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Afrique

Dernières nouvelles du continent (1)

Good Morning Afrika (Blog) - Sun, 25/08/2019 - 21:43
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Normal 0 21 false false false FR X-NONE X-NONE C’est la rentrée mais je vous propose un nouveau rendez-vous hebdomadaire. Une veille qui reprend les articles scientifique ou de presse les plus marquants, sur le modèle de "This Week in Africa" de Jeffrey Paller. Bien sûr je reste fidèle à mes centres d’intérêts : sécurité, défense, politique étrangère et…littérature ! Je publierai également les appels à communications et les évènements scientifiques. Vos commentaires sont les bienvenus pour améliorer ce nouveau projet.
Corne de l’Afrique, Afrique de l’Est Le Soudan entame-t-il une transition politique ?  The New York Times publie "A Season of Hope in Sudan" où l’auteur explique l’opportunité pour la jeunesse soudanaise de transformer le pays. On lira également le récit de la réalisatrice Hind Meddeb à Khartoum au cœur des manifestations. Ecoutez cette émission de France 24 pour comprendre la crise actuelle et celle-ci sur le choix des nouveaux membres du conseil souverain au Soudan. Sur le nouveau dirigeant du pays (ICI) et les nombreux défis qu’il doit relever. Pour Woldemariam, la résolution de la crise est un succès du multilatéralisme africain avec l’investissement de l’Union africaine et de l’Ethiopie. La revue Le Point consacre un numéro aux Nouvelles Routes de la Soie avec un papier signé par Claire Meynial sur Djibouti Le Kenya et Djibouti sont concurrents pour un siège au Conseil de sécurité de l’ONU. L’Est du Congo reste une des zones les plus violentes du monde. Ce rapport rappelle que depuis deux ans, rien que dans la région du Kivu,  1897 personnes ont été tuées, 3 316 kidnappé et 100 victimes de viols. À l’été 2018, les observateurs ne cachaient pas leur surprise de voir enfin se résoudre un conflit vieux de vingt ans entre l’Ethiopie et l’Erythrée qui a constitué un véritable nœud de crispation dans les tensions régionales. Cet article explique les impasses du régime érythréen. Sur la crise du fédéralisme éthiopien on lira René Lefort ICI Joël Hubrecht interroge les relations entre la France et le Rwanda au moment du génocide : « Par leur proximité et leur présence, les analystes français auraient pu et dû, mieux que quiconque, saisir les signaux d’alerte puis être les premiers à rompre tout lien avec les génocidaires au lieu de s’inscrire, pour reprendre les mots d’Hubert Védrine, dans « la suite de l’engagement d’avant ». Cela n’a pas été le cas. Ils ont vu mais n’ont rien compris, ne comprennent toujours pas et, dans leur superbe arrogance, s’y refusent. Obstinément. » Sahel, Afrique de l’Ouest Un des derniers articles de Morgane Le Cam, la correspondante du journal Le Monde au Mali, avant de quitter son terrain décrit la situation au centre du Mali : « la Minusma est de plus en plus contestée par une population qui ne comprend pas pourquoi ses casques bleus n’interviennent pas lorsque leurs villages sont pris d’assaut par des groupes armés, tantôt djihadistes, tantôt communautaires (…)Depuis le début de l’année, dans la région de Mopti, au moins 845 personnes ont été tuées dans plus de 200 attaques ». Rémi Carayol propose un papier sur les milices au Mali soutenus par les pouvoirs et cette stratégie n’est pas nouvelle. Ecoutez cette émission avec Jean-Marc Durou (qu’un ami m’avait présenté jadis comme « le plus grand spécialiste de la zone ») sur le Sahel. Début août le Ghana accueillait la première conférence en Afrique de l’International Studies Association (pour la première fois sur le continent). La même semaine Nancy Pelosi visitait le pays pour célébrer The Year of the Return : « Ce sont douze mois pendant lesquels le pays d’Afrique de l’Ouest, qui fut l’un des importants pays de départ de la traite négrière entre les XVe et XVIIIe siècles, organise des événements pour commémorer le premier bateau d’esclave arrivé en Virginie il y a 400 ans. » Ecoutez l’interview de Laurent Guillaume, ancien officier de la police française, sur les narcotrafiquants en Afrique de l’Ouest. Aujourd'hui, aux Éditions La manufacure de livres, il publie « Africa Connection », un ouvrage collectif sur la criminalité organisée en Afrique Sécurité, défense L’emploi de compagnies de sécurité privées est de plus en plus courant dans certains pays d’Afrique selon cet article. La privatisation de la sécurité et les « gardiens » employés en Afrique de l’Ouest, débouche sur une meilleure compréhension de la place de l’Etat. Les processus de réconciliation renforcent-ils ou atténuent-ils les divisions ayant mené au conflit? Et quand sont-ils pertinents? Eléments de réponse par Milena Dieckhoff Publications Je lirai avec plaisir le dernier ouvrage de Terrence Lyons sur la politique éthiopienne. On lira cet article sur le travail des observateurs lors des élections kényanes de 2017,  celui-ci sur l’impact des dépenses militaires sur l’industrialisation de 35 pays d’Afrique entre 1990 et 2015. Excellent papier de Nina Willen, Gérard Birantamije et David Ambrosetti sur la professionnalisation de l’armée burundaise. J’ai hâte de découvrir cette nouvelle publication « Contemporary French Security Policy in Africa. On Ideas and Wars ». Les études africanistes sont en pleine expansion d’après l’éditeur de l’African Studies Review  mais ça n’est pas encore très visible dans les enseignements et que la diversité manque au sein de l’édition. Pensées Pour Souleymane Bachir Diagne : « Décoloniser les imaginaires, ce n’est pas s’opposer ou mener une guerre d’indépendance, mais considérer qu’il n’y a pas d’humanités séparées et qu’il n’y a pas un lieu qui serait seul le théâtre de l’histoire universelleCulture L'écrivaine américaine Toni Morrison, première femme noire à recevoir le Prix Nobel de Littérature, est morte à l'âge de 88 ans. La rentrée littéraire voit la sortie de plusieurs ouvrages consacrés à l’Afrique et ICI on trouvera un classement des meilleurs films africains de l’année. Les 10 finalistes pour le Prix des cinq continents, organisé par  l’Organisation internationale de la Francophonie sont dévoilés. Il récompense chaque année un texte de fiction narratif d’expression française. Conférences et appels à communications  L’AEGES organise son colloque annuel à Paris sur le thème Guerre et corps. Pour soumettre un article ou un panel : ICI Ne manquez pas la Masterclass Global Actors for Peace organisée par la faculté de droit de l’Université Catholique de  Lille. La journée du jeudi 19 sera consacrée à l’Afrique avec une conférence  « Peace from the Bottom » de Séverine Autesserre et en soirée, une conférence-débat avec projection du documentaire “L’homme qui répare les femmes” en présence de sa réalisatrice Colette Braeckman et de Sylvie Humbert Membre de la Commission de chercheurs pour l’étude des archives françaises du Rwanda (2019). Un AAC est lancé pour la journée d’études « Quand le sud pense le nord : défis méthodologiques, enjeux épistémologiques » organisé le 13 décembre. La date limite pour l'envoi des propositions de communication est le 30 septembre 2019, à l'adresse : je.quandlesudpenselenord@gmail.com Global Integrity s’apprête à lancer la huitième édition des Indicateurs d’Intégrité en Afrique, en partenariat avec la Fondation Mo Ibrahim, et cherche des journalistes professionnels, universitaires, acteurs d’organisations non-gouvernementales et/ou du secteur privé ayant une expérience avérée dans la conduite d’entretiens et la recherche documentaire. Vous avez jusqu’au 25 octobre pour répondre à l’AAC de Politique africaine «  Rwanda : la trajectoire de l’État après le génocide ».
Si vous souhaitez recevoir cette lettre par mail : inscrivez vous à droite. Rendez-vous dans une semaine ;)

