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Afrique

Les troupes américaines quittent l'Irak après 20 ans : quel est leur héritage et que nous réserve l'avenir ?

BBC Afrique - mer, 30/09/2026 - 09:24
Les États-Unis prévoient de retirer leurs dernières troupes d'Irak d'ici le 30 septembre, mettant ainsi fin à une présence militaire qui avait débuté avec l'invasion menée par les États-Unis en 2003, qui avait renversé Saddam Hussein.
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Le combat vert de Marcel Mulamba : transformer les déchets pour préserver les forêts du Kasaï-Central

Radio Okapi / RD Congo - mer, 30/09/2026 - 08:44


À Kananga, dans le Kasaï-Central, Marcel Mulamba a choisi de donner une seconde vie aux déchets. Dans son atelier, les restes de maïs, les pelures de manioc et les sciures de bois ne finissent plus systématiquement à la poubelle.


Le jeune entrepreneur les transforme en briquettes de charbon écologique destinées à la cuisson.

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Masisi, l’épicentre des combats AFC/M23 - FARDC à cause de ses richesses

Radio Okapi / RD Congo - mer, 30/09/2026 - 08:04

 



Depuis plusieurs mois, le territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu, reste marqué par des affrontements entre les forces armées congolaises, leurs alliés Wazalendo et les rebelles de la coalition AFC/M23, selon plusieurs sources civiles et militaires. Les combats se poursuivent notamment autour de Ngungu, Rubaya, Nyabiondo et sur l’axe menant vers Pinga, malgré les appels au cessez-le-feu.

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Econews : « Devant le Conseil de sécurité, Kinshasa accuse ! »

Radio Okapi / RD Congo - mer, 30/09/2026 - 07:33


Conseil de sécurité : Kinshasa durcit le ton face à Kigali, la lutte anticorruption s’invite au Parlement

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Blé, subventions, foncier : ce que prépare la nouvelle loi agricole algérienne

Algérie 360 - mer, 30/09/2026 - 07:31

Le ministre de l’Agriculture, Sid Ali Khaldi, a promis lundi un « tournant » avec la révision de la loi d’orientation agricole. Il hérite d’un […]

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Une chienne ramène un pied humain de la brousse

24 Heures au Bénin - mer, 30/09/2026 - 07:30

Une découverte insolite a été faite dans l'après-midi du mardi 29 septembre 2026 à Kèri, dans la commune de N'Dali, département du Borgou.

Une chienne qui a des chiots est revenue d'une zone de brousse avec un pied humain dans sa gueule à Kèri, commune de N'Dali le mardi 29 septembre 2026.

Selon Sutii Suaf FM, les premières constatations orientent vers le pied droit d'un enfant.

Les autorités locales se sont rendues sur les lieux. Le maire de N'Dali, Daouda Saka Méré, accompagné d'éléments de la Police républicaine et d'agents de santé, a procédé aux premières constatations.

Cette découverte intervient alors qu'une fillette est portée disparue depuis environ une semaine dans la localité. Un éventuel lien entre cette disparition et les restes retrouvés n'est toutefois pas établi à ce stade.

Les circonstances dans lesquelles cette partie du corps s'est retrouvée dans la brousse, de même que l'identité de la victime, restent à déterminer.

Une enquête a été ouverte.

M. M.

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Burkina Faso: «Ce n'est pas en bâillonnant son propre peuple qu'on le libère»

RFI /Afrique - mer, 30/09/2026 - 06:22
Le 30 septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré lançait un putsch à Ouagadougou, pour en finir avec l'insurrection des groupes jihadistes qui occupaient près de la moitié du territoire du Burkina Faso. Quel est le bilan de son action à la tête du pays ? Inoussa Ouédraogo, qui vit aujourd'hui en exil, a été le directeur de publication de l'hebdomadaire Bendré et présidé la Société des éditeurs de la presse privée du Burkina Faso.
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Extincteur obligatoire : les amendes suspendues en Algérie

Algérie 360 - mer, 30/09/2026 - 06:20

Les automobilistes algériens peuvent souffler. Les procès-verbaux dressés contre les conducteurs dépourvus d’extincteur à bord ne seront plus établis dans l’immédiat. D’après ce qu’a rapporté le […]

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CAN 2027 : l’Algérie peut-elle reprendre l’organisation du tournoi ?

Algérie 360 - mer, 30/09/2026 - 06:16

Selon le quotidien Le Monde, la CAF a contacté l’Algérie, le Maroc et l’Afrique du Sud en vue d’une éventuelle reprise de la CAN 2027. […]

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RDC: Raphaël Katebe Katoto et Moïse Katumbi, deux frères opposés jusque dans le projet de changement de Constitution

RFI /Afrique - mer, 30/09/2026 - 05:03
Alors que l'un et l'autre s'affrontent déjà devant les tribunaux, le premier vient publiquement d'apporter son soutien à la volonté du pouvoir de modifier la Constitution pour ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi, quand le second s'y oppose fermement. 
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Titre de séjour refusé à tort : une Algérienne obtient 33 500 € d’indemnisation de l’État

Algérie 360 - mer, 30/09/2026 - 03:07

Le tribunal administratif de Melun a condamné l’État, le 24 septembre 2026, à verser plus de 33 500 € à une Algérienne. La préfecture de […]

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Les Guépards s'imposent aux Mourabitounes 2-1

24 Heures au Bénin - mer, 30/09/2026 - 01:18

Les Guépards du Bénin ont enregistré leur première victoire pour les éliminatoires de la CAN 2027. Ils se sont imposés 2-1 face aux Mourabitounes de la Mauritanie, ce mardi 29 septembre 2026, au stade Alassane Ouattara d'Ebimpé, à Abidjan, lors de la deuxième journée des éliminatoires.

Victoire du Bénin 2-1 face à la Mauritanie ce mardi 29 septembre 2026, au terme d'une rencontre comptant pour la deuxième journée des éliminatoires de la CAN 2027. Les poulains de Gernot Rohr ont pris l'avantage à la 30ᵉ minute grâce à Rodolfo Aloko. L'international béninois a permis à son équipe de rejoindre les vestiaires avec une avance d'un but.
En seconde période, Aloko s'est de nouveau illustré en inscrivant son deuxième but de la rencontre à la 47ᵉ minute. Cette réalisation est intervenue à la suite d'un bon travail de Yamirou Ouorou sur le côté gauche.

La Mauritanie a réduit l'écart sur penalty, transformé par Abou Bakary Kéïta. Quelques instants auparavant, le gardien béninois Marcel Dandjinou s'était illustré en repoussant un premier penalty accordé aux Mourabitounes.
Grâce à ce succès, le Bénin compte désormais quatre points après deux journées et occupe la première place du groupe F. Le Burkina Faso totalise également quatre points. La Mauritanie et la Centrafrique complètent le classement aux troisième et quatrième places.

F. A. A.

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DIGITAL 00H : la combinaison gagnante

24 Heures au Bénin - mer, 30/09/2026 - 01:10

DIGITAL 00H : Avez-vous tenté votre chance ?

Le tirage DIGITAL 00H N°222 a livré son verdict !

Mercredi 30 Septembre 2026

Avez-vous joué ?

Avez-vous misé sur vos numéros porte-bonheur ?

RÉSULTAT : 52 • 51 • 35 • 13 • 50

Félicitations aux heureux gagnants !

Pas encore cette fois ? Gardez le sourire.

Rendez-vous à 08H pour le prochain tirage.

Jouez dans les points de vente ou : Tapez *590# ou rendez-vous sur lnbloto.bj

Jouez avec modération et responsabilité. Le jeu doit rester un plaisir.

A TOI DE JOUER #XòGbɔnAlɔkpaVo

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Santé : Le Burkina Faso lance une enquête nationale sur le paludisme et les hépatites B et C

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 30/09/2026 - 00:37

L'Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) a, en collaboration avec le ministère de la Santé, lancé officiellement l'Enquête sur les indicateurs du paludisme et des hépatites B et C au Burkina Faso (EIPH-BF), le mardi 29 septembre 2026 à Ouagadougou. L'enquête, qui démarre dès le 30 septembre 2026, vise à fournir des données actualisées, fiables et représentatives, au niveau national et régional, sur ces maladies, afin d'évaluer les progrès des actions de lutte et d'orienter les politiques et programmes de santé. Le lancement officiel a été présidé par le ministre de la santé, Dr Lucien Robert Kargougou, avec à ses côtés, le ministre délégué chargé du budget, Fatoumata Bako, et le directeur général de l'INSD, Toubou Ripama.

Le paludisme reste, en effet, l'une des premières causes de consultation, d'hospitalisation et de décès au Burkina Faso, tandis que les hépatites virales B et C constituent une préoccupation croissante de santé publique. L'EIPH-BF vise donc à fournir des données actualisées, fiables et représentatives, au niveau national et régional, sur ces maladies, afin d'évaluer les progrès des actions de lutte et d'orienter les politiques et programmes de santé.

