Longtemps moqué et associé à la pauvreté, le pagne Koko Dunda connaît aujourd'hui une véritable renaissance. Une étude menée à l'Université Catholique de l'Afrique de l'Ouest à Bobo-Dioulasso par le Père Basile Paré montre que cette métamorphose dépasse largement le domaine de la mode. Elle transforme les métiers artisanaux, crée des opportunités économiques, renforce l'identité culturelle burkinabè et redonne une nouvelle valeur à un savoir-faire longtemps marginalisé. Retour sur l'histoire d'un tissu qui raconte aussi celle d'un pays.
Il fut un temps où offrir un pagne Koko Dunda pouvait être perçu comme une offense. Dans les marchés de Bobo-Dioulasso, ce tissu aux rayures colorées était vendu à bas prix. Il était porté par les ménages les plus modestes et servait souvent de tenue de travail. Son surnom en dioula, « Tié ti barala », littéralement « mon mari ne travaille pas », résumait à lui seul le regard que la société portait sur ce textile. Le Koko Dunda était devenu le « pagne des pauvres ».
Moins de dix ans plus tard, le paysage est méconnaissable. Aujourd'hui, ce même pagne habille les ministres, les artistes, les entrepreneurs, les étudiants et les jeunes mariés. Il est porté lors des cérémonies officielles, des mariages, des baptêmes ou des grandes fêtes nationales. Il s'affiche sur les podiums de mode et dans les vitrines des créateurs burkinabè. Il est même devenu un produit officiellement labellisé, symbole du patrimoine national.
Comment un tissu autrefois méprisé est-il devenu un emblème du Burkina Faso ? C'est la question que le Père Basile Paré a voulu explorer dans son mémoire de licence en sociologie intitulé Étude des conséquences de la valorisation du pagne Koko Dunda à Bobo-Dioulasso. Son travail offre un éclairage précieux sur une transformation qui touche autant l'économie que la culture ou les représentations sociales.
Quand la mode réhabilite un patrimoine oublié
L'histoire du Koko Dunda est intimement liée à celle de Bobo-Dioulasso. Produit traditionnellement dans le quartier de Tounouma, ce pagne est le fruit d'un savoir-faire artisanal transmis de génération en génération. Sa fabrication repose sur une technique particulière de teinture : le tissu est plié, noué puis plongé successivement dans différents bains colorés afin de créer des motifs uniques.
Pendant plusieurs décennies pourtant, cette richesse artisanale est restée dans l'ombre. L'étude rappelle que le Koko Dunda a traversé plusieurs périodes : une phase d'expansion, un déclin progressif puis une véritable renaissance à partir de 2016. Cette relance est largement attribuée au styliste burkinabè Sébastien Bazémo, dont les créations contemporaines ont profondément changé l'image du tissu. Ses défilés de mode ont montré que ce textile traditionnel pouvait rivaliser avec les grandes étoffes africaines et séduire toutes les catégories sociales.
Ce changement d'image a rapidement dépassé le cercle de la haute couture. L'État burkinabè s'est engagé dans une politique de promotion des produits locaux. En 2021, le Koko Dunda obtient un label officiel, renforçant sa reconnaissance comme patrimoine national et ouvrant de nouvelles perspectives pour les artisans. Pour le chercheur, cette évolution constitue bien davantage qu'un phénomène de mode : elle traduit un changement profond du regard porté sur les savoir-faire locaux.
Une enquête au cœur des ateliers de Bobo-Dioulasso
Pour comprendre les effets concrets de cette valorisation, le Père Basile Paré n'est pas resté dans les bibliothèques. Il est allé sur le terrain, dans le quartier historique de Tounouma, berceau du Koko Dunda. Son enquête repose sur une démarche qualitative. Seize acteurs de la filière ont été rencontrés : des teinturiers, des couturiers, des revendeurs ainsi que des personnes ressources connaissant l'histoire et les techniques du pagne.
Les données ont été recueillies grâce à des entretiens semi-directifs, complétés par des observations directes dans les ateliers et les boutiques. Ce choix méthodologique permet de donner la parole à celles et ceux qui fabriquent, vendent ou transforment quotidiennement ce tissu. Leurs témoignages dessinent une réalité bien différente de l'image folklorique parfois associée à l'artisanat.
Des artisans devenus créateurs
Premier constat de l'étude : la valorisation du Koko Dunda a profondément modifié les pratiques professionnelles. Autrefois, les motifs étaient peu nombreux et les couleurs relativement limitées. Aujourd'hui, les teinturiers rivalisent d'imagination. Ils multiplient les combinaisons de couleurs, inventent de nouveaux dessins, adaptent leurs créations aux goûts des clients et répondent à une demande de plus en plus diversifiée. Plusieurs enquêtés expliquent que cette évolution les oblige à améliorer sans cesse leur maîtrise technique afin de proposer des pagnes toujours plus attractifs.
La qualité est devenue un enjeu majeur. Un des artisans interrogés résume cette nouvelle exigence par une formule simple : « Un client mécontent, c'est cent clients perdus. » Cette logique de professionnalisation pousse les producteurs à innover tout en respectant les critères du label officiel, qui protège aujourd'hui plus de deux cents motifs enregistrés. Le métier de teinturier ne consiste plus seulement à reproduire une tradition. Il devient un véritable travail de création.
Le Koko Dunda inspire une nouvelle mode burkinabè
La révolution ne s'est pas arrêtée aux ateliers de teinture. Les couturiers ont eux aussi dû réinventer leurs pratiques. L'étude montre que le « mixage » est devenu l'une des signatures du Koko Dunda contemporain. Les créateurs associent désormais ce tissu traditionnel à d'autres matières afin de concevoir des robes, des vestes, des chemises ou des ensembles résolument modernes. Cette évolution répond aux attentes d'une clientèle de plus en plus jeune, soucieuse d'affirmer son identité culturelle sans renoncer aux tendances contemporaines.
Le tissu ne sert d'ailleurs plus uniquement à confectionner des vêtements. Les artisans produisent désormais des sacs, des chaussures, des rideaux, des draps, des porte-documents, des accessoires de décoration ou encore des objets de maroquinerie. Le Koko Dunda est devenu une véritable marque.
Une économie locale qui reprend des couleurs
L'étude met également en évidence les retombées économiques de cette renaissance. Avec l'augmentation de la demande, les ateliers fonctionnent davantage. Les commerçants diversifient leurs produits. Les commandes se multiplient lors des mariages, des cérémonies administratives ou des grands événements culturels. Cette dynamique bénéficie à toute une chaîne d'acteurs : teinturiers, tisserands, couturiers, vendeurs, stylistes, transporteurs ou fournisseurs de matières premières.
Le mémoire rappelle également que cette filière représente une opportunité importante pour les femmes et les jeunes, largement majoritaires parmi les artisans. Dans un contexte où la création d'emplois demeure un défi majeur, le développement du Koko Dunda apparaît comme un levier économique fondé sur des ressources locales plutôt que sur des importations.
Quand un tissu raconte un pays
Mais la principale richesse du Koko Dunda n'est peut-être pas économique. Elle est culturelle. Dans son travail, Basile Paré rappelle que les pagnes africains ne sont jamais de simples morceaux de tissu. Ils portent des histoires, des symboles, des appartenances. Les couleurs, les rayures et les motifs du Koko Dunda transmettent eux aussi des messages. Certaines entreprises commandent des tissus aux couleurs de leur identité visuelle.
Des familles choisissent des motifs particuliers pour les cérémonies. Des associations utilisent le pagne comme signe de reconnaissance collective. Porter le Koko Dunda revient ainsi à afficher une appartenance. À revendiquer un héritage. À dire quelque chose de son identité. Cette dimension symbolique explique sans doute pourquoi son succès dépasse aujourd'hui les frontières de Bobo-Dioulasso.
Des défis qui demeurent
L'étude n'ignore cependant pas les difficultés. La montée en puissance du Koko Dunda s'accompagne d'un risque bien connu : celui de la contrefaçon. Les artisans redoutent l'arrivée de copies industrielles qui imitent les motifs sans respecter les techniques traditionnelles ni rémunérer les producteurs locaux. La protection du label apparaît donc comme un enjeu stratégique.