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La lumière et la souillure

Amadou Amath Blog - Mon, 25/02/2019 - 15:18
Le premier tour des élection présidentielles sénégalaises s’est tenu dans un climat d’une grande qualité républicaine. Si on peut déplorer ici ou là des incidents de vote – en particulier les situations de mauvais adressage des électeurs à leur bureau … Lire la suite →
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Djibouti dans le jeu international

Good Morning Afrika (Blog) - Mon, 31/10/2016 - 13:46
Nous publions un article sur Djibouti dans le numéro d'octobre de la revue Esprit (ICI). Voici un extrait de l'article :

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Alors que les regains de tensions en mer de Chine méridionale suscitent l’inquiétude des décideurs politiques et concentrent l’attention des médias, l’onde de choc de ces tensions pourrait toucher les rives d’un petit territoire à l’est du continent africain. Djibouti concentre depuis quelques années la présence militaire des puissances internationales et attirent les investissements étrangers du monde entier. Les jeux diplomatiques qui s’y jouent sont particulièrement révélateurs des évolutions du système international. Cet îlot de tranquillité de 23 200 km², dans une région agitée par les conflits, accueille les troupes françaises, américaines, japonaises, européennes et bientôt chinoises, saoudiennes et peut-être russes. Les plus puissants États y ont pris place afin de lutter contre la piraterie, le terrorisme ou, plus récemment, comme base arrière dans le cadre de la guerre au Yémen. Djibouti représente également un atout économique majeur. Bien que ce territoire ne produise aucune richesse, il pourrait jouer un rôle de plateforme régionale et une pièce maîtresse dans le projet d’intégration économique, soutenu par Pékin. Garnison internationale, hub maritime et logistique régional, Djibouti l’oublié se trouve désormais au cœur du nouveau grand jeu international.
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Recension : Politics and Democracy in Microstates de Wouter Veenedaal

Good Morning Afrika (Blog) - Fri, 28/10/2016 - 14:37

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Aujourd’hui encore les organisations internationales font la promotion des avantages de la petitesse et invitent les États en reconstruction après un conflit à des pratiques de décentralisation et de dévolution afin de confier plus de pouvoirs et de compétences politiques à des unités réduites. Pourtant, aucune hypothèse satisfaisante ne permet d’expliquer cette corrélation entre la taille et le caractère démocratiques d’un État.  Au contraire, de plus en plus d’études de cas tendent même à l’infirmer en soulignant l’intensité des rivalités personnelles, de la corruption et du clientélisme dans les petits États. Il semble donc qu’il y aurait un écart entre la théorie suggérée par la recherche quantitative et la réalité constatée les travaux qualitatifs. Les institutions démocratiques des petits ou micro États seraient une façade et la réalité démocratique de leur système politique doit être relativisée. D’après, Wouter Veenedaal cette énigme relève bien de l’approche méthodologique quantitative qui a été privilégiée jusqu’à présent pour étudier ce lien. Il propose ici une étude comparative de la nature des systèmes politiques dans quatre micro-États : San Marino, St Kitts et Nevis, les Seychelles et Palau. Il nous éclaire sur les réalités politiques de ces États présentés comme démocratiques. Si ces analyses peuvent s’avérer intéressantes pour des spécialistes de ces zones géographiques, en revanche le politiste ne s’étonnera pas des résultats de l’étude. Elles démontrent qu’une explication monocausale (la taille) ne permet pas d’expliquer le système politique même dans les micro-États. L’auteur démontre, sans surprise, que la situation géographique, l’histoire coloniale ou encore les relations internationales sont des variables essentielles. Néanmoins, on retiendra de cette étude les stimulants chapitres sur les débats théoriques et l’état de l’art.
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« Des Afriques » : gestion de crises et résolution des conflits en Afrique subsaharienne