L'objectif général est de fournir, au niveau national et régional, des données actualisées, fiables et représentatives sur le paludisme et les hépatites virales B et C, afin d'apprécier leur niveau d'endémicité, d'évaluer les progrès des interventions de lutte et de soutenir la planification, le suivi et l'évaluation des politiques et programmes nationaux.

De façon spécifique, et pour le paludisme, il s'agit d'estimer la prévalence chez les enfants de six mois à neuf ans ; évaluer l'accès des ménages aux Moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action (MILDA) et leur utilisation par les enfants de moins de dix ans et les femmes enceintes. C'est aussi d'évaluer l'utilisation du Traitement préventif intermittent (TPI) chez les femmes enceintes ; analyser les traitements de la fièvre, les délais et les modalités de prise en charge des enfants de moins de cinq ans ; mesurer les connaissances, croyances et comportements en matière de prévention et de traitement, ainsi que l'exposition aux messages de sensibilisation.

Pour ce qui est des hépatites virales B et C, il s'agit d'estimer la prévalence actuelle chez les femmes et les hommes de 15 à 64 ans ; évaluer la proportion de personnes déjà dépistées pour l'hépatite B et C ; mesurer les connaissances sur les modes de transmission, la prévention et l'existence du vaccin contre l'hépatite B ; évaluer la proportion de personnes déjà vaccinées contre l'hépatite B.

La collecte des données se déroule du 30 septembre au 29 novembre 2026 et la présentation des résultats est projetée pour mai 2027.

L'enquête va s'appuyer sur 7 800 ménages répartis sur l'ensemble du territoire national, où seront interrogés plus de 18 000 femmes et hommes de 15 à 64 ans, et testés plus de 15 000 enfants de six mois à neuf ans pour le paludisme.

Pour la circonstance, quarante équipes, soit 206 agents formés (chefs d'équipe, enquêteurs, enquêtrices et agents biomarqueurs), seront déployées dans les ménages tirés au sort.

La participation à l'enquête est, rappelle l'INSD, volontaire et chaque prélèvement n'est réalisé qu'après consentement éclairé. « Chaque personne est libre d'accepter ou de refuser les entretiens et les tests, indépendamment l'un de l'autre. Aucun prélèvement n'est effectué sans consentement. Pour les enfants de 6 mois à 9 ans, il est donné par un parent ou un adulte responsable ; pour les mineurs de 15 à 17 ans non mariés, le consentement des parents est suivi de l'assentiment du mineur », expliquent les responsables de l'enquête.

De même, toutes les informations recueillies sont strictement confidentielles. L'enquête a reçu le certificat du Comité d'éthique pour la recherche en santé et le visa statistique du Conseil national de la statistique. « Les informations recueillies sont strictement confidentielles et servent uniquement à des fins statistiques. Les fichiers de données sont anonymisés et le matériel stérile à usage unique et les mesures de biosécurité sont respectées par les agents biomarqueurs », expliquent-ils.

En termes de méthodologie, l'EIPH-BF repose sur un sondage aléatoire à deux degrés. Dans un premier temps, 300 zones de dénombrement sont tirées : 284 parmi les zones du recensement général de la population et de l'habitation de 2019 et seize sites de personnes déplacées internes. Dans un second temps, 26 ménages sont sélectionnés dans chaque zone, soit 7 800 ménages. Les résultats seront représentatifs au niveau national, des milieux urbain et rural, et de chacune des 17 régions.

Concrètement, comment cela se passe ?

Les agents sont identifiables par leur gilet et badge officiels. Les questionnaires ménages et individuels sont administrés sur tablettes. Les données sont transmises régulièrement au serveur central de l'INSD, ce qui permet un contrôle de qualité rapproché pendant toute la collecte.

Pour le test de paludisme chez l'enfant, un prélèvement de quelques gouttes de sang au bout du doigt (ou au talon pour les tout-petits), avec du matériel stérile à usage unique. Le test de diagnostic rapide donne son résultat en environ 15 minutes ; il est communiqué au parent dans le respect de la confidentialité. Selon les directives nationales, un traitement antipaludique est proposé aux enfants atteints d'un paludisme simple ; en cas de signes de gravité, l'enfant est référé sans délai vers une structure de santé. Des lames sont également préparées et analysées au laboratoire du Centre national de recherche et de formation sur le paludisme (CNRFP).

Le ministre de la santé, Dr Lucien Robert Kargougou, pendant son discours de lancement officiel de l'enquête.

Pour ce qui est du dépistage des hépatites B et C chez l'adulte, il se traduit par le prélèvement de quelques gouttes de sang sur papier filtre, dans la moitié des ménages, pour une analyse en laboratoire. Les analyses de laboratoire sont anonymes : aucun nom ni identifiant géographique n'est associé aux échantillons et les résultats individuels de ces analyses ne sont pas restitués. Aussi, des tests rapides gratuits pour les hépatites B et C sont proposés à domicile aux personnes éligibles, avec consentement, et une carte d'information indique les structures offrant conseil, dépistage et prise en charge gratuits.

Contexte et enjeu ?

Le paludisme demeure l'une des principales causes de consultations, d'hospitalisations et de décès au Burkina Faso. La transmission est présente sur l'ensemble du territoire, avec un pic saisonnier de juin à octobre. L'Organisation mondiale de la santé rapporte environ 8,1 millions de cas et 16 100 décès estimés en 2023. Selon l'EDSBF-V (2021), la prévalence du paludisme chez les enfants de 6 à 59 mois était de 14% à l'examen microscopique. L'enquête sur les indicateurs du paludisme 2017-2018 l'estimait à 17%. En milieu hospitalier, l'incidence du paludisme confirmé est passée de 527,0 cas pour 1 000 habitants en 2020 à 446,4 en 2024 (annuaire statistique 2024 du ministère de la Santé).

Pour ce qui est des hépatites B et C, une réanalyse de l'EDS 2010-2011 estimait la séroprévalence à environ 9,1% pour l'hépatite B et 3,6% pour l'hépatite C. La campagne nationale de dépistage de masse (octobre 2020 – octobre 2022, dix villes, 15 650 personnes) a relevé 8,8 % de séroprévalence de l'AgHBs et 2,6% d'anti-VHC, avec des écarts selon l'âge, le sexe et la zone de résidence.

Mme la ministre déléguée chargée du Budget, Fatoumata Bako.

Les données disponibles proviennent de sources différentes, parfois anciennes, et n'offrent pas de mesure récente intégrée du paludisme et des hépatites B et C pour l'ensemble du pays. Or, le Burkina Faso a intensifié sa lutte contre le paludisme (moustiquaires de nouvelle génération, vaccin R21/Matrix-M en routine, chimioprévention du paludisme saisonnier, pulvérisation intra-domiciliaire). Une mesure indépendante, auprès de la population, est nécessaire pour confirmer l'ampleur et l'équité des progrès et pour orienter la lutte contre les hépatites. D'où le besoin d'actualiser les indicateurs du paludisme et des hépatites. Pour la première fois donc, l'enquête associe dans une même opération, le paludisme et le dépistage des hépatites B et C.

Une véritable opportunité de dépistage et d'accès aux soins

« Aujourd'hui, le Burkina Faso franchit une étape importante dans la consolidation de ses politiques de santé publique. (…). Une politique de santé, aussi ambitieuse soit-elle, ne peut être efficace que si elle repose sur des données fiables, actualisées et représentatives », apprécie le ministre de la santé, Dr Lucien Robert Kargougou, précisant que le lancement marque l'ouverture d'un exercice essentiel de connaissance et d'anticipation, au service de décisions toujours mieux éclairées.

« Toute personne dont le test se révélerait positif, que ce soit au paludisme, à l'une et/ou l'autre des hépatites virales recherchées, sera systématiquement orientée vers la formation sanitaire la plus proche de son domicile, pour une prise en charge appropriée, conformément aux protocoles thérapeutiques nationaux en vigueur. Cette enquête n'est donc pas qu'un exercice statistique : elle constitue, pour les populations qui y participeront, une véritable opportunité de dépistage et, en cas de positivité, d'accès aux soins », a rassuré le ministre de la santé, présidant le lancement de l'EIPH-BF et appelant l'ensemble des populations à accueillir favorablement les équipes chargées de l'enquête, à y participer en toute confiance.

Le DG de l'INSD, Toubou Ripama, revient ici sur l'enjeu de l'EIPH-BF et son déroulement pratique sur le terrain.

Pour le directeur général de l'INSD, Toubou Ripama, l'enquête sur les indicateurs de pandémie sur l'hépatite s'inscrit dans la longue tradition des enquêtes réalisées au Burkina ; elle constitue la huitième opération, mais avec une évolution majeure. En effet, précise-t-il, pour la première fois, le Burkina Faso associe dans une même enquête, le paludisme et le dépistage des hépatites B et C.

