Selon une information publiée par Financial Afrik, Moumounou Gnankambary a été nommé directeur général de Vista Bank Burkina Faso à l'issue d'un conseil d'administration extraordinaire tenu le vendredi 16 octobre 2026 à Bangkok, en Thaïlande. Il succède à Mohamed Ba et aura notamment la responsabilité de conduire le processus de fusion avec Société Générale Burkina Faso.
Ancien directeur général du Trésor et de la comptabilité publique, ce haut cadre burkinabè possède une longue expérience de la gestion des finances publiques, de la gouvernance bancaire et des institutions financières régionales et internationales.
La nomination de Moumounou Gnankambary à la tête de Vista Bank Burkina Faso intervient à un moment important de l'évolution de cet établissement bancaire. Selon Financial Afrik, la décision a été validée le 16 octobre 2026, lors d'une réunion extraordinaire du conseil d'administration organisée à Bangkok.
Le nouveau directeur général prend ainsi les commandes de la banque avec, parmi ses principales missions annoncées, le pilotage du rapprochement avec Société Générale Burkina Faso. Au-delà de ce chantier, sa nomination marque l'arrivée à la direction exécutive de Vista Bank Burkina d'un profil particulièrement expérimenté dans les finances publiques et la gouvernance des institutions financières.
Un parcours construit au sommet de l'administration financière burkinabè
Né le 28 décembre 1966 à Ouagadougou, Moumounou Gnankambary est titulaire d'une maîtrise en droit public obtenue en 1991 à l'Université de Ouagadougou. Il a ensuite poursuivi sa formation à l'École nationale des régies financières (ENAREF), où il a obtenu, en 1994, un diplôme d'administrateur des services financiers et un diplôme d'études supérieures spécialisées en finances publiques. En 1996, il complète son parcours académique par une spécialisation en élaboration et exécution du budget de l'État à l'Institut international d'administration publique de Paris.
Sa carrière professionnelle débute en septembre 1994 à la Direction générale du budget du ministère chargé des Finances, où il exerce comme chargé d'études jusqu'en janvier 2000. Il rejoint ensuite la Présidence du Faso en qualité de directeur des affaires administratives et financières, poste qu'il occupe de janvier 2000 à janvier 2005.
En janvier 2005, il est nommé directeur général du budget. Il exercera cette fonction jusqu'en juillet 2007, avant d'accéder, en août de la même année, au poste de directeur général du Trésor et de la comptabilité publique. Pendant près de huit ans, jusqu'en janvier 2015, Moumounou Gnankambary dirige cette administration stratégique, chargée notamment de la gestion de la trésorerie publique et de la comptabilité de l'État.
De 2015 à 2021, il poursuit son parcours comme conseiller technique du ministre de l'Économie, des Finances et du Développement.
Une expertise sollicitée à l'international
Son expérience dépasse les frontières du Burkina Faso. Entre mai 2021 et avril 2022, il intervient en République démocratique du Congo comme expert technique international en gouvernance financière, déployé par Expertise France auprès du gouvernement congolais.
Il revient ensuite au Burkina Faso où il occupe, du 31 août au 30 décembre 2022, les fonctions de directeur exécutif du Bureau national des grands projets du Burkina, à la Présidence du Faso. Depuis avril 2024, il était en position de disponibilité et exerçait comme consultant et associé du cabinet G&T Partners.
Ces différentes responsabilités lui ont permis de développer une expertise à la fois administrative, budgétaire et institutionnelle, dans des environnements nationaux et internationaux.
Une connaissance approfondie des institutions bancaires et monétaires
Le parcours de Moumounou Gnankambary ne se limite pas à la haute administration financière. Il est également marqué par une participation à la gouvernance de plusieurs institutions bancaires, financières et économiques. De 2007 à 2015, parallèlement à ses fonctions de directeur général du Trésor et de la comptabilité publique, il a notamment représenté le Burkina Faso au conseil d'administration de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO).
Durant cette même période, il a siégé à la Commission bancaire de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA), en qualité de représentant de l'État burkinabè. Il a également exercé des fonctions de gouverneur suppléant du Burkina Faso auprès du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque d'investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC).
Il a, par ailleurs, présidé le conseil de gestion du Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES). Avant cela, il avait déjà siégé au conseil d'administration de la Banque internationale du Burkina (BIB), entre 2005 et 2007, ainsi qu'à celui de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). Ces différentes responsabilités lui ont permis de se familiariser avec les enjeux de réglementation bancaire, de supervision financière, de financement du développement et de gouvernance institutionnelle.
Une expérience déjà acquise au sein du groupe Vista
L'arrivée de Moumounou Gnankambary à la direction générale de Vista Bank Burkina ne constitue pas son premier contact avec le groupe bancaire. En effet, il siège depuis décembre 2016 au conseil d'administration de Vista Bank Guinée en qualité d'administrateur indépendant. Plus récemment, en juin 2026, il a intégré le conseil d'administration de Vista Assurances Niger, avant de rejoindre, en août 2026, celui de Vista Bank Tchad, également comme administrateur indépendant. Cette expérience lui confère une connaissance préalable de la gouvernance de plusieurs entités du groupe Vista, un atout potentiel pour ses nouvelles responsabilités opérationnelles au Burkina Faso.
Le nouveau directeur général a également exercé des responsabilités dans d'autres secteurs économiques. Il a notamment présidé le conseil d'administration de la Loterie nationale burkinabè (LONAB) de janvier 2020 à avril 2021, puis celui de la société minière SEMAFO Boungou SA d'août 2023 à juillet 2025. Il a aussi représenté le Burkina Faso au sein de plusieurs autres structures, dont African Risk Capacity (ARC), United Bank for Africa (UBA) Burkina et la Société burkinabè de fibres textiles (SOFITEX).
Le défi du rapprochement avec Société Générale Burkina Faso
La principale mission annoncée du nouveau directeur général concerne le processus de fusion entre Vista Bank Burkina et Société Générale Burkina Faso. Ce chantier représente un enjeu important pour l'évolution de la présence du groupe Vista sur le marché bancaire burkinabè. Dans un secteur soumis aux exigences de la réglementation bancaire régionale, une telle opération implique notamment des questions de gouvernance, d'organisation, de gestion des risques, de ressources humaines et d'intégration des systèmes d'information. Elle pose également des enjeux de continuité et de qualité des services pour les clients des établissements concernés.
À fin décembre 2024, la BCEAO recensait 16 banques et quatre établissements financiers à caractère bancaire au Burkina Faso. Vista Bank Burkina et Société Générale Burkina Faso figuraient toutes deux parmi les établissements bancaires répertoriés. Pour Moumounou Gnankambary, le défi sera donc de mobiliser son expérience de gestionnaire public, ses connaissances des institutions financières et sa familiarité avec le groupe Vista afin d'accompagner cette transformation. Les modalités précises et le calendrier du processus de fusion restent toutefois à préciser.
Un profil à la croisée des finances publiques et de la banque
Le nouveau directeur général de Vista Bank Burkina présente ainsi un profil particulier : celui d'un haut fonctionnaire des finances publiques ayant progressivement élargi son expérience à la gouvernance des banques et des entreprises. Son parcours, qui s'étend sur plus de trois décennies, l'a conduit de la Direction générale du budget aux plus hautes responsabilités du Trésor public, avant des missions de conseil et de représentation au sein d'institutions financières nationales et internationales.
Il est également titulaire de plusieurs distinctions honorifiques, dont celles de chevalier de l'Ordre national en 2009 et d'officier de l'Ordre national en 2017. Avec sa nomination à Vista Bank Burkina, Moumounou Gnankambary ouvre une nouvelle étape de sa carrière, cette fois à la tête d'un établissement bancaire. Sa capacité à conduire le rapprochement annoncé avec Société Générale Burkina Faso constituera l'un des principaux enjeux de son mandat.
Lefaso.net
La rentrée des classes s'est effectuée ce mois d'octobre au Burkina Faso. Les élèves du primaire, les lycéens et les étudiants ont repris les cours avec la fin du chevauchement des promotions à l'université. Les parents d'élèves sont heureux que leurs enfants aillent à l'école. Mais certains discours hostiles à l'école font croire à son inutilité ou à son incapacité à promouvoir l'épanouissement de la jeunesse. Le temps n'est-il pas venu de faire le point sur l'école, ses objectifs et ses valeurs ? L'école est-elle le lieu où l'on apprend à devenir riche ? Qu'est-ce que la société burkinabè cherche à transmettre, à enseigner à sa jeunesse pour l'armer à vivre dans le monde actuel et à prendre la succession des aînés ? Voulons-nous d'une école qui fasse de nos enfants de meilleures personnes, des adultes responsables qui savent prendre en charge leur vie et la société ?
Toute société a des modalités de transmission du savoir et des compétences. Dans les sociétés à tradition orale, ce sont le plus souvent les initiations des jeunes qui les préparent à la vie adulte, à la connaissance de la flore et de la faune, aux règles de la société traditionnelle comme l'intégrité. L'invention de l'écriture a entraîné la création de centres pour transmettre l'écriture et la lecture ainsi que le calcul. Les premières structures d'enseignement de l'écriture et de la lecture en Europe ont été les monastères et ensuite les écoles. Ce fut un pas de géant pour l'humanité entière.