Good Morning Afrika (Blog) - Thu, 27/10/2016 - 14:33
La Revue Défense Nationale a publié cet été un numéro spécial sur le continent africain. J'ai eu la chance de diriger ce numéro. 
Vous trouverez ICI le sommaire et ci-dessous l'introduction au numéro.
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Plus que n’importe quelle autre partie du globe, après la Guerre froide, le continent africain a été associé aux conflits et à l’insécurité. Au début des années 1990, Robert Kaplan invoquait, dans une formule restée célèbre, « the coming anarchy »[1]. Pour l’auteur américain, le continent était alors celui des haines ethniques et de la violence aveugle. Vingt ans plus tard, le gagnant du prix Pulitzer, Jeffrey Gettleman, peignait le même tableau, se désespérant que les guerres ne terminent jamais et s’étendent comme, pour reprendre ses termes, « une pandémie virale ». Aujourd’hui, l’insécurité et les conflits sur le continent occupent une place centrale dans les cercles politiques, les travaux des chercheurs et le travail des forces de sécurité. Bien que la situation se soit transformée et que les statistiques s’entendent sur une baisse tendancielle du nombre de conflits, d’anciennes grilles d’analyses continuent de guider certains commentaires et analyses. L’objectif de ce numéro de la Revue Défense Nationale répond à cette vision encore ancrée dans l’imaginaire collectif. Il vise à contester les approches populaires qui réduisent la complexité des situations conflictuelles sur le continent à des facteurs uniques et trop souvent essentialistes. Parmi ces facteurs les plus communs invoqués, on retrouve le colonialisme, la religion, l’ethnicité et les ressources naturelles. Or, la rigueur intellectuelle et une démarche méthodologique permettent d’éviter les biais de confirmation - au sens d’interpréter les faits pour leur faire dire ce que l’on souhaite, ou les biais de sélection, en ne choisissant que les faits qui appuient une thèse définie a priori. Avant d’expliquer pourquoi ces facteurs ne sont pas suffisants pour expliquer les conflits sur le continent, essayons tout d’abord de peindre à grands traits l’évolution de la conflictualité sur le continent depuis la fin de la Guerre froide. Pendant la Guerre froide, les politiques à l’égard du continent étaient guidées par des considérations politiques liées à l’opposition entre les deux blocs. L’Est et l’Ouest supportaient des régimes afin de s’assurer le maintien d’une sphère d’influence. Les États-Unis, l’Union soviétique et leurs alliés respectifs étaient des sources de financement à la fois de groupes insurrectionnels et d’États. Les armes, les entrainements militaires, les soutiens diplomatiques dépendaient de cette lutte pour dominer et influencer. Certains régimes autoritaires furent maintenu au pouvoir parce qu’ils avaient une fonction spécifique dans cette lutte globale, comme pare-feu face au communisme. Le plus connu fut Mobutu au Zaïre. D’autres sont tombés après des coups d’États soutenus ou encouragés par les puissances extérieures. Avec la fin de la Guerre froide, le continent a perdu de sa valeur stratégique. Samuel Decalo dira même : « les États africains passèrent de pions stratégiques pendant la Guerre froide à d’« irrelevant clutter » ».  Progressivement, dans les années 1990, les États-Unis, et ce qu’il reste de l’Union soviétique, se désengagent du continent. Les premiers réduisent ou interrompent totalement leur aide militaire aux alliés les plus anciens : Kenya, Somalie, Liberia, Tchad, Zaïre. Les missions humanitaires américaines et les postes de renseignement se ferment et les personnels sont redirigés vers de nouvelles zones prioritaires notamment en Europe de l’Est. Les États qui survivaient en partie grâce à ces soutiens extérieurs deviennent plus vulnérables aux insurrections populaires et aux guerres civiles. Les événements au Liberia avec Samuel Doe, au Zaïre avec Mobutu, en Somalie et en Éthiopie doivent être appréhendés dans ce contexte. Ils n’ont plus le statut de clients dans un monde bipolaire. Cette perte de la rente stratégique coïncide parfois, en plus, avec une crise économique et des pressions de plus en plus fortes pour démocratiser. Les donateurs redirigent leurs aides en fonction des efforts faits en termes de gouvernance. De plus, l’aide au développement chute de 21% entre 1990 et 1996[2]. Les réseaux de clientélisme s’effondrent, tout comme certaines coalitions au pouvoir qui se divisent. Dans ce contexte, le nombre de conflits et l’insécurité augmentent. En parallèle, les outils analytiques font aussi évoluer comme nous allons le voir. L’approche de la conflictualité sur le continent a souffert de trois grandes faiblesses : la « déconnexion », le culturalisme essentialiste et le réductionnisme économique auquel se rattache, en partie, le modèle « greed and grievance »[3]. Cette approche réduit les conflits à de l’opportunisme économique et à des décisions irrationnelles. Les conflits seraient donc une forme d’activité criminelle menée par cupidité par des seigneurs de guerre intéressés par la rente. Si cette approche a été très critiquée pour sa dépolitisation des conflits, elle était profondément réductionniste en expliquant les conflits uniquement en termes d’opportunité économique. Cette théorie a évolué ces dernières années et laisse moins place aux motivations économiques mais les conflits sont toujours expliqués en termes d’opportunité économiques plutôt que politiques. Les ressources naturelles ne sont, bien souvent, pas la cause du conflit bien qu’elles puissent l’alimenter. Ainsi, en Sierra Leone le conflit s’apparentait à une révolte contre les structures agricoles oppressives. Séverine Autesserre a montré qu’en République Démocratique du Congo  les ressources naturelles n’étaient pas au cœur des conflits[4]. Les mêmes arguments sur la dépolitisation des conflits sur le continent ont permis de critiquer la théorie des « nouvelles et anciennes guerres [5]». Cette thèse, largement controversée, postule que les guerres civiles de l’après-Guerre froide sont tendanciellement différentes de celles de la période bipolaire. Pour ce faire, l’auteur juge possible de tracer une distinction entre « nouvelles » et « anciennes » guerres. Au niveau global, la guerre interétatique semble révolue et l’anomie du système international aurait pour conséquence de favoriser la résurgence de phénomènes identitaires. Cet argumentaire recoupe celui sur l’ethnicité des conflits. L’idée répandue est que l’ethnie tue. Cette approche est partagée par certains commentateurs du génocide rwandais. Selon eux, les Tutsi et les Hutu seraient destinés à s’affronter et les massacres sont le résultat d’une opposition raciste atavique. Cette approche exclut toute analyse des évènements ayant conduit à l’exécution du génocide. Cette littérature décriée est, en partie, héritière des travaux sur l’anthropologie de la race élaborée à la fin du XIXème siècle. Elle refuse de penser le racisme en Afrique comme une idéologie construite politiquement et socialement. Les crises africaines, ici celles des Grands Lacs, ne seraient que le résultat de clivages ethniques ataviques : des tueries et des barbaries spontanées sans dimension politique ni instrumentalisation. Cette approche privilégie également une lecture de déresponsabilisation des acteurs africains qui seraient pris au cœur des stratégies de puissances étrangères dans la région. Enfin, l’analyse des conflits sur le continent souffre d’un autre écueil : la déconnexion. Certaines approches placent le continent dans un cadre cognitif distinct qui nécessiterait de recourir à des théories spécifiques. Or, l’Afrique sub-saharienne n’a pas de conflits qualitativement distincts. Il y a d’autres changements dans le panorama sécuritaire : la fréquence accrue des violences électorales et les « crises de citoyenneté »[6]. Ainsi, les travaux des chercheurs américains Zachariah Mampilly et Adam Branch[7] nous apprennent que le continent serait au milieu d’une troisième vague de contestations. La première regroupe les soulèvements nationalistes des années 1950 qui mènent aux indépendances. La seconde englobe les mouvements d’Afrique de l’Ouest, du milieu des années 1980 au début des années 1990, à la suite des mesures d’austérité imposées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). Selon ces chercheurs, les révoltes arabes de 2011 constituent l’apogée d’un long « printemps africain » amorcé en 2005 - avec les mouvements de contestation liés à la crise alimentaire - mais qui n’aboutit pas nécessairement à des changements de régimes et n’ont pas suscité la même attention des médias, alors même que la contestation des régimes jugés autoritaires se poursuit.  