« L'adhésion de nos concitoyens est la condition première de la qualité des résultats. J'en appelle également aux hommes et femmes des médias. Leur rôle sera déterminant pour porter ce message jusque dans les localités les plus reculées. Aux agents de terrain, je dis : la réussite de cette opération repose en grande partie sur vos efforts. Je voudrais vous exhorter au professionnalisme, à la rigueur, à la courtoisie et au strict respect des consignes, notamment en matière de sécurité et de confidentialité. Soyez des dignes ambassadeurs de l'INSD », a lancé le directeur général, Toubou Ripama, réitérant l'invite aux populations à réserver le meilleur accueil aux équipes de terrain.

O.L. et Anita Zongo
Lefaso.net

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Les 100 Visages du Burkina Digital : Haoua Koné-Tago, ouvrir les portes du numérique aux femmes et à l'éducation

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 30/09/2026 - 00:35

À 17 jours de l'ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui construisent le Burkina numérique. Aujourd'hui, nous mettons à l'honneur Dr Haoua Koné-Tago, spécialiste des technologies de l'information et de la communication pour l'éducation (TICE), chercheuse en sciences de l'éducation et fondatrice d'un réseau dédié à l'accès des femmes au numérique. De la salle de classe aux programmes de recherche africains, elle a consacré plus de trente-cinq ans à une même ambition : faire de la technologie un moyen d'apprendre, de transmettre et de réduire les inégalités.

Madame KONE ¨TAGO Haoua, professeur d'anglais a commencé à utiliser les outils numériques en décembre 1995 lors de son initiation en informatique au Lycée Technique de Ouagadougou (ex LTO), devenu aujourd'hui Lycée Technique National Aboubacar Sangoulé LAMIZANA. Cette initiation était destinée aux professeurs de l'enseignement technique et professionnel du LTO, du CETO et du Centre austro.

En juin 1997, madame KONE professeur d'anglais a bénéficié pour la 1ère fois d'une initiation à l'INTERNET au Benin, grâce au projet allemand UNEVOC/ UNESCO. Cela lui a permis d'obtenir le premier financement pour l'achat au CENATRIN d'un équipement d'ordinateur Complet flambant neuf pour une connexion INTERNET afin d'initier une équipe d'enseignants qui a constitué la cellule UNEVOC/ UNESCO du Collège d'Enseignement Technique (EX CETO), actuel Lycée professionnel Technique de Ouagadougou, situé côté nord du CENASA.

En 2003, Internet est encore loin d'être un outil quotidien pour de nombreux enseignants burkinabè. Pourtant, Haoua Koné-Tago s'intéresse déjà à la formation à distance et crée un réseau pour faciliter l'accès des femmes aux nouvelles technologies. Elle a compris une chose essentielle : l'arrivée des ordinateurs dans les écoles ne changera rien si les enseignants ne sont pas formés et si une partie de la population reste à l'écart. Son parcours raconte cette double bataille, éducative et sociale.

De la salle de classe aux premières innovations pédagogiques

Sa carrière débute au commencement des années 1990. Après un stage à Houndé, elle enseigne l'anglais à Saponé, puis le français et l'anglais au Collège d'enseignement technique de Ouagadougou, de 1992 à 2000. L'expérience de terrain lui fait connaître les réalités des établissements, les besoins des élèves et les contraintes auxquelles les enseignants sont confrontés.

Devenue inspectrice, elle rejoint en 2000 l'Institut pédagogique du Burkina, où elle travaille sur les classes multigrades et les cours à double flux. Dès 2001, elle participe aux réflexions sur les écoles satellites, l'éducation de base non formelle et l'intégration des TIC dans l'enseignement. Son intérêt pour le numérique naît donc d'une question pédagogique : comment donner à davantage d'enfants et d'adultes de meilleures conditions d'apprentissage ?

Apprendre à enseigner autrement, même à distance

Au début des années 2000, elle se forme à des méthodes encore peu répandues. En 2002, elle obtient à l'Université du Mans un diplôme de communicateur multimédia dans le cadre du Réseau africain de formation à distance (RESAFAD). L'année suivante, elle étudie l'ingénierie de la formation à distance auprès du CNED, à Poitiers, et suit une formation sur le diagnostic du secteur éducatif.

De mai 2004 à février 2007, elle devient correspondante du RESAFAD auprès du ministère burkinabè de l'Enseignement de base et de l'Alphabétisation. Elle forme les personnels à l'informatique avant de prendre, en février 2007, la tête du service ministériel des TIC, fonction qu'elle exerce jusqu'en juin 2008. À ses yeux, équiper une administration ou une école n'est qu'une première étape : il faut surtout accompagner celles et ceux qui utiliseront les outils.

Elle approfondit cette expertise avec un master en utilisation des TIC pour l'enseignement et la communication, obtenu en 2006 à l'Université Louis Pasteur de Strasbourg, puis un master en gestion des systèmes éducatifs à l'Université Senghor d'Alexandrie, entre 2009 et 2011. Elle poursuit enfin un doctorat à distance en sciences de l'éducation à Atlantic International University, de 2013 à 2015.

2003 : un réseau pour que les femmes ne restent pas à l'écart

La même année où elle se perfectionne en formation à distance, Haoua Koné-Tago fonde le Réseau national pour l'accès des femmes aux nouvelles technologies de l'information et de la communication (RENAF-NTIC). Elle en assure la présidence depuis sa création. Cette initiative donne une dimension collective à son engagement : il ne s'agit plus seulement de former les professionnels de l'éducation, mais aussi de défendre la place des femmes dans un univers technologique en pleine expansion.

Car l'accès au numérique ne se résume pas à la possession d'un ordinateur ou d'un téléphone. Il suppose des compétences, du temps pour apprendre, des occasions de pratiquer et la confiance nécessaire pour s'exprimer. À travers le RENAF-NTIC, elle inscrit très tôt cette question dans les débats sur la transformation numérique burkinabè.

Observer les usages, interroger les inégalités

Haoua Koné-Tago ne se contente pas de promouvoir les outils : elle cherche à comprendre leurs effets. En 2008, elle participe à Dakar à une formation de l'Agence universitaire de la Francophonie sur les usages des campus numériques et les logiciels d'analyse qualitative. En 2010, elle découvre les tableaux numériques interactifs dans le cadre du projet Sankoré pour l'éducation en Afrique.

Son travail de recherche croise aussi le genre et les transformations sociales. Lauréate de l'Institut genre du CODESRIA en 2009, elle mène une étude sur les rapports de genre dans les universités de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou. Elle participe également à une recherche sur la contribution possible des TIC à l'abandon de l'excision, auprès de jeunes de Bobo-Dioulasso. Une même interrogation relie ces travaux : comment l'accès à l'information peut-il contribuer à faire évoluer les possibilités offertes aux femmes et aux jeunes ?

Une expertise éducative à l'échelle de l'Afrique

Son expérience prend une dimension régionale en 2013, lorsqu'elle devient chargée de programmes du Groupe de travail sur l'éducation non formelle de l'Association pour le développement de l'éducation en Afrique (ADEA). De janvier 2015 à janvier 2017, elle dirige les programmes du Réseau ouest et centre africain de recherche en éducation (ROCARE), basé à Bamako.

Elle y accompagne les programmes de recherche, le suivi des subventions accordées aux jeunes chercheurs et aux chercheurs confirmés dans les dix-sept pays membres, ainsi que l'organisation de rencontres scientifiques. Elle contribue aussi à la publication en ligne de journaux bilingues français-anglais et conçoit un forum consacré au genre et à la recherche en éducation. Le numérique devient ici un moyen de relier des communautés scientifiques au-delà des frontières.

Former, même lorsque l'école traverse des crises

De retour au Burkina Faso en 2017, elle travaille à la formation des personnels de la Direction générale de l'encadrement pédagogique et de la formation initiale et continue. Ses interventions portent sur les TICE, l'École de qualité amie des enfants et l'éducation en situation d'urgence. Formatrice « Safe School », elle aborde également le soutien psychosocial des élèves et des enseignants confrontés à des situations difficiles.

Cette expérience rappelle que l'innovation éducative ne consiste pas à suivre chaque nouveauté technologique. Elle doit répondre aux besoins réels des apprenants, y compris lorsque les conditions d'enseignement sont fragilisées. En 2022, elle participe à une étude menée dans six pays de la Fondation Karanta sur les classes passerelles destinées aux enfants et aux jeunes non scolarisés. Elle se forme à Kobo, outil numérique de collecte de données, pour accompagner ce travail de terrain.

REGELFA : le leadership féminin à portée de téléphone

En janvier 2020, elle crée le Réseau genre et leadership féminin en Afrique (REGELFA), qui anime notamment un groupe WhatsApp consacré aux échanges sur la place et le leadership des femmes. Selon son CV, la communauté compte plus d'une centaine de membres. L'outil a changé depuis les premiers réseaux des années 2000, mais l'objectif reste le même : rapprocher les personnes, faire circuler les expériences et ouvrir des espaces de parole.