Autre défi : préserver le savoir-faire. La modernisation ne doit pas conduire à effacer les techniques artisanales qui font précisément la valeur du Koko Dunda. Plusieurs acteurs interrogés insistent sur la nécessité de former une nouvelle génération de teinturiers et de transmettre les gestes hérités des anciens.
Enfin, le mémoire souligne le besoin d'un accompagnement public plus soutenu : accès au financement, amélioration des équipements, promotion à l'international et lutte contre les imitations.
Le tissu d'un développement possible
Au-delà du cas du Koko Dunda, cette recherche raconte une histoire plus vaste. Elle montre qu'un savoir-faire longtemps considéré comme ordinaire peut devenir un moteur de développement lorsqu'il bénéficie d'une stratégie de valorisation, d'une reconnaissance institutionnelle et de la créativité de ses artisans. Dans un pays où la question de la souveraineté économique et culturelle occupe une place croissante dans le débat public, le destin du Koko Dunda offre une leçon simple.
Le développement ne naît pas seulement des grandes infrastructures ou des investissements étrangers. Il peut aussi émerger d'un atelier de teinture, d'une cour familiale, d'un métier à tisser ou d'un morceau de coton transformé par des mains expertes.
Hier, le Koko Dunda racontait la pauvreté. Aujourd'hui, il raconte l'innovation, la résilience et la fierté d'un peuple qui redécouvre la valeur de son patrimoine. Et si, finalement, la plus belle réussite de ce pagne n'était pas d'être devenu à la mode, mais d'avoir changé le regard que les Burkinabè portent sur eux-mêmes ?
Lefaso.net
La résidence de Kamsongh Naaba Kiiba, à Ouagadougou, a connu une affluence exceptionnelle à l'occasion du baptême de ses triplés garçons, ce mercredi 15 juillet 2026. Parents, autorités coutumières et religieuses, amis, voisins et connaissances ont effectué le déplacement pour partager la joie de cette famille et témoigner leur solidarité autour de cet heureux événement. Cette communion était un moment de joie, surtout au regard de ce que représente la naissance de triplés dans la société moaga.
Moment de grande émotion, cette cérémonie a permis à une foule nombreuse de communier avec Kamsongh Naaba Kiiba et sa famille autour d'une naissance considérée comme exceptionnelle. Les invités sont venus adresser leurs bénédictions aux parents et partager leur bonheur, dans le respect des valeurs de fraternité et de solidarité qui caractérisent la société burkinabè.
Quelques chefs présents au baptême des enfants du Kamsongh Naaba KiibaLes trois garçons ont reçu les prénoms d'Abdallah, d'Ousseini et de Hassane. Ils portent également les noms traditionnels de Wendpouiré, Wendkuni et Wendmi, témoignant de l'attachement de leur famille à son héritage culturel.
Au-delà de la célébration familiale, cette naissance suscite également une réflexion sur la place qu'occupent les triplés dans la tradition moaga, ainsi que sur la manière dont les familles concilient aujourd'hui les valeurs ancestrales et la foi religieuse. Pour éclairer cette dimension, Dawelg Naaba Boalga apporte une lecture qui met en évidence la complémentarité entre tradition et spiritualité.
Les prières ont été dites par l'imam Abdallah Ouédraogo« La tradition moaga enseigne avant tout le respect de la vie, de la famille et de la communauté. Aujourd'hui, de nombreuses familles sont chrétiennes ou musulmanes tout en demeurant profondément attachées à leur patrimoine culturel. Il est donc possible de distinguer les valeurs culturelles des pratiques proprement religieuses », a-t-il expliqué.
L'essentiel, toujours selon lui, est de reconnaître que la naissance de triplés demeure un événement exceptionnel qui appelle à la gratitude, à la responsabilité et à la solidarité. « Les croyants peuvent rendre grâce à Dieu selon leur foi tout en conservant le respect des traditions qui valorisent ces enfants, leur mère et leur famille. Cette complémentarité contribue à préserver l'identité culturelle sans porter atteinte aux convictions religieuses de chacun », confie-t-il.
« Nous souhaitons que ces enfants nous apportent la paix, la pluie pour nos récoltes, la cohésion sociale », Kamsongh Naaba KiibaSelon lui, la portée de cette naissance dépasse largement le cercle familial. Elle constitue un événement qui interpelle toute la communauté et rappelle les valeurs fondamentales sur lesquelles repose la société. Dans la pensée moaga, une naissance exceptionnelle ne concerne jamais uniquement les parents. Elle interpelle toute la communauté. De l'explication de Dawelg Naaba Boalga, les triplés rappellent que la vie est un don précieux et que chaque enfant est porteur d'espérance.
« Lorsque cette naissance intervient au sein d'une famille investie d'une responsabilité coutumière, elle invite également à renouveler les valeurs de paix, d'unité, de justice et de protection de la communauté », a-t-il souligné, précisant que cette naissance rappelle que toute autorité traditionnelle est d'abord un service rendu au peuple.
La cola, offerte pour la prière à l'endroit des triplés« Au-delà des croyances, cette naissance est un appel à renforcer la cohésion sociale, à protéger les enfants, à honorer les mères et à transmettre aux jeunes générations les valeurs de solidarité, de respect des anciens et de vivre-ensemble qui constituent le fondement de la société moaga », souligne le Dawelg Naaba Boalga.
Cette célébration aura ainsi été bien plus qu'un simple baptême. Elle a offert un cadre de rencontre entre autorités coutumières, responsables religieux, proches et amis venus partager un moment de bonheur avec Kamsongh Naaba Kiiba. Entre les prières, les bénédictions et les marques de soutien exprimées par les nombreux visiteurs, cette journée restera gravée dans les mémoires comme un symbole d'espérance, de communion et d'unité, pour la famille, mais aussi pour la société.
Erwan Compaoré
Lefaso.net
Le Tribunal de commerce de Ouagadougou a annulé, le 10 juin 2026, un contrat d'achat d'or liant Riverstone Karma SA aux multinationales Franco-Nevada et Sandstorm Gold Ltd. Estimant que cet accord présentait un caractère particulièrement déséquilibré, la juridiction a également condamné les deux sociétés à verser plus de 5,2 milliards de FCFA à l'entreprise burkinabè. Présentée comme une avancée importante pour la gouvernance du secteur minier et la protection des intérêts économiques nationaux, cette décision est toutefois contestée par Franco-Nevada, qui estime que le jugement rendu au Burkina Faso « est invalide » et demande son annulation.
Riverstone Karma SA est propriétaire et exploitante de la mine d'or à ciel ouvert de Karma, située dans la région du Yaadga, à 195 kilomètres de Ouagadougou. Anciennement détenue par le groupe Endeavour Mining, la mine a été acquise, en mars 2022, par Néré Mining SA, une société de droit burkinabè détenue majoritairement par des capitaux burkinabè.
Le litige trouve son origine dans un montage contractuel complexe hérité lors du rachat de la mine de Karma par Néré Mining SA. En reprenant les actifs du site, la société a également hérité d'un ensemble d'engagements contractuels conclus en 2014 entre les anciens propriétaires de la mine, notamment True Gold puis Endeavour Mining, et les sociétés Franco-Nevada et Sandstorm Gold Ltd.
Les clauses du contrat d'achat d'or imposaient à la mine de Karma des obligations qualifiées de particulièrement déséquilibrées. Conclu dans le cadre d'un financement initial de 100 millions de dollars destiné à la construction de la mine, cet accord continuait de produire ses effets alors même que ce financement aurait été intégralement remboursé depuis 2021.
Le dispositif prévoyait notamment une durée minimale de quarante ans, renouvelable automatiquement par périodes successives de quinze ans. Il obligeait également la mine à céder une partie de sa production d'or à des conditions préférentielles, avec une décote importante par rapport au prix du marché, avant l'application d'une redevance sur la production. Le contrat stipulait par ailleurs que tout nouvel engagement financier supérieur à 10 millions de dollars devait obtenir l'autorisation préalable de Franco-Nevada, limitant ainsi les capacités d'investissement et de développement industriel de la mine.
