors que je participais au tournage de ma consœur Carine Bado, en lui apportant mon appui, j'ai découvert un appel à projets lancé par TV5Monde. Ce dernier annonçait la mise en place d'un nouveau fonds TV5MondePlus, assorti d'un mécanisme de préachat pour les projets sélectionnés. Parallèlement à mes engagements sur le tournage, j'ai donc constitué et soumis un dossier de candidature. Le projet a finalement été retenu, et l'obtention de ce fonds a constitué un tournant décisif. À partir de ce moment, j'ai eu l'assurance que le tournage pouvait être lancé. Par la suite, le financement a été consolidé grâce à l'appui du Fonds de développement culturel et touristique, du ministère en charge de la Culture, ainsi que d'autres contributions. L'ensemble de ces soutiens a permis de réunir les conditions nécessaires à la réalisation de la série.
Un autre enjeu concernait l'accès au cadre de tournage, notamment la présidence. Sans cet accès, nous aurions été contraints de revoir certains éléments fondamentaux du projet, y compris le titre, en optant par exemple pour « Une femme à la présidence », avec un décor alternatif moins ancré dans la réalité institutionnelle, faute de disposer d'un cadre crédible. Fort heureusement, nous avons pu bénéficier de l'accès à la présidence. Bien que celle-ci n'ait pas apporté de soutien financier direct, elle a joué un rôle déterminant à plusieurs niveaux. D'une part, elle a conféré au projet une crédibilité institutionnelle indéniable. D'autre part, elle nous a permis de réduire considérablement les coûts liés à la location de décors, qui auraient été à la fois élevés et difficiles à substituer avec un niveau de réalisme équivalent. Ainsi, de manière très concrète, l'appui logistique de la présidence a constitué un levier essentiel dans la finalisation du projet.
Serge Armel Sawadogo est également scénariste.Quel regard portez-vous aujourd'hui sur l'évolution du cinéma et des séries au Burkina Faso, surtout dans un pays qui accueille le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou ?
Je ne sais pas comment répondre à cette question avec sincérité sans paraître prétentieux. Néanmoins, je pense que nous avons, collectivement, abaissé notre niveau d'exigence dans la production cinématographique. Je me souviens qu'à l'époque où je réalisais cette série, il y avait une situation qui m'irritait particulièrement : à chaque édition du Fespaco, on constatait que des cinéastes, pourtant soutenus financièrement par l'État, revenaient sans distinction.
Cette situation m'interpellait profondément. Je me demandais : qu'est-ce qui nous empêche réellement de faire mieux ? Il ne s'agit pas de prétention, mais c'est un métier qui s'apprend et qui exige une formation continue. Cet apprentissage passe par la lecture, l'observation et l'analyse des œuvres existantes. Plus on y consacre du temps, plus on acquiert des connaissances solides. C'est une démarche que j'ai moi-même adoptée. Il m'arrive, par exemple, de m'isoler pour visionner et étudier les films de Idrissa Ouédraogo, que je considère comme de véritables masterclass.
À travers ses réalisations, j'analyse ses choix de mise en scène, sa narration et sa direction d'acteurs. De la même manière, il n'est pas indispensable de rencontrer physiquement des figures comme Gaston Kaboré pour apprendre : leurs œuvres constituent déjà une source précieuse d'enseignement. Avec le temps et l'investissement dans ce travail, on finit par intégrer une forme de sagesse héritée des anciens. Pourtant, j'ai le sentiment que, globalement, le niveau d'exigence a baissé. Dans le domaine des séries, par exemple, les productions locales se limitent souvent à des schémas techniques basiques : un plan large, suivi d'un champ-contrechamp, sans véritable travail de mise en scène. La direction d'acteurs est parfois négligée, réduite à des indications sommaires. Ce type d'approche ne permet pas d'atteindre un niveau de qualité élevé.