Après une carrière dans l'administration éducative commencée en octobre 1990, Haoua Koné-Tago prend sa retraite en décembre 2025. Son engagement ne se réduit pourtant pas à ses fonctions officielles. Elle a notamment contribué, de novembre 2024 à avril 2025, à l'élaboration du plan stratégique 2025-2029 du Fonds national pour l'éducation et la recherche (FONER). Son parcours laisse voir une professionnelle qui relie constamment formation, recherche, politiques éducatives et engagement associatif.

Pourquoi fait-elle partie des 100 Visages du Burkina Digital ?

Parce qu'elle s'est engagée dans la formation à distance et les technologies éducatives bien avant leur généralisation au Burkina Faso.

Parce qu'elle a accompagné les enseignants et les cadres de l'éducation dans l'appropriation des outils numériques, sans perdre de vue la qualité des apprentissages.

Parce qu'en fondant le RENAF-NTIC dès 2003, puis le REGELFA en 2020, elle a placé l'accès des femmes aux technologies et au débat public au cœur de son action.

Parce que ses recherches et ses responsabilités au sein de l'ADEA et du ROCARE ont contribué à faire dialoguer les expériences éducatives de plusieurs pays africains.

Et parce que son itinéraire rappelle une vérité simple : la transformation numérique ne commence pas par la machine, mais par les personnes auxquelles elle donne de nouvelles possibilités. Avec Haoua Koné-Tago, le Burkina digital a le visage d'une enseignante qui a choisi d'ouvrir les portes du savoir — et de veiller à ce que les femmes puissent les franchir.

www.lefasodigital.net

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Le Faso Digital 2026 : Comment visiter la foire et découvrir les stands virtuels ?

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 30/09/2026 - 00:32

Du 17 au 24 octobre 2026, Le Faso Digital revient pour sa deuxième édition. Initiée par Lefaso.net, cette Foire entièrement virtuelle permet aux internautes, sans quitter leur domicile ou leur lieu de travai, de découvrir des entreprises, des institutions, des startups et leurs solutions numériques.
Comment s'inscrire ? Comment visiter les stands ? Comment échanger avec les exposants ? Voici le guide pour profiter pleinement de cette expérience.

Une foire que l'on peut visiter depuis Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, une autre localité du Burkina Faso ou l'étranger, sans avoir à effectuer le moindre déplacement : c'est le principe de Le Faso Digital.

À partir d'un téléphone, d'une tablette ou d'un ordinateur connecté à Internet, chaque visiteur pourra découvrir les activités des exposants, consulter leurs présentations, explorer les innovations proposées, participer aux conférences, panels, masterclass.

Placée sous le thème « Inclusion, souveraineté, innovation : Vers un Burkina digital pour tous », l'édition 2026 veut faciliter les rencontres entre les acteurs de la transformation numérique et les populations.

1. Première étape : créer son compte sur Le Faso Digital

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L'inscription est la première étape pour profiter de l'expérience de visite. La plateforme propose un accès dédié aux visiteurs et des espaces de présentation pour les exposants.

Découvrir en vidéo la création d'un compte :

2. Deuxième étape : entrer dans la Foire et choisir les stands à visiter

La particularité de Le Faso Digital est de reproduire en ligne l'expérience d'une foire professionnelle. Au lieu de parcourir physiquement des allées, le visiteur navigue entre des espaces numériques consacrés aux entreprises, aux institutions et aux organisations participantes.

Chaque exposant dispose d'un espace lui permettant de présenter ses activités, ses produits, ses services et ses innovations.

Le visiteur peut ainsi s'intéresser aux secteurs qui correspondent à ses besoins : télécommunications, intelligence artificielle, finance digitale, cybersécurité, formation, commerce électronique, agriculture, santé et bien d'autres domaines.

Pour profiter de sa visite, il est conseillé de prendre le temps de découvrir plusieurs exposants, de consulter leurs présentations et de relever les coordonnées des structures avec lesquelles on souhaite poursuivre les échanges.

3. Comment fonctionne un stand premium ?

Le stand premium est un espace de présentation destiné à mettre en valeur un exposant, son identité et ses offres. Il permet au visiteur de découvrir l'entreprise ou l'institution, de prendre connaissance de ses activités et d'explorer les contenus qu'elle met à disposition.

Concrètement, le parcours de visite peut s'organiser autour de trois actions : entrer dans le stand, consulter les supports de présentation disponibles et utiliser les moyens de contact proposés par l'exposant.

Les vidéos, brochures, fiches de produits ou autres documents éventuellement présents dans le stand permettent d'obtenir des informations plus détaillées que celles figurant sur une simple affiche publicitaire.

Pour une entreprise, c'est l'occasion de présenter ses solutions à un public qui n'aurait pas nécessairement pu se rendre dans ses locaux. Pour le visiteur, c'est un moyen de découvrir plusieurs offres et de les comparer à son rythme.

Découvrir en vidéo le fonctionnement du stand premium :

4. Comment fonctionne un stand interactif ?

Un stand interactif fonctionne exactement comme un stand premium, à la différence qu'il a moins de fonctionnalités.

Découvrir en vidéo le fonctionnement du stand interactif :

5. Quelques conseils pour profiter pleinement de votre visite

La Foire étant entièrement en ligne, il est possible de la découvrir depuis différents lieux et à différents moments pendant sa période d'ouverture.

Avant de commencer, assurez-vous de disposer d'une connexion Internet suffisamment stable. Préparez également les questions que vous souhaitez poser aux exposants, particulièrement si vous recherchez un produit, une solution professionnelle ou un partenaire.

Ne vous limitez pas aux entreprises que vous connaissez déjà. La visite des stands est aussi une occasion de découvrir des startups, des talents et des solutions développées au Burkina Faso.
Enfin, prenez le temps de consulter le programme des conférences et des masterclasses. Le Faso Digital ne se résume pas à ses espaces d'exposition : c'est aussi un rendez-vous consacré au partage d'expériences et aux opportunités professionnelles.

Rendez-vous du 17 au 24 octobre 2026

Pendant huit jours, Le Faso Digital entend rapprocher les entreprises, les institutions, les innovateurs et les citoyens autour des solutions qui participent à la transformation numérique du Burkina Faso.

Que vous soyez entrepreneur, étudiant, professionnel, chercheur ou simplement curieux de découvrir les innovations numériques, cette deuxième édition vous ouvre ses portes.

LE FASO DIGITAL 2026
17 au 24 octobre 2026 — 100 % en ligne
“Inclusion, souveraineté, innovation : Vers un Burkina digital pour tous”
Une initiative de Lefaso.net

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Catégories: Afrique

Raffinerie d'or au Burkina : La société civile dort tranquille mais reste éveillée

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 30/09/2026 - 00:30

Avec l'inauguration, le 28 septembre 2026, de la raffinerie d'or du Burkina, l'acteur de la société civile Jonas Hien pense pouvoir dormir tranquille maintenant. L'acteur du secteur minier (ONG ORCADE) appelle toutefois à une mobilisation pour assurer la veille citoyenne, afin d'éviter toute surprise désagréable. Tribune !

Le Burkina Faso vient de franchir une étape importante dans son histoire minière. Le 28 septembre 2026, le Président du Faso, le Camarade Ibrahim Traoré, a inauguré, à Ouagadougou, la première raffinerie nationale d'or, dénommée RAFFINOR-BF. Pour un pays dont l'or occupe une place importante dans l'économie, cette infrastructure représente bien davantage qu'une nouvelle unité industrielle. Elle traduit une volonté de transformer progressivement le modèle économique minier national. Il ne s'agit plus seulement d'extraire l'or du sous-sol, mais aussi de mieux maîtriser les opérations qui permettent de le transformer, de le valoriser et d'en assurer la traçabilité sur le territoire national.

Mais au fond, qu'est-ce qu'une raffinerie d'or ? Il s'agit d'une installation industrielle destinée à traiter l'or issu de la production minière afin d'en éliminer les impuretés et d'obtenir un métal de très haute pureté. La raffinerie ne produit donc pas l'or à partir de rien : elle intervient après l'extraction et les premières étapes de traitement. Elle transforme l'or en un produit raffiné pouvant répondre aux standards internationaux. RAFFINOR-BF doit ainsi produire de l'or d'une pureté annoncée de 99,99 %, correspondant à la norme internationale « Good Delivery ».

Cette précision est importante parce qu'elle permet de comprendre ce que le Burkina Faso gagne avec une telle infrastructure. Pendant longtemps, l'or extrait au Burkina Faso était exporté pour être raffiné à l'extérieur du pays. La construction d'une raffinerie devient un moyen d'arrêter l'exportation brute de l'or, d'augmenter les revenus de l'État et des collectivités territoriales et de lutter contre certaines formes de fraude.

