Le prix du super sans plomb a augmenté de 92 francs CFA depuis le 10 septembre dernier, dans un contexte où le coût de la vie pèse déjà lourdement sur les ménages togolais. Cette nouvelle hausse, la deuxième en moins de quatre mois, suscite peu de réactions dans la rue. Dans le même sur les réseaux sociaux, ça « bavarde dans la colère ». Pourquoi le togolais est si prompt aujourd’hui à réagir sur les réseaux sociaux, mais se cache quand il s’agit de se mettre en mouvement pour sauver son quotidien ?
Fin février 2017, à Lomé, la hausse des prix du carburant enflamme les rues de la capitale togolaise. La veille, le gouvernement avait procédé à une augmentation des prix des produits pétroliers.
Le super sans plomb était passé de 476 à 524 francs CFA le litre et le gasoil de 478 à 526 francs, soit une hausse d’environ 10 %. Chauffeurs et conducteurs de taxi-moto descendent dans la rue. Plusieurs grands carrefours de la capitale sont bloqués. La contestation dégénère. Dans un communiqué publié en fin de soirée, le gouvernement fait état d’un mort et de plusieurs blessés.
Neuf ans plus tard, le contraste est saisissant. De mai à septembre 2026, les produits pétroliers ont connu deux hausses significatives. Le super sans plomb est passé de 680 à 817 francs CFA, soit une augmentation de 20,15 %, tandis que le gasoil est passé de 695 à 766 francs, soit une hausse de 10,22 %.
Face à cette flambée des prix, qui pèse davantage sur un pouvoir d’achat déjà érodé, les réactions restent, contrairement à celles de 2017, limitées. Les principales émanent des partis politiques de l’opposition, par voie de communiqués.
Si le contexte économique, politique et social de 2017 n’est plus exactement le même qu’aujourd’hui, une question demeure : comment expliquer l’absence de contestation dans la rue après une hausse, sur certains produits, plus importante que celle de février 2017 ?
Interrogé sur le silence de la Ligue des consommateurs togolais (LCT) face à cette nouvelle augmentation, Emmanuel Sogadji estime que les syndicats des transporteurs ont « pris en otage » le secteur pétrolier. Le président de la LCT dénonce ce qu’il considère comme une forme de complicité des syndicats des transporteurs qui, selon lui, entérinent les décisions du gouvernement et se transforment progressivement en simples relais de sensibilisation des décisions publiques, au détriment de la défense des intérêts de leurs membres.
Du côté des transporteurs, un membre de la commission ayant participé à la tournée de sensibilisation, qui a requis l’anonymat, rejette cette lecture. Il affirme que les syndicats n’ont pas été associés aux discussions sur les prix.
« Le gouvernement nous a convaincus à travers des explications que si rien n’est fait, il y aura une pénurie de carburant et cela risquerait de peser beaucoup sur les transporteurs. Les discussions n’ont pas porté sur le prix », explique-t-il.
Du côté de la fonction publique, les différents syndicats de travailleurs restent également silencieux. Pendant ce temps, les consommateurs, pris entre la hausse des prix et l’érosion de leur pouvoir d’achat, supportent les conséquences sur leur quotidien. Les tarifs des transports ont augmenté, avec des répercussions sur les déplacements et, indirectement, sur le prix des marchandises.
La contestation, elle, ne semble pas dépasser les conversations dans les quartiers, les plaintes dans les stations-service et les publications sur les réseaux sociaux.
En neuf ans, le prix du super sans plomb est passé de 476 à 817 francs CFA, soit une augmentation de 341 francs par litre. Pourtant, la réaction de la population semble avoir changé de nature. Adhésion ou résignation ?
Rien ne permet de l’affirmer. Une chose apparaît toutefois : entre la rue de 2017 et le silence de 2026, c’est le rapport entre mécontentement social et mobilisation collective qui semble avoir profondément changé.
François Bangane
lalternative.info
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Les populations ne mangent pas les notations ou encore les statistiques économiques ! Cette évidence, si simple, est visiblement difficile à comprendre par le régime Rpt/Unir qui plonge au fil du temps les Togolais dans la misère, tentant de cacher la réalité par des pseudos performances économiques avec chiffres fabriqués. Faure Gnassingbé et son gouvernement courent derrière des statistiques pour convaincre les institutions financières internationales à leur prêter beaucoup plus d’argent qu’ils finissent par détourner.
Le Président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, au cours de sa dernière visite d’Etat en France, a accordé une interview à 3 journalistes de chaînes panafricaines sur l’actualité de son pays. Interrogé sur la dégradation des notations des agences internationales, il n’a pas tourné autour du pot : « Est-ce que le peuple vit des notations ? Est-ce que le peuple mange les notations ? ».
Il s’agit véritablement d’une réalité que peint le Chef de l’Etat gabonais qui, par ailleurs, déclarait avoir demandé un audit des dettes que réclame le FMI à son pays.
En effet, aucune population ne vit des notations. D’ailleurs, de nombreux économistes remettent de plus en plus en question le modèle économique que les institutions internationales et les agences de notation tentent d’imposer aux Etats africains.
Au Togo, le régime qui dirige le pays depuis près de soixante (60) ans n’a pas encore conscience de cette vérité. Faure Gnassingbé qui a succédé son père au pouvoir en 2005 se couche volontiers devant les institutions financières internationales pour obtenir de « bonnes notations » et endetter de plus en plus le Togo. Depuis plus de 20 ans que Faure Gnassingbé est au pouvoir, le Togo ne connait aucun véritable grand chantier ni en terme de bâtiments et travaux publics, ni en terme de réformes constructives et profitables aux Togolais.
Pendant que les opérateurs économiques se plaignent du manque de dynamisme du marché togolais, le gouvernement se targue d’une progression des activités économiques. Faure Gnassingbé et sa minorité au pouvoir se félicitent régulièrement d’être dans les 1ères places des statistiques de l’Uemoa pendant que sans bruit et sans invention de performances, d’autres Etats comme le Bénin, la Côte d’Ivoire érige des infrastructures utiles aux populations tout en sécurisant les investissements.
Entre la politique des notations d’un Faure Gnassingbé cumulant 21 années de pouvoir et la politique de satisfaction des Gabonais d’un Oligui Nguema qui fait moins de 5 années au pouvoir (période de transition y compris), le contraste est saisissant. Là où le président gabonais dénonce des financements sur des projets non jamais exécutés ou mal exécutés et décide un revirement total, le dictateur togolais n’a que cure du sort des projets financés. Pour ce dernier, le plus important est d’avoir à disposition de l’argent pour ses propres intérêts.
En définitive, l’ex ministre des Armées du Togo mise en détention pour avoir critiqué la gouvernance du dictateur togolais a bien raison de déclarer que Faure Gnassingbé ne peut plus rien apporter à ses concitoyens.
Source : Lalternative.info
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La situation qu’affronte actuellement le pouvoir de Lomé est inédite. De nombreux facteurs créent un contexte différent des tensions politiques récurrentes dans le pays.
Depuis 1967, le Togo connait des tensions politiques à répétition avec le général Gnassingbé Eyadéma, puis avec son fils Faure Gnassingbé qui a capté le pouvoir en 2005. La situation est devenue vraiment particulière à compter de mars 2024.
Le régime dynastique incarné aujourd’hui par Faure Gnassingbé a une longévité qui en fait la plus vielle dictature d’Afrique. Après 20 ans à la tête de l’Etat, il a opéré un changement de Constitution qui lui permet de conserver indéfiniment un pouvoir absolu, sans besoin de se présenter à une élection.
C’est dans ce contexte que les organisations de la société civile et les partis politiques ont introduit une requête auprès de la Cour de Justice de la CEDEAO. Une démarche minimisée par le pouvoir qui finit par être surpris par l’arrêt de la Cour. Une décision judiciaire historique qui constate qu’il s’agit d’un « changement inconstitutionnel de gouvernement ». Cette conclusion constitue désormais une jurisprudence pour toute l’Afrique.
La société civile et les partis politiques contestant la Ve République issue de la nouvelle Constitution de mars 2024, se sont mis ensemble, une partie dans le Cadre National de Concertation pour le Changement (CNCC), et l’autre dans les regroupements porteurs du Manifeste Génération Togo (MGT). Les deux groupes ont bien compris l’importance de cet arrêt et ont adapté leur stratégie en conséquence.
Alors que chaque groupe cheminait jusqu’alors chacun de son côté, le CNCC et les regroupements porteurs du MGT ont cosigné un mémorandum traçant la voie pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Ils l’ont présenté lors d’une conférence de presse le 25 août dernier ; une conjonction inattendue qui tétanise le pouvoir.
Dans ce nouvel environnement, les autorités togolaises ne peuvent pas appliquer leurs vieilles recettes pour espérer retrouver un nouveau souffle. Ni les répressions, ni les détentions arbitraires, ni les menaces sur les acteurs politiques et de la société civile, ni les intimidations des médias locaux, ni la pression sur les médias internationaux – suspension France 24 et RFI – ni les arrestations de journalistes français sur fond de chantage, ne peuvent remettre en selle le pouvoir de Lomé. Seule une approche, à la fois novatrice et courageuse, permettra de rétablir pacifiquement l’ordre constitutionnel.
Depuis deux décennies qu’il est au pouvoir, Faure Gnassingbé a su sortir des crises politiques successives, par la manipulation, la violence, la corruption des élites qui finissent par déboucher sur un dialogue de dupes. Tout cela ne peut plus fonctionner parce que le contexte a significativement évolué.