Cependant, cette situation s'explique en grande partie par le manque de moyens. Une mise en scène plus élaborée exige davantage de temps, et donc des coûts de production plus élevés. Face à des ressources limitées, certains créateurs privilégient la rapidité d'exécution afin d'éviter l'endettement, au détriment de l'exigence artistique. Ainsi, la baisse du niveau d'exigence est en partie liée à ces contraintes économiques, tant dans le cinéma que dans les séries. Par ailleurs, un autre facteur réside dans l'arrivée d'une nouvelle génération de jeunes acteurs du secteur, dont certains n'ont pas bénéficié d'une formation suffisante. Il ne s'agit pas uniquement de formation académique, notamment dans des établissements comme l'Institut supérieur de l'image et du son / Studio-école (ISIS/SE), mais aussi d'apprentissage auprès de professionnels expérimentés.
Travailler aux côtés d'un encadreur aguerri, suivre ses orientations et s'imprégner de son expérience constituent déjà une véritable formation. Or, certains jeunes ont intégré le métier sans passer par ce processus. Ils produisent parfois des contenus proches du théâtre filmé, qui rencontrent un certain succès populaire, mais qui restent limités en termes de portée et de qualité cinématographique. Plusieurs facteurs expliquent donc cette baisse globale du niveau. Toutefois, il convient de souligner que certains professionnels continuent de faire preuve de rigueur et d'ambition. Nous rendons grâce à Dieu, Dani Kouyaté a décroché l'Étalon d'or de Yennenga à la 29e édition du Fespaco. Cela constitue une véritable satisfaction pour le monde du cinéma national.
Serge Armel Sawadogo espère pouvoir réaliser une saison 2 de la série.Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent embrasser une carrière dans le cinéma ?
Je pense qu'il est essentiel de se former : lire, apprendre et surtout accepter d'apprendre en permanence. L'apprentissage est un processus continu. À partir du moment où l'on cesse d'apprendre, les choses deviennent inévitablement plus complexes. On observe également que certains jeunes, à la sortie des écoles de formation, ont tendance à surestimer leur niveau. Parce qu'ils ont reçu quelques retours positifs, ils ont le sentiment d'être déjà ‘‘arrivés'' (à la hauteur), alors qu'ils ne sont, en réalité, qu'au début de leur parcours. Ils sont en chemin, et non au terme de celui-ci. Pour illustrer cela, prenons l'exemple du film que nous venons de réaliser. Nous avons reçu des retours encourageants, certes, mais cela ne nous empêche pas de nous interroger constamment sur les moyens d'aller encore plus loin, de nous améliorer davantage.
Notre ambition est claire : produire des œuvres capables de s'imposer partout dans le monde, de Ouagadougou à New-York, de New-York à Paris, de Paris à Moscou, et jusqu'à Tokyo. Nous ne voulons pas nous limiter à un rayonnement local ; nous aspirons à une portée véritablement internationale. Une telle ambition exige un niveau d'exigence particulièrement élevé. Il arrive d'ailleurs que certains membres de l'équipe perçoivent cette exigence comme excessive, voire comme une forme de dureté. Pourtant, la recherche de qualité implique nécessairement de la rigueur, et sur ce point, aucun compromis n'est possible. Ainsi, tout jeune qui souhaite embrasser ce métier doit avant tout être exigeant envers lui-même. Cette exigence doit toutefois s'accompagner d'humilité. Lorsque ces deux qualités se conjuguent, et avec la grâce de Dieu, les résultats finissent par suivre.
La série est diffusée gratuitement sur la plateforme TV5Monde.Avez-vous un message à l'endroit des décideurs publics et des mécènes afin qu'ils investissent davantage dans le 7ᵉ art ?
Je dirais que l'un des éléments les plus déterminants demeure la diffusion. En effet, sans un dispositif de diffusion efficace, même les meilleures productions peinent à atteindre leur public et à être rentables. Prenons l'exemple d'un long métrage projeté uniquement au Ciné Burkina ou au Ciné Neerwaya : si sa distribution reste limitée à ces seules salles, sans possibilité d'extension à l'ensemble du territoire, sa rentabilité devient difficile à assurer.
En revanche, si l'on disposait d'un réseau de diffusion couvrant tout le pays, les perspectives économiques seraient nettement plus favorables. Par ailleurs, lorsqu'on évoque les salles de cinéma, il ne s'agit pas uniquement des recettes issues de la billetterie. Il existe également des sources de revenus annexes qui peuvent contribuer à la viabilité financière des œuvres.