Pendant que l'or burkinabè voyageait donc vers d'autres pays pour y subir les opérations de raffinage, une partie de la chaîne de valeur se trouvait nécessairement à l'extérieur. Le Burkina Faso extrayait la richesse, mais ne maîtrisait pas l'ensemble des étapes de sa transformation. Il faut être précis : cela ne signifie pas que tout l'or exporté était frauduleusement soustrait au pays ou que le raffinage à l'étranger faisait disparaître automatiquement des recettes publiques. Cela signifie que le pays ne disposait pas, sur son propre territoire, d'un outil industriel lui permettant de maîtriser directement cette étape essentielle de la chaîne de valeur. En tous les cas, là où on raffinait notre or, c'était sans aucune présence d'un représentant de l'Etat. On raffinait donc notre or sans nous !

C'est là que se trouve l'un des enjeux majeurs de RAFFINOR-BF. Lorsqu'un pays produit une ressource stratégique mais laisse à l'extérieur une partie importante des opérations de transformation, il laisse également partir une partie des activités économiques, des compétences, des emplois et des informations associées à cette transformation. La création d'une raffinerie nationale permet de ramener ces activités sur le territoire national. Elle donne au Burkina Faso la possibilité de disposer d'un outil industriel pour connaître, traiter et valoriser son or.

L'enjeu est aussi financier. Une raffinerie nationale ne signifie évidemment pas, à elle seule, que toutes les recettes de l'or reviendront automatiquement à l'État. Les recettes publiques dépendent toujours de la fiscalité, des mécanismes de commercialisation, de la traçabilité, de la lutte contre la fraude, des prix, des volumes effectivement produits et commercialisés et de la qualité du contrôle. Disposer d'une capacité nationale de raffinage constitue déjà un instrument supplémentaire pour améliorer la connaissance des flux physiques de l'or et renforcer la capacité du pays à suivre sa commercialisation.

C'est pourquoi la question du raffinage doit être associée à celle de la transparence. Plus le Burkina Faso maîtrise les différentes étapes de la chaîne aurifère, plus il peut disposer d'informations permettant de rapprocher les quantités produites, les quantités commercialisées, les opérations de transformation et les recettes correspondantes. L'enjeu n'est donc pas uniquement industriel. Il est également économique, fiscal, financier et institutionnel.

La dimension stratégique de la raffinerie apparaît encore plus clairement lorsqu'on regarde les chiffres annoncés. RAFFINOR-BF représente un investissement de plus de 11 milliards de francs CFA. Sa première phase prévoit une capacité de traitement de 164 tonnes d'or par an, avec une capacité annoncée de plus de 500 tonnes par an à terme avec beaucoup d'emplois directs et emplois indirects.

On comprend aisément l'effet d'entraînement recherché. Autour d'une raffinerie peuvent se développer des activités liées à la logistique, à la sécurité des lieux, à la maintenance, aux laboratoires, au stockage, au transport sécurisé, à la bijouterie, aux services financiers et à la formation spécialisée. La véritable question sera donc de savoir dans quelle mesure les entreprises et les compétences burkinabè pourront effectivement prendre leur place dans cet écosystème minier.

La raffinerie est également un instrument de souveraineté économique. Un pays peut être riche en ressources naturelles tout en demeurant fortement dépendant des acteurs et infrastructures situés à l'extérieur de ses frontières. La souveraineté ne consiste pas simplement à posséder la ressource dans le sous-sol. Elle consiste surtout à être capable de connaître ce que l'on produit, de le transformer, de le valoriser, d'en contrôler les flux et d'utiliser les revenus qui en découlent au service du développement national. Sous cet angle, l'inauguration du 28 septembre 2026 constitue l'aboutissement d'une orientation à saluer fortement. Le pays profitera mieux de sa manne aurifère.

La société civile burkinabè peut légitimement considérer cette évolution comme l'aboutissement d'un plaidoyer qu'elle a mené pendant des années en faveur d'une meilleure captation de la valeur ajoutée minière. En effet, des organisations de la société civile engagées dans la gouvernance du secteur extractif ont, pendant plusieurs années, appelé à ce que le Burkina Faso ne se contente pas d'extraire ses ressources, mais développe les capacités nationales de transformation et de valorisation. Cette préoccupation est aujourd'hui résolue.

Lorsqu'une revendication portée pendant des années finit par trouver une traduction aussi concrète dans une politique publique et une infrastructure nationale de cette envergure, il faut encore saluer avec appui. Personnellement, je peux dormir tranquille sur ce dossier et sur la gouvernance du secteur minier en général. Ce qui reste c'est de poursuivre la veille citoyenne car chaque acteur doit jouer sa partition en vue de répondre aux aspirations de développement auxquelles les populations sont en train d'attendre. Dans ce pays, on se connaît maintenant ! Il y'a ceux qui font des efforts dans le sens de l'intérêt général et il y a ceux qui sont dans le sabotage parce qu'ils n'arrivent plus à faire des deals d'avant. Les yeux de la société civile resteront donc toujours ouverts afin que ces acquis se renforcent d'année en année. On n'a pas le droit de faire souffrir les populations à la base du fait de notre égoïsme. C'est pourquoi, la société civile suivra aussi les performances de cette raffinerie en vue de montrer davantage pourquoi le Burkina Faso ne pouvait pas continuer à exporter ses minerais.

Cette raffinerie est un grand symbole de souveraineté, un véritable outil de développement. Pour cela, l'ensemble des acteurs de la chaîne minière doit se sentir concerné : administration publique, sociétés minières, exploitants artisanaux, négociants, transformateurs, institutions financières, collectivités territoriales, organisations de la société civile, chercheurs, travailleurs et citoyens.

La raffinerie doit surtout s'inscrire dans une politique plus large de transformation locale. Raffiner l'or est une étape importante certes, mais ce n'est pas l'ensemble de la chaîne de valeur. Le véritable enjeu sera progressivement de développer autour de cette infrastructure des compétences nationales, des services spécialisés, une industrie de la bijouterie, des capacités d'analyse et de certification, ainsi que des mécanismes permettant aux entreprises burkinabè de participer davantage aux différentes activités liées à l'or. La raffinerie doit être gérée avec rigueur, transparence et efficacité. Je n'ai aucun doute là-dessus. Mais il faut le répéter car quand on parle de transparence, on voit souvent le niveau des décideurs. Cela concerne aussi et surtout les acteurs chargés de la gestion quotidienne d'une structure car une telle infrastructure stratégique doit être protégée contre toutes sortes de risques.

En définitive, la date du 28 septembre 2026 ne doit pas seulement être retenue comme la date d'inauguration d'une usine. EIle doit être considérée comme une étape dans la construction d'un nouveau rapport du Burkina Faso avec sa richesse minière. Je salue vraiment la vision qui a permis d'aboutir à cette réalisation et remercie les autorités burkinabè pour cet acte fort.

C'est désormais à tous les acteurs de la chaîne minière et à chaque citoyen de faire de RAFFINOR-BF un outil de développement, de souveraineté économique et de création de valeur.

Le Burkina Faso a repris la maîtrise de sa richesse aurifère. Vraiment, j'en suis plus que content !

Camarade Président du Faso, merci encore !

Jonas Hien

Catégories: Afrique

Santé de la reproduction : « On estime qu'il y a autour de 30 % de contribution de la planification familiale à la réduction de la mortalité maternelle », Pr Sibraogo Kiemtoré, gynécologue-obstétricien

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 30/09/2026 - 00:27

La planification familiale ne se résume pas à la contraception ou à la limitation du nombre d'enfants. Elle constitue également un important levier de protection de la santé de la mère et de l'enfant, notamment en permettant d'éviter les grossesses trop rapprochées, précoces ou survenant dans des contextes à risque. Dans cet entretien, le Pr Sibraogo Kiemtoré, gynécologue-obstétricien au Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo et enseignant à l'université, revient sur les liens entre planification familiale et mortalité maternelle. Il évoque les risques liés aux grossesses rapprochées, les craintes et rumeurs autour des méthodes contraceptives, la nécessité d'un choix éclairé par les femmes, mais aussi le rôle des hommes, des prestataires de santé, des médias et des décideurs. Pour lui, l'enjeu est de permettre aux couples d'avoir leurs enfants « au bon moment », dans des intervalles favorables à la santé de la mère et de l'enfant.

Lefaso.net : En tant que gynécologue-obstétricien, comment expliquez-vous le lien entre l'accès à la planification familiale et la réduction de la mortalité maternelle ?

Pr Sibraogo Kiemtoré : Il existe un lien clair entre la planification familiale et la baisse de la mortalité maternelle. On estime qu'elle contribue à environ 30 % de cette réduction. En espaçant les grossesses, les femmes ont le temps de récupérer et d'aborder une nouvelle grossesse dans de meilleures conditions. Cela protège leur santé et celle de l'enfant.