Tout le désordre institutionnel créé par le changement de Constitution est devenu une évidence, à l’aune de la décision judiciaire.
D’un côté, la nouvelle Constitution est illégale, elle n’existe donc pas. Revenir sur la Constitution de 1992 est aussi problématique, parce qu’il n’y pas eu d’élection présidentielle aux dates prévues. La conséquence est que l’absence de président de la République élu au suffrage universel direct au titre de la Constitution de 92 crée un vide constitutionnel avéré.
C’est pourquoi la transition politique inclusive s’impose par la force des choses, et c’est la solution pacifique défendue par les signataires du mémorandum.
Si le Togo était un Etat de droit, respectant donc les institutions nationales et internationales, les dirigeants togolais tireraient les conséquences de cet arrêt d’une juridiction supranationale. Mais, Faure Gnassingbé se met au-dessus des lois internationales, comme il le fait allègrement pour les nationales. C’est pourquoi la pression populaire devient nécessaire.
Il est curieux de noter que lorsque nous évoquons la nécessité de manifestations pacifiques publiques, le pouvoir hurle qu’on veut déstabiliser les institutions. Depuis quand une manifestation citoyenne, consacrée par la Constitution, doit-elle être considérée comme un instrument de déstabilisation ?
Quand les libertés publiques sont confisquées par un régime reconnu illégal et illégitime qui n’a pour réelle ambition que le maintien au pouvoir, la seule voie légale consacrée par la Constitution est la reprise par le peuple de sa souveraineté, en exerçant une pression populaire.
Les déclarations tapageuses du régime togolais prétendant que la Cour a outrepassé ses droits, n’enlèvent rien à l’autorité de la chose jugée, l’arrêt étant sans recours et donc exécutoire. L’Etat togolais a l’obligation de respecter cet arrêt, surtout qu’il a refusé de se présenter devant les juges.
Toutes les singularités de ce régime ont interpellé certaines universités occidentales. C’est ainsi qu’en juin 2026, une professeure de l’Université Catholique de Louvain (Belgique), Anne-Sophie Gijs, a été sans doute tellement stupéfaite, qu’elle a donné aux étudiants en Master de relation internationale, un sujet d’examen visant à analyser le changement de Constitution au Togo en mars 2024. Un cas d’école dans tous les sens du terme.
Nathaniel Olympio
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À l’occasion de la Journée internationale de la démocratie, célébrée chaque 15 septembre, l’universitaire togolais Roger Folikoué a choisi de relayer un extrait de l’ouvrage de l’opposant camerounais Maurice Kamto, “L’Urgence de la pensée”, consacré à la définition et aux fondements philosophiques du système démocratique.
Dans cette publication largement partagée, Folikoué met en avant une réflexion de Kamto qui présente la démocratie non pas comme un simple régime politique, mais comme une véritable méthode fondée sur l’acceptation de la diversité et la capacité à faire coexister des positions contradictoires. Pour l’opposant camerounais, la démocratie est avant tout un rempart contre la tentation de l’uniformité et de la pensée unique, une conception qui fait écho aux tensions politiques que traverse actuellement une bonne partie du continent africain.
L’extrait insiste également sur le rôle central du débat et de l’erreur dans le processus démocratique. Selon Kamto, un système démocratique authentique se reconnaît à sa capacité à admettre ses propres failles, à expérimenter, puis à corriger le tir lorsque ses choix se heurtent au réel. C’est cette faculté d’autocritique permanente, plus que la simple tenue d’élections, qui distinguerait selon lui les démocraties véritables des systèmes qui n’en portent que le nom.
Le texte convoque aussi deux références majeures de la pensée politique occidentale. D’une part, le sociologue et théologien français Jacques Ellul, pour qui une démocratie digne de ce nom exige de la raison, de la lucidité et surtout de l’humilité intellectuelle de la part des dirigeants comme des citoyens. D’autre part, le philosophe Isaiah Berlin, dont Kamto reprend l’idée selon laquelle être véritablement démocrate suppose d’accepter que ses propres adversaires politiques puissent, eux aussi, détenir une part de vérité.
En partageant ce texte précisément le jour dédié à la démocratie, Prof. Roger Folikoué s’inscrit dans une démarche qui dépasse le simple exercice de citation. Dans un contexte togolais marqué par des débats persistants sur l’état des libertés publiques et la nature du pouvoir en place, la mise en avant de cette réflexion de Kamto, lui-même figure emblématique de l’opposition camerounaise et ancien candidat à la présidentielle de 2018, résonne comme une invitation implicite à interroger la solidité des pratiques démocratiques dans la sous-région.
Cette publication illustre par ailleurs la manière dont les universitaires et intellectuels africains continuent de se saisir des textes de leurs pairs pour nourrir, au-delà des frontières nationales, un débat commun sur les conditions d’une gouvernance véritablement pluraliste sur le continent.
Lire la tribune dans son intégralité
15 SEPTEMBRE : JOURNEE INTERNATIONALE DE LA DÉMOCRATIE
En cette journée internationale de la démocratie, donnons la parole à Maurice KAMTO, in L’Urgence de la pensée.
« La démocratie, un paradigme de la complexité.
Parce qu’elle est célébration du peuple et du pluriel, la démocratie est, en son essence, une MÉTHODE, celle qui est fondée sur le respect de la diversité et qui vise à faire coexister les contraires.
Elle est le Sursaut du pluriel contre l’irrésistible tentation de l’un. C’est pourquoi la tolérance lui est consubstantielle.
La démocratie permet de tâtonner ensemble, d’ essayer en commun de tracer l’asymptote de la vérité et de se prémunir des dogmes.
Elle est fondamentalement possibilité d’alternative et d’alternance. C’ est le seul ordre qui permet d’ expérimenter des prétentions formellement exprimées et d’ en changer lorsqu’ elles se révèlent en divorce avec la réalité. Elle croit donc à l’ erreur et par là même à bla perfectibilité. Le débat est sa pierre de touche parce qu’il crée les conditions d’échanges, du commerce d’idées, du dialogue politique et social.
C’ est une méthodologie de la critique positive qui reconstruit autrement ce qu’ elle déconstruit, ou qui reconstruit autre chose sur les ruines de ce qu’elle a détruit.
La démocratie ne présume pas la fausseté d’ une pensée, elle se garde de la bâillonner et s’assigne comme devoir de la confronter avant de la réfuter.
Il ne peut y avoir de démocratie humaine, pense Jacques Ellul, que si l’ homme met la raison et la lucidité au centre du débat, s’ il fait une grande part à l’humilité intellectuelle; il peut alors reconnaître les limites et l’ incertitude de son information, la relativité de ses idées et de ses opinions, l’utilité humble des institutions qu’ il ne faut jamais exalter au- dessus d’ un usage impertinent, mais non plus mépriser.
Être démocrate, c’est, comme le dit Isaiah Berlin, non seulement accepter les opinions divergentes, mais admettre que ce sont peut-être vos adversaires qui ont raison. »
Roger la Joie de la Croix FOLIKOUE
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Les partis membres du Cadre national de concertation pour le changement (CNCC) donnent rendez-vous à leurs militants et à l’opinion publique, ce vendredi 4 septembre 2026, à Lomé. Une conférence publique consacrée à la situation sociopolitique du Togo est annoncée à cette occasion.
L’opposition togolaise poursuit sa mobilisation. Les formations politiques regroupées au sein du Cadre national de concertation pour le changement (CNCC) organisent, ce vendredi 4 septembre, une conférence publique dans la capitale togolaise.
La rencontre est portée par l’Alliance nationale pour le changement (ANC), l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), les Forces démocratiques pour la République (FDR) et le Pacte socialiste pour le renouveau (PSR). Les organisateurs ont officiellement informé le ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières de la tenue de cette activité, à travers une lettre déposée le lundi 31 août 2026.
La conférence est prévue à partir de 8h30 dans la salle de conférence de la MUGET, à Djidjolé. Elle devrait permettre aux responsables des partis membres du CNCC de revenir sur les principaux sujets qui alimentent actuellement le débat politique national.
L’opposition maintient la pression
Cette nouvelle initiative intervient dans un contexte marqué par un rapprochement entre les principaux regroupements de l’opposition togolaise. Le 25 août dernier, des formations de l’opposition avaient rendu public un mémorandum commun proposant des pistes de sortie de crise face à la situation politique et institutionnelle du pays.
Cette dynamique fait notamment suite à la décision de la Cour de justice de la CEDEAO concernant la réforme constitutionnelle adoptée au Togo en 2024. L’arrêt de la juridiction communautaire a relancé les débats sur la légitimité et les conséquences de cette réforme, ainsi que sur l’évolution institutionnelle du pays.
À travers cette conférence publique, les partis du CNCC entendent donc exposer leur lecture de l’actualité sociopolitique et réaffirmer leurs positions sur les questions institutionnelles qui continuent de diviser la classe politique togolaise.
La rencontre pourrait également servir de nouvelle tribune pour l’opposition afin de poursuivre la mobilisation autour de ses revendications et de sa proposition de sortie de crise.
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Après plusieurs semaines de détention à Lomé, les journalistes-réalisateurs français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani ainsi que leur fixeur togolais, Fred Vedomey, ont été remis en liberté provisoire.
Une nouvelle étape vient d’être franchie dans l’affaire impliquant les deux journalistes français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani et leur collaborateur togolais Fred Vedomey. Incarcérés depuis leur arrestation le 27 juillet dernier, les trois hommes bénéficient désormais d’une mesure de mise en liberté provisoire.