Que de petits potaches désirant faire l'école buissonnière disent que l'école ne sert à rien est compréhensible. Que les mêmes professent que de grandes “réussites” dans le monde des affaires se sont faites sans que ces hommes achèvent leur cursus scolaire, OK. Ce n'est pas faux, et les exemples sont nombreux d'hommes d'affaires comme Bill Gates qui a quitté l'université Harvard pour lancer un business devenu une multinationale. Ce que les success stories ne disent pas, c'est qu'il n'a jamais cessé d'apprendre, de s'instruire. Mais dire à nos enfants que l'école rend bête et est inutile est l'une des plus grandes ignominies de notre temps que les réseaux sociaux permettent de propager. Quelle est la portée de tels propos ? N'est-ce pas une façon de nier le droit à l'éducation, de refuser l'école aux enfants, que seuls des fous furieux comme les terroristes font en les fermant et en tuant les enseignants ? Peut-on refuser de voir le lien entre l'absence d'instruction et la pauvreté et celle-ci avec l'insécurité ?
Plaidoyer pour l'école
Le bon sens est ce qui manque le plus aux auteurs des propos hostiles à l'école. Quand sous le président Thomas Sankara, il a été demandé aux communautés de construire des écoles et que l'État enverrait les enseignants, dans les villages sans école, l'engouement a été fort. Les populations ont construit les écoles parfois en paillotes et c'est l'État qui avait du mal à exercer sa part du contrat, si bien que les appelés du Service national populaire consacraient leur période de travail dédiée au peuple à enseigner. C'est la preuve que la plupart des paysans de notre pays qui ne savent pas lire et écrire considèrent que leurs enfants doivent accéder à la lumière du savoir et échapper à leur triste sort, de vivre dans l'obscurantisme. Louer l'école, l'éducation et les enseignants est essentiel et doit être inlassable.
C'est l'investissement le plus important pour un pays, pour des parents et pour soi-même. Un pays où la population ne cesse d'être curieuse, d'apprendre et de partager ses connaissances ne peut qu'avancer chaque jour. Avec l'école, le pays gagne en retour une amélioration de la santé, des moyens de subsistance et, à l'échelle individuelle, en faisant les bons choix de formation, on améliore ses revenus par un meilleur salaire. C'est pourquoi l'éducation fait partie des objectifs de développement durable. Nous devons soutenir l'éducation de nos enfants car ils sont l'avenir du pays et leur succès sont les fruits de notre labeur et de nos sacrifices. L'école est un outil nécessaire à leur épanouissement. Et c'est dommage que dans le monde il y ait encore 273 millions d'enfants et de jeunes non scolarisés, privés de connaissances et de compétences pour réussir dans la vie.
Le contexte international actuel fait que les États ne soutiennent plus ceux qui sont en difficulté. « Pour l'UNESCO, l'aide internationale à l'éducation va baisser de 25 % entre 2023 et 2027. Et très peu de pays accordent 4 à 6 % de leur PIB aux dépenses d'éducation. » Le Burkina Faso est dans la fourchette, mais son passif est lourd et la crise sécuritaire a annihilé certains efforts. L'Unesco préconise aussi en outre « de consacrer au moins 15 à 20 % des dépenses publiques à l'éducation pour obtenir une éducation de qualité », qui n'est pas possible sans enseignants de qualité dont la formation et la rémunération coûtent cher. Les États qui font le plus de dépenses en éducation sont parmi ceux qui ont le meilleur classement dans l'indice de développement durable. Par contre l'absence d'éducation et un mauvais système éducatif avec des abandons scolaires ont un coût économique très élevé.
L'école est un accélérateur de développement
Parce qu'on y apprend à penser. Notre monde est tel que les pays qui ont une faible surface d'esprits développés ont du mal à réussir. Ne pas avoir des enfants à l'école, c'est se priver de la contribution de certains cerveaux à son développement. Les bases de l'éducation sont l'apprentissage et la maîtrise de la lecture, de l'écriture, du calcul, de l'expression orale et écrite. Ces savoirs sont les fondamentaux qui permettent le développement du goût d'apprendre et la croissance de l'esprit critique qui individualise et autonomise les jeunes par leur capacité à penser par eux-mêmes, à argumenter et à analyser le monde. L'esprit critique est une compétence essentielle dans la résolution des problèmes.
C'est l'école qui forme les ingénieurs qui sont ceux qui résolvent les problèmes. Résoudre un problème, chercher à valider une information, est une compétence pour se rapprocher de la vérité, par la pensée logique, la capacité d'analyse. Tout cela pour mieux comprendre le monde. Qui peut nier que les conditions où l'enfant apprend à s'isoler et à réfléchir, à s'exercer ne sont pas le pli qu'il prend dans la vie face aux problèmes ? De plus l'école socialise, apprend le vivre-ensemble : avec les enfants de sa classe, les enseignants, les élèves plus âgés, il apprend à vivre dans le monde, à créer des liens, à se faire des amis, à être solidaire, à partager son goûter, etc. L'école enseigne des valeurs comme le respect, fondamental dans la vie. En apprenant à respecter les enseignants, les personnes âgées, ses camarades, les règles de vie collective, etc., c'est le citoyen qu'on forme. Une règle que l'école enseigne et qui est intuitive et/ou acquise déjà en famille est la collaboration par les exercices en groupe, les ateliers de travail où se partagent les idées et les compétences.
Dommage que l'esprit de compétition malmène parfois cette valeur. Deux valeurs que les enseignants doivent avoir sont la bienveillance et l'équité. Si l'enfant a le sentiment de l'injustice et de l'antipathie de la part de l'enseignant, il va éprouver des difficultés à se concentrer sur l'enseignement. Du côté de l'enseigné, il doit développer la valeur de l'engagement pour que l'école réussisse sa mission. L'élève doit participer à l'enseignement par ses questions, en faisant ses exercices. C'est une valeur qui est nécessaire dans le monde du travail également. L'école apprend à vivre, non pas comme une hyène qui mange des carcasses abandonnées par les lions, mais en travaillant et en vivant des fruits de celui-ci, de ses mérites. L'école est un chemin de paix et de bonheur.
Sana Guy
Lefaso.net
Le numérique burkinabè entend davantage se mettre au service du monde entrepreneurial. C'est dans cette dynamique que s'est tenue, ce lundi 19 octobre 2026, une session spéciale consacrée aux solutions numériques et aux innovations susceptibles de renforcer la compétitivité des entreprises. Organisée par Le Faso Digital en collaboration avec la Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso (CCI-BF), cette rencontre virtuelle a réuni des professionnels du secteur, des développeurs, des porteurs de projets et des participants intéressés par les opportunités qu'offre la transformation numérique. L'initiative s'inscrit dans le cadre de la deuxième édition de Le Faso Digital, dont l'objectif est de présenter une sélection de solutions concrètes susceptibles de répondre aux besoins des entreprises, tout en favorisant les échanges entre les concepteurs d'outils numériques et leurs utilisateurs potentiels.
D'entrée de jeu, le facilitateur de cette session, par ailleurs le président du jury, Roland Tougma, a précisé que plus de 208 projets ont été enregistrés pour cette deuxième édition de cette foire virtuelle. Il a également expliqué que les applications retenues ont été choisies pour leur capacité à faciliter la gestion et à renforcer la compétitivité des acteurs économiques, sans nécessairement tenir compte du classement des projets au concours. La sélection présentée au cours de cette session répondait toutefois à l'objectif qui est de mettre en avant les solutions susceptibles d'améliorer l'efficacité des entreprises.
« Pour cette deuxième édition, nous avons enregistré plus de 208 projets très intéressants et porteurs. Mais ce matin, nous nous intéressons particulièrement aux applications et aux projets qui facilitent la gestion et permettent d'améliorer la compétitivité des entreprises. Il s'agit donc d'une sélection orientée vers la productivité. Ce n'est pas un classement des solutions selon les résultats du concours, ni une manière de dire qu'un projet est meilleur qu'un autre. Nous avons simplement retenu des applications qui peuvent apporter une valeur ajoutée aux entreprises, en fonction de la thématique de cette rencontre », a-t-il précisé.
Des solutions numériques adaptées aux besoins des entreprises
Les solutions présentées couvrent plusieurs secteurs d'activité. Parmi elles, figure "SolarPro Manager", portée par DTS Consulting, qui vise à digitaliser les activités des installateurs solaires africains. La plateforme propose notamment des outils de dimensionnement, de facturation, de paiement, de gestion des stocks et de suivi de la production. Selon le présentateur, elle entend contribuer à la formalisation des Petites et moyennes entreprises (PME), tout en facilitant leur accès au financement.
Dans le domaine du transport urbain, l'application "SOTRACO digital" a été présentée comme une solution de digitalisation de l'abonnement au transport. L'outil vise à simplifier les inscriptions, à faciliter le contrôle sur le terrain et à limiter les risques de fraude. La dématérialisation doit notamment permettre de réduire les files d'attente, les manipulations d'espèces et la falsification des cartes papier, tout en favorisant un accès plus inclusif aux services.
La question de l'efficacité énergétique a également été abordée à travers "WATTIA", présentée comme une plateforme burkinabè consacrée à l'efficacité énergétique et à l'écoconstruction. L'application permet notamment d'analyser la consommation énergétique et d'orienter les choix d'équipements et de conception de bâtiments vers des solutions plus économes.
La gestion immobilière n'est pas en reste, plusieurs outils ont été mis en avant. « Je mérite ma maison » ambitionne de faciliter la mise en relation entre propriétaires et locataires sans commission, en numérisant une partie des activités traditionnellement assurées par les démarcheurs. "Zakafy", pour sa part, centralise la recherche, la publication d'annonces et la mise en contact autour de biens immobiliers à vendre ou à louer.