Autre élément relevé dans ce dossier : Riverstone Karma SA assure n'avoir jamais signé directement ce contrat, celui-ci ayant été conclu entre les anciens propriétaires de la mine et les sociétés spécialisées dans le financement minier. La société burkinabè affirme que, malgré cela, elle s'est retrouvée tenue d'en exécuter les obligations après l'acquisition du site.
Au-delà de l'entreprise, cet accord aurait eu également des répercussions sur les finances publiques burkinabè. En effet, une partie de l'or étant vendue à un prix inférieur au cours mondial, l'assiette fiscale s'en trouverait réduite, entraînant une baisse des recettes fiscales générées par l'exploitation, ainsi que des dividendes potentiels revenant aux actionnaires, parmi lesquels figure l'État burkinabè.
Par ailleurs, le transit de certaines opérations financières par des sociétés établies dans des juridictions à fiscalité avantageuse, notamment à la Barbade, soulève aux yeux de la partie burkinabè des interrogations quant à leur conformité avec les réglementations en vigueur au Burkina Faso et dans l'espace UEMOA.
Au-delà du règlement du différend entre les parties, cette décision de la justice burkinabè est présentée comme un précédent important pour le secteur minier en Afrique de l'Ouest. En rejetant les contestations relatives à sa compétence territoriale et en statuant sur le fond du dossier, le Tribunal de commerce de Ouagadougou affirme la capacité des juridictions nationales à examiner des contrats impliquant de grandes entreprises internationales lorsque les intérêts économiques du pays sont en jeu.
Pour la mine, ce jugement pourrait contribuer à renforcer la souveraineté juridique des États dans le domaine minier et encourager une révision des pratiques contractuelles afin qu'elles reposent davantage sur l'équité, le respect des législations nationales et un meilleur partage des revenus issus de l'exploitation des ressources naturelles.
Cette décision pourrait ainsi constituer une référence pour d'autres contentieux portant sur des contrats de financement minier dans la sous-région. Elle relance, dans le même temps, le débat sur les conditions de négociation des accords entre les États, les sociétés minières nationales et les groupes internationaux.
Mais faut-il en conclure que l'affaire est close ? Dans un communiqué en date du 16 juin 2026 publié sur son site internet, Franco-Nevada Corporation affirme avoir pris connaissance d'un communiqué de presse publié par Riverstone Karma SA annonçant « une décision d'un tribunal local du Burkina Faso visant à annuler le contrat de financement relatif à la mine Karma ». « Ce contrat est régi par le droit ontarien », fait observer la société.
Par conséquent, Franco-Nevada estime que le jugement rendu au Burkina Faso est invalide et demande son annulation. « Franco-Nevada exerce également ses propres recours juridiques en Ontario et ailleurs, conformément aux dispositions relatives au règlement des différends prévues dans le contrat, contre Riverstone Karma SA, sa société mère Néré Mining SA et d'autres sociétés affiliées concernées, afin de protéger ses droits », annonce la société.
Lefaso.net
Dans le cadre des préparatifs de la session 2026 de l'immersion patriotique obligatoire (IPO), la Cellule d'orientation et de suivi du comité de coordination a procédé, le mardi 14 juillet 2026 à Ouagadougou, au lancement officiel de la formation des formateurs. La direction de la communication du ministère de la culture, des arts et du tourisme qui rapporte l'information, précise que la session va durer trois jours et réunira 440 formateurs venus de l'ensemble des régions du Burkina Faso.
Présidant la cérémonie d'ouverture, le président du Comité de coordination, le Colonel Daba Naon a salué la mobilisation des participants et souligné l'importance stratégique de cette formation dans la réussite du programme. Il a rappelé que cette initiative, portée par les plus hautes autorités du Burkina Faso, vise à forger une jeunesse consciente, disciplinée, résiliente et profondément attachée aux valeurs patriotiques.
Le Colonel Daba Naon a invité les formateurs, sélectionnés sur la base de leurs compétences, de leur patriotisme et de leur exemplarité, à faire preuve de rigueur, d'assiduité et d'esprit de partage. À l'issue de cette formation, ils auront pour mission de former, dans leurs régions et provinces respectives, les animateurs et encadreurs chargés d'accompagner les appelés de l'immersion patriotique obligatoire.
L'Inspecteur général de l'enseignement secondaire et vice-président de la Cellule pédagogique de l'IPO, Lamouni Soro, a indiqué que les participants recevront une formation basée sur un cahier pédagogique comprenant 13 modules. Ces contenus portent à la fois sur la discipline et les valeurs militaires, ainsi que sur des enseignements civiques destinés à renforcer le civisme, le patriotisme et l'esprit révolutionnaire des appelés.
Il a par ailleurs précisé que l'appellation officielle des participants à l'immersion est désormais « appelés de l'immersion patriotique obligatoire » et non « immergés », une terminologie qui traduit mieux les objectifs du programme.
Lefaso.net
Source : DCRP/MCCAT
Le lancement officiel des activités du projet « Promotion des services WASH et de la gestion hygiénique des menstrues pour les filles scolarisées et non scolarisées ainsi que leurs communautés dans quatre communes de la région de Oubri » est intervenu le mardi 14 juillet 2026 à Ziniaré. Porté par l'ONG WaterAid, le projet sera mis en œuvre en collaboration avec l'OCADES Caritas Ouagadougou. Il vise à améliorer durablement l'accès à des services d'eau, d'hygiène et d'assainissement inclusifs, sûrs et résilients. Une attention particulière sera portée aux filles scolarisées et non scolarisées ainsi qu'à leurs communautés.
L'eau, l'hygiène et l'assainissement ne sont pas des services périphériques à l'éducation, mais plutôt des conditions essentielles dont l'absence peut influencer le parcours scolaire des apprenants. C'est la conviction de WaterAid Burkina, à l'initiative du projet lancé ce jour. « Une école sans eau peut être un danger pour la santé. Une école sans toilettes adaptées compromet l'assiduité, la sécurité et la dignité des élèves. Une école qui ne prend pas en compte la menstruation expose les filles à l'inconfort, à la stigmatisation, aux absences répétées et parfois aux décrochages scolaires », a indiqué Dr Lucien Damiba, directeur pays de WaterAid Burkina.
Dr Lucien Damiba, directeur pays de WaterAid Burkina, a relevé le caractère important de l'eau et de l'hygiène dans l'éducationLe projet « Promotion des services WASH et de la gestion hygiénique des menstrues pour les filles scolarisées et non scolarisées ainsi que leurs communautés dans quatre communes de la région de Oubri » vient donc contribuer à réduire le manque d'infrastructures adaptées, l'accès insuffisant à des informations fiables, la difficulté d'obtenir des produits appropriés et la persistance de certains tabous qui peuvent affecter la santé, la confiance en soi, la participation en classe et le maintien des adolescents dans le système éducatif.
D'une durée de douze mois, le projet couvrira cinquante établissements scolaires répartis dans les communes de Dapélogo, Ourgou-Manéga, Nagréongo et Zitenga. Vingt-cinq nouvelles écoles à Nagréongo et Zitenga bénéficieront des interventions tandis que les acquis déjà enregistrés dans vingt-cinq autres établissements à Dapélogo et Ourgou-Manéga seront consolidés. Ce sont au total environ 10 000 élèves et leurs communautés qui seront bénéficiaires du projet.
Le haut-commissaire de la province de Bassitenga, Saidou Guigma, a invité l'ensemble des acteurs à s'approprier le projetD'un coût global d'environ 282 millions de francs CFA, le projet va s'articuler autour de quatre axes majeurs. Ce sont le renforcement des infrastructures WASH durables et résilientes face au changement climatique ; l'adoption des bonnes pratiques d'hygiène en milieu scolaire et communautaire, notamment la gestion de l'hygiène mensuelle ; l'amélioration de la gouvernance locale et de ses services pour une gestion transparente et responsable, et enfin, la promotion de la nutrition et des pratiques environnementales vertueuses au sein des écoles.
« À travers cette initiative, WaterAid et OCADES Caritas Ouagadougou veulent démontrer que l'investissement dans le cadre scolaire produit des bénéfices multiples : protection de la santé, amélioration des conditions d'apprentissage, soutien au fonctionnement des cantines et des jardins scolaires, réduction des absences, renforcement de la confiance et de la sécurité des filles, la réussite éducative et, enfin, le développement du capital humain dont notre pays a besoin pour construire une nation forte », a soutenu Dr Lucien Damiba.