Par ailleurs, la compétition politique peut accroître les tentations de mobilisation sur des bases ethniques. La plupart des élections africaines sont relativement calmes (Togo, Bénin, Comores), mais certains exemples comme l’élection kenyane de 2007 montrent le chaos qui peut régner (1000 morts, 350 000 déplacés). Dernièrement, les violences ont aussi accompagné les élections au Zimbabwe, en Côte d’Ivoire, au Burundi. Actuellement, les révisions constitutionnelles afin de modifier les mandats présidentiels est une cause de mobilisation des populations (Djibouti, RDC, Burkina, Ouganda, Congo, etc.). Si l’expression première des violences électorales est identitaire, elle se combine avec des considérations plus locales comme l’accès à la terre, des ressources, ce qui rend simpliste et invalides les interprétations uniquement ethniques (Côte d’Ivoire, Kenya, Burundi). L’augmentation des violences religieuses et du terrorisme sont également de nouveaux visages de la conflictualité sur le continent. On le voit avec le groupe Al-Shabaab en Somalie, Boko Haram au Nigeria, AQMI et tous les autres groupes évoluant dans le Sahel. Pourtant, la religion et la dimension globale de ces conflits mérite encore des études sérieuses. Historiquement, la religion a toujours joué un rôle mineur dans les conflits en Afrique. Stephen Ellis disait même qu’à proprement parler, il n’y a pas de guerre de religion en Afrique subsaharienne. Cela ne veut pas dire que les croyances religieuses ne sont pas cruciales dans la guerre. Tant en Sierra Leone qu’au Liberia, les fidèles croyaient en la puissance des esprits comme en République centrafricaine[8] ou en Ouganda avec l’Armée de libération du seigneur. Mais la religion n’était pas la cause de la guerre bien qu’elle puisse l’alimenter. De même, historiquement, ce qui apparaissait à première vue comme des combats entre religions était en fait totalement lié à des luttes entre élites pour la puissance politique ou matérielle. Enfin, la « guerre contre le terrorisme » participe à une restriction de l’espace politique sous couvert de lutte contre le terrorisme. En effet, l’autoritarisme s’est renforcé dans plusieurs États subsahariens au cours de la dernière décennie. Cette évolution est intimement liée aux efforts des donateurs pour « stabiliser » le continent dans un contexte de lutte contre les groupes jihadistes[9].L’un des objectifs de ce numéro est donc d’essayer de comprendre certains conflits du continent et d’examiner la réponse apportée par les acteurs continentaux et leurs partenaires avec un regard spécifique sur la politique française qui justifie les choix thématiques et régionaux effectués. Pour ce faire, nous avons réuni des praticiens, des militaires, des diplomates et des chercheurs. Leurs écrits sont des témoignages, des présentations politiques ou des études scientifiques. Rassemblés dans ce numéro, ils apportent une vision complémentaire et globale des enjeux sécuritaires de certaines régions du continent. Après un premier ensemble de textes portant sur la zone saharo-sahélienne, une deuxième partie propose une série d’articles sur la sécurité maritime dans le Golfe de Guinée ; un troisième groupe de contributions est consacré à l’engagement des organisations internationales dans la gestion de crises et la résolution des conflits ; et le numéro s’achève sur des problématiques en cours. Plusieurs thématiques reviennent dans chacune de ces contributions. D’abord un questionnement : « le déficit capacitaire » de nombreux États face aux défis sécuritaires. Ensuite les enjeux de la régionalisation des réponses sécuritaires tant face au terrorisme, qu’à la piraterie et aux conflits civils ; enfin la coopération avec des partenaires extra-continentaux et des organisations internationales. Une étude croisée peut permettre de comprendre les conflits sur le continent dans leur complexité et nous espérons que ce numéro en fait la démonstration en privilégiant une discussion entre praticiens, politiques et chercheurs.
Pour aller plus loin : Amselle Jean-Loup, M'Bokolo Elikia (dir.), Au cœur de l’ethnie, Paris, La Découverte, 2005, 225p. Bonnecase Vincent et Brachet Julien (dir.), Crises et chuchotements au Sahel, Politique africaine, N° 130, 2013/2. Collier Paul, Hoeffler Anke, Rohner Dominic, « Beyond Greed and Grievance : Feasibility and Civil War », Oxford Economic Papers, 2009, 61 (1), pp.1-27. Courtin Nicolas (dir.), Comprendre Boko Haram, Afrique Contemporaine, n° 255, 2015/3. Cramer Christopher, « Homo Economicus Goes to War : Methodological Individualism. Rational Choice and the Political Economy of War », World Development, 2002, 30 (11), pp.1845-1864. Gazibo Mamadou et Thiriot Céline (dir.), La politique en Afrique. Etat des débats et pistes de recherche, Karthala, 2009. Marchal Roland et Messiant Christine, « Les guerres civiles à l’ère de la globalisation. Nouvelles réalités et nouveaux paradigmes », Critique international, 2003/1, n°18. Marchal Roland (dir.), « Le Sahel dans la crise malienne », Dossiers du CERI, 07/2013  Prunier Gérard, Chrétien Jean-Pierre (dir.), Les ethnies ont une histoire, Paris, Karthala, 2003 (2ème ed.), 435p. Ramsbotham Olivier, Woodhouse Tom, Miall Hugh, Contemporary Conflict Resolution. The Prevention, Management and Transformation of deadly Conflicts, Polity, (Third Edition), 2015. Reno William, Warfare in Independent Africa, 2011, Cambridge, Cambridge University Press. Richards Paul, « New War. An Ethnographic Approach », in Paul Richards (dir.), No Peace, No War, Athens, OH and Oxford, Ohio University Press and James Currey. Straus Scott, « War do end ! Changing Patterns of Political Violence in Sub-Saharan Africa in African Affairs, 2012, 111 (443), pp.179-201. Williams Paul D., War & Conflict in Africa, Polity, 2016 (second Edition).
[1] Robert Kaplan, « The Coming Anarchy : How Scarcity, Crime, Overpopulation, and Disease is Rapidly Destroying the Social Fabric of Our Planet », in Atlantic Monthly, Février 1994, pp.44-76 et la critique : Harri Englund, « Culture, Environment and the Enemis of Complexity », in Review of African Political Economy, 1998, 76, pp.179-188. [2] Rita Abrahamsen, Conflict and Security in Africa, James Currey, 2013, 240 p. [3]  Paul Collier et Anke Hoeffler, Greed and Grievance in Civil War, 2002, Washington, DC : World Bank [4] “Dangerous Tales -Dominant Narratives on the Congo and their Unintended Consequences,” African Affairs, 111 (443),pp. 202-222, 2012. [5] Mary Kaldor, New and Old Wars: Organized Violence in a Global Era, 3 edition, Cambridge: Polity Press, 2012, 256p. On lira également les critiques suivantes : Stathis Kalyvas, « Les guerres civiles après la guerre froide », in Pierre Hassner et Roland Marchal (éd.), Guerres et sociétés (États et violences après la guerre-froide), Paris, Karthala, 2003, 615p ; Siniša Malesevic, « The sociology of new wars? Assessing the causes and objectives of contemporary violent conflicts », International Political Sociology, vol.2, n°2, juin 2008, pp.97-112. [6] Richard Banégas (dir.), « L’Afrique de l’Ouest: des crises de la citoyenneté », Les Dossiers du CERI, 2012-10. [7] Zachariah Mampilly et Adam Branch, Africa Uprising. Popular Protest and Political Change, Zed Books – African Arguments, 2015, 272p. [8] Marielle Debos, « Centrafrique : attention aux mots », Le Monde, 20 février 2014. [9] Jonathan Fisher et David M. Anderson, « Authoritarianism and the securitization of development in Africa », International Affairs, 91, 1, 2015, pp. 131–151. Nicolas Desgrais et Sonia Le Gouriellec, « Stratégies d’extraversion : les défis de la construction de l’Architecture Africaine de Paix et de Sécurité », Note de Recherche Stratégique, IRSEM, Septembre 2016.
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«Oui, mon commandant»... version 2016

