Dans son livre « Journal d’un prisonnier », à paraître ce mercredi 10 décembre chez Fayard, Nicolas Sarkozy raconte l’importance qu’a eue la religion lors de ses vingt jours d’incarcération à la Santé. Ce qui n’a, par ailleurs, échappé ni à LR ni au Rassemblement national, c’est la miséricorde dont l’ancien président de la République y fait preuve à l’égard de Marine Le Pen et ses ouailles. Rictus d’un côté, moues satisfaites de l’autre.
Condamnée à cinq ans de prison en septembre pour « association de malfaiteurs » dans l’affaire des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2012 (il a fait appel), l’ancienne icône de la droite revient assez longuement sur le rapport qu’il entretient avec le parti à la flamme et sa figure de proue.
Un cadeau au pied des sapins de la mairie du XVIIIe arrondissement de Paris que les élus n’avaient pas vu venir. Ce lundi, en début de soirée, un groupe d’une cinquantaine d’habitants du quartier a protesté à coups de sifflet, de pancartes et de slogans sous les fenêtres de la salle des mariages où siégeait le conseil d’arrondissement. À l’appel d’une dizaine de collectifs dont La Chapelle - Marx-Dormoy, ADDM 18, Demain La Chapelle, et Clap, les riverains ont exprimé leurs « ras-le-bol » face à l’insécurité, au surtourisme et au manque de propreté qui règne dans le XVIIIe arrondissement de la capitale.
Pour Jean-Michel Gilibert, membre de longue date du Club Lepic Abbesses Pétanque (Clap), « il y a un réel mal-être ». « À Montmartre, on doit faire face au surtourisme, à La Chapelle, des femmes ont peur en sortant de chez elles… » Il sort un sifflet de son manteau, « et ça, c’est notre seul moyen de nous faire entendre. »
Édouard Philippe aime sa liberté. À la tête d’Horizons, allié du gouvernement, le maire du Havre (Seine-Maritime), appelle les députés de son camp à s’abstenir lors du vote du budget de la Sécurité sociale ce mardi. « Ce texte ne nous satisfait pas et nous ne pouvons pas le voter », a indiqué l’ancien Premier ministre ce lundi soir sur LCI. Il n’appelle pas pour autant ses députés à voter contre : « Je leur proposerai de s’abstenir », précise-t-il, expliquant que certains parlementaires de son camp seraient plutôt enclins « à voter contre ». L’Assemblée nationale doit en effet se prononcer en seconde lecture sur le budget de la Sécurité sociale mardi 9 décembre.
Édouard Philippe justifie sa position : « Je ne suis pas partisan du KO, je n’appelle pas à voter contre. Mais on ne fera pas voter les députés Horizons pour un texte, si ce texte n’est pas en faveur des Français », explique-t-il. « On est à 26 milliards de déficit. En 2029, le déficit prévu était d’un milliard. Alors évidemment il y a eu le Covid. Mais enfin, 26, c’est quand même un peu préoccupant quand vous pensez à l’avenir de la France », estime-t-il.
Hésitations chez HorizonsAu sein du parti philippiste, le poids de la responsabilité se fait sentir. « On décidera mardi entre le vote contre ou l’abstention, mais on ne souhaite pas que le budget échoue », a expliqué au Monde le président de la Commission des Affaires sociales, Frédéric Valletoux.
Le signe d’une hésitation ? « Même des hauts gradés » d’Horizons ont été surpris par la position formulée par leur patron, affirme un ministre.
« Je ne comprends plus Édouard Philippe (..) Et, quand j’écoute les députés Horizons, je ne suis pas certaine que je sois seule à ne plus le comprendre », a cinglé l’ancienne ministre et députée Renaissance Agnès Pannier-Runacher.
Selon des sources concordantes, le président des députés Horizons, Paul Christophe, avait laissé entendre que son groupe pourrait approuver le PLFSS.
Vendredi, lors du vote de la partie recettes, sur les 34 députés que compte le groupe Horizons et apparentés, 19 ont pris part au vote. Et quatre ont approuvé le texte, à rebours de la ligne du parti.
Ceux qui rééditeront un vote positif lors du vote global « devront se poser la question de leur appartenance à Horizons », avertit un proche d’Édouard Philippe.
« Qu’il arrête de régler ses comptes » avec MacronCandidat déclaré à la prochaine élection présidentielle, le maire du Havre avait déjà suscité un flot de critiques après son appel à une démission « ordonnée » d’Emmanuel Macron et à la tenue d’une élection présidentielle anticipée. Sa position sur le Budget de la Sécu a remis une pièce dans la machine.
« Le fait qu’il fasse un pas de côté comme ça, ne pas être capable de mettre ses ambitions personnelles de côté pendant quelque temps, pour moi, ça le discrédite », juge une ministre qui lui est pourtant favorable.
« Qu’il arrête de régler ses comptes avec Emmanuel Macron », a lancé Xavier Bertrand (LR), pour qui Édouard Philippe cherche à « accélérer le calendrier électoral ».
« Je suis dubitatif sur l’idée d’incarner le créneau du désordre quand son électorat potentiel est très attaché à l’ordre », glisse un proche d’Emmanuel Macron.