Photo de familleVenu présider l'ouverture de l'atelier de lancement du projet, le haut-commissaire de la province de Bassitenga, Saidou Guigma, a relevé que le manque d'infrastructures adaptées et les tabous culturels autour des menstrues constituent des barrières invisibles mais réelles, qui freinent la scolarisation des filles, provoquent l'absentéisme scolaire et nuisent à leur santé. Il se réjouit donc de l'implémentation du présent projet, qui selon lui va contribuer à briser le cycle de l'absentéisme scolaire, la stigmatisation et la dégradation des conditions d'apprentissage des filles. Il a également invité l'ensemble des acteurs, des autorités locales, des leaders communautaires, du corps enseignant, des parents d'élèves et des élèves eux-mêmes à s'impliquer pleinement et à s'approprier le projet.
Armelle Ouédraogo
Lefaso.net
Du 14 au 17 juillet 2026, Bobo-Dioulasso accueille l'atelier de mise en place et d'installation du Comité sous-régional d'organisation (CRO) de la première édition de la foire transfrontalière SKBoWa. Cet atelier marque une étape importante dans les préparatifs de cet événement économique sous-régional prévu en novembre 2026 dans la capitale économique du Burkina Faso. L'ouverture officielle des travaux a eu lieu ce mardi 14 juillet 2026.
Réunissant des représentants du Burkina Faso, du Mali, de la Côte d'Ivoire et du Ghana, cet atelier vise à installer officiellement le comité régional d'organisation chargé de piloter les préparatifs de cette foire. Cette instance regroupe des structures publiques, des organisations professionnelles agricoles et des acteurs de la société civile des quatre pays membres de l'espace SKBoWa (Sikasso-Korhogo-Bobo-Dioulasso-Wa).
Cet atelier a réuni des représentants du Burkina Faso, du Mali, de la Côte d'Ivoire et du GhanaAu-delà de l'installation du comité, les participants devront examiner le bilan des travaux déjà réalisés par le comité technique national ; la composition des différentes commissions ; définir un mode de fonctionnement opérationnel du CRO. Aussi, la rencontre a été l'occasion de remettre aux membres leurs lettres de mission. Les échanges porteront également sur la planification des activités prioritaires, notamment la construction des stands ; la mobilisation des exposants et des partenaires ; la communication ainsi que la contractualisation du site devant accueillir la manifestation.
Le président du Cadre de concertation des organisations interprofessionnelles agricoles du Burkina FasoUne foire au service de l'intégration économique
Pour le président du Cadre de concertation des organisations interprofessionnelles agricoles du Burkina Faso (CCOIA-BF), Ibrahim Sanfo, cette première édition constitue un rendez-vous majeur pour le développement des échanges commerciaux dans l'espace SKBoWa. Selon lui, la foire ambitionne de faciliter les échanges transfrontaliers, d'offrir de nouveaux débouchés aux producteurs et de promouvoir la consommation des produits locaux. « Nous n'avons qu'une seule mission : réussir l'organisation de cette foire et faire en sorte qu'elle soit pérenne », a-t-il déclaré, rappelant que l'événement est appelé à devenir tournant entre les quatre pays partenaires.
Pour Ali Diabaté, représentant de la Direction nationale de l'Agriculture du Mali, cette foire doit permettre de renforcer les filières agricoles déjà actives entre les pays voisinsPortée par le CCOIA-BF, la foire est organisée sous le patronage du ministre d'État, ministre en charge de l'Agriculture. Elle se tient sous le co-patronage du ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, en collaboration avec les ministères et structures des pays frères. Elle bénéficie de l'appui de l'Allemagne cofinancé par l'Union européenne à travers le projet SKBoWa.
Un levier pour la souveraineté alimentaire et la cohésion sociale
Représentant du ministère de l'Agriculture, Séni Nikiéma, directeur du développement des marchés des produits agropastoraux et halieutiques, a rappelé que cette initiative s'inscrit pleinement dans la dynamique de souveraineté alimentaire portée par les autorités des pays concernés. À ses yeux, cette foire poursuit un double objectif, à savoir renforcer les échanges commerciaux entre les quatre pays et consolider la cohésion sociale entre les populations vivant dans les zones frontalières. Il a invité les membres du comité d'organisation à s'investir pleinement afin de garantir le succès de cette première édition, estimant qu'une réussite au Burkina Faso ouvrira la voie aux futures éditions dans les autres pays de l'espace SKBoWa.
Les délégations étrangères ont aussi exprimé leur engagement en faveur de cette initiative. Pour Ali Diabaté, représentant de la Direction nationale de l'Agriculture du Mali, cette foire doit permettre de renforcer les filières agricoles déjà actives entre les pays voisins tout en consolidant la coopération transfrontalière.
Pour Theodora BOTCHWAY de la commission des frontières du Ghana, cet événement contribuera non seulement au développement des échanges commerciaux, mais aussi au renforcement de la coexistence pacifique entre les peuples de la sous-régionMême optimisme du côté du Ghana. Représentant son pays, Theodora BOTCHWAY de la commission des frontières a indiqué que cette rencontre constitue une étape essentielle dans les préparatifs de la foire de novembre. Elle a souligné que l'événement contribuera non seulement au développement des échanges commerciaux, mais aussi au renforcement de la coexistence pacifique entre les peuples de la sous-région.
Séni Nikiéma, directeur du développement des marchés des produits agropastoraux et halieutiques, a invité les membres du comité d'organisation à s'investir pleinement afin de garantir le succès de cette première éditionPrévue du 20 au 29 novembre 2026 sur le site de la Semaine nationale de la culture (SNC) à Bobo-Dioulasso, la première édition de la foire transfrontalière SKBoWa ambitionne de réunir plus de 300 exposants autour de plusieurs filières agricoles stratégiques, notamment le riz, le maïs, le manioc, le soja, la mangue, l'anacarde, le karité, la volaille, le maraîchage, la pomme de terre et les produits de l'apiculture. L'événement se veut un cadre durable de promotion des produits locaux, de création d'opportunités d'affaires et de renforcement de l'intégration économique et sociale entre le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Mali.
Romuald Dofini
Lefaso.net
Au Bénin, les flux financiers illicites empruntent désormais des canaux numériques, des terminaux de paiement électronique et des montages de plus en plus sophistiqués, selon le rapport annuel 2025 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).
De nouvelles formes de blanchiment de capitaux se développent au Bénin. « L'analyse des typologies met en évidence une prédominance des infractions liées à l'escroquerie et à la cybercriminalité (35,2 %), suivies de la fraude fiscale (23,3 %), traduisant une mutation des risques vers des formes plus technologiques et transnationales », selon le rapport annuel 2025 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).
Cette évolution est également illustrée par « l'émergence de nouveaux schémas de blanchiment, notamment via les terminaux de paiement électronique (TPE) et les instruments financiers digitaux », souligne le rapport.
En 2025, la CENTIF a reçu 529 déclarations d'opérations suspectes (DOS), contre 510 un an plus tôt et 443 en 2023, confirmant une progression continue des signalements.
Parmi les infractions à l'origine des soupçons, l'escroquerie et la cybercriminalité arrivent largement en tête avec 186 dossiers, soit plus d'un tiers des déclarations. Elles devancent la fraude fiscale (123 dossiers), les infractions liées aux jeux de hasard et aux usages d'espèces d'origine douteuse (99), puis les faits de corruption, de fraude et d'abus de biens sociaux (76).
Le rapport montre également que les personnes physiques représentent 85,8 % des cas signalés.
Les personnes morales concentrent près de 83 % de la valeur financière des opérations suspectes, signe que les montants les plus importants transitent souvent par des entreprises ou des structures juridiques.
Face à cette évolution, les banques demeurent les premiers sentinelles du système. Elles ont transmis 449 déclarations d'opérations suspectes, soit près de 85 % de l'ensemble des signalements enregistrés en 2025.
Les établissements de monnaie électronique, les systèmes financiers décentralisés, les compagnies d'assurance, les notaires et les acteurs des jeux complètent le dispositif déclaratif.