Good Morning Afrika (Blog) - Mon, 24/10/2016 - 14:18
Cette interview a été publié sur le site Africa4 par Jean-Pierre Bat le 4 octobre 2016. 
L’IRSEM organise un colloque sur les nouveaux visages des armées africaines : comment les définir ? Les armées africaines sont trop souvent perçues comme le simple produit de la période coloniale. Pourtant, elles sont également le produit de transformations historiques successives, dont la colonisation n’est qu’un élément. Il n’y a pas un modèle unique d’armée africaines pendant la période coloniale et encore aujourd’hui. Le colloque vise donc à étudier les différents visages de ces armées et leurs évolutions. Ces armées et leurs missions évoluent avec les transformations du système international. La volonté d’africaniser la sécurité sur le continent, qui a accompagné la création de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA), les armées africaines se sont vues attribuées de nouvelles fonctions. Les acteurs africains étant appelés à prendre leurs responsabilités en fournissant des troupes dans le cadre des missions onusiennes se déployant sur le continent mais aussi, et surtout, en créant un système de défense collective crédible pouvant apporter une réponse rapide et, ainsi, alléger le « poids » considérable porté par le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) des Nations unies. Les acteurs extracontinentaux, quant à eux, sont poussés à jouer un rôle de soutien et d’appui vis-à-vis de ces nouveaux mécanismes. Nous étudierons notamment le rôle des États-Unis, de la Chine, de l’Union Européenne, de la France, du Brésil ou encore du Portugal. Derrière le discours « gagnant-gagnant » se cache aussi une autre réalité. Les nouvelles fonctions attribuées aux armées africaines permettent de renforcer l’autorité qu’exercent les pouvoirs politiques sur leurs subordonnés et leur puissance vis-à-vis de l’extérieur pour prévenir toute ingérence. Elle permet de bénéficier des différents mécanismes internationaux de soutien tels que le financement des organisations internationales, la donation de matériels militaires, l’accès à des formations militaires et le soutien logistique nécessaire. La participation à une OMP, par exemple, est un moyen de capter les rentes qu’offrent les différents mécanismes internationaux de soutien à l’APSA tout en augmentant leur « crédit international». En interne aussi l’image des armées évolue. Les forces armées n’ont pas toujours eu un bon comportement vis-à-vis des populations, elles étaient d’ailleurs parfois envoyées pour les réprimer. Certaines armées restent un problème structurel qui nécessite des réformes. Le rôle de ces armées dans la lutte contre le terrorisme par exemple affecte les civils et exacerbe les conflits, comme on a pu l’observer au Nigeria. Il persiste une véritable incapacité de certains gouvernements à faire en sorte que les armées obéissent au pouvoir civil. Ces rapports que les armées africaines entretiennent avec le pouvoir politique seront au cœur de plusieurs communications abordant les cas du Burkina Faso, de la République Démocratique du Congo et du Mali. 
A l’heure de Barkhane, quel rôle jour l’Ecole militaire de Paris dans la constitution des armées africaines ? L’École militaire regroupe un ensemble de centre de formation et de recherche. L’École de guerre est l’un de ces organismes. Il participe à la formation des officiers français et étrangers. Historiquement, ces formations d’officiers étrangers font partie de notre coopération militaire soutenue par les Affaires étrangères. Elles permettent de renforcer nos alliances. Cette politique de formation participe de notre politique d’influence dans certaines régions notamment en Afrique francophone mais elle s’intègre aussi dans notre diplomatie économique. Elle permet de créer une matrice intellectuelle commune et d’élever le niveau d’interopérabilité de troupes qui, à l’heure de Barkhane, sont amenées à opérer ensemble sur des théâtres d’opérations communs. La formation des officiers africains participe également de notre politique francophone. L’École de guerre accueille des officiers non francophones, comme des Ethiopiens, qui bénéficient d’une formation de six mois au français. De plus, cette coopération évolue puisqu’a été ouvert en 2005 au Cameroun une École supérieure internationale de guerre (ESIG). L’IRSEM contribue également à la formation d’officiers africains en accueillant cette année trois officiers élèves internationaux de l’École Spéciale Militaire de Saint Cyr qui doivent réaliser un mémoire de recherche. Pour avoir échangé avec eux, cette coopération et ces échanges sont enrichissants pour chacun d’entre nous. Ils apportent leur expérience de terrain aux chercheurs français qui, pour leur part, les soutiennent dans leur démarche de recherche, l’accès aux sources, etc. Les efforts entrepris sont donc réels mais certains observateurs trouvent qu’ils ne produisent pas encore pleinement leurs effets sur le terrain, voir ces articles par exemple. Le défi reste toujours celui de l’autonomisation de ces armées et l’appropriation des nouvelles capacités comme l’indiquait le colonel Susnjara dans le dernier numéro de la Revue Défense Nationale. Si l’appropriation des forces africaines met du temps, c’est également en vertu d’une crise de croissance. En effet, elles sont nombreuses à évoluer rapidement alors même qu’elles sont confrontées à l’ennemi. Les spécialistes des questions militaires le rappellent : la montée en puissance n’est pas une science exacte.
En marge des armées dites régulières, le fait militaire ne se joue-t-il pas aux marges, autour du phénomène milicien ? Bien sûr le fait militaire se joue également autour du phénomène milicien. Les acteurs (semi)privés ou informels ont été particulièrement étudiés en France. Je pense notamment aux travaux de Marielle Debos sur le Tchad et le « métier des armes » ou un numéro de Politique africaine en 2012 : « Politique des corps habillés. État, pouvoir et métiers de l’ordre en Afrique ». Mais nous avons constaté que les forces de sécurité étatiques et plus particulièrement les armées restent mal connues, c’est pourquoi nous avons voulu nous concentrer sur cette question lors du colloque. Le facteur milicien ne sera pas oublié mais étudié en relation avec les forces armées nationales. Nous étudierons les processus de Réforme du secteur de la sécurité (RSS) notamment au Burundi. Tant au Rwanda, qu’au Burundi des enseignements peuvent être tirés sur la façon dont une armée « mono-ethnique » est parvenue, ou essaie, de transformer sa base sociale. Le déploiement de contingents à l’extérieur du territoire a permis par exemple à l’armée burundaise d’intégrer dans la nouvelle armée les miliciens des groupes armés majoritairement hutu et les soldats de l’ancien régime, les ex-Forces Armées Burundaises (FAB) majoritairement tutsi. Cette intégration a longtemps été considérée comme une réussite de l’accord de paix d’Arusha signé en 2000 alors qu’elle était entre 1966 et 1993 le principal centre de pouvoir. L’armée semblait être parvenue à devenir une force apolitique. Mais la crise électorale a mis en lumière ces divisions et l’armée burundaise est au cœur de la crise politique. En Éthiopie, au Rwanda, en Érythrée et en Ouganda, les armées sont issues de mouvements de libération nationale. Les régimes en place ont reconstruit leurs États de façon très centralisée autour d’une figure ou d’un parti. Les structures militaires restent dominées par des vétérans de la guerre de libération issus du Front patriotique pour le Rwanda, du Mouvement de résistance nationale en Ouganda ou par des vétérans tigréens en Éthiopie. Jonathan Fisher qualifie ces officiers de « post-post-libération » « sécurocrates » et mène des études pour comprendre comment et pourquoi les OMP sont un bon moyen de les maintenir éloigné des politiques de sécurité nationale.
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Lectures d'intérêt