La décision a été prise par les autorités judiciaires togolaises et est entrée en vigueur mardi 1er septembre 2026. Elle met ainsi fin à plusieurs semaines de détention des trois prévenus à Lomé, dans l’attente de la suite de la procédure judiciaire.
Contacté par Radio France Internationale (RFI), l’un de leurs avocats a expliqué que leur « maintien en détention n’était plus nécessaire pour la manifestation de la vérité ».
Arrêtés dans le nord du Togo
Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani étaient arrivés au Togo pour réaliser un épisode de « Les routes de l’impossible », une série documentaire diffusée sur France Télévisions. Leur tournage les avait conduits dans le nord du pays, où ils ont été interpellés le 27 juillet avec leur fixeur togolais, Fred Vedomey.
Les trois hommes font l’objet de poursuites pour fausses déclarations. Leur arrestation avait suscité des réactions, notamment de la part de plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse.
Selon les éléments communiqués précédemment autour de cette affaire, les autorités togolaises avaient notamment évoqué des questions liées aux conditions dans lesquelles le tournage était réalisé.
La mise en liberté provisoire ne signifie toutefois pas la fin de la procédure judiciaire. Les trois hommes restent concernés par les poursuites engagées contre eux et devront se conformer aux exigences de la justice togolaise.
Après plusieurs semaines derrière les barreaux, les deux journalistes français et leur collaborateur togolais retrouvent donc leur liberté, en attendant l’issue de la procédure.
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Par Rodrigue Ahégo,
La Voix des Sans-Voix
Dans une récente sortie médiatique sur les ondes de Kanal FM lors de l’émission Le Club de la Presse, Kanka-Malik Natchaba, militant et « cadre » du parti RPT/UNIR, s’est livré à un exercice d’acrobatie intellectuelle et de contorsion juridique. Évoquant l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO et les exigences de sanctions ciblées réclamées par les organisations de la société civile africaines contre les auteurs du changement inconstitutionnel opéré en 2024 au Togo au profit exclusif de Faure Gnassingbé, le militant a cru bon d’opposer des certitudes empreintes d’amateurisme à la clarté du droit régional et continental.
En affirmant avec assurance que les sanctions ne sauraient exister en dehors du « dispositif propre » d’un arrêt judiciaire, Malik Natchaba opère une confusion monstre sur les règles applicables lorsque des actes posés violent des dispositions communautaires, régionales ou internationales.
La CADEG : les fondements de l’article 23 et le régime des sanctions
Malik Natchaba semble ignorer la portée des textes africains auxquels le Togo est partie prenante. La Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG) qualifie sans équivoque les manœuvres de révision constitutionnelle opportunistes et prévoit un régime de sanctions strict :
– les violences juridiques ciblées par l’Article 23 : Cet article dispose que constitue un changement anticonstitutionnel de gouvernement – passible de sanctions appropriées de l’Union africaine – tout recours à « tout amendement ou toute révision des Constitutions ou des instruments juridiques qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique ». L’imposition d’une nouvelle constitution en 2024 sans référendum, en violation des procédures contenues dans la Constitution de 1992 ainsi que dans le Protocole additionnel de la CEDEAO, privant les citoyens du droit de choisir directement leur Président pour installer un régime parlementaire sur mesure, entre exactement dans ce cas de figure.
– les sanctions juridiques des Articles 24 et 25 : Dès lors qu’un changement anticonstitutionnel est constaté, les articles suivants activent des sanctions automatiques et contraignantes. L’article 24 confie au Conseil de paix et de sécurité de l’UA la responsabilité de suspendre immédiatement l’État partie concerné de l’exercice de son droit de membre. L’article 25 va plus loin en interdisant aux auteurs de ce changement d’intervenir ou de se présenter aux élections organisées pour le retour à l’ordre constitutionnel, tout en les exposant à des sanctions économiques et à des poursuites judiciaires.
Le droit communautaire n’exige pas qu’une décision de justice détaille elle-même chaque peine diplomatique : c’est la violation des règles conventionnelles qui déclenche l’application des mécanismes de sanctions prévus par les traités et chartes.
La mémoire sélective face aux sanctions signées contre les putschistes de Guinée
L’ironie de la démonstration de Malik Natchaba devient cinglante lorsqu’on réexamine l’historique récent de la CEDEAO sous l’impulsion directe des chefs d’État de la région, dont Faure Gnassingbé.
Lors du Sommet extraordinaire de la CEDEAO tenu à Accra le 16 septembre 2021 à la suite du coup d’État en Guinée, la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement – dont le communiqué officiel porte la signature engageante de Faure Gnassingbé aux côtés de ses pairs – a adopté des mesures d’une fermeté exemplaire :
– interdiction de voyager imposée à l’ensemble des membres de la junte militaire (CNRD) ainsi qu’à leurs familles ;
– gel des avoirs financiers de ces mêmes dirigeants et de leurs proches ;
– suspension immédiate de la Guinée de toutes les instances de décision de la CEDEAO.
Lorsque les régimes voisins rompent l’ordre constitutionnel, la diplomatie togolaise appose sans hésiter sa signature au bas de sanctions ciblées individuelles, automatiques et coercitives. En revanche, lorsqu’un changement inconstitutionnel est opéré à Lomé en 2024 pour garantir la pérennité du pouvoir, le discours bascule vers la dénégation des règles régionales et le refuge derrière une souveraineté de façade.
Cette politique du deux poids, deux mesures met en lumière la vacuité de l’argumentation du RPT/UNIR, habitué des coups d’État et des passages en force constitutionnels, institutionnels et électoraux. Les sanctions ciblées réclamées par la société civile contre les auteurs du tripatouillage constitutionnel au Togo ne sont nullement une invention absurde, mais l’application symétrique de la jurisprudence politique que Faure Gnassingbé a lui-même signée et approuvée contre ses colistiers putschistes guinéens.
Un arrêt judiciaire n’est pas un texte de loi général
Sur le plan strictement juridique (Cours de droit public -L1- B.A.-BA), l’argument de Malik Natchaba prétendant que l’absence de sanctions explicites dans le dispositif d’un arrêt de la Cour de la CEDEAO interdirait toute mesure ultérieure par l’Organisation repose sur un contresens majeur :
– la séparation des fonctions institutionnelles : La Cour de justice de la CEDEAO est une instance juridictionnelle chargée de dire le droit et de constater la violation des droits humains ou des normes communautaires.
– le rôle politique de la Conférence des Chefs d’État : L’infliction de sanctions politiques, économiques ou diplomatiques relève de la Conférence des Chefs d’État et du Conseil de médiation, qui tirent les conséquences politiques des constats de violation établis sur le plan du droit.
Vouloir limiter la portée des manquements du RPT/UNIR au seul texte d’un arrêt relève d’une tentative désespérée de masquer la réalité.
Un rappel à l’ordre face à l’idolâtrie politique
Au lieu de venir sur les antennes de radio exposer ses limites juridiques et se moquer de l’intelligence des Togolais, Malik Natchaba aurait mieux fait de se taire. Plutôt que d’alimenter une idolâtrie permanente autour de leur champion qu’ils adulent à longueur de journée, les « cadres » du RPT/UNIR devraient comprendre que les citoyens avisés ne se laissent plus distraire par de la rhétorique partisane.
Le Togo n’est la propriété exclusive d’aucun clan. Se mouler dans un jeu de chaises musicales de père en fils ne donne nullement le droit de considérer notre pays comme le patrimoine privé d’une minorité. Les citoyens, la société civile africaine et les juristes indépendants continueront de rappeler que les traités internationaux et la Charte de la démocratie s’imposent à tous, y compris à ceux qui croient pouvoir régner sans fin.
J’invite donc Malik Natchaba à lire et relire la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG), dont le contenu démontre sans ambiguïté comment le droit continental cadre et sanctionne les révisions constitutionnelles abusives au sein des États membres.
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Un présumé membre d’un réseau de voleurs de motocyclettes a été interpellé par la Police nationale togolaise dans la nuit du mardi 25 août 2026, à proximité de la frontière avec le Ghana. Deux de ses complices ont toutefois réussi à prendre la fuite en direction du pays voisin.
Les faits se sont produits aux environs de 2h15. Des éléments d’une équipe de patrouille nocturne ont aperçu trois individus circulant à dos d’une motocyclette près de la frontière avec le Ghana. À la vue des policiers, les trois hommes ont pris la fuite, abandonnant leur engin avant de poursuivre leur course à pied.
Après vérification, la motocyclette abandonnée s’est révélée être volée. Une course-poursuite a alors été engagée, permettant aux forces de l’ordre d’interpeller l’un des suspects. Il s’agit de S. Eric, 23 ans, de nationalité togolaise, coiffeur et domicilié à Yokoè. Ses deux complices sont, quant à eux, parvenus à s’échapper en direction du Ghana.
Interrogé par les enquêteurs, le suspect a reconnu son implication dans le vol d’une motocyclette appartenant à G. K. Moris, chauffeur résidant dans le quartier Awatamé, à Lomé. Il a également fourni des informations sur le déroulement du vol et l’identité de certains de ses présumés complices.
Selon les premières déclarations recueillies, les trois individus se seraient introduits par effraction dans la propriété de la victime, en passant par la grande porte, avant de repartir avec sa motocyclette de marque HAOJUE, type 125-8.