Une autre solution, "Napp IA Faso", se distingue par sa capacité annoncée à prévoir l'évolution des nappes phréatiques jusqu'à douze mois à l'avance, à partir de données satellitaires. Un outil qui pourrait notamment intéresser les acteurs du forage et de la gestion des ressources en eau.
Le secteur agricole n'a pas été oublié. La solution "Agripredict 5" propose des prévisions de rendement et de revenus agricoles, ainsi que des alertes climatiques destinées aux producteurs et aux institutions concernées. D'après les informations communiquées pendant la session, la plateforme s'appuie sur des modèles d'apprentissage automatique et des données couvrant plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest.
La session a aussi permis de découvrir des solutions dédiées à la comptabilité, à la communication numérique, à la livraison, à la culture et au transport de voyageurs. Certaines utilisent l'intelligence artificielle pour automatiser le traitement des factures et des documents comptables, tandis que d'autres proposent des services de veille médiatique, de géolocalisation des artisans ou de valorisation du patrimoine culturel.
« La compétitivité, c'est d'abord du temps… »
Au-delà de la présentation des applications, les échanges ont permis d'aborder les conditions nécessaires pour que les entreprises tirent réellement profit de ces innovations. Dr Boukary Ouédraogo, intervenant au cours de la session, a insisté sur le fait que l'acquisition d'un outil numérique ne suffit pas, à elle seule, à rendre une entreprise plus compétitive.
« Une entreprise ne devient pas compétitive simplement parce qu'elle a acheté un outil ou parce qu'elle a fait confiance à une solution qui semble être la meilleure. Elle devient compétitive lorsqu'elle arrive à résoudre ses problèmes plus rapidement et à moindre coût que ses concurrents. Pour moi, la compétitivité, c'est d'abord une question de temps. Dans beaucoup d'entreprises, y compris au Burkina Faso, une partie importante des ressources est encore absorbée par des tâches répétitives, qu'il s'agisse de recopier des informations, de refaire des factures, d'additionner des ventes ou de rechercher des données en fin de campagne. Ces opérations prennent du temps et peuvent finir par fragiliser la confiance entre l'entreprise et ses clients, notamment lorsque les informations ou les paiements ne sont pas disponibles au bon moment », a-t-il expliqué.
Pour lui, l'intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives en matière de productivité, notamment dans la rédaction de devis, la préparation de factures, la réponse aux clients et l'élaboration d'offres commerciales. Mais son utilisation efficace suppose de réunir plusieurs conditions.
« Le premier investissement d'une entreprise ne doit pas nécessairement être le matériel, mais la formation. L'outil peut être disponible, mais si les personnes ne savent pas l'utiliser correctement, les résultats ne seront pas au rendez-vous. Il faut également adopter la bonne démarche : beaucoup commencent par chercher une solution avant même d'avoir clairement défini le problème qu'ils veulent résoudre. Or, c'est le problème qui doit nous conduire à choisir la solution adaptée. Il faut enfin tenir compte de la connectivité, du coût et surtout de la qualité des données, car aucune application ne peut donner de bons résultats si les données dont elle a besoin sont absentes ou insuffisantes », a-t-il souligné.
Pour Dr Ouédraogo, l'intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives en matière de productivité, mais son utilisation efficace suppose de réunir plusieurs conditionsLa souveraineté numérique, un enjeu majeur pour les entreprises
Si l'intelligence artificielle constitue un levier de productivité, son utilisation soulève également des préoccupations relatives à la confidentialité des données et à la protection des innovations. C'est l'un des principaux messages développés par Mahamadi Rouamba, intervenant au nom de Ticanalyse, un bureau de conseil et d'ingénierie numérique spécialisé notamment dans la gouvernance et la sécurisation des usages de l'intelligence artificielle.
Selon lui, les entreprises doivent veiller à ne pas compromettre leurs informations stratégiques en utilisant des outils dont elles ne maîtrisent pas suffisamment le fonctionnement et la gestion des données.
« La plupart des solutions d'intelligence artificielle que nous utilisons aujourd'hui ne sont ni créées par les structures qui les utilisent ni, bien souvent, par des entreprises nationales. Lorsque vous prenez ChatGPT, Claude, Gemini ou Copilot, ce sont des solutions qui relèvent d'autres juridictions. Certes, elles permettent aux entreprises burkinabè de gagner en productivité, de traiter certains dossiers et d'automatiser rapidement des processus. Mais, dans le même temps, nous risquons de perdre notre patrimoine informationnel. Dans les banques, les assurances, les structures de santé et les grandes industries, des collaborateurs utilisent quotidiennement ces outils et peuvent y transférer des données qui relèvent du secret professionnel, de la propriété intellectuelle ou des mécanismes internes de production. Sans toujours en mesurer les conséquences, les entreprises peuvent ainsi exposer des informations qui constituent pourtant une source de valeur et un avantage concurrentiel », a-t-il averti.
Pour le spécialiste, la question ne concerne pas uniquement les grandes entreprises. Les PME, les administrations et les institutions doivent également se doter de mécanismes permettant d'encadrer les usages de l'intelligence artificielle.
« Nous devons aller vers un usage responsable, un usage gouverné de l'intelligence artificielle, avec des outils qui nous permettent de contrôler son fonctionnement. La productivité que nous pensons gagner grâce à ces technologies, nous pouvons finalement la perdre si nous ne protégeons pas notre patrimoine informationnel. Une entreprise peut consacrer du temps et des ressources à concevoir une solution, à élaborer une stratégie commerciale ou à développer un produit, mais si elle transmet toutes ces informations à un fournisseur extérieur sans précaution, elle risque de fragiliser sa propre compétitivité. Il y va de la capacité de nos entreprises et de notre pays à créer de la valeur sur le long terme », a-t-il déclaré.
En réponse à une question sur les moyens de concilier l'utilisation de l'intelligence artificielle et la protection des informations stratégiques, Mahamadi Rouamba a expliqué que la formation des utilisateurs, bien qu'indispensable, ne suffisait pas.
« Il est bien de former les utilisateurs et de leur donner une charte de bonne utilisation, mais il faut comprendre que l'intelligence artificielle elle-même doit être gouvernée. Vous pouvez former vos collaborateurs et leur demander de ne pas transférer des documents confidentiels. Cependant, lorsqu'un agent reçoit un rapport urgent à produire pour le lendemain matin, il peut être tenté de déposer directement un fichier dans un outil d'intelligence artificielle, sans prendre le temps d'en retirer les informations sensibles. C'est pourquoi il faut un dispositif qui permette non seulement de sensibiliser les utilisateurs, mais aussi de contrôler les outils eux-mêmes, de définir ce qu'ils peuvent faire et de veiller au respect des règles internes de l'organisation », a-t-il expliqué.
À cet effet, il a présenté "Panguin AI", une plateforme destinée à être déployée au sein des organisations pour centraliser et encadrer l'utilisation de différents outils d'intelligence artificielle. Selon lui, cette solution doit permettre aux responsables informatiques et aux équipes chargées de la sécurité de définir des règles d'utilisation, de suivre les interactions et de conserver une traçabilité des opérations.
Protéger les innovations contre les copies…
La protection du patrimoine numérique ne se limite pas aux données. Elle concerne également les noms commerciaux, les marques, les idées développées et les éléments techniques des applications. Cette problématique a été soulevée par Dr Boureima Kouanda, développeur et consultant, qui a présenté l'application "Faso Tougma", une plateforme destinée à mettre en relation les utilisateurs avec des prestataires de services. Disponible sur Play Store et Google Play, selon son promoteur, l'application permet de rechercher des artisans et des professionnels dans plusieurs domaines, notamment la plomberie, l'électricité, la vidange, les bureaux d'études, le commerce et certains services spécialisés.
Mais son intervention a surtout porté sur un témoignage des difficultés rencontrées par son équipe après la découverte d'une application portant un nom identique et présentant des similitudes importantes avec sa propre solution.
« Nous avons développé Faso Tougma après de nombreux tests et nous avons commencé à le rendre accessible au public. Mais nous avons ensuite découvert qu'une autre équipe avait présenté, dans le cadre d'un concours, une application portant exactement le même nom et reprenant, selon nos constatations, une grande partie du contenu et de la présentation de notre produit. Nous avons été surpris de constater que deux applications pouvaient être présentées pratiquement de la même manière, avec un nom identique dans sa forme et dans son écriture. Nous avons pris contact avec les personnes concernées, mais, face à la situation, nous avons finalement décidé de saisir les autorités compétentes afin que cette affaire soit examinée », a-t-il raconté.
Pour le développeur, cette expérience montre les risques auxquels les innovateurs sont exposés, particulièrement dans un contexte où les outils numériques et l'intelligence artificielle facilitent le développement rapide d'applications.
« Avant d'adopter officiellement un nom pour un produit, il est important de vérifier qu'il n'a pas déjà été protégé par un tiers dans le même domaine d'activités. Le nom constitue souvent le premier actif d'une entreprise, parce que c'est par lui que les utilisateurs reconnaissent le produit, le recherchent et en parlent. Si vous ne le protégez pas, vous risquez de vous retrouver dans des discussions difficiles pour déterminer qui est réellement propriétaire de la marque. Il faut donc prendre les dispositions nécessaires en amont, car la protection des actifs est essentielle aussi bien pour l'entreprise que pour ses consommateurs », lui a conseillé Mahamadi Rouamba.