La CENTIF observe toutefois que la qualité des déclarations reste perfectible. Près d'un quart (25,3 %) des déclarations reçues sont jugées de mauvaise qualité, un facteur qui ralentit les investigations et complique l'exploitation du renseignement financier.
Riposte face au crime financier
Pour répondre à des circuits criminels de plus en plus complexes, l'institution a renforcé ses capacités d'analyse. Elle s'est notamment interconnectée avec plusieurs bases de données nationales, dont celles de l'ANIP, de l'APIEx et de la Direction générale des impôts, afin de recouper plus rapidement les informations.
En 2025, la Cellule a produit 154 notes de renseignement financier et transmis sept rapports d'enquête à la Cour de Répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Elle a également exercé son droit d'opposition sur cinq opérations suspectes, permettant le gel provisoire de 1,16 milliard de FCFA.
Le rapport souligne que les efforts devront porter sur « l'amélioration de l'efficacité opérationnelle du dispositif, l'optimisation de l'exploitation du renseignement financier et la consolidation des résultats en matière d'enquêtes, de poursuites et de confiscation des avoirs ».
M. M.
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L'international béninois David Kiki ouvre un nouveau chapitre de sa carrière. Le latéral gauche s'est officiellement engagé avec le FC Voluntari, club du championnat roumain, à l'approche de la nouvelle saison.
Dans un communiqué, le club a annoncé avoir trouvé un accord avec le défenseur béninois, saluant l'arrivée d'un joueur expérimenté ayant évolué dans plusieurs championnats européens.
Avant de rejoindre le FC Voluntari, David Kiki a porté les couleurs de plusieurs clubs en France, en Bulgarie et en Roumanie, notamment le Stade Brestois, Red Star, Montana, Arda Kardzhali, Farul Constanța et FCSB.
Le défenseur de 31 ans possède également un palmarès bien fourni en Roumanie. Il est double champion de Roumanie, après avoir remporté le titre avec Farul Constanța lors de la saison 2022-2023, puis avec FCSB en 2024-2025.
Sur le plan international, David Kiki demeure l'un des cadres des Guépards du Bénin. Il totalise plus de 50 sélections sous le maillot de l'équipe nationale et continue de mettre son expérience au service de la sélection béninoise.
En accueillant le défenseur béninois, le FC Voluntari mise sur un joueur rompu aux exigences du haut niveau pour renforcer son couloir gauche avant le coup d'envoi de la nouvelle saison. Le club a souhaité la bienvenue à David Kiki et lui a adressé ses vœux de réussite sous ses nouvelles couleurs.
529 opérations financières suspectes ont été enregistrées en 2025 au Bénin, selon le rapport annuel d'activités 2025 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).
La Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) indique avoir reçu 529 Déclarations d'opérations suspectes (DOS) en 2025, contre 510 un an plus tôt et 443 en 2023.
« La tendance récente est haussière, traduisant un renforcement de l'activité déclarative », souligne le rapport annuel d'activités 2025 de la CENTIF.
Cette évolution est essentiellement portée par les déclarations liées au blanchiment de capitaux, qui demeurent largement majoritaires.
449 des déclarations, soit près de 85 % de l'ensemble des signalements reçus en 2025 proviennent du secteur bancaire.
Les établissements de monnaie électronique suivent avec 26 déclarations, devant les Systèmes financiers décentralisés (21), les établissements et professions non financières désignées, ainsi que les compagnies d'assurance.
La CENTIF observe une montée des infractions économiques et financières les plus sophistiquées. L'escroquerie et la cybercriminalité arrivent en tête avec 186 dossiers, représentant plus du tiers des déclarations reçues. Elles devancent la fraude fiscale (123 cas), tandis que les faits de corruption, fraude et abus de biens sociaux atteignent 76 signalements.
Les déclarations liées au financement du terrorisme connaissent une hausse avec 11 cas recensés en 2025, contre aucune en 2023 et 2024. La Cellule estime que cette progression pourrait refléter « une meilleure prise en compte de ce risque spécifique, notamment à la suite des actions de sensibilisation et du renforcement du cadre réglementaire ».
Les signalements ne restent pas au stade de simples alertes. En 2025, la CENTIF a exercé son droit d'opposition sur cinq opérations suspectes, bloquant provisoirement des transactions portant sur 1,16 milliard de FCFA.
« Les fonds ayant fait l'objet d'une opposition représentent un enjeu financier significatif », relève le rapport, qui précise que ces décisions reposent sur « des indices sérieux de blanchiment de capitaux » et s'inscrivent dans une approche fondée sur les risques.
L'exploitation des déclarations a également alimenté le travail de renseignement financier. La CENTIF indique avoir produit 154 notes de renseignement financier en 2025, soit une hausse de 27 % par rapport à l'année précédente. La majorité a été transmise au Centre national d'investigations numériques (CNIN), en cohérence avec la forte présence des dossiers liés à la cybercriminalité, tandis que d'autres rapports ont été adressés à la Direction générale des impôts, à la CRIET et à plusieurs services compétents.
Pour la Cellule, ces chiffres traduisent une montée en puissance du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et les infractions sous-jacentes.
M. M.
Orabank Burkina et Wave Burkina franchissent une nouvelle étape dans le développement des services financiers numériques au Burkina Faso. Les deux institutions ont officiellement lancé, ce mercredi 15 juillet 2026, à Ouagadougou, les services Bank-to-Wallet (B2W) et Wallet-to-Bank (W2B). C'était à travers la signature d'un partenariat stratégique visant à renforcer l'inclusion financière.
Cette nouvelle solution permet désormais aux clients d'effectuer des transferts instantanés et sécurisés entre leurs comptes Orabank et leurs portefeuilles électroniques Wave, dans les deux sens. Disponibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ces services offrent une expérience fluide, sans nécessité de se déplacer en agence ou de passer par un intermédiaire.
Concrètement, les utilisateurs peuvent transférer de l'argent de leur compte bancaire Orabank vers leur portefeuille Wave ou, à l'inverse, alimenter leur compte bancaire à partir de leur portefeuille mobile, directement depuis leur téléphone portable. Au-delà de la simplicité d'utilisation, ce partenariat établit un lien direct entre le système bancaire traditionnel et l'écosystème du mobile money. Il constitue une opportunité pour les populations non bancarisées d'accéder progressivement aux services financiers formels, tout en permettant aux clients déjà bancarisés de gérer plus facilement leurs opérations quotidiennes.
Grâce à cette interconnexion, les utilisateurs bénéficient de la mobilité et de la rapidité du mobile money. Ce qui leur permet de profiter des avantages du secteur bancaire, notamment la sécurisation de l'épargne, une meilleure traçabilité des transactions financières et l'accès à une gamme plus large de produits et services financiers. Les deux partenaires assurent que cette solution est conforme aux exigences de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Elle garantit des transactions sécurisées, la protection des données personnelles et une expérience utilisateur fiable.
« Ce partenariat avec Orabank Burkina illustre notre engagement à rapprocher le système bancaire des populations burkinabè, partout et pour tous. Le Bank-to-Wallet est un levier concret pour accélérer l'inclusion financière et faciliter la formalisation des flux économiques locaux », a indiqué Joël Ky, directeur pays de Wave Burkina. Monsieur Ky a précisé que leur ambition, c'est de faciliter la vie de leurs clients.
« Au-delà d'un partenariat entre deux institutions, ce qui nous réunit aujourd'hui est avant tout une ambition commune : simplifier le quotidien de nos clients et rapprocher davantage les services financiers des populations », a insisté le directeur général d'Orabank, Pathé Mbengue. Il a invité les clients de la banque à utiliser les nouveaux services pour faciliter les paiements de factures, les transactions et les achats.
Avec le lancement des services Bank-to-Wallet et Wallet-to-Bank, Orabank Burkina et Wave Burkina réaffirment leur volonté de contribuer à la modernisation des services financiers et à l'accélération de l'inclusion financière au Burkina Faso. Ces deux institutions proposent des solutions adaptées aux besoins des particuliers comme des entreprises.