Les indications fournies par le suspect ont ensuite conduit les policiers sur les lieux du vol afin de procéder aux premières vérifications et de poursuivre les investigations.
S. Eric doit être présenté au parquet pour répondre des faits qui lui sont reprochés. Les recherches se poursuivent par ailleurs pour retrouver les deux autres suspects et déterminer l’étendue de leurs éventuelles activités criminelles.
À travers cette nouvelle interpellation, la Police nationale réaffirme sa volonté de lutter contre l’insécurité et de protéger les personnes ainsi que leurs biens. Elle appelle également la population à rester vigilante et à signaler tout comportement susceptible de troubler la tranquillité publique.
Pour joindre les forces de sécurité, les citoyens peuvent utiliser les numéros verts 117, 172, 1244 et 1014.
Togoactualité
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Compte rendu du Conseil des ministres
Lomé, 26 août 2026
Le Conseil des ministres s’est réuni ce mercredi 26 août 2026, sous la présidence de Son Excellence, Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président du Conseil.
Au cours des travaux, le Conseil a examiné et adopté un (1) projet de loi, trois (3) décrets, et procédé à une nomination.
1. Au titre du projet de loi
• Le Conseil a adopté le projet de loi portant code forestier
Face à l’évolution des enjeux liés à la gestion durable des ressources naturelles, aux changements climatiques et à la préservation de la biodiversité, il est apparu nécessaire de procéder à la révision de la loi portant code forestier afin de renforcer le cadre juridique du secteur, et de mieux concilier la protection du patrimoine forestier avec les impératifs de développement local et de résilience climatique, en cohérence avec les engagements internationaux du Togo.
Le projet de loi introduit plusieurs innovations majeures, notamment en matière de gouvernance et de participation des acteurs locaux à la gestion des ressources forestières.
Il redéfinit les catégories du domaine forestier national et harmonise leurs modalités de gestion, tout en renforçant la participation des collectivités territoriales. Il accorde une place accrue aux populations riveraines, à travers leur consultation et la prise en compte de leurs droits, usages et intérêts légitimes, notamment dans les procédures de classement des forêts. Il consacre également les principes d’accès aux ressources génétiques et de partage juste et équitable des avantages qui en découlent, renforce le contrôle forestier et la lutte contre le braconnage, le trafic des espèces sauvages et les autres infractions forestières.
Il prévoit enfin des mécanismes d’incitation en faveur de l’agroforesterie, de l’investissement privé et de la transition énergétique, afin de réduire la pression exercée sur les ressources forestières.
Cette réforme s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des politiques nationales de reboisement, de restauration des paysages et de gestion durable des aires protégées.
2. Au titre des décrets
• Le Conseil a adopté le décret portant attributions, organisation et fonctionnement de l’Agence de promotion des investissements et de la zone franche (API-ZF)
L’évolution des enjeux liés à l’accélération des investissements privés et au développement des zones industrielles et franches appelle à un renforcement du cadre institutionnel national de promotion des investissements, afin d’améliorer l’efficacité de son action et de consolider l’attractivité du Togo. C’est dans cette perspective que s’inscrit l’adoption du décret portant attributions, organisation et fonctionnement de l’Agence de promotion des investissements et de la zone franche (API-ZF).
Le nouveau dispositif étend par ailleurs les compétences de l’API-ZF à l’aménagement, à la gestion et à la mise à disposition de zones industrielles, tout en renforçant les mécanismes de transparence et de maîtrise des risques liés à l’octroi des agréments et avantages.
Cette réforme vise ainsi à doter l’API-ZF d’un cadre institutionnel plus cohérent, plus souple et plus performant, à même de soutenir durablement l’attractivité du Togo, l’accroissement des investissements privés et le développement industriel.
• Le Conseil a également adopté le décret portant dissolution de la société d’administration de la zone franche et fixant les modalités de subrogation de l’agence de promotion des investissements et de la zone franche (API-ZF) dans les droits et obligations de la société d’administration de la zone franche (SAZOF)
Dans le souci de rationaliser les ressources et de renforcer l’efficacité du dispositif national de promotion des investissements, la loi n° 2019-005 du 17 juin 2019 portant code des investissements a confié à l’API-ZF les missions précédemment exercées par la SAZOF, dans le cadre d’un guichet unique destiné à simplifier et faciliter les formalités d’investissement.
Le décret adopté organise en conséquence la dissolution de la SAZOF et la reprise par l’API-ZF de l’ensemble de ses missions, prérogatives et compétences, ainsi que le transfert de son patrimoine et la prise en charge de son personnel conformément aux dispositions légales.
L’intégration des fonctions de la SAZOF au sein de l’API-ZF permettra de renforcer les capacités opérationnelles de l’Agence et d’en faire un véritable instrument de mise en œuvre de la politique nationale de promotion des investissements et de développement des zones industrielles et franches.
• Enfin, le Conseil des ministres a adopté le décret modifiant le décret n° 2019-143/PR du 31 octobre 2019 portant création, attributions et organisation du comité d’agrément au code des investissements et au statut de zone franche industrielle
La loi n° 2019-005 du 17 juin 2019 portant code des investissements confie à l’API-ZF la mission de délivrance des agréments d’investissement, tandis qu’un comité d’agrément est chargé de l’instruction des dossiers. Dans l’attente de la pleine opérationnalisation de l’Agence, un dispositif transitoire avait été mis en place.
Le décret adopté vise à mettre en cohérence la procédure d’agrément avec les dispositions du code des investissements et le nouveau cadre institutionnel de l’API-ZF. Il rétablit le circuit légal d’instruction et de délivrance des agréments, renforce les garanties d’intégrité et de transparence des investisseurs, notamment à travers une diligence raisonnable, et prévoit la dématérialisation de la procédure ainsi qu’un encadrement des délais de traitement. Il réaménage également la gouvernance du comité d’agrément à travers une composition resserrée et des règles renforcées en matière de conflit d’intérêts, de confidentialité et de responsabilité de ses membres.
Ces mesures permettront d’instaurer une procédure d’agrément plus rapide, transparente, sécurisée et conforme au cadre légal, tout en facilitant les investissements et en renforçant la maîtrise des risques liés aux avantages accordés par l’Etat.
3. Au titre de la nomination
Monsieur GbENOUGA Sénamé Mèvodé, ministre-plénipotentiaire des affaires étrangères de classe exceptionnelle, est nommé directeur de cabinet du ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, de la coopération, de l’intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, chargé de la coopération et des Togolais de l’extérieur.
Fait à Lomé, le 26 août 2026
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Par Rodrigue Ahégo,
La Voix des Sans Voix
Aux carrefours de Lomé et de ses banlieues, de la colline de Bè-Château jusqu’à Agoè-Deux Lions, de Tokoin-Trésor jusqu’à la traversée d’Adidogomé, le scénario s’est installé avec la régularité d’un rituel. À des heures de pointe stratégiquement choisies, des détachements mixtes de policiers et de gendarmes n’investissent pas la voie publique pour fluidifier la circulation, mais pour poser des embuscades. Il ne s’agit plus de contrôle routier au sens réglementaire, mais de rafles massives ciblant quasi exclusivement les conducteurs de deux-roues.
Les motifs invoqués relèvent du prétexte à géométrie variable : non-respect présumé des feux tricolores, surcharge, absence de casque, défaut d’immatriculation ou de carte grise… Mais l’arbitraire atteint son paroxysme lorsque des citoyens en règle voient leur moto hissée à la hâte sur la plate-forme d’un tricycle, sans qu’aucun manquement ne leur soit signifié. Sur place, la mécanique est rodée : une partie des agents propose un arrangement informel en aparté pour libérer l’engin immédiatement contre espèces. Pour les autres, un lieu de rassemblement est indiqué pour le lendemain. Une fois sur le site de dépôt, la sentence est identique pour tous : une somme minimale forfaitaire de 7 500 francs CFA est exigée contre restitution, qu’une infraction ait été légalement constatée ou non. Sans reçu fiscal normé, sans procès-verbal en bonne et due forme, ce paiement systématique transforme la mission de sécurité en une entreprise d’extorsion généralisée.
Anatomie d’une spoliation : cas documentés et dérives du terrain
Pour mesurer l’ampleur de cette pratique, il convient de poser des faits précis, ancrés dans la réalité quotidienne des usagers du Grand Lomé :
– le carrefour Agoè-Cacaveli (mercredi matin) : Un jeune livreur à moto, équipé de ses deux casques, feux fonctionnels et documents à jour, est arrêté lors d’une vague d’interpellations aveugles. Son engin est jeté dans un tricycle de collecte. Ne pouvant produire de motif d’infraction, l’agent verbalisateur lui glisse à l’oreille : « Cherche 5 000 FCFA maintenant ou tu iras payer 7 500 FCFA plus tard à la brigade ». Faute de liquidités immédiates, le jeune homme perd deux journées de travail et doit emprunter pour s’acquitter des 7 500 FCFA le lendemain, sans qu’aucune quittance légale ne lui soit délivrée.
– la traversée de Bè-Kpota (sortie d’usine, fin d’après-midi) : Des ouvriers rentrant du travail sont pris au piège d’un barrage filtrant improvisé. Dans la précipitation des saisies, plusieurs engins s’entrechoquent et subissent des dégradations matérielles légères (rétroviseurs brisés, phares cassés) sous l’œil indifférent des forces de l’ordre. Aucune fiche d’état du véhicule n’est établie au moment de la saisie, laissant le propriétaire sans recours face aux dégâts subis lors du transport.