Il a également indiqué que la protection pouvait concerner d'autres éléments, notamment le contenu, le code source et les composantes techniques d'une solution. Une vigilance particulière doit, selon lui, être accordée aux conditions de collaboration au sein des équipes de développement.
Des solutions locales pour réduire la dépendance aux logiciels importés
La session a également donné la parole à Ounteni Ouoba, ingénieur de conception en informatique et spécialiste de la digitalisation des processus métier. Il a présenté un ensemble de plateformes développées pour répondre aux besoins des entreprises, des établissements d'enseignement et des structures de santé.
Revenant sur l'origine de cette démarche, il a expliqué que son cabinet s'était engagé depuis plusieurs années dans la conception de logiciels adaptés au contexte burkinabè, avec l'ambition de limiter la dépendance aux solutions importées, parfois coûteuses et difficiles à adapter aux réalités locales.
« Depuis 2005, nous avions une idée très claire que nous ne devions plus être uniquement des importateurs de logiciels de gestion d'entreprise. Nous constations qu'il existait beaucoup de solutions, dont certaines étaient très coûteuses, et nous avons décidé de produire des logiciels conçus au Burkina Faso. Nous n'avons pas attendu qu'il y ait des marchés pour commencer à travailler. Nous avons identifié plusieurs domaines, notamment la finance, l'éducation, la santé et le commerce, dans lesquels nous pouvions développer des outils capables d'aider les entreprises et les organisations à bénéficier des avantages du numérique. Au fil des années, ces logiciels ont évolué vers des plateformes accessibles en ligne, avec l'objectif de faciliter leur utilisation, leur maintenance et leur amélioration continue », a-t-il indiqué.
Mahamadi Rouamba a présenté "Pangain AI" une plateforme destinée à être déployée au sein des organisations pour centraliser et encadrer l'utilisation de différents outils d'intelligence artificielleParmi les outils présentés figure "Warikobiz", une plateforme de gestion commerciale qui intègre notamment la facturation, la gestion des stocks, le suivi des clients, les ressources humaines, la paie et la comptabilité. Selon son promoteur, l'outil est conçu de manière modulaire, afin que chaque entreprise puisse sélectionner les fonctionnalités correspondant à ses besoins.
« Warikobiz permet de suivre les opérations commerciales, depuis la gestion des clients jusqu'à la facturation et aux stocks. La plateforme intègre également la gestion des ressources humaines et de la paie, en tenant compte des particularités du calcul des salaires au Burkina Faso. Pour la comptabilité, nous avons travaillé sur un modèle adapté au système comptable applicable dans l'espace OHADA, afin que les opérations effectuées dans les différents modules puissent alimenter automatiquement les écritures comptables. L'objectif est de faciliter le travail des entreprises, de réduire les tâches répétitives et de permettre aux professionnels de disposer plus rapidement des informations dont ils ont besoin », a expliqué Ounteni Ouoba.
L'intervenant a toutefois précisé que la génération des états fiscaux ne dispensait pas d'une vérification par un expert-comptable. Il a également indiqué que l'habilitation de la Direction générale des impôts pour la facturation électronique était encore en cours de demande.
La deuxième solution présentée, "Faso SMS", est une plateforme d'envoi de messages en masse destinée notamment à la communication des entreprises. Elle permet aux organisations de diffuser des informations à leurs clients et usagers, y compris dans des contextes où l'accès à internet n'est pas garanti.
« Nous avons conçu Faso SMS pour que les entreprises puissent communiquer facilement avec leurs clients, notamment à travers des messages d'information et d'alerte. Le numérique ne doit exclure personne. Même lorsqu'un utilisateur n'a pas accès à internet, il doit pouvoir recevoir une information importante sur son téléphone. Notre plateforme permet également à d'autres applications d'intégrer ce service grâce à une interface de programmation, afin que les entreprises puissent automatiser leurs communications », a-t-il détaillé.
Dans le secteur de l'éducation, "Kalan" propose une solution de gestion des établissements couvrant notamment les inscriptions, les paiements, les bulletins de notes, la discipline et les emplois du temps. L'outil permet aussi d'automatiser certaines communications avec les parents, notamment les rappels de paiement des frais de scolarité et les notifications d'absence des élèves.
Le cabinet a également présenté "Tocsaa", une plateforme d'évaluation à 360 degrés. Elle permet à une personne, à une entreprise ou à une organisation de recueillir des appréciations anonymes sur ses pratiques, ses produits ou ses services. Les résultats sont ensuite analysés par une intelligence artificielle configurée pour proposer des pistes d'amélioration.
« Avec Tocsaa, une entreprise peut demander à ses clients d'évaluer un produit, sa qualité, son rapport qualité-prix, son emballage ou encore les conditions de livraison. Au lieu de mobiliser des équipes sur le terrain pour recueillir toutes ces informations, elle peut diffuser un lien et recueillir les appréciations des utilisateurs. Les résultats sont ensuite analysés afin de dégager les points forts et les aspects à améliorer. C'est également un outil qui peut accompagner les ressources humaines et permettre une évaluation plus large des collaborateurs », a défendu le promoteur.
L'écosystème présenté comprend également "Digitoun", consacré notamment à l'apprentissage des langues nationales, au e-learning et à la bibliothèque numérique, ainsi qu'une plateforme de télémédecine destinée à faciliter la prise de rendez-vous et les téléconsultations.
En clôturant la session, le président du comité d'organisation, Dr Cyriaque Paré, a rappelé que cette initiative qu'est le Faso Digital s'inscrivait dans le cadre de la célébration de l'anniversaire de Lefaso.net, qui célèbre ce 19 octobre 2026 son 23ᵉ anniversaire, et qu'elle visait à mettre en lumière les innovations développées par les Burkinabè.
Il a invité les participants à consulter la plateforme Le Faso Digital pour découvrir les différentes solutions présentées et entrer directement en contact avec leurs promoteurs.
Hanifa Koussoubé
Lefaso.net
Au Burkina Faso, près de 30 millions d'abonnements mobiles sont enregistrés, mais quelque 3 514 localités restent encore privées de couverture réseau, selon les données présentées par l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). Entre progression de la connectivité, qualité des services, coût des communications et protection des consommateurs, le chemin vers une véritable inclusion numérique reste jalonné de défis. Ce lundi 19 octobre 2026, à l'occasion de la deuxième édition de Le Faso Digital, trois responsables de l'ARCEP ont apporté des éclairages sur ces enjeux, au cours d'une conférence consacrée au thème « Réguler pour inclure et innover dans un Burkina digital : enjeux et défis ».
Disposer d'un téléphone portable ne signifie pas nécessairement être connecté. Et avoir accès à internet ne garantit pas toujours de pouvoir en profiter dans de bonnes conditions. Entre les localités où aucun réseau n'est disponible, les difficultés de connexion, le coût des services et la maîtrise des outils numériques, les réalités vécues par les consommateurs burkinabè rappellent que l'inclusion numérique va bien au-delà du simple déploiement des infrastructures. C'est précisément cette problématique qui a nourri les échanges de la conférence animée par l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), ce 19 octobre 2026, dans le cadre de la deuxième édition de la foire virtuelle Le Faso Digital. Trois intervenants ont partagé leurs analyses : Dr Serge Roland Sanou, conseiller technique du secrétaire exécutif de l'ARCEP, Serge Théophile Ouédraogo et Youssouf Maïga, tous deux de l'institution. La rencontre était modérée par le communicateur Yacouba Koussoubé.
Près de 30 millions d'abonnements mobiles, mais l'inclusion reste un défi
Pour introduire les échanges, Dr Serge Roland Sanou a choisi de dresser un état des lieux du secteur à partir des statistiques de l'Observatoire des marchés de l'ARCEP, arrêtées au deuxième trimestre 2026. Au 30 juin, le Burkina Faso enregistrait environ 30 millions d'abonnements mobiles actifs, près de 20 millions d'abonnements à l'internet mobile et quelque 14,2 millions d'abonnements à la 4G. Les abonnements à l'internet fixe s'établissaient, quant à eux, à 328 764. Ces chiffres témoignent d'une progression de la connectivité, même si le nombre d'abonnements ne correspond pas nécessairement au nombre de personnes effectivement connectées, un utilisateur pouvant disposer de plusieurs cartes SIM. Mais pour l'ARCEP, la multiplication des abonnements ne constitue pas une finalité en soi. « L'objectif que l'ARCEP recherche, ce n'est pas seulement de connecter, mais comme la thématique le dit, il s'agit également d'inclure et d'innover », a expliqué Dr Serge Roland Sanou. Le conférencier a décliné cette ambition autour de trois dimensions complémentaires. Connecter signifie étendre les réseaux haut débit à l'ensemble du territoire, notamment dans les zones blanches. Inclure suppose de rendre les services accessibles, abordables, fiables et sûrs pour chaque citoyen. Innover revient notamment à préparer l'arrivée de nouvelles technologies, dont la 5G, tout en renforçant la confiance des utilisateurs. Cette orientation s'inscrit dans le plan stratégique 2024-2028 de l'ARCEP, structuré autour de cinq axes portant notamment sur la gouvernance, la croissance des communications électroniques et des postes, la protection des consommateurs, l'innovation et la communication.
Toutefois, plusieurs contraintes continuent de peser sur le développement du secteur.