La planification familiale permet aussi d'éviter les grossesses trop précoces, chez les jeunes filles, ou trop tardives, autour de 40 ou 45 ans, qui comportent davantage de risques. Elle est également utile chez les femmes ayant des problèmes de santé, comme la drépanocytose, une maladie du cœur ou le diabète, pour retarder une grossesse jusqu'à ce que leur état soit mieux stabilisé. Tout cela contribue à réduire les complications, les décès maternels et les séquelles.

Quelles sont les principales complications auxquelles sont exposées les femmes qui ont des grossesses trop rapprochées ?

Quand les grossesses sont trop rapprochées, la femme n'a pas assez de temps pour récupérer. Elle peut arriver au terme de la grossesse très fatiguée, parfois avec une anémie. Dans ce cas, l'accouchement peut être plus difficile et le risque de complications augmente, notamment les infections après l'accouchement. Ces situations peuvent entraîner des séquelles chez la femme et ne sont pas non plus favorables à la santé du nouveau-né.

Certaines femmes abandonnent ou hésitent à utiliser une méthode contraceptive en raison des effets secondaires. Comment doivent-elles réagir face à ces situations ?

Les méthodes contraceptives peuvent avoir des effets secondaires. Ils ne concernent pas toutes les femmes, mais certaines peuvent les ressentir. C'est pourquoi les prestataires doivent donner des informations suffisantes sur les méthodes contraceptives pour permettre un choix éclairé. Le plus souvent, il s'agit de petits désagréments qui diminuent avec le temps, lorsque l'organisme s'habitue à la méthode.

Mais certains signes doivent alerter. Par exemple, une femme qui saigne abondamment après avoir adopté une méthode contraceptive ne doit pas banaliser la situation. Elle doit retourner rapidement dans une formation sanitaire pour être examinée et recevoir une solution adaptée. Dans certains cas, le prestataire peut proposer un changement de méthode. Devant tout effet secondaire gênant, le bon réflexe consiste à consulter et à expliquer simplement le problème.

“La prévalence contraceptive a progressé au fil des années, avec des niveaux autour de 30 à 40 %, tandis que les besoins non satisfaits ont diminué, autour de 16 %”, indique le gynécologue-obstétricien

Beaucoup de personnes associent la planification familiale à la limitation du nombre de naissances. Comment faut-il comprendre réellement la planification familiale ?

Il y a une idée répandue selon laquelle la planification familiale consisterait à limiter le nombre de naissances. Or, sur le plan de la santé, la priorité est vraiment d'aider les femmes à avoir le nombre d'enfants souhaité, en respectant un intervalle qui permet une bonne santé. Mais comme nombreux sont ceux qui assimilent la planification familiale à la limitation des naissances, elle est rejetée par une partie de la population qui est très nataliste. Et derrière tout cela, il y a beaucoup de rumeurs autour de la contraception. Il faut signifier que les méthodes contraceptives sont vraiment bien étudiées. Elles sont moins à risque.

Ce n'est pas pour dire qu'elles n'ont pas d'effets secondaires, mais elles sont moins à risque par rapport à une grossesse qui n'a pas été planifiée au bon moment, qui peut être beaucoup plus nuisible à la santé que la planification familiale. Et il y a toutes sortes de rumeurs à ce sujet. Par exemple, certaines personnes disent que si vous mettez un dispositif intra-utérin, l'enfant va naître avec le dispositif en main. Dit comme ça, cela peut faire peur aux gens. Mais sur le plan sanitaire, cela ne correspond pas à la réalité. On sait que les méthodes contraceptives peuvent connaître de temps en temps des échecs, mais le taux est faible. Il ne faut donc pas s'en inquiéter.

Quelle place les hommes doivent-ils occuper dans la planification familiale ?

Nous, les hommes, nous avons un grand rôle à jouer ! Vous savez qu'en Afrique, notamment au Burkina Faso, la décision concernant la planification familiale implique souvent l'homme. Même si on dit que la décision n'est pas forcément prise par lui, il a quand même son mot à dire. Donc il faut que nous arrivions à convaincre les hommes. D'abord, il faut que les hommes sachent ce qu'est la planification familiale. Et quand c'est bien connu, il faut que les hommes soient beaucoup plus attentifs pour mieux accompagner leurs femmes dans ce projet de planification familiale.

Il y a des jours où, quand nous recevons les femmes et que certaines disent : « Mon mari n'est pas d'accord. » Elles viennent pour être conseillées sur l'espacement des naissances et disent qu'elles doivent aller demander l'avis de leur mari. Et une fois qu'elles reviennent, elles nous disent que leur mari n'est pas d'accord. Tout simplement parce que le mari n'a pas suivi et qu'il n'a pas eu les vraies informations par rapport à la planification familiale. C'est pour cela qu'il faut mieux informer les hommes. Je pense que la plupart des hommes veulent la bonne santé de leur épouse et de leur enfant. Il n'y a donc pas de raison qu'ils s'opposent systématiquement à la planification familiale.

Comment le choix d'une méthode contraceptive doit-il être effectué par la femme ?

Le principe, c'est un choix éclairé par la femme elle-même ! Nous expliquons toutes les méthodes contraceptives, avec leurs défauts, leurs avantages, leurs inconvénients, leur efficacité, tout. Et la femme, par rapport à elle-même, à son projet et à ses désirs, choisit la méthode qui lui convient. Il y a des femmes, par exemple, qui n'aimeraient pas avoir un dispositif intra-utérin. Elles le voient comme un corps étranger dans leur organisme. Psychologiquement, certaines femmes ne supportent pas l'idée d'un corps étranger en leur sein. Certaines ont peur de la pilule parce que ce sont des hormones.

Psychologiquement, elles ne supportent pas non plus cela. Donc on laisse chaque femme choisir selon ses conditions personnelles et sa situation. Maintenant, si la méthode choisie ne convient pas sur le plan sanitaire, on lui dit que c'est vrai que c'est son choix, mais que cette méthode, analysée par rapport à sa situation sanitaire, ne lui convient pas. C'est mieux de penser à une autre méthode et nous lui donnons les explications.

Peut-on dire que l'acceptation de la planification familiale s'est améliorée au Burkina Faso ?

Des progrès existent, mais ils restent insuffisants. Les méthodes contraceptives ne sont pas toujours disponibles et des ruptures de stock peuvent survenir. La situation n'a donc pas beaucoup évolué. Beaucoup d'efforts restent nécessaires, surtout pour répondre aux « besoins non satisfaits », c'est-à-dire les femmes qui souhaitent utiliser une méthode contraceptive mais n'y ont pas accès. Les services de santé doivent être plus efficaces pour leur offrir ce service.

Quel constat faites-vous lorsqu'on met en parallèle l'évolution de la prévalence contraceptive et celle de la mortalité maternelle au Burkina Faso ?

Les chiffres officiels proviennent notamment des enquêtes démographiques et de santé. La prévalence contraceptive a progressé au fil des années, avec des niveaux autour de 30 à 40 %, tandis que les besoins non satisfaits ont diminué, autour de 16 %. Dans le même temps, la mortalité maternelle baisse également. Cette évolution montre un parallèle entre l'amélioration de l'accès à la contraception et la diminution des décès maternels. Cependant, le Burkina Faso reste encore loin de l'objectif fixé pour 2030, qui est de descendre en dessous de 70 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes. Aujourd'hui, le pays se situe encore autour de 198 décès pour 100 000 naissances vivantes. Le chemin reste donc long, avec peu de temps devant nous.

Le Pr Sibraogo Kiemtoré ajoute que la planification familiale concerne également les couples qui n'arrivent pas à avoir d'enfants. Et les services de santé doivent pouvoir les accompagner dans leur projet familial

Que faut-il faire pour accélérer les progrès en matière de planification familiale et contribuer davantage à la réduction de la mortalité maternelle ?

Plusieurs actions sont nécessaires. D'abord, la population doit comprendre que la planification familiale favorise l'espacement des naissances et protège la santé de la mère et de l'enfant. Les médias ont un rôle important pour faire passer ce message. Ensuite, les prestataires de soins doivent mieux expliquer les méthodes disponibles, leurs contraintes, leurs effets possibles et leurs avantages, afin de combattre les rumeurs. Les autorités doivent aussi garantir la disponibilité des méthodes contraceptives pour les femmes. Enfin, la planification familiale concerne également les couples qui n'arrivent pas à avoir d'enfants : les services de santé doivent pouvoir les accompagner dans leur projet familial. Pour cela, l'appui de l'État est nécessaire. Si la communauté, les médias, les soignants et les décideurs agissent ensemble, la planification familiale peut devenir un véritable allié pour le bien-être des familles et de la société.