– le phénomène des « motos fantômes » aux lieux de dépôt : Des usagers s’étant acquittés des 7 500 FCFA d’amende arbitraire se sont vus répondre, après plusieurs heures d’attente sur les sites de rétention, que leur engin était introuvable. L’absence de registre d’immatriculation rigoureux lors de la saisie crée un flou artistique propice aux disparitions pures et simples, laissant les propriétaires démunis, incapables de porter plainte contre les institutions censées les protéger.
L’argument des « salaires misérables » face à la paupérisation collective
Certains observateurs tentent d’expliquer ces dérives par le bas niveau de rémunération des agents d’exécution des forces de défense et de sécurité. Si la question des conditions de vie des fonctionnaires est légitime dans un contexte économique mondial tendu, cet argument ne saurait en aucun cas justifier la spoliation méthodique des citoyens. En quoi les usagers de la route, eux-mêmes confrontés à une hausse asphyxiante du coût de la vie et à une précarité systémique, seraient-ils comptables des insuffisances salariales des agents de l’État ?
Faire porter le poids de la précarité des uns sur la misère des autres constitue une dérive grave. Lorsque la puissance publique utilise son monopole de la force légitime pour prélever une taxe occulte sur les couches les plus vulnérables, elle rompt le contrat social. Ce système d’extorsion n’apaise aucune détresse sociale ; il alimente un ressentiment profond et brise la confiance minimale nécessaire entre la population et ses institutions.
L’asymétrie de la présence policière : absents du secours, omniprésents pour la contrainte
Le contraste le plus saisissant réside dans la disponibilité des forces de l’ordre selon la nature de la situation. Lorsque des citoyens font face à une insécurité réelle, cambrioleurs opérant dans les quartiers périphériques, agressions nocturnes sur les voies peu éclairées, ou accidents graves de la circulation, le constat de retard ou d’absence des services de secours est récurrent.
En revanche, lorsqu’il s’agit d’organiser des vagues de saisies de motos ou de quadriller l’espace public lors de contestations politiques pour maintenir l’ordre établi, les moyens matériels, logistiques et humains apparaissent instantanément. Cette asymétrie de présence envoie un message dévastateur : la force publique n’est plus perçue comme un bouclier pour le citoyen, mais comme un instrument d’oppression et de prélèvement financier.
Sursaut citoyen et mobilisation des forces vives
Face à ce que beaucoup qualifient désormais d’arnaque institutionnalisée, le silence individuel et collectif devient une forme de résignation dommageable. L’impunité ne se nourrit pas seulement de l’arbitraire de ceux qui l’exercent, mais aussi de la passivité de ceux qui la subissent.
Il est désormais indispensable que les populations, les organisations de la société civile, les syndicats de transporteurs et les professionnels du droit se saisissent formellement de cette question.
– Documentation et signalement : exiger systématiquement des reçus officiels pour tout versement, documenter les abus, conserver les preuves de conformité des véhicules et cartographier les saisies injustifiées.
– Recours juridiques collectifs : engager des actions concertées devant les juridictions compétentes pour exiger la restitution des sommes perçues sans fondement légal et la clarification du statut des engins portés disparus.
– Interpellation des autorités d’encadrement : mettre le commandement supérieur de la police et de la gendarmerie face à ses responsabilités afin que cessent les contrôles sauvages non autorisés et que des sanctions disciplinaires soient prises contre les agents véreux.
Refuser l’arbitraire aux carrefours de nos villes n’est pas une question d’incivisme, mais un acte de sauvegarde de la dignité humaine et de l’État de droit. La construction d’un pays vivable pour tous passe impérativement par le rétablissement d’une force publique au service exclusif de la protection et de la justice, et non de la spoliation des plus faibles.
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Face à la hausse des loyers et aux pratiques de cautionnement jugées abusives, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) interpelle le gouvernement togolais. Dans une lettre ouverte datée du 24 août 2026, l’organisation dénonce des cautions pouvant atteindre plusieurs mois, voire deux ans, et réclame des mesures urgentes pour protéger les ménages, notamment la mise en place d’un mécanisme de contrôle des loyers et de plainte accessible aux citoyens.
LETTRE OUVERTE DU MMLK AU GOUVERNEMENT TOGOLAIS
OBJET : URGENCE – FLAMBÉE DES LOYERS ET NON-RESPECT DU PLAFONNEMENT DES CAUTIONS À LOMÉ ET ENVIRONS
Au Gouvernement de la République Togolaise,
Au Ministère de l’Urbanisme,
Le Mouvement Martin Luther King “La Voix des Sans Voix”, fidèle à sa mission de défense des plus démunis, se fait l’écho d’un cri de détresse qui monte des ménages togolais.
Aujourd’hui, se loger à Lomé et dans ses environs est devenu un calvaire.
Malgré la loi qui plafonne le cautionnement des loyers, sur le terrain c’est la loi du plus fort qui règne.
Les cautions de 6, 8, voire 12 mois voire 2 ans sont exigées.
Les loyers flambent sans raison ni contrôle.
Le citoyen lambda, le fonctionnaire, l’étudiant, la mère de famille se retrouvent dans l’incapacité de payer et menacés d’expulsion.
Que vaut une loi qui n’est pas appliquée ?
Que vaut un toit quand le loyer coûte plus que le salaire ?
Cette situation crée de la précarité, du désespoir et de l’injustice. Elle met en danger la quiétude et la dignité des familles togolaises.
PAR CONSÉQUENT, LE MMLK DEMANDE AU GOUVERNEMENT :
1. L’APPLICATION RIGOUREUSE DE LA LOI : Mettre en place des brigades de contrôle pour sanctionner les bailleurs et agences qui violent le plafonnement des cautions.
2. LA CRÉATION D’UN CADRE DE RÉGULATION DES LOYERS : Fixer des barèmes officiels de loyers par quartier afin d’éviter la spéculation.
3. LA MISE EN PLACE D’UN MÉCANISME DE PLAINTES GRATUIT : Un numéro vert et des guichets où le citoyen peut dénoncer les abus sans crainte de représailles.
4. LA PROMOTION DU LOGEMENT SOCIAL : Accélérer les projets de logements accessibles aux revenus modestes.
Monsieur le Ministre,
Le logement est un droit fondamental. La stabilité d’une nation passe par la stabilité de ses familles.
Nous ne pouvons pas continuer à laisser la misère du peuple servir à l’enrichissement de quelques-uns.
Le MMLK lance dès aujourd’hui une campagne “LOYER DIGNE” pour recueillir les témoignages des citoyens et suivre de près ce dossier.
Dans l’attente d’actions concrètes et urgentes, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.
Fait à Lomé, le 24 Août 2026
“La voix des sans voix”
Pasteur Edoh K. KOMI
_Président National du MMLK_
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Au Togo, l’opposition s’est réunie le 25 août 2026 pour exiger notamment l’instauration d’une « transition » à la tête du pays, « pour trouver les ressorts permettant de relancer les fondations de la République ».
Elle justifie sa demande par un arrêt de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui a qualifié la réforme constitutionnelle de mars 2024 de « changement anticonstitutionnel de gouvernement ».
Au Togo, l’opposition appelle à la mise en place d’une période de transition. Une coalition de partis d’opposition a tenu un point presse mardi, après publication d’un mémorandum sur l’arrêt rendu fin janvier par la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui qualifie la réforme constitutionnelle togolaise de mars 2024 de « changement anticonstitutionnel de gouvernement ».
« Ils sont complètement disqualifiés »
Résultat, l’opposition considère le gouvernement comme illégitime et appelle à une transition. « Aujourd’hui, nous n’attendons plus rien de ce gouvernement qui n’a pas de légitimité, qui n’a pas de légalité et donc qui est disqualifié, selon les textes de la Charte de l’Union africaine, lance Nathaniel Olympio, porte-parole du front Touche pas à ma Constitution, joint par Welly Diallo. Ils sont complètement disqualifiés. La seule chose qui s’impose est ce que nous avons indiqué dans notre mémorandum : aller dans une transition pour trouver les ressorts qui vont permettre de relancer les fondations de la République. C’est la seule voie pacifique qui puisse permettre aux Togolais d’éviter des convulsions inutiles ».
Il poursuit : « Je pense que c’est la conjonction de ce que nous ferons à l’intérieur du pays et les voies diplomatiques qui sont activées, notamment à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), à l’Union africaine, pour que ces institutions assument les responsabilités que leur impose l’arrêt de la Cour de justice de la Cédéao. »
La Cour avait été saisie il y a deux ans par 13 partis et organisations suite au changement de Constitution qui a fait passer le Togo à la Ve République et instauré un régime parlementaire supprimant l’élection présidentielle au suffrage universel direct. Une nouvelle Constitution adoptée par une Assemblée nationale dont le mandat était expiré.
Le 3 mai 2025, Faure Gnassingbé, président du pays de 2005 à 2025, avait prêté serment en tant que président du Conseil, une fonction créée suite au changement de Constitution intervenu en 2024.
Source: RFI
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En tournage dans le nord du Togo, deux journalistes ont été arrêtés. Ils seraient au centre d’un bras de fer diplomatique, Lomé espérant ainsi faire plier Paris.
Deux journalistes français sont détenus depuis le 27 juillet par les autorités du Togo, a confirmé mardi soir le ministère des Affaires étrangères. « Ils font l’objet d’une information judiciaire conduite par un juge d’instruction », a signifié le Quai d’Orsay à l’AFP, ajoutant qu’ils ont déjà reçu trois visites consulaires.