Dès lors, un investissement accru dans les infrastructures de projection et les systèmes de diffusion apparaît comme une nécessité. Cela pourrait considérablement dynamiser le secteur. Il est tout aussi essentiel que des partenaires s'engagent aux côtés des chaînes de télévision, afin de leur permettre d'acquérir et de produire davantage de séries. Il s'agit de réfléchir collectivement à des modèles économiques adaptés, capables de renforcer la présence des productions locales sur nos écrans. À travers une telle dynamique concertée, il devient possible d'envisager des mécanismes durables pour structurer et développer l'industrie audiovisuelle et cinématographique.
Interview réalisée par Samirah Elvire Bationo
Lefaso.net
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À Ouagadougou, le ministère en charge de la transition digitale a tenu, ce lundi 23 mars 2026, la première session ordinaire de son Conseil d'administration du secteur ministériel (CASEM). Cette rencontre stratégique s'inscrit comme une étape déterminante dans l'évaluation des actions menées en 2025 et la définition des priorités pour l'année en cours.
Placée sous le thème : « Convergence numérique et souveraineté audiovisuelle : optimiser les infrastructures de la Société burkinabè de télédiffusion (SBT) pour un accès universel à l'information et aux services numériques à forte valeur ajoutée », cette session traduit la volonté des autorités de renforcer la transformation digitale tout en consolidant l'indépendance informationnelle du pays. Cadre de redevabilité et de concertation, le CASEM permet d'examiner les performances passées et d'orienter les actions futures. À cette occasion, la ministre en charge de la transition digitale, Aminata Zerbo, a appelé à une nouvelle dynamique.
Malgré des acquis jugés « réels », elle a insisté sur la nécessité d'une accélération en 2026, marquée notamment par une rupture avec les lenteurs administratives, les insuffisances de coordination et certaines pratiques freinant l'efficacité de l'action publique. L'ambition affichée repose sur plusieurs axes : la consolidation des acquis, l'accélération des 12 chantiers structurants de la transformation digitale, le renforcement de la souveraineté numérique, la modernisation du secteur postal et l'amélioration de la gouvernance interne. Cette dynamique s'inscrit dans une vision plus large, portée par la feuille de route de l'espace confédéral de l'Alliance des États du Sahel et le nouveau plan national de développement 2026-2030, dénommé « R.E.L.A.N.C.E ». Dans ce cadre, le ministère entend jouer un rôle central dans la mise en œuvre des actions prioritaires, en lien avec les objectifs de souveraineté nationale et de développement endogène.
Une vue des participantsSur le plan des infrastructures, plusieurs chantiers majeurs sont annoncés. Il s'agit notamment de renforcer le partage d'infrastructures numériques au sein de l'espace confédéral, de réduire les zones blanches, d'accélérer la refonte du réseau RESINA et le déploiement de la fibre optique. Le gouvernement prévoit également la migration et le rapatriement des données vers les nouveaux datacenters nationaux, ainsi que la finalisation de l'entrée de Starlink sur le marché burkinabè. En matière de transformation numérique, les autorités ambitionnent de mettre en place une plateforme de suivi des produits essentiels dans l'espace confédéral et de créer un centre régional de réponse aux incidents informatiques. L'accent sera également mis sur l'intensification de la dématérialisation des services publics, la mise en œuvre de l'identifiant unique et le renforcement de la sécurité des systèmes d'information.
Le secteur postal n'est pas en reste. L'adoption prochaine de la loi postale devrait ouvrir une nouvelle ère, avec la modernisation de la Poste Burkina Faso, le développement des services financiers numériques et la mise en place des « maisons du citoyen ». Un protocole d'amélioration des échanges postaux est également attendu dans le cadre de la coopération confédérale.
Des résultats 2025 globalement satisfaisants
Le bilan de l'année 2025 fait état de 132 activités programmées pour un coût global de plus de 28,7 milliards de francs CFA. Le taux d'exécution physique a atteint 85,48 %, traduisant une bonne mobilisation des équipes malgré un contexte national contraignant.