Interview réalisée par Farida Thiombiano
Lefaso.net

Catégories: Afrique

Burkina Faso : « CultivaTech ne supprime pas l'engrais, elle supprime le hasard », explique Wendkuuni Ben Ahmad Tapsoba

Lefaso.net (Burkina Faso) - mer, 30/09/2026 - 00:24

Agriculteur et ingénieur en informatique, Wendkuuni Ben Ahmad Tapsoba a créé CultivaTech pour aider les producteurs burkinabè à mieux décider au champ, même sans connexion internet. L'application estime les caractéristiques du sol, adapte les doses d'engrais aux parcelles, alerte sur les variations de végétation et propose des outils de suivi agricole hors ligne. Le promoteur revient sur la genèse du projet, ses résultats en phase pilote, ses limites et ses ambitions d'expansion en Afrique de l'Ouest.

Lefaso.net : Quel problème concret d'un producteur burkinabè avez-vous voulu résoudre en priorité ?

Wendkuuni Ben Ahmad Tapsoba : Le problème que j'ai voulu résoudre en priorité, c'est celui de la dose. Un producteur qui met de l'engrais applique presque toujours une recommandation générale (200 kg de NPK et 100 kg d'urée à l'hectare pour le maïs, par exemple), alors que son sol n'est ni celui de son voisin ni celui de la station de recherche où la recommandation a été établie. Il en résulte qu'il met trop là où il ne faut pas, ou pas assez là où il en faudrait. Dans les deux cas il perd de l'argent, et dans le premier il charge son sol inutilement. Ce que CultivaTech supprime, ce n'est pas l'engrais, c'est le hasard.

Pourquoi le fonctionnement sans réseau était-il essentiel ?

Le fonctionnement sans réseau était essentiel, parce qu'une application qui a besoin du réseau est inutile au moment précis où elle servirait.
Le producteur est dans son champ, souvent hors couverture. Il recharge son téléphone quand il peut, et ses données mobiles coûtent cher rapportées à ce qu'il gagne.

Si l'application devait interroger un serveur pour lui dire combien de sacs épandre, il n'aurait pas la réponse. Nous avons donc mis le calcul dans le téléphone, pas sur un serveur : le référentiel agronomique est embarqué avec l'application.
C'est aussi un choix sur le matériel. Nous ne demandons à personne d'acheter un capteur, un drone ou un téléphone particulier. Nous travaillons avec celui qu'il a déjà.

Que reste-t-il d'utilisable sans aucune connexion, et qu'est-ce qui exige une synchronisation ?

Sans connexion, l'application permet d'utiliser le traçage de la parcelle, les fiches techniques des cultures, le plan d'arrosage, le diagnostic phytosanitaire, le calendrier cultural, le suivi de production et les guides techniques. Cela représente tout ce qui se décide au champ.

Une connexion est en revanche nécessaire pour le marché numérique, la météo, l'estimation du sol par satellite, le suivi du couvert végétal et l'annuaire des boutiques. Ces données viennent de l'extérieur et ne peuvent pas être calculées dans le téléphone.
La synchronisation se fait d'elle-même dès que le réseau revient. L'agriculteur n'a aucune manipulation à faire, et ce qu'il a saisi hors ligne n'est jamais perdu.

D'où viennent les données de sol, et comment vérifiez-vous leur fiabilité ?

Ces données viennent d'iSDAsoil, une cartographie numérique des sols africains produite par Innovative Solutions for Decision Agriculture et publiée dans la revue PLOS Biology en 2021.
Le principe est le suivant : un modèle d'apprentissage automatique a été entraîné sur plus de cent mille échantillons de sol analysés en laboratoire à travers le continent. Il utilise comme variables explicatives l'imagerie des satellites Sentinel-2 et Landsat, le relief et le climat. Le modèle prédit ensuite les propriétés du sol partout, à 30 mètres de résolution, sur deux profondeurs, et il fournit son incertitude pixel par pixel.
Je veux être précis sur un point également. Ce n'est pas une analyse de laboratoire, c'est une estimation. Le satellite ne mesure pas le pH, il mesure une réflectance ; le reste est un modèle.

Pour la vérification locale, nous ne nous en remettons pas au modèle continental sans contrôle. Nous avons réuni 540 résultats d'analyses de laboratoire réelles, dont des données rendues publiques par le BUNASOL et d'autres obtenues auprès d'iSDA. Elles nous servent de référence pour confronter l'estimation satellitaire à des mesures faites sur des sols d'ici.

Nous voulons aller plus loin. J'ai pris contact avec le BUNASOL et déposé une correspondance en vue d'un partenariat, avec deux objectifs : poursuivre ces vérifications sur des parcelles burkinabè, et permettre à un producteur de commander une analyse de laboratoire directement depuis l'application, avec des points de prélèvement géolocalisés qui faciliteraient le travail des préleveurs.
L'idée n'est pas de remplacer le laboratoire. C'est que l'estimation dise où prélever, et que le laboratoire tranche.

Comment ces données deviennent-elles une quantité d'engrais ?

La transformation des données en quantité d'engrais se fait en trois temps.
D'abord, l'application délimite la parcelle et en calcule la surface exacte, au doigt sur l'image satellite, par marche GPS autour du champ, ou par saisie des coordonnées d'un titre foncier.
Ensuite, elle récupère l'estimation du sol sur une grille de 30 mètres, ce qui donne plusieurs points de mesure sur une même parcelle plutôt qu'une valeur unique.

Enfin, elle part de la recommandation officielle pour la culture concernée (celle de l'INERA pour le maïs, par exemple) et la corrige selon le pH, l'azote, le carbone et la texture estimés. La correction est plafonnée à plus ou moins 30 % : nous ne nous autorisons pas à nous écarter davantage d'une recommandation validée par la recherche.
Le résultat n'est pas affiché en kilogrammes par hectare mais en sacs et en arrosoirs, pour la surface réelle du champ.
Et l'application ne baisse pas toujours la dose : sur un sol pauvre, elle l'augmente.

Comment distinguez-vous une maladie d'un problème d'eau, de sol ou de climat ?

Nous ne les distinguons pas, et nous ne prétendons pas le faire.
Le suivi satellitaire calcule tous les cinq jours l'indice de végétation NDVI de la parcelle, à partir des bandes rouge et proche infrarouge de Sentinel-2, en écartant les images trop nuageuses. Quand cet indice baisse nettement par rapport aux semaines précédentes, l'application envoie une alerte.
Cette alerte dit une chose et une seule : il se passe quelque chose sur cette parcelle, allez voir. Elle ne nomme pas la cause. Un satellite mesure la vigueur d'un couvert végétal ; il ne fait pas de pathologie.

C'est ensuite le producteur qui regarde sa plante, et le module de diagnostic qui prend le relais.
Je tiens à préciser que l'application sait aussi qu'une baisse de NDVI est normale pendant la maturation, et n'alerte pas dans ce cas.
Comment fonctionne le diagnostic, et quel est son taux de fiabilité ?
Il faut que je corrige une formulation qui circule, y compris dans nos propres documents : ce n'est pas de l'intelligence artificielle, c'est un moteur de règles.

Concrètement, le producteur décrit en français ce qu'il voit : « feuilles jaunes », « trous dans les gousses », « taches brunes ». L'application compare cette description à 149 règles constituées à partir de la littérature agronomique sahélienne, notamment les travaux de l'IPR/IFRA du Mali, applicables au Burkina. Chaque règle associe des mots-clés, une maladie ou un ravageur, ses causes, le traitement et la prévention. Le moteur retient les règles qui correspondent le mieux et en propose jusqu'à trois, classées.

Tout cela se passe dans le téléphone : il n'y a aucune photo à envoyer et aucune connexion nécessaire.
Concernant la fiabilité, sur les quarante-quatre diagnostics réalisés pendant la phase pilote, quarante se sont révélés justes, soit 91 %.

Je précise tout de suite la limite de ce chiffre : quarante-quatre cas, c'est un petit échantillon. Il donne une indication solide, pas une garantie statistique. Nous continuerons à le suivre à mesure que le nombre de diagnostics augmentera, et je préfère annoncer 91 % sur quarante-quatre cas en donnant le dénominateur, plutôt qu'un chiffre rond sans lui.

Que se passe-t-il quand l'application n'est pas certaine ?

Quand l'application n'est pas certaine, elle le dit.
Quand plusieurs règles correspondent, elle en propose jusqu'à trois, classées par pertinence, et laisse le producteur trancher avec ce qu'il a sous les yeux. Quand aucune ne correspond, elle affiche « Aucun diagnostic trouvé pour ces symptômes » au lieu d'inventer une réponse.

C'est un choix. Une application agricole qui affirme avec assurance une bêtise fait plus de dégâts qu'une application qui reconnaît son ignorance : le producteur va acheter un traitement, l'appliquer, et perdre à la fois l'argent et le temps.
Le même principe vaut pour l'estimation du sol. Quand le service est injoignable, l'application le signale et s'en tient aux recommandations générales, sans faire semblant d'avoir affiné.

Quels résultats mesurables avez-vous obtenus ?