Orabank Burkina Faso est une entité du groupe Orabank, groupe bancaire panafricain présent dans 12 pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre. Au Burkina Faso, elle dispose d'un réseau de 30 agences et de GAB pour proposer des services financiers accessibles, innovants et adaptés aux besoins de ses clients. Banque universelle engagée dans le financement de l'économie nationale, Orabank Burkina accompagne les particuliers, les professionnels, les PME/PMI, les grandes entreprises et les institutions à travers une offre complète de produits et services bancaires. La banque place l'innovation et la transformation digitale au cœur de sa stratégie, notamment grâce à des solutions telles que My Keaz, Or@Mobile, Or@Net, WhatsApp Banking et sa plateforme E-commerce.
Le groupe Orabank compte environ 188 agences et points de vente, une Société de gestion et d'intermédiation (SGI) et plus de 2 510 collaborateurs. Il œuvre à promouvoir l'inclusion financière, l'innovation et le développement durable dans l'ensemble de ses marchés.
Wave Mobile Money est une société anonyme dont l'activité principale est la gestion de moyens de paiement sous forme de monnaie électronique et toute opération financière. Portée par la mission de faire de l'Afrique un continent où l'inclusion financière est une réalité pour tous, Wave propose une application mobile money radicalement plus simple, plus abordable et plus sécurisée. Wave Mobile Money opère au Burkina Faso depuis 2021 et dans d'autres pays comme le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali, l'Ouganda, la Gambie, la Sierra Leone, le Niger et bientôt dans d'autres pays de la sous-région. Wave garantit la gratuité complète sur les opérations essentielles, notamment les dépôts, les retraits et les paiements de factures.
Rama Diallo
Lefaso.net
La lettre du Brigadier (à la retraite) Dr Raashid Wali Janjua souffre de la même amnésie sélective qu'il reproche à l'Inde. Un examen impartial des faits révèle que plusieurs de ses affirmations sont historiquement incomplètes et juridiquement imprécises.
L'auteur invoque la fermeture des canaux Central Bari Doab et Depalpur en 1948 comme preuve des intentions prédatrices de l'Inde. Il omet le contexte essentiel : ces canaux étaient alimentés par des ouvrages de tête situés entièrement en territoire indien après la Partition, et les approvisionnements ont été interrompus au cours d'un processus de partition de l'Inde extraordinairement complexe. La question a été rapidement réglée par l'Accord inter-dominions du 4 mai 1948, dans lequel le Pakistan lui-même a reconnu les droits souverains de l'Inde sur les ouvrages de tête et a accepté de payer des redevances pour la poursuite de l'utilisation de l'eau. Loin d'être un acte de malveillance, cela démontre la volonté de l'Inde de résoudre chaque différend à l'amiable.
L'auteur affirme que le Traité des eaux de l'Indus (IWT) a bien servi les intérêts hydriques du Pakistan, tout en accusant simultanément et paradoxalement l'Inde de « tentatives continuelles de détourner » l'eau du Pakistan. Le fait est que le Traité des eaux de l'Indus de 1960, signé après près d'une décennie de négociations, est l'un des traités relatifs aux eaux transfrontalières les plus généreux au monde du point de vue de l'État situé en aval. L'Inde a non seulement renoncé à ses droits sur environ 80 % des eaux totales du système de l'Indus, mais elle a également versé environ 62 millions de livres sterling (environ 227,5 milliards de roupies à valeur actuelle) à titre de compensation pour les ouvrages de remplacement au Cachemire occupé par le Pakistan afin d'obtenir l'utilisation d'eaux qui lui appartenaient déjà. Aucune concession comparable de la part d'un État riverain situé en amont n'existe dans l'histoire moderne des traités sur l'eau.
Janjua note à juste titre que l'Inde n'est autorisée à disposer que d'une capacité de stockage cumulée de 3,6 MAF sur les rivières occidentales et que les projets hydroélectriques au fil de l'eau ne doivent pas modifier le régime d'écoulement en aval.
C'est précisément la position de l'Inde également. Le différend porte fondamentalement sur l'interprétation par le Pakistan de la notion de « modification du régime d'écoulement en aval ». Le Pakistan invoque cet argument pour s'opposer à chaque projet hydroélectrique que l'Inde cherche à construire sur les rivières occidentales, quelle que soit la taille ou la conception du projet. La tendance est révélatrice. Uri II, un projet ne disposant d'aucune capacité de retenue (pondage), a fait l'objet d'objections. Lower Kalnai a également suscité des objections alors même que la différence entre la capacité de retenue conçue par l'Inde et celle calculée par le Pakistan se limitait à des fractions décimales. Dans les deux cas, le fondement factuel des objections était si négligeable qu'il relevait davantage d'un prétexte technique que d'une préoccupation de fond.
Le Pakistan a en outre soulevé des objections à l'encontre des projets hydroélectriques de Kishanganga et de Ratle, deux projets légitimes au fil de l'eau pleinement conforme aux dispositions du Traité, en demandant à la Banque mondiale de constituer une Cour d'arbitrage, contournant ainsi le mécanisme de l'Expert neutre prévu par le Traité. L'objection de l'Inde à la procédure devant la Cour n'est pas une tentative d'échapper à ses responsabilités ; il s'agit d'une position de principe selon laquelle les mécanismes de règlement des différends prévus par le Traité doivent être pleinement épuisés avant de recourir à l'arbitrage, comme l'exige expressément l'article IX du Traité des eaux de l'Indus lui-même. Le recours unilatéral du Pakistan à la Cour d'arbitrage, en contournant l'échelonnement séquentiel des mécanismes de règlement des différends, constitue en soi une violation des obligations découlant du Traité.
L'Inde a adressé un avis en janvier 2023 demandant la modification du Traité des eaux de l'Indus en vertu de l'article XII(3), invoquant l'obstruction persistante du Pakistan au fonctionnement des mécanismes du Traité ainsi que son recours unilatéral à l'arbitrage externe, comportements jugés incompatibles avec l'esprit du Traité. Il ne s'agit pas d'une abrogation unilatérale, mais d'un recours légalement prévu. Le Traité nécessite une renégociation afin de tenir compte de six décennies d'évolution des circonstances, notamment des avancées techniques, des propres besoins de développement de l'Inde sur les rivières occidentales et de l'utilisation de mauvaise foi par le Pakistan des dispositions relatives au règlement des différends. L'Inde exerce un droit prévu par le Traité, elle n'en viole pas les dispositions.
Les comparaisons avec les cas Égypte-Éthiopie et Syrie-Irak affaiblissent en réalité l'argument de Janjua au lieu de le soutenir. Dans ces cas, il n'existe aucun traité bilatéral juridiquement contraignant, ce qui explique précisément pourquoi ces États situés en aval sont vulnérables. Le Pakistan, en revanche, disposait d'un traité détaillé et juridiquement contraignant avec l'Inde, qui a été largement utilisé comme un instrument politique plutôt qu'à des fins de développement. Tout commentaire responsable sur un traité d'une telle complexité doit dépasser le récit des prédateurs et des victimes. Le Traité des eaux de l'Indus a perduré pendant plus de six décennies grâce à l'attitude généreuse de l'Inde. Les préoccupations de l'Inde reflètent une reconnaissance légitime de l'évolution des circonstances et du fait que le Traité ne peut pas être indéfiniment utilisé comme un instrument politique pour entraver l'utilisation légale par l'Inde de ses propres ressources en eau fluviale. Une telle rhétorique incendiaire de la part du Pakistan met clairement en évidence ses intentions et justifie la position de l'Inde.
L'auteur est un ancien Commissaire indien aux eaux de l'Indus.
Au cours du mois de juin 2026, les Forces combattantes ont lancé des offensives d'envergure contre plusieurs bases ennemies qui ont permis la neutralisation de dizaines de terroristes et de leurs éclaireurs ainsi que la récupération d'une importante quantité de matériel militaire, rapporte l'AIB qui cite des sources sécuritaires.
Le 30 juin 2026, les terroristes ont lancé des attaques simultanées contre les détachements de Solhan et de Sebba dans l'espoir d'empêcher l'apport de renforts aux unités engagées dans la localité. Bien renseignés, les vaillants gendarmes les attendaient de pied ferme. Les assaillants ont été copieusement matés et une importante quantité de matériel a été récupérée.