Des critiques balayées au nom de la « cohérence » du parti. « Il y aurait quelque chose d’assez surprenant à ce que l’on rende les 34 députés Horizons responsables du vote des 577 députés de l’Assemblée », rétorque le secrétaire général d’Horizons, Christophe Béchu.
Position de ruptureLa sortie du maire du Havre a aussi ses défenseurs. « A la fin, pour quelqu’un qui est candidat à l’élection présidentielle, ça va être compliqué d’expliquer la situation des finances publiques », souligne une députée Renaissance.
« Il exprime ce que beaucoup pensent dans le socle : y’en a marre de donner autant aux socialistes », ajoute un cadre du camp présidentiel.
« Édouard Philippe ne veut pas être le porteur du bilan de Macron », abonde un ancien ministre pour qui le président d’Horizons veut être « celui qui a dit non à la suspension de la réforme des retraites ».
Lors d’un discours devant les maires du parti, mi-novembre, Édouard Philippe s’était dit « très fier » que ses députés aient unanimement rejeté cette suspension en se disant qu’« il faut tenir cette position même si elle est impopulaire, parce que c’est l’intérêt de la France ».
Dimanche, le secrétaire général délégué d’Horizons Pierre-Yves Bournazel a appelé Sébastien Lecornu à actionner le 49.3. « S’il utilisait le 49.3, il se placerait dans une position bien plus simple » mais « c’est sa responsabilité de le faire ou de ne pas le faire », a déclaré Édouard Philippe lundi soir.
« Nous y voilà », lance, soulagé, le député LR Philippe Gosselin, à la tribune. Près de deux ans après son dépôt au Sénat, en janvier 2024, la proposition de loi visant à créer un statut de l’élu local a définitivement été adoptée ce lundi par l’Assemblée nationale. La copie a été approuvée à l’unanimité par les députés — en seconde lecture, comme elle l’avait été au Sénat le 22 octobre dernier.
À moins de 100 jours des élections municipales prévues les 15 et 22 mars, le texte, transpartisan, était attendu par les élus des deux chambres, qui sont parvenus à s’accorder sur une copie similaire. Empêtré jusqu’ici dans l’instabilité parlementaire et ministérielle, surtout depuis la dissolution du 9 juin 2024, son examen avait été reporté à plusieurs reprises. « On aurait aimé que ce soit réglé lors du Congrès des maires (fin novembre) », admet un député macroniste.
Allongement du congé électifInitialement portée par la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel, lorsqu’elle était sénatrice, la proposition de loi ambitionne de « simplifier, sécuriser et encourager » la fonction de l’élu local, grâce à une trentaine d’articles. Parmi eux, une hausse des indemnités perçues par les maires et leurs adjoints, progressive pour les communes n’excédant par 20 000 habitants, puis d’environ 4 % pour celles allant de 10 000 à 20 000 habitants, et de 10 % pour celles de moins 500 habitants.
Dans un contexte où, a rappelé le chef du groupe communiste à l’Assemblée, Stéphane Peu, 1 500 maires ont démissionné de leur mandat entre 2020 et 2023, le texte prévoit également l’octroi d’un trimestre supplémentaire de retraite par mandat exécutif local. Une mesure limitée, par les sénateurs, à trois trimestres maximum — contre huit, en première lecture à l’Assemblée.
Autres mesures phares du texte : l’allongement à 20 jours de la durée du congé électif, dont peut bénéficier un salarié candidat à une élection locale, le remboursement obligatoire des frais de transport et de séjour des élus locaux, lorsqu’ils représentent leur collectivité, et l’extension de la protection fonctionnelle à l’ensemble des conseillers municipaux (seules les personnes exerçant un mandat exécutif y avaient droit depuis 2024).
« Il y a des votes qui ont une signification particulière »Tout comme un amendement prévoyant la création d’un statut de l’élu local étudiant, défendue par la députée Renaissance Violette Spillebout, et adopté. Ce dernier vise à encourager « nos jeunes à prendre part au débat », a-t-elle défendu. Également, le texte prévoit de faciliter l’exercice du mandat local pour les personnes en situation de handicap, grâce à une prise en charge désormais obligatoire, par la collectivité, des frais spécifiques de déplacement, d’accompagnement et d’aide technique liés au mandat. Et ce, alors que la proportion d’élus portant un handicap s’élève à « 0,1 % », à rebours des « 16 % de la population » ayant un handicap, détaille le député écologiste Sébastien Peytavie.
Bien que le texte ait été adopté à l’unanimité, certaines voix dans l’hémicycle se sont montrées plus réservées quant à sa finalité : « Renforcer le statut de l’élu local sans renforcer les moyens des collectivités territoriales, ce n’est que créer de la frustration, a plaidé le député écologiste Emmanuel Duplessy, mais nous ne pouvons pas faire comme si le temps ne pressait pas. »
Même si cette adoption n’est qu’une « étape » et « ne règle pas tout », reconnaît le co-rapporteur macroniste Didier Le Gac, « l’essentiel, c’est qu’on y soit arrivé ». Et sa collègue Violette Spillebout d’ajouter : « Il y a des votes qui ont signification particulière, celui de ce soir en fait partie. »