Good Morning Afrika (Blog) - Sun, 23/10/2016 - 15:01
Le SIPRI vient de publier une carte des Opérations de Paix dans le monde en 2016.
  « The geographical spillover of armed conflict in Sub -Saharan Africa », Economic System, 40:1, 2016, p. 109-119. Résumé : La diffusion transfrontalière des conflits serait-elle plus élevée en Afrique subsaharienne qu’ailleurs ? Pour répondre à cette question Fabrizio Carmignani et Parvinder Kler étudient l’évolution des guerres civiles en comparant l’Afrique subsaharienne avec le reste du monde. Il démontre qu’un Etat voisin en guerre augmente la probabilité d’une guerre civile d’au moins 1%. L’effet de difusion dans le reste du monde est trois fois moins élevé qu’en Afrique subsaharienne. L’article avance l’hypothèse d’un lien entre les flux de réfugiés entrants, la séparation artificielle des groupes ethniques et la diffusion des conflits.
Colin Robinson, « Revisiting the rise and fall of the Somali Armed Forces, 1960–2012 », Defense & Security Analysis, 32:3, 2016, pp.237-252. Résumé : Une partie des études sur la guerre en Somalie aborde l’histoire des forces armées nationales et plus spécifiquement son armée. Deux problématiques reviennent depuis l’indépendance du pays. D’une part, la poursuite d’une politique irrédentiste qui conduit à la chute du régime de Siad Barre et aux divisions claniques dans le pays ; d’autre part, la renaissance de l’armée somalienne au 21ème siècle. Cet article s’inscrit dans cette seconde démarche et analyse la renaissance incertaine de l’armée somalienne depuis 2008. L’aide internationale s’est concentrée sur Mogadiscio, mais les succès pour reconstruire une véritable armée nationale sont relatifs. Les perspectives d’avenir sont incertaines mais l’auteur souligne tout de même quelques signes d’espoir.
Josie Knowles, "Tanzanian scepticism of a militarised East African Federation and underlying military concerns", African Security Review, 25 : 3, 2016, pp.258-274. Résumé : "Attitudes towards a regional military force are of paramount importance when exploring public support for regional integration. Until now, however, scholarly research has not considered the influence of attitudes towards a regional military mechanism in the sub-Saharan African context. Using Afrobarometer data, we demonstrate that military concerns are vital when exploring Tanzanian attitudes towards the proposed political federation of the East African Community (EAC), the East African Federation (EAF). More specifically, opposition to military cooperation strongly influences Tanzanian scepticism of the EAF. This finding is highly relevant given that referendums in the participating member states must be passed to facilitate political integration. Heightened opposition towards military cooperation raises the possibility of the public rejecting a politically integrated EAC. This poses a potential obstacle to the implementation of joint security policies and crucial mechanisms to provide a more stable region at large. We account for alternative explanations of Tanzanian opinion formation and reflect on the strength of military-orientated concerns for investigating public support for the East African project specifically and regional integration in sub-Saharan Africa more widely".
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Que peuvent en pratique les armées africaines ?