Les deux hommes, interpellés alors qu’ils tournaient dans le nord du pays, y réalisaient au nom de la société de production Tony Comiti le tournage d’un épisode de l’émission « Les Routes de l’impossible » pour le compte de France Télévisions.
Une monnaie d’échange pour livrer un journaliste d’investigation
Les autorités justifieraient leur arrestation par l’absence de visa spécial pour le nord du Togo, zone placée sous état d’urgence sécuritaire en raison de menaces djihadistes. Le Quai d’Orsay assure être « pleinement mobilisé », à Paris et à Lomé, sur le sort des deux journalistes, « pour s’assurer de leurs conditions de détention, de leur état de santé et du respect de leurs droits à la défense ».
Pour l’heure, ni France Télévisions ni la société de production Tony Comiti n’ont communiqué sur la situation. Lomé non plus. Mais le journal « L’Alternative » prête au président Faure Gnassingbé l’intention d’échanger les deux Français contre Ferdinand Ayité, un journaliste togolais en exil en France depuis trois ans. Le président serait « de plus en plus agacé par les activités du journaliste d’investigation (…) Pas question de libérer les deux ressortissants français tant (qu’il) n’est pas livré par le gouvernement français au régime de Lomé. »
Un article de « Jeune Afrique » publié le 16 août mentionne plusieurs voyages à Paris du ministre de la Justice du Togo, Pacôme Adjourouvi, pour évoquer « la présence sur le territoire français d’exilés politiques », notamment le cas Ayité.
Ces dernières années, les relations entre les autorités du pays et les médias français se sont dégradés, au point qu’en juin 2025, Radio France internationale et France 24, accusées de relayer des « propos inexacts et tendancieux », ont été interdites d’antenne pour trois mois.
humanite fr
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Le Quai d’Orsay a confirmé, mardi 18 août 2026, l’arrestation au Togo de deux ressortissants français, apportant ainsi des précisions sur une affaire jusque-là entourée de discrétion. Selon le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, les deux hommes, présentés comme des « réalisateurs » travaillant pour une société de production française, ont été interpellés le 27 juillet dernier.
Les autorités françaises indiquent que les deux ressortissants font désormais l’objet d’une procédure judiciaire au Togo. « Ils font actuellement l’objet d’une information judiciaire conduite par un juge d’instruction », a précisé le Quai d’Orsay, sans toutefois dévoiler les faits qui leur sont reprochés.
Paris assure suivre de près la situation des deux Français détenus au Togo. Depuis leur arrestation, ils ont pu bénéficier de trois visites consulaires, selon le ministère français des Affaires étrangères.
« Les services du ministère, à Paris et à Lomé, sont pleinement mobilisés pour s’assurer de leurs conditions de détention, de leur état de santé et du respect de leurs droits à la défense », a indiqué le Quai d’Orsay.
L’ambassade de France à Lomé ainsi que le Bureau de la protection des détenus à Paris maintiennent par ailleurs des contacts avec l’avocat des deux hommes, leur employeur et leurs familles.
Malgré ces précisions, plusieurs zones d’ombre demeurent autour de cette affaire. Les autorités françaises n’ont pas communiqué l’identité complète des deux ressortissants ni détaillé les circonstances de leur interpellation.
La nature exacte des faits ayant conduit à l’ouverture de l’information judiciaire n’a également pas été précisée. Le statut professionnel des deux hommes, en revanche, a été confirmé : ils sont présentés comme des réalisateurs employés par une société de production française.
Du côté togolais, aucune communication publique n’a, à ce stade, permis d’éclairer davantage les circonstances de cette arrestation ou les charges éventuellement retenues contre les deux ressortissants.
L’affaire reste donc suivie avec attention par les autorités françaises, dans l’attente d’éventuelles précisions de la justice togolaise sur la procédure en cours.
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Plusieurs composantes de l’opposition togolaise semblent amorcer un rapprochement après plusieurs années de divisions. Une conférence de presse qui devait réunir, ce mercredi à Lomé, différents regroupements de l’opposition a finalement été reportée. Mais au-delà de ce report, la cosignature d’un mémorandum sur la situation constitutionnelle du pays par des acteurs jusque-là évoluant dans des cadres distincts constitue un signal politique notable.
La rencontre, initialement prévue au siège de la CDPA, devait réunir notamment la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK-Originale), Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP) et le front « Touche Pas à Ma Constitution », ainsi que les formations regroupées au sein du Cadre National de Concertation pour le Changement (CNCC), dont l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), le Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR), l’ADDI, les FDR et Novation Internationale.
La conférence devait notamment permettre de présenter un mémorandum consacré à la situation constitutionnelle du Togo. Si son report empêche pour l’heure une présentation publique du document, son contenu annoncé révèle une évolution dans les rapports entre les différentes composantes de l’opposition.
Une opposition longtemps divisée
Depuis l’éclatement de la Coalition des 14 (C14), l’opposition togolaise évolue dans un paysage marqué par la multiplication des regroupements et des stratégies.
La C14, constituée en 2017 dans le sillage de la mobilisation politique du 19 août de la même année, avait réussi à rassembler une grande partie de l’opposition autour d’une contestation commune du pouvoir de Faure Gnassingbé. Les divergences apparues notamment à l’approche de la présidentielle de 2020 ont cependant contribué à sa désagrégation.
Depuis lors, deux grands ensembles se sont progressivement distingués. D’un côté, les formations et mouvements réunis autour du CNCC ; de l’autre, les regroupements associés au Manifeste Génération Togo. Malgré leurs différences de structures et de méthodes, ces acteurs partagent plusieurs revendications, notamment la contestation de la nouvelle architecture constitutionnelle et la volonté d’obtenir une évolution politique majeure au Togo.
La décision de la Cour de justice de la CEDEAO comme point de convergence
La décision rendue le 29 janvier 2026 par la Cour de justice de la CEDEAO semble avoir constitué un nouvel élément de rapprochement.
Les acteurs concernés indiquent en effet que leur mémorandum commun a été élaboré à la suite de cet arrêt, présenté comme une qualification particulièrement lourde de la réforme institutionnelle intervenue au Togo.
Cette référence commune pourrait contribuer à rapprocher des formations qui, depuis plusieurs années, mènent leurs actions séparément. La question constitutionnelle devient ainsi un terrain de convergence entre différents courants de l’opposition.
La question d’une transition au cœur des discussions
Autre élément qui retient l’attention : le mémorandum devrait également aborder la perspective d’une transition politique.
Dans le débat politique togolais, la notion de transition renvoie notamment aux revendications en faveur d’un dialogue national, d’une refondation institutionnelle et d’une réorganisation du cadre politique.
Le fait que cette perspective apparaisse dans un document cosigné par des regroupements issus de courants différents pourrait donc traduire une volonté de dépasser les divergences qui ont longtemps empêché l’opposition de parler d’une seule voix.
Une unité encore fragile
Il serait toutefois prématuré de parler déjà d’une nouvelle coalition de l’opposition.
La cosignature d’un mémorandum constitue certes un signal politique important, mais elle ne signifie pas nécessairement la mise en place d’une plateforme commune permanente. Le report de la conférence de presse prévue ce mercredi rappelle d’ailleurs que la coordination entre les différents acteurs reste encore fragile.
L’expérience de la C14 demeure à cet égard un précédent important. Après avoir incarné pendant un temps une dynamique unitaire, cette coalition s’était progressivement heurtée à des divergences stratégiques et politiques.
Pour l’heure, les différentes composantes de l’opposition semblent néanmoins avoir trouvé un terrain commun autour de la situation constitutionnelle du pays et des suites à donner à la décision de la Cour de justice de la CEDEAO.
Reste désormais à savoir si ce rapprochement débouchera sur une véritable stratégie politique commune, capable de s’inscrire dans la durée, ou s’il restera limité à une convergence ponctuelle autour de la question constitutionnelle.
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Depuis que nos voisins de l´est connaissent la démocratie et l´alternance au sommet de l´état, depuis que Mathieu Kérékou, Nicéphore Soglo, Yayi Boni se sont succédé à la tête de l´état béninois, on avait jamais vécu ce retour aux affaires par une porte dérobée, comme le fait aujourd´hui Patrice Talon qui avait démocratiquement remplacé Yayi Boni et qui devrait normalement laisser, à son tour et entièrement, sa place au nouvel élu, Romuald Wadagni.
Oui, les Béninois, en tout cas, ceux qui ne sont pas partisans du président sortant, et ils sont nombreux, et les observateurs extérieurs, n´ont-ils pas le droit de se demander si Patrice Talon n´est pas parti de la présidence pour mieux rester au pouvoir? Avant même que Patrice Talon ne devînt président du sénat, nouvellement mis sur pied à la suite de la révision constitutionnelle de 2025, il se murmurait déjà qu´il y aurait un grand risque que le nouveau président du Bénin, du même bord politique et dauphin de Patrice Talon, soit mis en coupe réglée par ce dernier qui ne lui laisserait pas les mains libres pour gouverner.