La ministre en charge de la Transition digitale, Aminata ZerboParmi les principales réalisations figurent : la couverture de plus de 400 nouvelles localités zones blanches et le lancement de 750 autres, la connexion de 100 nouveaux bâtiments administratifs, la construction de deux datacenters modulaires, la dématérialisation de 272 procédures, dont 146 déjà accessibles en ligne, la généralisation des plateformes CIM et CIMEXT, l'organisation réussie de la 20e édition de la Semaine du numérique et l'adoption de textes structurants en cybersécurité. À cela s'ajoutent des initiatives majeures comme le lancement du programme Elite IT pour la formation de 100 ingénieurs en cybersécurité et intelligence artificielle, ainsi que des campagnes de sensibilisation à l'intelligence artificielle.
Au terme des travaux, cette session du CASEM devrait déboucher sur des recommandations opérationnelles visant à renforcer la gouvernance du secteur, améliorer les performances et accélérer la transformation digitale. À travers cette rencontre, le ministère réaffirme son ambition de faire du numérique un levier central de souveraineté, de développement économique et d'amélioration des services publics au Burkina Faso.
Rama Diallo
Lefaso.net
Au terme de l'année 2025, l'économie mondiale semble entrer dans une phase de transition plus apaisée. Après plusieurs années marquées par des chocs successifs : pandémie, tensions géopolitiques, inflation élevée ; les derniers indicateurs du quatrième trimestre 2025 dessinent un paysage économique plus stable, bien que toujours traversé d'incertitudes. C'est ce qui ressort du rapport sur la politique monétaire dans l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA) publié en mars 2026. De Washington à Ouagadougou en passant par Bruxelles et Pékin, la croissance résiste, l'inflation recule progressivement, et les politiques économiques s'ajustent avec prudence.
Au quatrième trimestre 2025, l'activité économique mondiale a poursuivi sa progression, mais à un rythme modéré. Aux États-Unis, la croissance du PIB s'est établie à 1,8% en glissement annuel, en léger repli après 2,3% au trimestre précédent. Cette décélération traduit les effets différés du resserrement monétaire passé, malgré un début d'assouplissement de la politique de la Réserve fédérale.
Dans la zone euro, la dynamique reste également contenue, avec une croissance de 1,3%, contre 1,4% précédemment. L'économie européenne continue de composer avec des fragilités structurelles et des incertitudes budgétaires, notamment dans les grandes économies comme l'Allemagne et la France.
Du côté des économies émergentes, le tableau est plus contrasté mais globalement dynamique. La Chine maintient une croissance solide à 4,5%, bien qu'en léger ralentissement. L'Afrique du Sud affiche une progression de 1,9%, confirmant une reprise encore fragile.
En Afrique de l'Ouest en revanche, la dynamique est plus vigoureuse. Le Nigeria enregistre une nette accélération à 5,1%, tandis que le Ghana consolide sa performance à 5,5%. Ces résultats témoignent d'une résilience remarquable dans un environnement international pourtant incertain.
Une inflation en recul, mais sous surveillance
L'un des faits marquants de la période reste la poursuite de la désinflation à l'échelle mondiale. Aux États-Unis, l'inflation s'établit à 2,7% en décembre 2025, en légère baisse. Dans la zone euro, elle recule davantage pour atteindre 1,9%, repassant sous la barre symbolique des 2%.
Dans les économies émergentes, la situation est plus nuancée. La Chine sort d'une phase de déflation pour enregistrer une inflation modeste de 0,8%, tandis que l'Afrique du Sud voit ses prix progresser à 3,6%.
En Afrique de l'Ouest, la tendance est clairement à la baisse. Le Nigeria enregistre une chute spectaculaire de l'inflation à 15,2% (contre 21,0%), tandis que le Ghana passe de 9,4% à 5,4%. Cette amélioration contribue à soutenir le pouvoir d'achat et la stabilité macroéconomique.
Cependant, les risques persistent. Les tensions géopolitiques et les effets du changement climatique continuent de peser sur les chaînes d'approvisionnement et les prix des matières premières, laissant planer une incertitude sur la trajectoire future de l'inflation.
Des conditions financières plus favorables
Sur les marchés financiers, le quatrième trimestre 2025 a été marqué par une détente des taux d'intérêt à court terme, notamment aux États-Unis où le taux interbancaire a reculé à 3,90%, sous l'effet des mesures d'assouplissement de la Réserve fédérale (FED). En zone euro, la stabilité prévaut, reflétant une posture attentiste de la Banque centrale européenne.