Le Burkina Faso, pays enclavé, fait notamment face à des difficultés d'accès aux infrastructures internationales de connectivité. À cela s'ajoutent les oppositions à l'implantation de certains pylônes, les inquiétudes des populations concernant les rayonnements, les actes de vandalisme et les dommages occasionnés aux installations lors des travaux de voirie. La situation sécuritaire constitue également un obstacle important au déploiement et à la maintenance des réseaux dans certaines localités. Pour Dr Sanou, ces contraintes doivent être prises en compte dans les politiques de régulation, au même titre que les évolutions technologiques liées à l'intelligence artificielle, à l'internet des objets ou encore aux connexions satellitaires.
Prix des communications : ce que l'ARCEP peut réellement imposer aux opérateurs
L'une des préoccupations majeures des consommateurs reste le coût des communications électroniques. Sur cette question, Serge Théophile Ouédraogo a tenu à clarifier le périmètre d'intervention de l'autorité de régulation. Dans sa présentation consacrée au cadre juridique et institutionnel du secteur, il a d'abord rappelé que les télécommunications constituent un marché particulier, dont le fonctionnement doit être encadré afin de garantir une concurrence saine et de préserver les intérêts des usagers. « Ce n'est pas un marché ordinaire, parce qu'il est organisé autour d'un certain nombre de règles et de principes pour éviter notamment que les plus puissants piétinent les plus faibles », a-t-il expliqué. Le dispositif juridique burkinabè repose sur plusieurs textes nationaux, mais également sur des instruments internationaux et communautaires qui ont contribué à structurer la réglementation du secteur. Ce cadre définit notamment les conditions d'accès au marché, les obligations des opérateurs, les règles d'interconnexion, la gestion des fréquences, l'identification des abonnés et les mécanismes de protection des consommateurs. Mais contrairement à une perception répandue, l'ARCEP ne dispose pas d'un pouvoir illimité sur la fixation des tarifs appliqués au grand public. « Il n'y a pas, en tout cas actuellement, une disposition qui permet à l'autorité de régulation d'agir de façon directe sur le coût », a précisé Serge Théophile Ouédraogo, en faisant référence aux services de détail.
Concrètement, l'institution ne peut pas imposer arbitrairement à un opérateur de fixer le prix d'une communication à 120 ou 125 francs CFA. En revanche, elle dispose de prérogatives lui permettant d'encadrer certains tarifs de gros pratiqués entre opérateurs, notamment pour prévenir les déséquilibres concurrentiels. Cette limitation réglementaire ne signifie cependant pas que l'ARCEP demeure inactive face aux préoccupations des consommateurs. Le conférencier a notamment rappelé une décision prise en 2023 concernant les offres permanentes et promotionnelles. Celle-ci impose aux opérateurs de débiter prioritairement les bonus accordés aux abonnés avant de toucher à leur crédit principal. Une mesure destinée à éviter que les consommateurs perdent leurs avantages promotionnels alors que leur crédit acheté a déjà été consommé. Autre avancée évoquée est l'encadrement des services à valeur ajoutée et des messages publicitaires, à travers une décision prise en 2024. Désormais, un opérateur ne peut pas abonner un client à un service à valeur ajoutée sans avoir préalablement recueilli son consentement. « L'opérateur n'a pas le droit de souscrire un client à un service à valeur ajoutée sans son consentement », a insisté Serge Théophile Ouédraogo. Le consommateur doit également disposer d'un mécanisme lui permettant de se désabonner lorsqu'il ne souhaite plus bénéficier du service concerné.
Le taux de couverture en 4G du territoire est de 52,5 % et celui de la population 67,9 %Ces dispositions illustrent le rôle de l'autorité de régulation dans la protection des droits des utilisateurs, même lorsque ses possibilités d'intervention directe sur les tarifs restent limitées par les textes en vigueur.
Plus de 3 500 zones blanches : connecter les territoires sans oublier la qualité des services
Si les chiffres globaux des abonnements traduisent une progression du secteur, ils masquent encore de fortes disparités territoriales. C'est ce qu'a mis en évidence Youssouf Maïga dans sa communication consacrée à la couverture et à la qualité des réseaux de communications électroniques. Selon les estimations présentées, la couverture du territoire national par les réseaux 2G atteint environ 64 %, contre 77 % pour la couverture de la population. Pour la 3G, ces proportions s'établissent respectivement à 60 % et 74 %.
Quant à la 4G, elle couvre environ 63 % du territoire et 68 % de la population. Ces écarts montrent que les réseaux sont davantage déployés dans les zones à forte concentration humaine, tandis que certaines localités rurales demeurent moins bien desservies. L'ampleur du défi apparaît plus clairement à travers les données relatives aux zones blanches, ces localités où aucun opérateur de télécommunications n'est présent. D'après les travaux d'identification présentés par l'ARCEP, le Burkina Faso compte environ 3 514 zones blanches, représentant près de 40 % des localités du pays et concernant approximativement 4,7 millions d'habitants. Près de la moitié de ces zones se concentrent dans cinq régions, notamment le Kulsé, le Yaadga, le Liptako et le Djôrô.
La connectivité fixe présente également des disparités. Selon Youssouf Maïga, les réseaux concernés sont déployés dans environ 35 localités, dont 26 urbaines et neuf rurales. Mais l'accès au réseau ne suffit pas à garantir l'inclusion numérique. « Il faut que le réseau soit disponible à tout point du territoire », a rappelé le conférencier, avant d'insister sur la nécessité d'assurer des services fiables, à des prix accessibles et à travers des équipements adaptés aux besoins des utilisateurs. La question des compétences numériques constitue également un facteur déterminant. Une personne peut disposer d'un smartphone et d'une connexion internet sans nécessairement posséder les connaissances requises pour accéder efficacement aux services administratifs ou aux ressources disponibles en ligne.
Youssouf Maïga a par ailleurs expliqué les différentes approches utilisées pour évaluer la qualité des communications électroniques. Il a distingué la performance du réseau, mesurée à partir des données techniques des opérateurs, la qualité de service, appréciée notamment à travers les appels, les débits de téléchargement ou les délais de transmission, et la qualité d'expérience, qui renvoie à la perception réelle des utilisateurs. Pour apprécier ces performances, l'ARCEP mène régulièrement des campagnes de contrôle sur les réseaux des opérateurs. Les données présentées au cours de la conférence font notamment état de quatre campagnes de mesure ayant concerné 91 zones, parmi lesquelles 33 localités urbaines et 42 localités rurales. Plus de 111 000 tests d'appels vocaux ont été réalisés sur les trois réseaux.
Au terme des trois communications, il ressort essentiellement que la transformation numérique du Burkina Faso ne peut être appréciée uniquement à travers le nombre de cartes SIM en circulation ou la progression des abonnements internet. Elle doit également se traduire par une réduction des disparités entre les territoires, une meilleure protection des consommateurs, une qualité de service satisfaisante et des conditions d'accès qui permettent au plus grand nombre de profiter des possibilités offertes par les technologies numériques.
Farida Thiombiano
Lefaso.net
L'intelligence artificielle fascine autant qu'elle interroge. Derrière les réponses instantanées de ChatGPT et des autres outils génératifs se cachent des mécanismes complexes, mais aussi des enjeux de fiabilité, de sécurité et de souveraineté numérique. Le dimanche 18 octobre 2026, à l'occasion de la deuxième édition de la foire virtuelle Le Faso Digital, les Dr Boukary Ouédraogo et Wendkuuni Moïse Convolbo ont entrepris de démystifier cette technologie. Une conférence qui a permis de comprendre son fonctionnement, ses limites et surtout les possibilités qui s'offrent au Burkina Faso pour développer une intelligence artificielle adaptée à ses propres réalités.
L'intelligence artificielle peut rédiger un texte, produire une image, traduire un document ou encore analyser une quantité impressionnante de données en quelques secondes. Mais que se passe-t-il réellement entre la question posée par un utilisateur et la réponse qui apparaît sur son écran ? Peut-on faire confiance à toutes les informations qu'elle génère ? Et surtout, comment un pays comme le Burkina Faso peut-il s'approprier cette technologie sans dépendre entièrement de solutions conçues ailleurs ? C'est autour de ces interrogations que s'est articulée la première conférence de la deuxième journée de Le Faso Digital, organisée par Lefaso.net. Placée sous le thème « Comprendre l'IA pour mieux la maîtriser », elle a réuni deux spécialistes burkinabè aux parcours internationaux : Dr Boukary Ouédraogo, expert en transformation numérique et fondateur de SYSTINFO, et Dr Wendkuuni Moïse Convolbo, dirigeant dans le domaine des données et de l'intelligence artificielle, chercheur et inventeur de brevets en IA.
La rencontre, modérée par Rasmata Compaoré/Tiendrébéogo, experte senior en infrastructures numériques et conseillère technique à l'Agence nationale de promotion des technologies de l'information et de la communication (ANPTIC), s'inscrit dans les activités de cette foire virtuelle des solutions digitales, prévue du 17 au 24 octobre 2026.
Loin de se limiter à une présentation des prouesses technologiques, les échanges ont permis de regarder derrière les apparences d'une intelligence artificielle qui semble parfois tout savoir, tout comprendre et tout pouvoir.
Derrière les réponses de l'IA, une mécanique de chiffres et de probabilités
Pour Dr Boukary Ouédraogo, comprendre l'intelligence artificielle suppose d'abord de se défaire d'une idée largement répandue : celle d'une machine qui réfléchirait et conserverait les connaissances à la manière d'un être humain. Médecin de formation, titulaire d'un doctorat en informatique appliquée à la santé et fort de plus de quinze années d'expertise internationale, le conférencier a choisi de partir du fonctionnement interne des grands modèles de langage, communément appelés LLM. À travers des illustrations, il a expliqué comment ces systèmes reposent sur des modèles mathématiques, des paramètres numériques et des connexions qui permettent de traiter les informations reçues et de générer des réponses. Pour rendre cette mécanique plus accessible, il a établi une analogie avec le cerveau humain, notamment les connexions entre les neurones et les synapses. « Un trait épais, c'est une connexion forte et le signal passe entre les différentes informations qui sont dans le tableau », a-t-il expliqué, en commentant une représentation des connexions utilisées par un modèle.