Aujourd´hui où Patrice Talon ne s´est nullement gêné, trois mois après la fin de son second mandat, pour se faire élire président d´un sénat avec des pouvoirs exorbitants, devenant ainsi le troisième personnage de l´état, on voit que tout était calculé par lui pour que les choses soient ainsi. Et en se comportant comme il le fait aujourd´hui, nous pouvons affirmer que Monsieur Talon ne s´est nullement soucié du risque que cela pourrait constituer pour la bonne santé de la démocratie de son pays, que nous Togolais, surtout, admirons et prenons toujours en exemple pour mettre à nu le régime de terreur de notre pays. Mais nous souhaitons et espérons que les institutions qui constituent le socle de la démocratie béninoise, comme l´ont voulu ses pères fondateurs, dont en tête Mathieu Kérékou, à la conférence nationale de février 1990, soient solidement bien en place pour résister aux manigances actuelles de Patrice Talon qui est parti sans vraiment partir. Nous espérons que, comme Donald Trump aux USA avec ses velléités dictatoriales, ne pourra pas mettre fin à la démocratie américaine, le Bénin et sa démocratie s´en sortiront sains et saufs malgré le tourbillon actuel voulu par Patrice Talon et ses amis.
Ceci dit, il s´agit après tout de la situation politique au Bénin dont l´actualité actuelle, comparée à ce qui se passe à l´ouest, au Togo, nous renvoie à l´expression allemande: «meckern auf hohem Niveau». Ce qui voudrait dire que nos voisins Béninois, en se plaignant de la situation politique de leur pays, seraient en train de le faire la bouche pleine, ou ils auraient des caprices de riche. Car, il suffit qu´ils se rappellent que leurs frères Togolais ont un problème encore plus coriace, vivent un régime de dictature, de père en fils, aux allures tribalo-familiales, de plus d´un demi-siècle, dont personne ne peut prédire l´issue, pour réaliser que ce qu´ils ont aujourd´hui comme «problème» avec le comportement de Patrice Talon, n´est qu´un petit incident de parcours. N´oublions pas de rappeler que le destin des deux voisins, si proches et si lointains, le Togo et le Bénin, a basculé au début des années ´90. Le deux peuples revenaient de très loin et portaient encore les séquelles de plusieurs décennies de dictature militaire. L´un, le Bénin, parvint à laver son linge sale en famille et réussit sa mue démocratique grâce à la volonté de Mathieu Kérékou. L´autre, le Togo, n´eut pas cette chance, et le dictateur Gnassingbé Éyadéma, aux mains tachées de sang de ses compatriotes, jura la perte de son peuple et remit le témoin à son fils Faure Gnassingbé qui, après 21 ans au pouvoir, continue à exécuter fidèlement le maléfique testament de son père, en faisant voir de toutes les couleurs à ses compatriotes sur tous les plans.
Comme on le voit, et malgré les gymnastiques actuelles du président sortant béninois pour ne pas lâcher complètement le pouvoir, à côté du drame togolais, nos frères et voisins de l´est peuvent s´estimer heureux, et nous sommes persuadés que les institutions politiques de leur pays sont si bien ancrées et acceptées par tous, que l´épisode «Patrice Talon et ses amis» passera sans grands dégâts sur l´avenir démocratique du Bénin.
Et comme nous le mentionnions dans le titre de l´article, par rapport à ce qui se passe au Togo avec le régime Gnassingbé qui n´a aujourd´hui pour ennemi que son peuple, pendant que beaucoup de dirigeants autour de nous ne travaillent que pour le bonheur de leurs populations, nous pouvons affirmer sans nous tromper qu´entre le Bénin et le Togo, politiquement parlant, c´est le jour et la nuit.
Vivement qu´un jour nouveau se lève, d´une façon ou d´une autre, pour générer des dirigeants qui puissent faire en sorte que le Togo, aujourd´hui en lambeaux, redevienne une nation digne et respectée; au sein de laquelle, le respect de la vie, de la dignité humaine et les besoins primaires du citoyen sont au centre des préoccupations des premiers responsables du pays.
Samari Tchadjobo
Allemagne
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Vous êtes commerçante à Adawlato, enseignant à Sokodé, chauffeur à Kara, étudiante à Lomé, ou loin d’ici, dans la diaspora, à suivre le pays par téléphone. Peu importe d’où vous regardez : le constat est le même.
Depuis mai 2025, le pays a un président de la République. Il est censé accréditer les ambassadeurs, recevoir les diplomates, gracier à titre individuel.
C’est tout.
Le pouvoir réel, défense, sécurité, diplomatie, nominations, règlements, grâces collectives, appartient à un « président du Conseil », fonction créée sur mesure pour l’homme qui dirige le pays depuis vingt ans, après un père qui l’a dirigé trente-huit ans avant lui.
Un Sénat existe désormais. Sur soixante et un sièges, vingt sont nommés directement par ce même président du Conseil. Une chambre censée le contrôler, en partie choisie par lui.
Le 2 décembre dernier, il s’est présenté devant le Parlement pour son discours sur l’état de la nation. Face à lui, cent treize sièges, dont trois pour l’opposition.
Aucune séance de questions.
Aucun débat contradictoire.
Une chambre d’enregistrement, pas un contre-pouvoir.
Ce ne sont pas des opinions. Ce sont des chiffres qu’on peut vérifier, un à un.
On a rebaptisé la fonction. On n’a pas redistribué le pouvoir. C’est un même homme, dans le même fauteuil, avec un nouveau titre sur la porte du bureau.
Ce constat, l’essayiste Mohamed Madi Djabakate le documente avec précision dans son dernier texte. Ceux qui veulent aller plus loin dans les chiffres et les textes de loi le trouveront là-bas.
Le lien est en commentaire.
Un peuple qu’on habitue à regarder les titres finit par oublier de compter les mains qui tiennent réellement les clés.
Je suis Gnimdéwa Atakpama. Je raconte l’Afrique en griot, je l’analyse en stratège et je la défends en citoyen.
#Togo #EtatDeDroit #Democratie
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L’École nationale polytechnique (ENP) lance son concours d’entrée au titre de l’année académique 2026. L’annonce a été faite par le ministère de l’Éducation nationale et le ministère délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Le recrutement est ouvert aux nouveaux bacheliers désireux de poursuivre une formation d’ingénieur ou de technicien supérieur.
Deux parcours sont proposés aux candidats. Il s’agit du cycle Ingénieur, d’une durée de cinq ans et sanctionné par un diplôme de niveau Bac+5, et du cycle Technicien supérieur, d’une durée de trois ans, débouchant sur une Licence professionnelle. Les formations seront dispensées sur les campus de l’ENP à Lomé et à Kara.
Plusieurs spécialités proposées à Lomé et Kara
À Lomé, sur le site du Lycée scientifique de Lomé, le cycle Ingénieur offre six spécialités : Génie civil, Génie électrique, Génie mécanique, Informatique et Systèmes, Intelligence artificielle et Big Data, ainsi que Logistique et Transport.
Le parcours Technicien supérieur propose cinq spécialités, à savoir Génie civil, Génie électrique, Génie mécanique, Génie logiciel et Systèmes et réseaux informatiques.
À Kara, sur le campus Nord de l’Université de Kara, les candidats au cycle Ingénieur pourront opter pour la Sécurité informatique et cybersécurité, le Génie civil ou le Génie énergétique et habitat.
Pour le parcours Technicien supérieur, quatre spécialités sont ouvertes : Maintenance industrielle et services, Équipements agro-industriels, Génie logiciel, ainsi qu’Exploitation et maintenance des installations d’eau et d’assainissement.
Qui peut faire acte de candidature ?
Pour le cycle Ingénieur, le concours est ouvert aux titulaires d’un baccalauréat deuxième partie des séries C, D ou E, ou d’un diplôme équivalent obtenu à partir de 2025.
Pour le parcours Technicien supérieur, peuvent candidater les titulaires d’un baccalauréat deuxième partie des séries C, D, E, F1, F2, F3, F4 ou Ti, ou d’un diplôme équivalent obtenu à partir de 2025.
Le dossier de candidature doit notamment comprendre une demande manuscrite adressée au Directeur général de l’ENP, précisant le campus choisi, le parcours souhaité ainsi que deux spécialités classées par ordre de préférence.
Les candidats devront également fournir un extrait légalisé de l’acte de naissance, un curriculum vitae détaillé, les relevés de notes légalisés des deux parties du baccalauréat et un certificat médical attestant leur aptitude à exercer le métier d’ingénieur ou de technicien supérieur.
Le dossier devra être complété par l’original du reçu de paiement des frais de candidature, fixés à 10 000 francs CFA. Le paiement doit être effectué auprès d’Ecobank Togo sur le compte indiqué dans le communiqué.
Dépôt des dossiers du 17 août au 11 septembre
Le dépôt des candidatures est prévu du 17 août au 11 septembre 2026, les jours ouvrables, de 8 heures à 15 heures.
Les dossiers pourront être déposés notamment à l’École nationale polytechnique de Lomé, à la Direction des affaires académiques et de la scolarité (DAAS) de l’Université de Kara, ainsi que dans les directions régionales de l’éducation de Tsévié, Atakpamé, Kpalimé, Sokodé et Dapaong.
Le processus de sélection se déroulera en trois étapes. Une première phase de présélection sur étude des dossiers est prévue le 18 septembre 2026. Les candidats retenus seront ensuite convoqués pour l’épreuve écrite, fixée au 30 septembre 2026, sur le campus choisi lors de la candidature.
L’épreuve écrite portera sur les mathématiques, les sciences physiques et un test psychotechnique. Les candidats présélectionnés devront se munir d’une carte nationale d’identité valide ou d’une carte d’identité scolaire de l’année 2025-2026.
La sélection définitive est prévue le 2 octobre 2026. Les candidats admis seront publiés par ordre de mérite sur la base des résultats obtenus à l’épreuve écrite.