Les marchés obligataires présentent des évolutions contrastées. Les rendements à long terme augmentent en Europe, sous l'effet de préoccupations budgétaires, tandis qu'ils reculent aux États-Unis et en Afrique du Sud, traduisant les anticipations de politiques monétaires plus accommodantes. Sur le marché des changes, l'euro reste globalement stable, signe d'un certain équilibre dans les flux financiers internationaux.
Le marché des matières premières confirme une tendance à la détente des prix énergétiques. Les prix du pétrole ont reculé, tirés par des anticipations d'excédent d'offre mondiale. À l'inverse, les produits hors énergie, notamment les métaux précieux, enregistrent une hausse.
Pour les pays de l'UEMOA, cette évolution se traduit par une légère baisse de l'indice des prix des matières premières exportées, notamment en raison du recul des cours du cacao et de l'huile de palmiste, deux produits stratégiques pour la région.
Evolution de l'encours de la dette publique de l'UEMOA réalisé par la BCEAOL'UEMOA, un pôle de croissance robuste
Dans ce contexte international, l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) se distingue par la solidité de ses fondamentaux. Au quatrième trimestre 2025, la croissance du PIB réel s'est maintenue à un niveau élevé de 6,5%, confirmant le dynamisme de l'ensemble des secteurs économiques. Sur l'ensemble de l'année, la croissance atteint 6,7%, en progression par rapport à 2024. Cette performance s'appuie sur la vitalité des activités agricoles, commerciales et industrielles.
Fait notable, l'inflation dans l'Union est restée négative (-0,8% au quatrième trimestre), traduisant une baisse des prix, notamment des produits alimentaires et des services de restauration. En moyenne annuelle, elle ressort à 0,0%, après 3,5% en 2024.
La gestion des finances publiques dans l'UEMOA montre des signes d'assainissement. Le déficit budgétaire est ramené à 3,7% du PIB en 2025, contre 5,4% un an plus tôt. Parallèlement, la dette publique recule à 63% du PIB.
Les comptes extérieurs s'améliorent également, avec un excédent significatif de la balance des paiements, soutenu par la hausse des exportations et une amélioration des termes de l'échange. Sur le plan monétaire, la masse monétaire progresse fortement (+17,4%), portée par l'augmentation des actifs extérieurs nets et des crédits à l'économie.
La Bourse régionale, elle, affiche une performance remarquable. L'indice BRVM Composite progresse de 8,1% au quatrième trimestre, tandis que la capitalisation boursière bondit de plus de 20% sur l'ensemble de l'année 2025. Cette dynamique reflète une confiance accrue des investisseurs et un approfondissement du marché financier régional.
Évolution des indices sectoriels de la BRVM au troisième trimestre 2025 (Source : BRVM)Quelles perspectives pour 2026 et 2027 ?
Les perspectives pour l'UEMOA restent globalement favorables. La croissance est attendue à 6,4% en 2026 et 6,3% en 2027, soutenue par les secteurs extractifs, manufacturiers et les services. L'inflation devrait revenir progressivement dans la fourchette cible (1% à 3%), tandis que le déficit budgétaire continuerait de se réduire. Le financement du secteur privé devrait également s'accélérer, avec une hausse attendue des crédits à l'économie.
Toutefois, ces perspectives demeurent exposées à plusieurs risques : instabilité sécuritaire dans certaines zones, volatilité des prix des matières premières, tensions géopolitiques et impacts du changement climatique.
En somme, l'économie mondiale amorce une phase de stabilisation, tandis que l'UEMOA confirme son statut de zone de forte croissance. La combinaison d'une inflation maîtrisée, d'une discipline budgétaire accrue et d'un dynamisme économique soutenu constitue un signal positif.
Mais cette trajectoire reste fragile. Dans un monde toujours incertain, la capacité des économies à renforcer leur résilience face aux chocs climatiques, géopolitiques et financiers, sera déterminante pour transformer cette embellie conjoncturelle en progrès durable.
Hamed Nanéma
Lefaso.net
Source : Rapport sur la politique monétaire dans l'UMOA mars 2026