Good Morning Afrika (Blog) - Sat, 22/10/2016 - 14:12
Nous avons été invité par Thierry Garcin (Les Enjeux Internationaux) le 4 octobre 2016. Voici le résumé de l'emission. Vous pouvez réécouter le programme ICI.

Au lendemain des indépendances, l’institution militaire et le parti unique constituaient souvent les deux piliers des systèmes politiques. Dans le meilleur des cas, les deux parvenaient à surmonter peu ou prou le facteur ethnique belligène, même si les coups d’État et tentatives de coups d’État (la plupart fomentés par des militaires), étaient légion. Parallèlement, et heureusement, il y a eu très peu de conflits armés interétatiques dans les récentes décennies (Haute-Volta-Mali, Érythrée-Éthiopie…). En revanche, depuis près de trente ans, on a constaté la multiplication de conflits internes et de guerres civiles (souvent très longues, comme en Sierra Leone, au Liberia, en Côte d’Ivoire…), accentuant l’anomie (guerres urbaines, milices armées…). Aujourd’hui, comment évaluer le rôle politique, l’expérience militaire et la valeur de la plupart de ces armées, dont la fonction reste souvent interne et qui composent de plus en plus les forces d’intervention sous mandat des Nations unies ? .

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Quel rôle pour les armées africaines ?

Good Morning Afrika (Blog) - Thu, 20/10/2016 - 14:09
Nous publions ici l'interview réalisée avec Jean Guisnel (Le Point) dans le cadre du colloque sur les Nouveaux visages des armées africaines organisé par l'IRSEM. 
Le Point.fr : Vous coorganisez à l'École militaire de Paris, les 5 et 6 octobre, un colloque sur les armées de l'Afrique subsaharienne. Sont-elles actuellement à la hauteur des enjeux sécuritaires du continent ? Sonia Le Gouriellec : Elles font effectivement face à un défi véritable, en raison notamment de leurs moyens limités. Globalement, leurs budgets sont très faibles, leurs tailles sont réduites et les populations sont peu engagées dans les forces armées. J'ai noté que 0,2 % de la population africaine est engagée dans les forces armées, quand en France, par exemple, ce chiffre est près de 2,5 fois plus élevé (0,48 %). De plus, elles interviennent souvent sur des terrains très conflictuels, y compris dans les opérations de maintien de la paix qui ressemblent souvent à des guerres. Elles sont souvent sous-équipées, sous-entraînées. Voici quelques mois, Jeune Afrique avait écrit sur les armées africaines « mal équipées, mal entraînées, mal aimées et en piteux état ». Pour autant, leur plus important défi consiste aujourd'hui à s'adapter à de nouvelles formes de conflictualité, comme le djihadisme qui frappe toute la bande sahélienne. Elles sont soutenues dans cet effort par des partenaires comme l'Union européenne, la France, les États-Unis, la Chine, l'Inde et d'autres encore, comme le Brésil ou la Turquie.
Comment se fait-il que ces États faisant face à des adversaires de puissance limitée aient besoin d'armées étrangères pour se défendre ? Tout d'abord, notons que ces armées ne se sont pas adaptées à l'évolution des conflits. Prenons le cas typique du Nigeria, confronté au groupe Boko Haram. Après la guerre civile de 1967-1970 (guerre du Biafra), les structures militaires ont été remodelées, une culture stratégique nouvelle s'est mise en place. Elle se basait sur l'analyse selon laquelle la menace contre le pays venait de l'environnement régional francophone. C'est pourquoi, dans les années 1980-1990, l'armée nigériane s'est trouvée fortement impliquée dans les opérations de paix sur le plan régional. La conséquence, c'est qu'elle s'est progressivement trouvée incapable de répondre à des menaces infra-étatiques… Elle n'est pas en mesure de faire face aujourd'hui à Boko Haram. D'autres armées uniquement centrées sur la protection des frontières n'étaient pas prêtes à contrer des menaces de nature terroriste lorsqu'elles se sont présentées. Dans d'autres cas encore, on trouve davantage des gardes prétoriennes que des armées nationales. Je pense aux États d'Afrique centrale. Elles forment un groupe de protection autour du président sans être prêtes à affronter les menaces contemporaines.
Ces armées construites autour du clan du chef de l'État sont légion en Afrique. Est-il possible, voire nécessaire, qu'une telle situation évolue, et comment ? Premier point, ce n'est pas à nous, acteurs extérieurs, d'y remédier. De plus, notre vision très négative est souvent assez biaisée par notre connaissance souvent réduite aux États d'Afrique francophone. Nous les voyons négativement en raison de leur rôle dans les coups d'État, de leur ingérence dans le politique, de la corruption ou du népotisme dont elles sont souvent accusées. On oublie souvent qu'elles ont aussi joué des rôles positifs dans certaines transitions politiques, comme en Guinée en 2008. Le général Sékouba Konaté a mis en place la transition politique, se comportant en véritable modèle, à l'inverse de Moussa Dadis Camara. Au Niger, le coup d'État du commandant Salou Djibo en 2010, resté au pouvoir jusqu'en 2011, visait à restaurer les institutions démocratiques, ce qui a été fait avec succès. En 2014, au Burkina Faso, l'armée a tenté de mettre en place la transition démocratique, mais une de ses factions a appuyé Blaise Compaoré. C'était une armée à deux visages. Les rivalités entre factions sont réelles : bérets rouges et bérets verts au Mali ou encore le régiment de sécurité présidentielle et l'armée régulière au Burkina Faso. Il ne faut pas réduire la complexité des situations.
Les armées africaines sont souvent imbriquées dans les jeux de pouvoir. Est-ce acceptable ? 85 % des pays africains ont été touchés par des coups d'État. Et seuls deux pays (l'Afrique du Sud et la Namibie) n'ont pas connu de régime militaire. L'enjeu réside, à mes yeux, dans la professionnalisation des armées, dont les enjeux sociaux, économiques, mais surtout politiques avec la subordination à l'autorité civile, sont essentiels. C'est particulièrement vrai dans ces pays où des milices ou des groupes de libération nationale sont arrivés au pouvoir par les armes, comme en Éthiopie, en Érythrée, au Soudan du Sud, au Tchad, au Burundi, au Rwanda, etc. On voit que les anciens rebelles mettent en place des régimes très autoritaires, participant davantage que les autres aux opérations de maintien de la paix. Du coup, en devenant indispensables à la résolution des conflits sur le continent, ces régimes forts ne soulèvent que peu de critiques de leurs partenaires internationaux et accroissent leur emprise sur la vie politique et économique de leur pays. C'est particulièrement vrai actuellement avec le Tchad, l'Ouganda, le Burundi et l'Éthiopie
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L’épuisement des mots et la dilapidation des symboles

Amadou Amath Blog - Wed, 20/07/2016 - 14:12
© nicanor-ngouan.net État de guerre, horreur absolue, urgence absolue, hyper ceci, hyper cela … Face aux terribles attentats ayant ensanglantés la France, la parole institutionnelle, dès Charlie Hebdo, a choisi de n’adresser que l’émotion, dans une sorte de surenchère performative. … Lire la suite →
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Pour Nice

Amadou Amath Blog - Fri, 15/07/2016 - 12:20
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Johnson se couronne bouffon