À l'image des associations qui s'opèrent dans le cerveau, les modèles d'intelligence artificielle établissent des relations mathématiques entre différentes informations. Ces relations interviennent notamment dans la prédiction des éléments susceptibles de constituer une réponse cohérente. « Ce sont des modèles mathématiques qui ont été intégrés à l'intérieur », a insisté Dr Ouédraogo.
Ainsi, lorsqu'un utilisateur demande à une IA de générer l'image d'un chat, le système ne se contente pas de ressortir une photographie préalablement enregistrée. Il mobilise des représentations numériques apprises au cours de son entraînement pour produire une nouvelle image correspondant à la demande. Cette mécanique explique notamment pourquoi deux utilisateurs formulant une demande similaire peuvent obtenir des résultats différents. Le spécialiste s'est également attardé sur ce qu'il appelle la « boîte noire » de l'intelligence artificielle. Si les chercheurs connaissent les architectures et les opérations mathématiques utilisées par ces systèmes, l'interprétation détaillée de certains mécanismes internes demeure un important sujet de recherche. Il a notamment évoqué des travaux publiés en 2025 par Anthropic, consacrés à une meilleure compréhension des mécanismes internes des modèles de langage. Mais cette complexité ne doit pas conduire les utilisateurs à considérer les réponses de l'IA comme des vérités absolues.
« L'IA produit le plausible, pas forcément le vrai. »
Cette affirmation constitue l'un des principaux messages de son intervention. Une réponse peut être parfaitement structurée, convaincante et formulée dans un langage naturel, tout en contenant des erreurs. Le conférencier a ainsi attiré l'attention sur les hallucinations, ces situations dans lesquelles un modèle génère des informations inexactes ou inventées. D'où l'importance de savoir formuler ses demandes, autrement dit de maîtriser le “prompting”. Fournir des données sources, préciser le contexte, définir clairement le résultat attendu et exiger des références sont autant de précautions permettant d'améliorer la pertinence des réponses. Pour Dr Ouédraogo, il ne suffit donc pas de savoir interroger une intelligence artificielle. Encore faut-il comprendre ses limites pour conserver son esprit critique face aux résultats proposés.
La modératrice a planté le décor en parlant de la place de l'Afrique dans l'utilisation de l'IAÀ lire : Inclusion numérique au Burkina : Issifou Sorgho appelle à des solutions accessibles à tous
Au-delà de son fonctionnement technique, la conférence a soulevé une problématique particulièrement importante pour les pays africains : celle de leur représentativité dans les modèles d'intelligence artificielle. Dr Boukary Ouédraogo a notamment expliqué le principe de la tokenisation, un procédé qui consiste à découper les textes en unités appelées tokens ou jetons, avant leur traitement par les modèles. Ce mécanisme, qui peut paraître anodin pour un utilisateur ordinaire, a pourtant des implications concrètes. Selon les langues utilisées et la manière dont les modèles ont été conçus, un même contenu peut nécessiter un nombre différent de jetons. Les langues peu représentées dans les données d'entraînement peuvent ainsi rencontrer des difficultés supplémentaires de traitement, de coût ou de qualité des résultats. Pour les langues nationales burkinabè, cette réalité pose la question de leur place dans les technologies émergentes. Comment permettre à une intelligence artificielle de comprendre correctement des expressions en mooré, en dioula ou dans d'autres langues locales ? Comment préserver les nuances culturelles, les significations propres à certains mots et les particularités des contextes africains ?
Ces interrogations ont trouvé un prolongement dans la communication du Dr Wendkuuni Moïse Convolbo. Du Burkina Faso à Taïwan, puis au Japon, le parcours de ce chercheur illustre la présence des compétences burkinabè dans les espaces internationaux de recherche et d'innovation technologique. Son intervention a notamment porté sur la nécessité d'adapter les modèles d'intelligence artificielle aux réalités locales, plutôt que de se contenter d'utiliser des outils entraînés principalement sur des données produites dans d'autres contextes. Il a d'abord attiré l'attention sur les risques liés à l'accumulation des erreurs dans les systèmes automatisés. Pour illustrer son propos, il a pris l'exemple théorique d'un modèle dont chaque opération serait correcte à 95 %. Lorsque plusieurs opérations successives dépendent les unes des autres, les erreurs peuvent s'accumuler et réduire considérablement la fiabilité du résultat final. « Imaginez alors que pour faire des modèles, c'est des milliards de fois », a-t-il lancé, pour souligner l'importance de comprendre les mécanismes de production des résultats.
Face à ces limites, le chercheur a présenté plusieurs pistes permettant aux pays africains de construire progressivement des solutions adaptées à leurs besoins. La première consiste à utiliser des modèles existants en les connectant à des bases documentaires locales. Une organisation pourrait, par exemple, constituer son propre répertoire de données et demander à l'intelligence artificielle de produire ses réponses à partir de ces seules ressources. La deuxième possibilité repose sur l'utilisation de modèles ouverts, dont certains peuvent être adaptés ou réentraînés à partir de données spécifiques. « On n'est pas obligé de repartir à partir de zéro complètement. On peut commencer à partir des modèles qui sont ouverts », a expliqué Dr Convolbo. Cette approche permettrait notamment d'intégrer progressivement des contenus propres au Burkina Faso, qu'il s'agisse de documents institutionnels, de connaissances scientifiques, de données professionnelles ou de ressources linguistiques.
« L'IA produit le plausible, pas forcément le vrai », a indiqué Dr Boukary OuédraogoMais cette ambition nécessite des investissements car le chercheur a évoqué le coût élevé des infrastructures informatiques, particulièrement des processeurs graphiques utilisés pour entraîner les modèles. Il a également insisté sur la nécessité de disposer de données numérisées, organisées et représentatives des réalités que l'on souhaite intégrer. La question ne se résume donc pas à l'acquisition d'équipements technologiques. « Ça demande de l'expertise, ça demande aussi que nos données soient numérisées et ça demande aussi à ce que nous sachions quelles sont les valeurs que nous voulons mettre », a-t-il souligné. Autrement dit, développer une intelligence artificielle adaptée au Burkina Faso suppose aussi de valoriser les compétences nationales, de structurer les connaissances disponibles et de définir les usages que le pays souhaite promouvoir. Dr Boukary Ouédraogo a, pour sa part, rappelé qu'il existe des modèles pouvant être téléchargés et installés sur des ordinateurs ou des infrastructures dédiées. Certains peuvent fonctionner localement, sans connexion permanente à Internet. Une possibilité qui ouvre des perspectives intéressantes pour les organisations désireuses de disposer d'un meilleur contrôle sur leurs outils et leurs données.
Au-delà du stockage des données, penser la souveraineté de l'intelligence artificielle
La dernière dimension majeure de cette conférence a porté sur la souveraineté numérique. Pour Dr Moïse Convolbo, les États doivent désormais élargir leur réflexion. Il ne suffit plus de se demander où sont hébergées les données nationales. Il faut également s'intéresser aux technologies capables d'y accéder, de les traiter et d'exécuter des actions de manière automatisée.
« On a connu la souveraineté des données. Maintenant, nous sommes dans la souveraineté dans l'IA », a-t-il déclaré. Cette distinction prend une importance particulière avec le développement de l'intelligence artificielle agentique, dont les systèmes peuvent accomplir des tâches et enchaîner certaines actions avec un degré variable d'autonomie. Le chercheur a évoqué, à titre d'illustration, un incident de cybersécurité qu'il a présenté comme impliquant un système d'intelligence artificielle et des infrastructures gouvernementales australiennes. À travers cet exemple, son propos visait à montrer que la localisation physique des données ne constitue pas, à elle seule, une garantie suffisante de sécurité.
Selon Dr Wendkuuni Moïse Convolbo, avoir nos données en local ne suffit pas, il faut aussi disposer de technologies qui permettent de les protéger.Une organisation peut héberger ses informations sur son propre territoire tout en demeurant exposée à des risques liés aux systèmes extérieurs auxquels elle accorde des autorisations d'accès. Pour les institutions publiques comme pour les entreprises privées, la réflexion doit donc intégrer la surveillance des accès, la détection des comportements anormaux, la maîtrise des outils utilisés et la capacité à réagir en cas d'incident. « Aujourd'hui, il y a beaucoup de choses que nous devons encore faire, avoir notre propre LLM, avoir nos données en local, mais surtout cette couche de technologie qui permet de nous protéger », a insisté Dr Convolbo. Il a également plaidé pour une gouvernance forte de l'intelligence artificielle, associant les compétences techniques à une véritable supervision humaine. L'objectif est notamment de pouvoir évaluer localement les performances des modèles, identifier les erreurs, corriger les informations mal représentées et contrôler les données utilisées pour leur adaptation. Cette responsabilité ne concerne cependant pas uniquement les gouvernements. À l'endroit des citoyens et des professionnels, le chercheur a formulé deux recommandations essentielles : vérifier systématiquement les informations produites par l'intelligence artificielle et éviter de transmettre des données confidentielles à des modèles extérieurs dont les conditions d'utilisation ne sont pas suffisamment maîtrisées.