Les vecteurs aériens venus en renfort ont ensuite pris en chasse les criminels en débandade et leur ont infligé des frappes précises au cours de leur fuite.
Au même moment, profitant de l'engagement d'une importante mission d'escorte logistique du 20e Bataillon d'intervention rapide (BIR) sur l'axe de Fada-Gayéri, les terroristes ont jeté leurs forces sur les unités restées pour assurer la sécurisation de Gayéri, croyant pouvoir rapidement faire plier la ville.
C'était sans compter sur la bravoure et le professionnalisme des Forces combattantes qui ont contenu l'ennemi avant de le piéger jusqu'à l'arrivée des combattants du ciel.
Les frappes aériennes ont désorganisé les colonnes ennemies qui aont été prises dans un feu mortel. Les assaillants y ont subi de très lourdes pertes tandis qu'une importante logistique a été récupérée par les Forces combattantes.
Hormis ces mémorables victoires, les Forces combattantes avaient déjà réalisé plusieurs prouesses au cours des jours précédents. Le 29 juin en effet, des combattants du 52e Régiment d'infanterie commando (RIC) ont pris contact avec un groupe ennemi dans la zone de Daka. Les criminels ont été matés et du matériel récupéré à l'issue des combats.
La veille, le 28 juin, des combattants opérant dans la zone de Kassoum (région du Sourou) ont intercepté et neutralisé des guetteurs ennemis qui surveillaient les mouvements des unités amies.
Trois jours plus tôt, le 25 juin, les Forces combattantes du 23e BIR ont mené une opération d'infiltration vers Gandagoulou qui a permis de neutraliser des criminels retranchés dans la zone. Dans la continuité de ces offensives, le 22 juin, le Groupe d'intervention spéciale du 30e BIR a intercepté une bande de criminels entre Koogho et Mené, poursuivant ainsi ses opérations offensives dans ce secteur.
Le 18 juin, les Forces combattantes ont une nouvelle fois démontré leur capacité de riposte en repoussant une attaque ennemie dans la zone de Tougou, infligeant des pertes aux assaillants. Quelques jours auparavant, le 15 juin, les combattants du 9e BIR ont pris contact avec un groupe ennemi à Goulougoutou. Les terroristes ont été neutralisés et du matériel récupéré. Le même jour, le 21e BIR, engagé dans une reconnaissance offensive dans la zone de Guila, a neutralisé un groupe criminel et saisi du matériel militaire.
Dans le même temps, le Groupe d'intervention spéciale du 30e BIR tendait une embuscade à des criminels entre Koogho et Mené, perturbant davantage leurs capacités de nuisance. Les opérations de neutralisation des éclaireurs ennemis se sont également poursuivies dans plusieurs localités. Le 12 juin, des guetteurs ennemis ont été interceptés et neutralisés dans la zone de Bangassogo.
La veille, le 11 juin, un commando des Forces combattantes a tendu une embuscade à des guetteurs ennemis dans la zone de Bomborokuy. Le 10 juin, une patrouille des Forces combattantes opérant dans la zone de Kweremaguel, vers Diin, a surpris des guetteurs ennemis munis de téléphones satellitaires. Les criminels ont été neutralisés sans pouvoir transmettre des renseignements à leurs complices.
Quelques jours plus tôt, le 7 juin, une double attaque contre les positions des Forces combattantes dans les localités de Biguinonguin et de Naptisin, dans la région du Nakambé, a été vaillamment repoussée. Les assaillants ont subi de lourdes pertes face à la riposte des unités engagées. Enfin, du 4 au 9 juin, le 17e BIR a conduit un vaste ratissage dans sa zone de responsabilité.
Les boys ont débusqué plusieurs terroristes qui ont été neutralisés. Les opérations se poursuivent avec la même détermination pour assurer la sécurité des populations et préserver l'intégrité du territoire national.
Lefaso.net
Source : Agence d'information du Burkina
Nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui façonnent le Burkina numérique dans la perspective de la deuxième édition de Le Faso Digital 2026, prévue du 17 au 24 octobre 2026. Cent personnalités, cent parcours, cent inspirations. Aujourd'hui, nous mettons à l'honneur un pionnier du Burkina numérique, Dr Joachim Tankoano.
Il existe des personnalités dont l'œuvre façonne durablement un pays, même si leur nom demeure souvent moins connu du grand public que celui des institutions qu'elles ont contribué à créer. Dr Joachim Tankoano appartient à cette catégorie rare de bâtisseurs.
Lorsque le Burkina Faso commence à s'intéresser aux technologies de l'information, Internet n'en est encore qu'à ses premiers balbutiements en Afrique. Les notions de gouvernement électronique, de cybersécurité, de fibre optique ou de transformation digitale n'occupent pas encore les débats publics. Pourtant, dès les années 1990, Joachim Tankoano imagine déjà un Burkina où le numérique deviendrait un moteur du développement économique, social, éducatif et administratif.
Aujourd'hui, alors que le pays poursuit sa transformation numérique, nombre des infrastructures, des institutions et des politiques qui la soutiennent trouvent leur origine dans les réformes qu'il a initiées. C'est cette contribution exceptionnelle qui lui vaut d'être désigné « Grand Homme du Numérique », une distinction qui lui sera remise cette semaine et qui rend hommage à plusieurs décennies d'engagement au service du développement technologique du Burkina Faso.
Former les hommes avant de construire les technologies
Né le 14 avril 1951 à Fada N'Gourma, Joachim Tankoano appartient à la première génération d'informaticiens africains formés dans les grandes universités occidentales. Après une formation en informatique à l'Université de Montréal, sanctionnée par une maîtrise en 1978, il poursuit ses recherches en France où il obtient, en 1988, un doctorat d'État en sciences mathématiques, option informatique, à l'Université de Nancy I.
Son parcours académique est déjà remarquable. Mais c'est surtout la manière dont il choisit de mettre ce savoir au service de son pays qui fera de lui une figure majeure du numérique burkinabè. Entre 1983 et 1987, il enseigne à l'Université de Nancy II comme maître-assistant associé avant de rejoindre l'Institut africain d'informatique (IAI) de Libreville, où il participe à la formation de nombreux cadres africains. Cette expérience renforce chez lui une conviction profonde : le développement numérique de l'Afrique passera d'abord par la formation de ses propres experts.
Le père de l'École supérieure d'informatique
En 1990, il décide de rentrer au Burkina Faso. La mission qui lui est confiée est immense : créer la première École supérieure d'informatique (ESI) de l'Université de Ouagadougou.
Il ne se contente pas d'en assurer la direction. Il imagine les programmes pédagogiques, recrute les enseignants, organise les concours d'entrée, mobilise les partenaires et construit progressivement ce qui deviendra l'une des écoles ayant formé plusieurs générations d'ingénieurs et de spécialistes des TIC au Burkina Faso. Pour beaucoup d'acteurs du numérique burkinabè, l'ESI constitue encore aujourd'hui l'un des principaux berceaux des compétences nationales.
Donner une identité numérique au Burkina Faso
En 1993, Internet est encore presque inconnu du grand public. Pourtant, Joachim Tankoano participe à un projet qui marquera durablement l'histoire numérique nationale : la création et la gestion du domaine Internet ".bf". Grâce à une collaboration entre l'Université de Ouagadougou, l'ORSTOM et l'INRIA, le Burkina Faso rejoint ainsi les premières nations africaines à disposer de leur identité numérique sur Internet.
Quelques mois plus tard, il organise à Ouagadougou le deuxième Colloque africain sur la recherche en informatique (CARI'94), réunissant chercheurs africains et partenaires internationaux autour des enjeux scientifiques du numérique. Ces initiatives témoignent déjà de sa volonté de positionner le Burkina Faso comme un acteur reconnu dans l'écosystème numérique africain.
L'architecte des politiques publiques du numérique
En 1995, Joachim Tankoano est nommé Délégué général à l'informatique, avec rang de ministre. Pendant plus de dix ans, puis comme premier ministre des Postes et des Technologies de l'information et de la communication, il conduit les plus importantes réformes numériques jamais engagées par le Burkina Faso. Sous sa responsabilité sont élaborés :
• le 2ᵉ Plan directeur informatique national ;
• le premier Plan NICI d'Afrique, consacré aux infrastructures nationales d'information et de communication ;
• la Cyberstratégie nationale ;
• les premières politiques intégrant le numérique dans l'ensemble des secteurs de développement.