Concernant le rendement, les 116 producteurs que nous suivons enregistrent, au 15 septembre, en moyenne plus de 21 % de rendement supplémentaire, à superficie égale, matériel égal et charge de travail égale.
Je précise la façon dont nous comparons, parce qu'elle compte. Le point de départ n'est pas leur rendement moyen des années précédentes, mais le meilleur rendement qu'ils déclarent avoir atteint avant d'utiliser CultivaTech. C'est volontairement le test le plus difficile : nous nous mesurons à leur meilleure année, pas à leur année ordinaire.

Sur les dépenses, le résultat est plus intéressant qu'un simple gain. Pour 64 % des producteurs, le coût de production a augmenté d'environ 12 %, parce que l'analyse du sol leur a dit d'apporter davantage là où ils sous-fertilisaient. Pour les autres, il a baissé de 15 à 18 %. Et dans les deux cas, le rendement a progressé.
C'est exactement ce que fait l'application : elle ne réduit pas l'engrais, elle le met au bon endroit dans la bonne quantité. Dire « nous faisons économiser de l'engrais » serait faux pour les deux tiers de nos utilisateurs.

Nous avons mesuré d'autres résultats : sur notre propre parcelle de 2 850 m² à Koubri, le rendement a augmenté de 9,61 %. Nous avons aussi placé seize ouvriers agricoles par l'intermédiaire de l'application, et des producteurs ont dépensé 64 400 FCFA pour acheter des fiches techniques et des données de sol.
Je distingue un dernier résultat, qui est calculé et non mesuré : l'économie de 35 000 FCFA par hectare que nous présentons sur un exemple de maïs. C'est un calcul à partir de la recommandation officielle et des prix 2026, pas une moyenne relevée sur un échantillon.

Avez-vous une comparaison avec des producteurs qui n'utilisent pas l'application ?

Non, nous n'en avons pas, et je tiens à ce que la distinction soit claire.
Ce que nous avons, c'est une comparaison avant et après chez les mêmes producteurs : leur rendement actuel face au meilleur qu'ils déclarent avoir atteint auparavant. C'est une donnée réelle, sur 116 exploitations, et c'est bien plus qu'une simulation. Mais ce n'est pas un groupe témoin.
Deux limites en découlent, que je préfère nommer moi-même.

La première, c'est que le point de départ est déclaré par le producteur, pas mesuré par nous. Nous l'avons choisi le plus exigeant possible (leur meilleure année, pas leur moyenne), mais il reste déclaratif.
La seconde, et la plus importante, c'est que sans producteurs comparables n'utilisant pas l'application, nous ne pouvons pas séparer notre effet de celui de la saison. Une bonne pluviométrie fait monter les rendements de tout le monde.

Construire ce dispositif demande de suivre deux groupes en parallèle sur une campagne complète, avec une structure de recherche ou une ONG. C'est l'un des usages que nous envisageons pour la dotation du Prix Pierre Castel.

Qui paie exactement ?

Ce sont des institutions qui paient, et très marginalement des producteurs.
Au 15 septembre, une institution de microfinance paie 400 000 FCFA par an pour un tableau de bord qui lui permet de suivre cent dossiers. Une organisation non gouvernementale paie 1 500 000 FCFA par an pour suivre cent bénéficiaires. Cinq boutiques d'intrants paient 5 000 FCFA par mois chacune pour figurer dans l'annuaire avec leur catalogue.

Cela fait 2 150 000 FCFA sous contrat, dont 2 075 000 déjà encaissés. S'y ajoutent les 64 400 FCFA d'achats directs dans l'application.
En face, nos charges d'infrastructure sont aujourd'hui de 1 700 FCFA par mois, ce qui correspond au nom de domaine. Elles monteront à environ 33 100 FCFA par mois au lancement officiel.
Ce sont donc les institutions qui financent la gratuité de l'essentiel pour l'agriculteur. C'est délibéré : un producteur qui hésite entre payer une application et acheter un sac d'engrais achètera le sac, et il aura raison.

Les agriculteurs devront-ils payer des fonctionnalités aujourd'hui gratuites ?

Non, ce qui est gratuit aujourd'hui le restera : la parcelle, les fiches techniques, le plan d'arrosage, le diagnostic, le suivi de production et le marché.
À partir du 19 novembre, un abonnement facultatif sera proposé, entre 1 500 et 4 500 FCFA par mois, pour des fonctions nouvelles : le diagnostic sur photo, les alertes par SMS et un assistant conversationnel.
Deux services resteront par ailleurs payants à l'acte, comme ils le sont déjà : l'analyse de sol détaillée avec sa carte et son rapport, à 4 500 FCFA, et le suivi satellitaire de la parcelle, à 1 500 FCFA par mois.
Je dois ajouter que nous sommes prudents sur ce volet. Faire payer un abonnement logiciel à un petit producteur est difficile, et nous ne construisons pas notre équilibre financier dessus.

Quelles données collectez-vous, à qui appartiennent-elles, comment sont-elles protégées ?

Nous collectons le prénom, le nom et le numéro de téléphone à l'inscription, le type de compte, les coordonnées GPS de l'exploitation, le contour des parcelles tracées, les productions suivies, les intrants utilisés et les rendements déclarés, ainsi que les diagnostics effectués.

Ces données appartiennent aux producteurs. Nous en sommes dépositaires, pas propriétaires.
Pour ce qui est de leur protection, les tables sensibles sont fermées en lecture directe. La clé publique contenue dans l'application ne permet pas d'y accéder : tout passe par des fonctions serveur qui vérifient l'identité du demandeur. Une organisation partenaire ne voit que les bénéficiaires rattachés à son propre programme, jamais les autres.

Sur le partage avec un tiers, le principe est le consentement explicite. Un producteur rattaché au programme d'une ONG donne son accord, et cet accord est horodaté. Le score de crédit agricole, qui permet à une institution de microfinance d'apprécier un dossier à partir de l'activité réelle du producteur, ne peut pas être calculé sans ce consentement.

Qu'avez-vous appris du terrain depuis décembre 2024 ?

J'ai appris trois choses du terrain, qui ont chacune changé le produit.
La première, c'est que le réseau est pire que prévu, mais pas là où on le croit. Ce n'est pas l'absence de couverture qui pose problème, c'est son intermittence. Une annonce publiée au marché partait dans le vide quand la connexion coupait en pleine opération. Nous avons construit une file d'attente : ce que le producteur saisit est conservé et renvoyé plus tard, sans qu'il ait à y penser.

La deuxième, c'est que les producteurs pilotent à distance. Nous pensions que la pompe connectée servirait surtout à programmer des arrosages. En réalité, ils la démarrent et l'arrêtent depuis là où ils sont. Leur demande suivante était claire : que l'arrosage se déclenche tout seul sur l'humidité réelle du sol, et s'arrête quand la cible est atteinte ou quand le réservoir se vide. Nous travaillons dessus.

La troisième, c'est que le diagnostic par photo ne marchait pas. Envoyer une image demande du réseau et de la batterie, et la photo d'une feuille dans un champ à midi est souvent inexploitable. Nous y avons renoncé et construit le diagnostic par description. C'est moins impressionnant sur le papier, et beaucoup plus utile au champ.

Quelles sont vos ambitions ?

À court terme, notre ambition est de sortir de la phase pilote. Le lancement officiel est fixé au 19 novembre 2026, avec un objectif de 3 000 utilisateurs actifs à la fin de l'année.
Ensuite, nous voulons sortir du Burkina, et c'est ce que nous défendrons à Cotonou le 30 septembre. Le socle technique est conçu pour être répliqué, mais je me garderai de dire que c'est facile. Chaque pays demande une adaptation agronomique, réglementaire et commerciale, avec un partenaire local. Nous visons un pilote au Mali et au Niger, puis la Côte d'Ivoire.

Trois chantiers m'importent particulièrement. Le premier est le partenariat avec le BUNASOL, pour lequel une correspondance est déjà déposée. Il a deux objectifs : poursuivre la vérification de nos estimations sur des sols burkinabè, et permettre de commander une analyse de laboratoire depuis l'application, avec des points de prélèvement géolocalisés. L'estimation dit où prélever ; le laboratoire tranche.

Le deuxième concerne les langues. L'application parle français, mooré et dioula. Le dispositif vocal est conçu pour que l'ajout d'une langue ne demande pas de retoucher le code : on enregistre des mots, pas des phrases. C'est ce qui rendra possible le fulfulde, le bambara et le haoussa.

Le troisième est le programme RADIA, que nous relançons sur quatre à cinq provinces. Pour la première promotion, en 2025, huit jeunes ont été formés gratuitement et cinq ont été placés. Les cinq sont encore en poste dix-huit mois après, à 65 000 FCFA par mois. C'est ce chiffre-là dont je suis le plus fier.

Hanifa Koussoubé
Lefaso.net

Catégories: Afrique

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