Pour les entreprises et les organisations, il préconise de commencer par développer des usages reposant sur leurs propres ressources documentaires et des environnements techniques adaptés à leurs exigences de sécurité. Quant aux États, ils sont invités à intégrer pleinement l'intelligence artificielle dans leurs stratégies de souveraineté numérique.
Revenant sur les deux communications, la modératrice Rasmata Compaoré/Tiendrébéogo a salué la richesse des enseignements partagés. Elle a notamment relevé l'intérêt de cette démarche qui a permis de retracer l'évolution des technologies, d'expliquer les mécanismes internes des modèles de langage et d'aborder les défis liés à leur appropriation. Elle a également insisté sur la nécessité de prendre en compte les langues nationales, l'expertise locale et les enjeux de souveraineté dans les réflexions sur l'avenir de l'intelligence artificielle en Afrique.
La conférence s'est poursuivie par une invitation adressée aux participants à soumettre leurs préoccupations aux deux spécialistes. Dr Convolbo a, par ailleurs, partagé un fichier technique destiné aux personnes souhaitant expérimenter l'installation d'un modèle d'intelligence artificielle en local.
Farida Thiombiano
Lefaso.net
Comment favoriser l'adoption des paiements numériques par les commerçants et les PME ? Ce lundi 19 octobre 2026, Noella Badoh Kinda, de Wave Burkina Faso, a partagé l'expérience de l'entreprise et abordé les enjeux et opportunités du paiement digital, lors d'une conférence de Le Faso Digital 2026, modérée par Yéri Dorothée Sib. Vous avez manqué ce rendez-vous ? Retrouvez l'intégralité des La deuxième édition de la foire virtuelle des solutions numériques, Le Faso Digital, a accueilli, ce lundi 19 octobre 2026, une conférence en ligne sur l'adoption du paiement digital par les commerçants et les petites et moyennes entreprises (PME). À travers l'expérience de Wave, les échanges ont mis en lumière les avantages des transactions numériques, les obstacles à leur adoption et les moyens de renforcer la confiance des acteurs économiques.
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« Du cash au paiement digital : comment accélérer l'adoption chez les commerçants et les PME ? L'expérience de Wave ». C'est autour de cette problématique que s'est tenue, la conférence en ligne animée par Yéri Dorothée Sib, consultante en communication et marketing digital, avec la participation de Noella Badoh Kinda, directrice du développement commercial de Wave Mobile Money à Ouagadougou.
Inscrite dans le programme de la deuxième édition de Lefaso Digital, la foire virtuelle des solutions numériques portée par lefaso.net, cette rencontre a permis d'examiner les défis liés à la transition des paiements en espèces vers les solutions numériques, notamment dans les marchés, les boutiques et les petites entreprises.
Pour Noella Badoh Kinda, le maintien du cash dans les échanges commerciaux s'explique notamment par les habitudes des populations et la place qu'occupe l'argent liquide dans les activités quotidiennes. Toutefois, son utilisation comporte des contraintes souvent sous-estimées par les commerçants.
Elle a notamment évoqué les risques de vol, la circulation de faux billets, les erreurs de comptage et les difficultés à obtenir de la monnaie. À ces contraintes s'ajoutent le temps consacré au comptage des recettes et les déplacements nécessaires pour sécuriser ou déposer les fonds. Selon elle, l'absence de traces précises des transactions peut également compliquer le suivi des ventes, des revenus et des bénéfices.
Face à ces difficultés, le paiement digital apparaît comme une alternative susceptible de faciliter les opérations commerciales, de limiter certaines pertes et d'améliorer la gestion des recettes.
Des solutions adaptées aux besoins des PME
Au cours de la conférence, la représentante de Wave a présenté les solutions développées par l'entreprise pour répondre aux besoins des particuliers et des professionnels. Au Burkina Faso, Wave Business propose notamment des services de paiements de masse et de collecte de fonds.
Noella Liliane Jessica Kinda, directrice du développement commercial de Wave Mobile Money à Ouagadougou, a présenté les solutions de paiement digital proposées par l'entreprise aux commerçants et aux petites et moyennes entreprises.Les paiements de masse permettent à une entreprise d'effectuer plusieurs transferts en une seule opération. Cette fonctionnalité peut notamment servir à payer les salaires des employés ou à rémunérer plusieurs partenaires commerciaux sans avoir à transporter d'importantes sommes en espèces. Selon Noella Badoh Kinda, les bénéficiaires reçoivent les fonds sans frais, le coût du transfert étant supporté par l'entreprise émettrice.
La collecte de fonds, quant à elle, peut faciliter la centralisation des recettes provenant de plusieurs points de vente. Pour une entreprise disposant de différentes boutiques ou succursales, cette solution permet de transférer les fonds vers un compte principal, tout en limitant les déplacements et les interruptions d'activité.
L'utilisation de ces outils peut ainsi contribuer à un meilleur suivi des transactions et à une organisation plus efficace de la trésorerie. Elle offre également aux entreprises un historique de leurs opérations, susceptible de faciliter la lecture de leur activité financière.
Pour accéder à Wave Business, les commerçants et les PME doivent disposer des documents nécessaires à l'identification de leur activité. Wave leur propose ensuite une formation à l'utilisation de l'application, avec un accompagnement qui peut se faire en ligne ou en présentiel.
La confiance, un levier essentiel de l'adoption
Malgré les possibilités offertes par les paiements numériques, leur adoption reste confrontée à plusieurs obstacles. La confiance, les habitudes liées à l'argent liquide et la maîtrise des outils technologiques figurent parmi les principaux défis identifiés par la directrice du développement commercial de Wave.
Dorothée Sib, consultant en communication et marketing digital, a assuré la modération de la conférence consacrée à l'expérience de Wave dans la transition du cash vers le paiement digital.Pour les surmonter, elle a insisté sur la nécessité d'accompagner les commerçants dans la durée, de leur expliquer clairement le fonctionnement des solutions proposées et de leur présenter les coûts de manière transparente. La formation et la proximité avec les utilisateurs occupent, à cet égard, une place importante dans la démarche de l'entreprise.
« La digitalisation, ça ne se vend pas. En réalité, il faut répondre à un besoin », a-t-elle souligné au cours des échanges.
L'objectif est donc de démontrer concrètement aux commerçants l'intérêt de ces outils, plutôt que de chercher à leur imposer un changement de pratiques. La simplicité d'utilisation constitue également un facteur déterminant. La représentante de Wave a notamment mis en avant le paiement par QR code, qui permet d'effectuer une transaction en quelques étapes, ainsi que la disponibilité d'une carte Wave pour les personnes qui ne disposent pas de smartphone.
Elle a par ailleurs indiqué que Wave s'appuie sur un réseau de plus de 10 000 agents au Burkina Faso, ainsi que sur une vingtaine d'agences propres, afin de faciliter les dépôts, les retraits et l'accès aux services. La disponibilité des fonds demeure, selon elle, une préoccupation majeure pour les commerçants qui souhaitent pouvoir récupérer leur argent au besoin.
Les solutions de Wave Mobile Money pour les Petites et moyennes entreprises (PME), entre autres les transferts internationaux, les paiements en masse et la collecte des recettes auprès des agents du réseau.Le paiement marchand attendu au Burkina Faso
Les échanges avec les participants ont également porté sur la disponibilité du paiement marchand de Wave au Burkina Faso. Interrogée sur le calendrier de son déploiement, Noella Badoh Kinda a indiqué que l'entreprise y travaillait et que la question faisait l'objet d'une attention particulière.
Elle n'a toutefois pas communiqué de date précise de lancement. Elle a assuré que Wave entend proposer cette solution (déjà disponible sur d'autres marchés, notamment au Sénégal, en Côte d'Ivoire, en Gambie et au Mali) aux commerçants burkinabè.
Au-delà des opérateurs de paiement, l'adoption du numérique nécessite également l'implication des banques, des régulateurs, des pouvoirs publics et des grandes enseignes commerciales. Pour la représentante de Wave, l'utilisation des paiements digitaux par les services publics et les grandes entreprises peut contribuer à rassurer les consommateurs et à encourager les petites structures à leur emboîter le pas.
Wave entend lever les obstacles à l'adoption du paiement digital par les commerçants, en répondant à leurs préoccupations liées au coût, à la simplicité d'utilisation, à la sécurité des transactions et à l'accès à leurs fonds.Elle a également relevé l'importance de la traçabilité des opérations dans les relations avec les institutions financières. Un historique de transactions peut notamment aider une entreprise à mieux documenter son activité lorsqu'elle sollicite un accompagnement financier, même si l'accès au crédit dépend de plusieurs autres critères.
En conclusion, Noella Badoh Kinda a invité les consommateurs à utiliser davantage les moyens de paiement numériques disponibles. Selon elle, la demande des clients peut inciter progressivement les commerçants à proposer ces solutions. L'adoption repose ainsi sur une dynamique entre l'offre des entreprises et les habitudes des consommateurs.
La conférence a permis de rappeler que la transition vers le paiement digital ne se limite pas à la mise à disposition d'une application. Elle suppose également un travail de sensibilisation, de formation, de sécurisation des transactions et d'adaptation aux réalités des commerçants.
La deuxième édition de Lefaso Digital se tient du 17 au 24 octobre 2026, entièrement en ligne, sous le thème « Inclusion, souveraineté, innovation : vers un Burkina digital pour tous ». À travers ses conférences et ses échanges, cette foire virtuelle entend contribuer à la réflexion sur les usages du numérique et les conditions de son appropriation par les acteurs économiques et les populations.