À une époque où beaucoup considèrent encore l'informatique comme un simple outil administratif, il défend déjà une vision beaucoup plus ambitieuse : faire du numérique un levier transversal de modernisation de l'État et de transformation de l'économie.
Le ministre qui préparait déjà le Burkina de demain
Son passage à la tête du ministère entre 2006 et 2008 est marqué par plusieurs décisions structurantes.
Il co-supervise la privatisation partielle de l'ONATEL, lance les premières réflexions sur le backbone national en fibre optique, engage la modernisation de RESINA (le réseau Internet de l'administration publique), introduit la technologie WiMAX dans les réseaux publics et initie plusieurs textes législatifs relatifs à la société de l'information et à la lutte contre la cybercriminalité.
Il est également à l'origine de la création de l'Agence nationale de promotion des TIC (ANPTIC), devenue aujourd'hui l'un des principaux bras opérationnels de la transformation numérique du Burkina Faso. Nombre des chantiers qu'il a lancés continuent aujourd'hui encore de structurer les politiques publiques nationales.
Un chercheur qui n'a jamais cessé d'innover
Après son passage au gouvernement, Joachim Tankoano retrouve pleinement sa vocation première : la recherche. Depuis plus de quarante ans, ses travaux portent sur les bases de données, les systèmes distribués, les réseaux de Petri, les architectures de données et, plus récemment, les bases de données multimodèles, sujet sur lequel il publie encore dans des revues scientifiques internationales en 2022 et 2025.
Il est également co-auteur, avec Mahamoudou Ouédraogo, de l'ouvrage « Internet au Burkina Faso : réalités et utopies », publié en 2001 chez L'Harmattan, qui demeure une référence pour comprendre les débuts de l'Internet dans le pays. Cette activité scientifique constante illustre une qualité essentielle du bâtisseur : ne jamais cesser d'apprendre ni d'innover.
Une vision toujours d'actualité
Aujourd'hui encore, alors qu'il intervient comme conseiller indépendant en politiques publiques du numérique, sa pensée conserve une étonnante modernité. Formation des compétences, souveraineté numérique, infrastructures, gouvernance électronique, cybersécurité, recherche scientifique, innovation… Autant de priorités qu'il défendait déjà il y a plus de vingt ans et qui demeurent au cœur des stratégies numériques du Burkina Faso.
Son parcours rappelle que les grandes transformations ne naissent pas du hasard. Elles sont le fruit d'une vision, d'une méthode et d'un engagement de longue durée.
Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?
Parce qu'il est l'un des principaux architectes des politiques publiques qui ont permis au Burkina Faso d'entrer dans l'ère numérique. Parce qu'il a créé les premières institutions de formation en informatique, contribué à doter le pays de son identité sur Internet avec le domaine .bf, posé les bases de la gouvernance numérique et porté une vision intégrée des technologies de l'information bien avant qu'elles ne deviennent une priorité mondiale.
Et parce que plusieurs générations d'informaticiens, de chercheurs, de décideurs et d'entrepreneurs poursuivent aujourd'hui une œuvre dont il a largement contribué à tracer les premiers contours. « Les grandes transformations numériques ne commencent pas par les technologies, mais par une vision, des compétences et une volonté politique », telle pourrait être sa conviction.
Principal sponsor de la 4ᵉ édition du Salon international des professionnels de l'économie numérique de l'UEMOA (SIPEN-UEMOA), Wave entend réaffirmer son engagement en faveur de l'inclusion financière au Burkina Faso. Pour son directeur général, Joël Ky, le pays occupe une place stratégique dans la vision régionale de l'entreprise, qui mise sur des services financiers accessibles, simples et adaptés aux réalités locales.
Au Sénégal, en Gambie et en Côte d'Ivoire, Wave est le leader du transfert mobile money. Si au Burkina Faso ce n'est pas encore le cas, la société entend déployer tous les moyens pour y arriver. C'est ce qu'a laissé entendre le directeur général de Wave Burkina, Joël Ky, à l'occasion de la 4ᵉ édition du Salon international des professionnels de l'économie numérique de l'UEMOA (SIPEN-UEMOA) où la société est présente.
De la signature de convention avec le Regroupement des opérateurs et professionnels du secteur des TIC (Roptic), aux communications en passant par des expositions de ses services, Wave entend impacter cette rencontre sous-régionale.
Pour le directeur général de Wave Burkina Faso, Joël Ky, le SIPEN constitue un cadre privilégié de dialogue entre les pouvoirs publics, les institutions régionales, les régulateurs, les entreprises, les FinTech et les jeunes innovateurs. « Il ne s'agit pas seulement d'accompagner un événement, mais de soutenir un espace dans lequel peuvent émerger des collaborations, des solutions concrètes et une vision commune pour la transformation numérique du pays », explique-t-il.
Le directeur général de Wave Burkina, Joël Ky, a appelé les populations à adopter WaveSelon lui, cet engagement s'inscrit dans la mission de Wave, qui consiste à rendre les services financiers plus abordables et à favoriser l'émergence d'une économie de plus en plus dématérialisée sur le continent.
Un marché stratégique pour Wave
Avec une population estimée à près de 24 millions d'habitants, le Burkina Faso représente un marché stratégique dans la vision régionale de Wave. Mais au-delà de sa taille, c'est surtout le dynamisme de ses commerçants, de ses entrepreneurs et de son écosystème technologique qui motive l'entreprise.
Joël Ky affirme que Wave privilégie une approche fondée sur la proximité avec les utilisateurs plutôt que l'application d'un modèle uniforme. « Nous devons continuer à écouter les clients, les agents, les entreprises et les autorités afin d'adapter notre approche aux réalités du pays », souligne-t-il.
L'entreprise estime que la finance numérique peut jouer un rôle déterminant dans la modernisation des paiements, la facilitation des transactions quotidiennes et le développement des petites activités économiques.
Miser sur des services simples et accessibles
Pour Wave, les principaux freins à l'utilisation des services financiers demeurent le coût, la complexité, le manque de transparence et l'accès limité aux points de service.
L'entreprise affirme avoir construit son modèle autour de dépôts gratuits, d'une tarification claire et de transferts à faible coût. Une approche qui, selon son directeur général, répond aux réalités d'un marché où une grande partie de l'activité économique repose sur des transactions de faibles montants réalisées quotidiennement par les ménages, les commerçants et les petites entreprises.
Présente aujourd'hui dans onze pays africains, Wave revendique plus de 25 millions d'utilisateurs actifs mensuels, plus de trois millions de commerçants partenaires et un réseau de plus de 50 000 agents.
Des défis persistants pour l'inclusion financière
Malgré les progrès enregistrés grâce au développement du mobile money, Joël Ky estime que de nombreux défis restent à relever au Burkina Faso.
Selon lui, l'enjeu ne réside plus uniquement dans l'ouverture de nouveaux comptes, mais dans leur utilisation régulière par les populations. Il insiste notamment sur la nécessité de renforcer l'accessibilité des services, d'améliorer la qualité de l'accompagnement et de poursuivre les actions de sensibilisation.
Une attention particulière doit, selon lui, être accordée aux femmes, aux jeunes, aux populations rurales ainsi qu'aux petites entreprises, qui demeurent les catégories les plus exposées aux difficultés d'accès aux services financiers.
Adapter l'innovation aux réalités du terrain
Dans un contexte où l'accès à Internet reste encore limité pour une grande partie de la population, le directeur général de Wave estime que l'inclusion financière ne peut reposer uniquement sur les smartphones ou les applications numériques.
Il plaide pour une approche combinant innovation technologique et présence de proximité, grâce notamment au réseau d'agents, qui accompagne les utilisateurs dans leurs opérations quotidiennes.
« L'innovation la plus pertinente n'est pas toujours la plus complexe. C'est celle qui fonctionne dans les conditions réelles du marché et qui permet au plus grand nombre de participer à l'économie numérique », affirme-t-il.
Serge Ika Ki
Lefaso.net
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