Amadou Amath Blog - Fri, 01/07/2016 - 10:56
Après avoir battu campagne pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, l’ancien maire de Londres – qui n’a jamais hésité pour sa cause à faire usage de mensonges grotesques et à se rouler dans la plus vile des xénophobies … Lire la suite →
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Du Brexit à la libération de Karim Wade

Amadou Amath Blog - Tue, 28/06/2016 - 16:51
En « Europe », les électeurs anglais, si l’on peut d’abord saluer chez eux le respect du précieux principe démocratique, n’ont aucune idée de ce qui les attend (une récession et la réalisation brutale leur place exacte sur l’échiquier mondial) : l’une … Lire la suite →
Categories: Afrique, European Union

François Hollande est « contraint » de renoncer à la réforme constitutionnelle instaurant la déchéance de nationalité

Amadou Amath Blog - Wed, 30/03/2016 - 15:44
L’idée a surgit, comme celles que l’on préfère oublier, après une sortie de table excessive. Prêts à tout pour montrer que la gauche de gouvernement n’était pas « angélique », après les attentats ayant ensanglantés Paris, des esprits échauffés, se croyant richement … Lire la suite →

La France Ouigo

Amadou Amath Blog - Thu, 24/03/2016 - 15:38
Sur le papier, c’est bien. C’est juste un autre truc low-cost, une possibilité de prendre un TGV moins cher, avec un modèle calqué sur ces compagnies aériennes qui font un Paris-Milan à moins de 100 euros, aller-retour. On se doute … Lire la suite →

L’Université répond à la farce constitutionnelle de Macky Sall

Amadou Amath Blog - Mon, 29/02/2016 - 16:54
Une fois de plus, le Conseil constitutionnel s’est érigé, au Sénégal, en gouvernement des juges. Caporalisé. Après la grotesque décision validant la candidature d’Abdoulaye Wade pour un troisième mandat en 2012, avec le renfort tarifé de membres de la Sorbonne … Lire la suite →

Le wax waxett de Macky Sall

Amadou Amath Blog - Wed, 17/02/2016 - 14:27
« Le secret a été gardé jusqu’au bout. Rien n’a fuité », RFI, 16 février 2016. [rires] De l’employée de maison au riche commerçant, du vendeur de café touba au professeur d’Université, toute la société sénégalaise savait ce qu’allait dire Macky Sall, … Lire la suite →

Nigel Inkster: Discussing illegal mining in Latin America

IISS Voices - Thu, 05/03/2015 - 18:16

By Nigel Inkster, Director of Transnational Threats and Political Risk

The IISS Cartagena Dialogue is an exercise designed to bring together the members of the Pacific aAlliance, an economically liberal free-trade oriented bloc of Latin American states, together with the major states of the Asia-Pacific region. As such it seeks to identify commonalities and one such, the subject of illegal mining, will be covered in the special session that I will be chairing.

The commodities boom witnessed over the past decade has heralded an equally large boom in the phenomenon of illegal mining. When people talk about illegal mining, the assumption is that they are talking about small-scale operations with marginal local impact. But in parts of Latin America and Asia, such mining often takes place on a very large scale and has significant detrimental impacts. The fact that it is unregulated means the illegal mining industry observes none of the standards that should apply in the legal mining sector. The result is environmental degradation on a massive scale – deforestation, water and soil pollution, and high levels of toxicity from lead and mercury; the widespread use of child and slave labour; and the extensive involvement of criminal entities and insurgent groups. For example it is estimated that Colombia’s main insurgent groups FARC and ELN derive as much if not more revenue from illegal mining than they do from their traditional mainstay of narcotics trafficking.

Managing this problem is a complex domestic and international challenge. In the course of a weekend I don’t expect us to come up with comprehensive solutions. But there are grounds for hoping that the IISS Cartagena Dialogue will generate a wider awareness and understanding of the issues involved and help to generate some of the connections and relationships that will be needed to address the problem. A collaborative approach involving both producer and consumer countries will be needed – and many of the major ones will be represented at Cartagena. Watch this space.

This post is part of our content accompanying the IISS Cartagena Dialogue: Trans-Pacific Summit, which runs from 6-8 March 2015 in Colombia. You can follow the latest mentions of the Dialogue, or contribute your own, on Twitter via #IISSCartagena. Inquiries can be sent to cartagena@iiss.org.

Diana Quintero: Colombia – a bridge between Asia and Latin America

IISS Voices - Tue, 03/03/2015 - 10:19

Guest post by Diana Quintero, Vice Minister for Strategy and Planning, Ministry of National Defense, Colombia

Little is known about the Cartagena Dialogue – and I am not referring to a historical treaty signed in our beautiful walled city. Instead, I am referring to a new meeting point for leaders of Asian countries (such as Japan, South Korea, Singapore, the Philippines and Indonesia) and countries of the region (such as Chile, Peru, Panama, and Mexico) that will be coming together for the first time to establish a strategic dialogue on global trends in defense, security, and economics. Government leaders, academics and business people will participate in the dialogue, creating a bridge linking Asia with Latin America, as well as connecting Latin American countries among themselves.

A robust economy, reduction in poverty and unemployment, and the real possibility of finding an end to the armed conflict make Colombia a benchmark for the region and in the world. This is unquestionably thanks to the sacrifice of our soldiers and police – they are true architects of peace.

No country at peace can go without strong and modern armed forces. To offer assurance and security, law enforcement must be strengthened. It is the only way to create the right setting for a nation’s prosperity and sustainable development.

In the last decade, Colombia has been hailed by the international community for the progress it has made in matters of security. These results are due, primarily, to the increase in foot soldiers and the acquisition and modernisation of equipment, which have allowed an increased use of technology and greater effectiveness when protecting the Colombian people.

There can certainly be no better investment than that made in security. In fact, while the world at large discusses how to best resolve diverse conflicts, Colombia emerges as a great example in negotiated solutions.

The trust Colombia has built and our potential as a global actor make events like the IISS Cartagena Dialogue possible. This is an opportunity to share our success stories across multiple fronts. From 6–8 March, global leaders from the fields of business, politics, and academia will come together for strategic discussions in which Colombia will stand out as a central player in the fight against transnational crime and the reduction of social inequalities, building bridges that allow our nation to share its experience and capacity with the rest of the world.

This post is part of our content accompanying the IISS Cartagena Dialogue: Trans-Pacific Summit, which runs from 6-8 March 2015 in Colombia. You can follow the latest mentions of the Dialogue, or contribute your own, on Twitter via #IISSCartagena. Inquiries can be sent to cartagena@iiss.org.

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