Anita Mireille Zongo
Lefaso.net
En mai 2019, le Conseil régional de l'épargne publique et des marchés (CREMPF) de l'UEMOA a interpellé certaines sociétés de droit burkinabè qui exerçaient des activités de trading sur la légalité desdites activités, en invitant les personnes cocontractantes de ces sociétés à beaucoup de précautions, notamment sur la récurrence des offres de placement aux promesses de rendements élevés qui pourraient laisser entrevoir des promesses mirobolantes (communiqué du Parquet du TGI/Ouaga I).
Fin 2019, l'affaire, dite « sociétés de trading » au Burkina, éclate et est portée devant la justice, suite à l'interpellation de ces sociétés de suspendre les collectes de fonds auprès des citoyens contre des promesses d'intérêts au-dessus de 50%. La justice commandite une enquête, pour juger de la solvabilité desdites sociétés. Le rapport de ladite enquête, relayé par notre confrère L'économiste du Faso, repris par Lefaso.net, a montré que la plupart des sociétés sont déficitaires.
Depuis lors, plus de 1 000 personnes attendent un dénouement, avec à l'espoir de recouvrer les sommes qu'elles y ont injecté, estimées à plusieurs milliards de francs CFA. Ce lundi 19 octobre 2026, plusieurs dizaines de ces ‘'victimes'' étaient mobilisées au Tribunal de grande instance Ouaga I (TGI/Ouaga I), où le dossier était inscrit au rôle de la première session de l'année judiciaire 2026-2027 du pôle judiciaire spécialisé dans la répression des infrastructures économiques et financières et de la criminalité organisée (pôle ECOFI). Appelé à l'ouverture de l'audience, le dossier a été, après échanges entre le tribunal et les parties, renvoyé au 20 novembre 2026, « pour permettre aux parties (conseils des prévenus et conseils des victimes) de s'organiser ».
Selon des conseils, les intéressés n'ont eu l'information du passage du dossier, qu'au cours du week-end, à travers Facebook. « Beaucoup n'ont pas les pièces du dossier, donc tout le monde a besoin de temps pour permettre aux parties de s'organiser », a-t-on noté des motifs, auxquels le tribunal a accédé, renvoyant le dossier au 20 novembre 2026.
Pour davantage comprendre cette affaire, lire liens ci-après :
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Un homme de 26 ans, récemment sorti de prison, est soupçonné d'avoir volé un véhicule à Bobo-Dioulasso avant de réclamer 380 000 FCFA à son propriétaire en échange d'informations permettant de le retrouver. Il a été interpellé le 12 octobre 2026 par les éléments de la Brigade de recherches et d'intervention du Commissariat central de police de la ville.
Le Commissariat central de police de Bobo-Dioulasso a animé, dans l'après-midi de ce lundi 19 octobre 2026, un point de presse consacré à des faits de criminalité enregistrés dans la ville. À cette occasion, le commissaire central de police, Soumaïla Nombré, a présenté une affaire de vol de véhicule impliquant un homme de 26 ans, interpellé le 12 octobre dernier par les éléments de la Brigade de recherches et d'intervention (BRI). Selon les explications fournies par la Police nationale, les faits remontent au 11 octobre 2026. Aux environs de 21 heures, le propriétaire d'un véhicule de marque Mercedes 190 a signalé sa disparition au secteur n°4 de Bobo-Dioulasso. Aussitôt alertés, les enquêteurs ont engagé des investigations afin d'identifier et d'interpeller le ou les auteurs présumés.
Les premiers éléments de l'enquête révèlent que le suspect, identifié par les initiales S.J., aurait aperçu le véhicule stationné au bord de la voie, à proximité d'un débit de boissons dans le quartier Koko. Constatant qu'une portière était mal fermée, il aurait décidé de s'en emparer. Pour parvenir à ses fins, il se serait rendu dans un garage situé à proximité, où il aurait dérobé une clé de véhicule avant de revenir démarrer la Mercedes et de quitter les lieux. Après le vol, le présumé auteur aurait dissimulé le véhicule au secteur n°16, dans le quartier Saint-Etienne, afin d'échapper aux recherches.
380 000 FCFA réclamés au propriétaire
L'affaire prend une autre tournure le lendemain. D'après la Police nationale, le suspect se serait rendu dans une boutique de téléphonie mobile pour acquérir une carte SIM, en utilisant une Carte nationale d'identité burkinabè (CNIB) appartenant à une tierce personne et dérobée quelques jours auparavant.
Il aurait ensuite contacté le propriétaire du véhicule pour lui réclamer la somme de 380 000 FCFA en échange de renseignements susceptibles de lui permettre de retrouver son bien. Le présumé auteur aurait assorti sa demande d'un ultimatum de trois heures. Il aurait obtenu le numéro de téléphone de la victime grâce à un carnet d'épargne retrouvé dans le véhicule. Les informations communiquées aux enquêteurs ont permis de remonter jusqu'au numéro utilisé pour contacter la victime. Une réquisition adressée à l'opérateur de téléphonie mobile a notamment contribué à l'identification du suspect.
Les journalistes présents à la conférence de presseLes enquêteurs ont alors élaboré une stratégie qui a conduit ce dernier à se présenter physiquement sur les lieux où il a été interpellé le 12 octobre 2026, aux environs de 17 heures. D'abord, il aurait tenté de nier son implication, affirmant avoir été envoyé par un inconnu pour déposer le carnet. Confronté aux éléments recueillis, il aurait finalement reconnu les faits, selon les explications de la Police nationale. Le propriétaire de la CNIB utilisée pour obtenir la carte SIM a également été interpellé dans le cadre des investigations. Il a toutefois été remis en liberté après que les enquêteurs ont établi, selon le commissaire central, qu'il n'était pas impliqué dans le vol.
Un récidiviste présumé qui sortait de prison
Selon la Police nationale, le mis en cause est un ancien apprenti mécanicien automobile. Il aurait mis à profit ses connaissances en mécanique pour s'emparer du véhicule, qu'il aurait ensuite conduit sans permis de conduire. Le commissaire central a également indiqué que le suspect venait de sortir de la Maison d'arrêt et de correction de Diébougou. Les enquêteurs ont saisi une Mercedes 190, un téléphone portable contenant la carte SIM utilisée pour contacter la victime ainsi que la CNIB ayant servi à l'acquisition de cette puce.
Le présumé auteur devra être présenté au procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso pour répondre des faits qui lui sont reprochés, notamment le vol de véhicule, la conduite sans permis de conduire et l'usage frauduleux de l'identité d'autrui.
Interrogé sur les peines encourues, le commissaire central a indiqué que le vol de véhicule est passible d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement, assortie éventuellement d'amendes. Il a précisé que la situation de récidive présumée pourrait être prise en compte par la juridiction compétente, qui appréciera également les éventuelles conséquences d'une précédente condamnation assortie d'un sursis.
La police appelle à davantage de vigilance
Au-delà de cette affaire, la police nationale met en garde contre les vols commis dans les véhicules stationnés. Selon le commissaire central, les services de police reçoivent régulièrement des plaintes relatives à la disparition d'objets de valeur, parfois après le bris des vitres des véhicules. Des ordinateurs, des armes et d'autres biens peuvent ainsi être dérobés. Il recommande aux automobilistes de vérifier systématiquement la fermeture des portières, de sécuriser les dispositifs de démarrage et d'activer les alarmes lorsque les véhicules en sont équipés. Il les invite également à éviter les stationnements dans des endroits isolés et à privilégier les lieux éclairés ou surveillés.
La police nationale met en garde contre les vols commis dans les véhicules stationnésPour Soumaïla Nombré, la vigilance individuelle doit s'accompagner d'une solidarité entre citoyens. La surveillance mutuelle des véhicules, notamment dans les parkings et entre riverains, peut contribuer à prévenir certains actes de délinquance. La police nationale invite enfin les populations à signaler tout fait suspect en composant le 17 pour la police nationale, le 16 pour la gendarmerie nationale et le 1010 pour le Centre national de veille et d'alerte (CNVA).
Romuald Dofini
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The Pentagon has pulled all B-1B bombers from RAF Fairford after suspicious activity and fresh Iran-related security concerns, sending at least a dozen aircraft back to the U.S. https://t.co/qzWXtMx89m
— Military Mechanics (@MilitaryMechs) October 11, 2026 Can you imagine this happening 20 years ago? How about 10? The UK has fallen. I won't go into why I think that is but you should be able to EASILY figure that out. But it goes deeper. Should we still involve them in intel sharing? Are they still reliable? Should we be looking at other locations for operations in the Middle East? My answer is that we MUST find alternatives and quickly. I'm thinking that there have to be other countries that can provide the same access with much greater security across the board...intel, force protection etc.. The days of UK being our rock and our special friend is over!Cinq patients guéris d’Ebola ont quitté lundi 31 aout 2026 les centres de traitement de la ville de Beni, au Nord-Kivu. Il s’agit de deux enfants, deux femmes et un soignant. Depuis le début de la 17e épidémie d’Ebola en RDC en mai dernier, c’est le plus important nombre de sorties enregistrées en une seule fois dans les deux centres de traitement d’Ebola à Beni.
La Fondation Bill Clinton pour la paix (FBCP) et la Sous-Commission permanente des droits civils et politiques de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) tirent la sonnette d’alarme sur les détentions prolongées en République démocratique du Congo.