Pour toute information complémentaire, les candidats sont invités à se rapprocher du secrétariat de l’ENP à Lomé ou de la DAAS de l’Université de Kara.
Togoactualité
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La prison n’est pas une fin de parcours de vie. Mais au regard des conditions exécrables de détention en Afrique en général et au Togo en particulier, les prisons sont devenues des enfers du fait de la surpopulation carcérale suffocante. La situation à la prison civile de Lomé est la plus dramatique.
A la date du 1er mars 2025, ce centre pénitentiaire comptait 2 448 détenus, soit une surpopulation de 368 %, selon le Collectif des Associations de lutte contre l’Impunité au Togo (CACIT). Une prison qui a une capacité d’accueil de 600 pensionnaires, en héberge jusqu’à plus de 2.000. Le bâtiment des femmes est moins surpeuplé, avec un peu plus de 100 personnes pour 80 places d’après les données de mars 2025.
Une cellule d’environ 6 mètres sur 4,5 mètres loge jusqu’à 70 détenus. Pendant la période de « nuit », qui débute à 17 heures et se termine à 6 heures, les prisonniers se relaient pour dormir : certains allongés, d’autres debout.
A vrai dire, ce n’est pas un lieu correctionnel mais un vrai mouroir
Le taux moyen de surpopulation dans les prisons togolaises est de 222 % selon le (CACIT). Inconcevable à ce 21ème siècle avancé. La principale raison de cette situation demeure la détention préventive excessive avec pour corolaire perte d’emploi, éclatement familial, traumatismes psychologiques et ce, pour une personne qui sera parfois acquittée à la fin de la procédure. On enregistre souvent des décès évitables. Jusque-là, il n’existe aucun mécanisme concret pour faire face efficacement à ce drame qui n’a fait que trop de victimes.
Et si le Togo s’inspirait de l’approche sénégalaise ?
A travers une circulaire du ministre de la Justice, garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, adressée le 10 juillet 2026 aux procureurs généraux, procureurs de la République et délégués du procureur intitulée « Rationalisation du recours aux mandats de dépôt et traitement pénal des affaires à caractère civil ou commercial », cette circulaire rappelle les orientations déjà fixées par plusieurs textes antérieurs, notamment ceux relatifs à la réduction des mandats de dépôt, à la lutte contre le surpeuplement carcéral, à la limitation des longues détentions provisoires, au traitement des affaires à caractère civil ou commercial ainsi qu’au suivi des dossiers en cours d’instruction. Elle s’inscrit également dans le prolongement de la circulaire de politique pénale générale n°00246 MJ/DACG/MN du 14 janvier 2019.
Dans ce document, le ministre réaffirme « l’exigence pour les procureurs de rationaliser le recours systématique aux mandats de dépôt afin d’éviter les cas de détention non nécessaire ».
Selon Me Moussa Sarr, l’analyse des statistiques disponibles montre que peu de parquets appliquent effectivement les orientations déjà données, tandis que les établissements pénitentiaires demeurent confrontés à une surpopulation persistante.
« Cette situation influe négativement sur la gestion des détenus, l’environnement carcéral ainsi que sur l’utilisation des crédits de fonctionnement des prisons, tout en compromettant le respect par l’État du Sénégal de ses engagements internationaux et des standards relatifs aux bonnes conditions de détention », souligne le garde des Sceaux.
Le ministre indique également avoir constaté que certaines procédures relatives à des créances ou à des dettes continuent d’être traitées par les services d’enquête, avec des mesures de contrainte qui ne laissent parfois aux personnes mises en cause d’autre choix que de s’acquitter du paiement réclamé.
Six principales orientations
Face à cette situation, il demande aux procureurs d’adopter une politique pénale davantage conforme aux principes rappelés dans les précédentes circulaires et de mettre en œuvre, sans délai, plusieurs mesures destinées à améliorer la gestion de la population carcérale.
La circulaire énumère ainsi six principales orientations : à privilégier les modes alternatifs de règlement des différends, dans les affaires à connotation financière (escroquerie, abus de confiance), lorsque la personne poursuivie prend notamment des engagements réalistes acceptés par la victime ;
-favoriser, au stade des poursuites, le recours à la mise en liberté, surtout lorsque la personne poursuivie offre des garanties suffisantes de représentation et que la procédure concerne des infractions ne causant pas un trouble considérable à l’ordre public ;
-veiller à la tenue régulière des réunions des Commissions pénitentiaires consultatives de l’aménagement des peines, des Comités de l’aménagement des peines et promouvoir la mise en œuvre effective des modes d’aménagement des peines, en particulier le placement sous surveillance électronique qui offre, dans une certaine mesure, les mêmes avantages que la détention ;
-assurer le suivi diligent des dossiers pendants dans les cabinets d’instruction et procéder à l’enrôlement rapide des affaires renvoyées devant les juridictions de jugement ;
-veiller à ce que les plaintes portant sur des faits de nature civile ou commerciale soient classées, requérir le refus d’informer pour les plaintes avec constitution de partie civile portant sur de tels faits et veiller à ce que les services d’enquête ne connaissent pas de ce type de plaintes ni ne prennent des mesures de contrainte (garde à vue) sur cette base ;
-procéder à des visites régulières des services d’enquête et des établissements pénitentiaires de vos ressorts respectifs.
« Je reste attentif à l’exécution diligente de la présente circulaire que vous classerez au registre ad hoc de vos parquets et dont vous me rendrez compte de toute difficulté dans sa mise en œuvre », a conclu le ministre de la Justice.
Même si cette circulaire suscite des interrogations chez certains justiciables et établissements bancaires, qui se demandent comment recouvrer des créances ou régler des litiges commerciaux sans mesures de contrainte, elle est bien accueillie par l’Observateur National des Lieux de Privation de Liberté(ONLPL).
Il apparait que la circulaire est une approche palliative aux abus de tous ordres dans le monde judiciaire sénégalais.
Au regard de la situation dramatique togolaise, il y a nécessité de s’inspirer du Sénégal tout en évitant d’allonger la liste des prisonniers d’opinion. La déshumanisation de la prison au Togo a assez fait de victimes.
Kokou AGBEMEBIO
Source : Lecorrecteur.tg
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La Journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains a été célébrée le 30 juillet dernier. La situation reste alarmante au Togo. Selon le Rapport 2024 du Département d’État américain, le Togo reste classé « Tier 2 », c’est-à-dire un pays où le phénomène augmente.
Pays d’origine, de transit et de destination des victimes, il incarne les fragilités d’une société où la pauvreté et le manque d’opportunités ouvrent la porte à toutes les formes d’exploitation.
Si les autorités déploient des efforts, les normes minimales pour éradiquer ce fléau ne sont pas encore atteintes. Le Togo est devenu un désert d’infrastructures et d’opportunités qui puissent retenir ses filles et ses fils. En 2023, 183 victimes ont été identifiées, 46 procédures judiciaires engagées et 18 condamnations prononcées.
La Journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains a été célébrée le 30 juillet dernier. La situation reste alarmante au Togo. Selon le Rapport 2024 du Département d’État américain, le Togo reste classé « Tier 2 », c’est-à-dire un pays où le phénomène augmente. Pays d’origine, de transit et de destination des victimes, il incarne les fragilités d’une société où la pauvreté et le manque d’opportunités ouvrent la porte à toutes les formes d’exploitation.
Si les autorités déploient des efforts, les normes minimales pour éradiquer ce fléau ne sont pas encore atteintes. Le Togo est devenu un désert d’infrastructures et d’opportunités qui puissent retenir ses filles et ses fils. En 2023, 183 victimes ont été identifiées, 46 procédures judiciaires engagées et 18 condamnations prononcées.
Derrière ces chiffres, des vies brisées : enfants privés d’enfance, femmes exploitées, jeunes réduits au travail forcé, à la mendicité ou à des activités dangereuses. Domestiques, agriculteurs, commerçants ambulants ou victimes d’exploitation sexuelle, ils sont nombreux à subir cette violence silencieuse.
Mais au-delà des statistiques, une question émerge : la précarité généralisée ne favorise-t-elle pas l’exploitation humaine ? Chômage, pauvreté, accès limité aux services essentiels… Des milliers de familles luttent au quotidien.
Dans ce contexte, les promesses mensongères des réseaux criminels trouvent un écho favorable auprès de leurs victimes. Des parents désespérés confient leurs enfants à des inconnus, croyant leur offrir un avenir meilleur. Des jeunes, assoiffés de perspectives, tombent dans les pièges de l’esclavage moderne.
Les médias togolais rapportent régulièrement les difficultés économiques, la détresse des jeunes, les tensions sociales et les débats sur les libertés publiques. Si la traite des êtres humains ne se confond pas avec toutes les formes de précarité, la vulnérabilité sociale crée un terreau fertile pour les abus. Une société où l’avenir semble bouché est une société où les exploiteurs prospèrent.
La lutte contre la traite ne peut se limiter à la répression des trafiquants. Elle doit s’attaquer aux racines du mal : réduire la pauvreté, garantir l’accès à l’éducation, créer des opportunités économiques et restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions. Protéger les victimes identifiées est essentiel, mais agir sur les causes profondes l’est tout autant.
En cette Journée mondiale, rappelons-le : derrière chaque chiffre, il y a un visage, une histoire, une dignité bafouée. Et une urgence collective : ne plus laisser la précarité dicter le destin des plus fragiles.
Source : lalternative.info
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